Corey Hurren, Bill Gates et les théories du complot

«En ces temps de pandémie, le gouffre entre le destin des uns et le destin des autres n’a jamais été si profond», écrit l'auteur.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne «En ces temps de pandémie, le gouffre entre le destin des uns et le destin des autres n’a jamais été si profond», écrit l'auteur.

La semaine dernière, Corey Hurren, un Manitobain qui voulait s’en prendre à Justin Trudeau, a pris d’assaut sa résidence de Rideau Hall lourdement armé, geste qui n’est pas sans rappeler celui de Denis Lortie, un autre militaire, qui avait attaqué l’Assemblée nationale en 1984, faisant deux morts. Il semble que Hurren, à la tête d’une petite entreprise de fabrication de saucisses artisanales, ait pâti de la présente pandémie. Hurren aurait également été un adepte des théories du complot. Peut-être avait-il eu vent de cette fameuse théorie qui court sur les médias sociaux selon laquelle Bill Gates est impliqué dans cette vaste supercherie destinée à implanter une puce électronique à vaste échelle par le truchement d’un éventuel vaccin. Et dans son esprit dérangé, un plus un devaient faire deux : ceux qui nous gouvernent sont forcément de mèche avec les Bill Gates de ce monde, dont ils partagent les intérêts. D’où son attaque envers Justin Trudeau.

Hurren me fait penser au personnage de Samuel J. Bicke dans The Assassination of Richard Nixon, interprété par Sean Penn. Bicke est un type que sa femme a largué et qui peine à réaliser son rêve : se bâtir une petite entreprise de vente de pneus. Pendant qu’il se démène à tenter de sortir la tête hors du trou, il devient obnubilé par Richard Nixon, le politicien mal aimé de l’époque qu’il finit par vouloir assassiner. Comme dans le cas de Hurren, le film se termine mal par une tentative de meurtre loufoque et vouée à l’échec. Bicke et Hurren sont chacun à leur façon des victimes d’un destin impitoyable duquel ils n’arrivent pas à s’extirper. Ce sont deux destins tragiques qui sont un peu des allégories de notre époque et dont la répétition semble presque inévitable en temps de crise comme celle que nous vivons.

En ces temps de pandémie, le gouffre entre le destin des uns et le destin des autres n’a jamais été si profond. Pendant que les personnes âgées meurent dans les résidences et que des propriétaires de PME perdent tout, d’autres s’enrichissent à coups de dizaines de milliards de dollars, les géants du Web par exemple. Microsoft, l’entreprise de Gates, a, par exemple, vu son titre croître de 50 % à la Bourse depuis la mi-mars. De quoi alimenter les théories du complot.

Fast-food idéologique

Il faut pourtant garder la tête froide. Si vous êtes capable, essayez d’arrimer ensemble ces deux complots parmi les plus populaires du Web : l’implication de Gates et la création du virus dans un laboratoire chinois. Ajoutez une pincée de 5G et vous obtenez un ragoût de thèses aussi farfelues qu’ésotériques auquel il ne manque qu’un peu de poudre de perlimpinpin. La réalité est pourtant aux antipodes. Bill Gates aura été l’un des seuls à tenter de prévenir le monde contre les risques de pandémie, dont il a fait un combat personnel. Cherchez l’erreur…

Les amateurs de théories du complot sont ainsi faits. Autour de certaines réalités, les injustices, les inégalités, les tares du capitalisme, la couardise de beaucoup de nos dirigeants, ils brodent des théories déjantées qui tiennent autant la route que l’horoscope de Jojo Savard. On se plaît à rêver qu’ils regardent les faits et, surtout, qu’ils aient un peu plus de culture générale, d’esprit scientifique et de capacité d’analyse. Mais ce sont des facultés qui sont longues à acquérir et notre monde, vous le savez, est un monde pressé. Ce qui me fait penser qu’ils sont encore nombreux ceux qui voudraient éliminer les cours de philosophie au cégep. Pourtant, la philosophie comme la science et la culture sont des antidotes à la bêtise. Elles servent à mieux se comprendre et à mieux comprendre le monde qui nous entoure et, accessoirement, à vivre plus sereinement, ce qui n’est quand même pas banal.

Voyez pourtant ce que donne le contraire, la mort de la culture générale et de la culture scientifique. Elle donne la résurgence de la crédulité. Elle ouvre la porte au prêt à penser et au fast-food idéologique, celui du Web par exemple. Elle donne un monde de superstitions, un monde manichéen, un monde qui se vautre dans les légendes, les mythes et la religion. Elle donne ceux qui croient qu’on n’a jamais marché sur la Lune ou que le 11 Septembre était un complot gouvernemental. Elle donne les anti-vaccins, les anti-5G, les flat earthers. Elle donne aussi… Donald Trump. Comme disait le grand philosophe Bertrand Russell : « Ce que les hommes veulent en fait, ce n’est pas la connaissance, c’est la certitude. »

39 commentaires
  • Serge Lamarche - Abonné 10 juillet 2020 05 h 10

    La thérorie du complot de complots

    «Pourtant, la philosophie comme la science et la culture sont des antidotes à la bêtise.» - Marc Tremblay
    Ben en voilà une déclaration embêtante, une bêtise même. La philisophie n'est pas un antidote à la bêtise, c'est une bêtise mieux pensée. Vous avez beau lire une philisophie, ou une autre, elles font pour la plupart, dans la bêtise. La culture peut-être, mais encore il faut éviter de se cultiver en bêtises. La science oui, bien sûr, mais il faut encore ne pas être bête pour ne pas faire des bêtises avec, ce qui s'est fait à de nombreuses reprises (et encore aujourd'hui).

    La seule antidote à la bêtise est la logique et l'intelligence. Ce sont les mathématiques.

    Les gens étaient plus bêtes dans le passé mais n'avaient pas le temps, la force, ou les moyens de faire des bêtises et leurs bêtises étaient moins bien publicisées. L'histoire est remplie de bêtises. Des bêtises qui tuaient et massacraient même. L'article de Marc Tremblay est une bêtise benigne... à moins que quelqu'un décide de passer à l'acte...

    • Marc Therrien - Abonné 10 juillet 2020 07 h 13

      Et pourtant, M. Lamarche, je n’arrive pas à déceler de nombres, de formules ou d’équations mathématiques dans votre critique du propos de M. Tremblay.

      Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 10 juillet 2020 08 h 45

      Bien d'accord avec vous M. Lamarche. D’accord pour la culture générale basée sur le gros bon sens. La philosophie n'a rien à voir avec cela. Cette langue des courtisans ne sert qu'à rendre la stupidité et la bêtise plus palpables au petit peuple que nous sommes.

      Ce que plusieurs ne comprennent pas, la seule langue universelle, eh bien, ce sont les mathématiques. Et elle n'a rien de fourchue puisqu'elle parle à travers de filtres de logique et d'intelligence qui sont vérifiables et reproductibles. Elle ne succombe pas aux émotions humaines puisqu’elle est la langue de l’univers.

      Ceci dit, oui pour la culture générale et surtout pour la culture scientifique. De cette facon, les gens arriveraient à comprendre quand ils sont bernés par ceux qui leurs disent qu’ils veulent leur bien. Inversement, ils comprendraient aussi la différence entre les superstitions et les faits et qu’on ne vit pas dans un monde manichéen, mais peuplé de nuances et d’états intermédiaires. De cette façon ils comprendraient et pourraient expliquer à Québec solidaire que les ondes électromagnétiques émanant des tours 5G ou des compteurs électriques ne sont pas menaçantes pour notre santé puisque le niveau d’énergie qui en découle est deux fois moins que la lumière naturelle du soleil à l’inverse des radiations gammas. Ils pourraient aussi expliquer à QS que les changements climatiques, qui n’accélèrent pas le phénomène de la photosynthèse, n’ont rien à voir avec les arbres qui tombent sur les lignes électriques pour causer des pannes de courant au Québec; ils comprendraient qu’il faut émonder de temps en temps, un phénomène qu’Hydro One en Ontario à compris il y a longtemps.

      Enfin, ils auraient compris que les légendes, les mythes et les religions ne sont que des synonymes qui disent la même chose pour les gens porteurs d’une culture générale et scientifique.Et peut-être là, ils expliqueraient à nos exptrémistes de gauche que la religion n'a pas sa place au sein de l'État.

    • Pierre Rousseau - Abonné 10 juillet 2020 08 h 53

      La bêtise c'est d'affirmer que la philosophie est « une bêtise mieux pensée » ! Pas de nuances, tout est en noir et blanc. C'est certainement l'antithèse de la logique et de l'intelligence...

    • Réal Boivin - Abonné 10 juillet 2020 09 h 29

      Vous avez bien raison,M. Lamarche, de ranger la philosophie dans le bêtisier de l'humanité. Les lycées français ont endoctriné toute un peuple avec les philosophes des ''lumières'' et la crapule frustrée de Voltaire. Regardons où est rendu ce pays. Une guerre civile qui ne dit pas son nom selon Michel Onfray, lui-même philosophe mais un philosophe qui décortique le présent et nomme les choses par leur nom. Mais les médias français, tous subventionnés, ne trouvent rien de mieux à dire que de lui cracher dessus pendant que l'anarchie progresse. Pauvre France.

    • Serge Lamarche - Abonné 10 juillet 2020 13 h 57

      Les maths ne sont pas les nombres, c'est plus. Ceux qui ne sont pas d'accord avec moi devraient donner des exemples de philosophies pas bêtes. Il y en a. Si la philosophie fait réfléchir, d'accord. Mais le plus souvent, elles ont tord. Sartre: l'enfer, c'est les autres. Oui, bien pensé. Les autres qui ne comprennent pas ou comprennent de travers. Pourquoi les humains vivent autant avec les autres alors? Les autres aident au bonheur. C'est mathématique. Appliquez la mathématique aux philosophies, aux sciences, aux religions et aux cultures et là on s'approche de la vérité.

    • Jérôme Guenette - Abonné 10 juillet 2020 15 h 09

      Plusieurs philosophes, dont Aristote, ont rendu explicite les différentes notions de logique. Je ne pense pas qu'Aristote, Socrate, Platon, etc étaient plus bête parce qu'ils "vivaient dans le passé".

      La culture générale est un ensemble de connaissances incluant des connaissances scientifiques et philosophiques. Elle n'est pas basée sur "le gros bon sens", il me semble que c'est plutôt le contraire.

      Les mathématiques ont beau être universelles, elles n'ont pas, à ce que je sache, de valeur morale ni d'éthique, et n'incluent pas les faits psychologiques comme l'amour, le désir et la peur. Je doute qu'on puisse décider de ce qui est une bêtise en se basant seulement sur la logique ou les mathématiques. Par contre, les philosophes parlent du bien, du mal, de comment vivre et de tant d'autres choses essentielles, dont la logique et les mathématiques.

      Une vie = quoi?

    • Cyril Dionne - Abonné 10 juillet 2020 16 h 56

      @ Jérôme Guenette

      Et vous pensez pour une seconde que l'univers, qui date de plus 13,8 milliards d'année (la présence de l'homo sapiens sur la Terre ne constitue qu'en fait 200 000 ans tout au plus et la civilisation humaine est apparue il y a 6 000 ans seulement), qui continue son bout de chemin comme il se doit, nous qui sommes seulement une étincelle et des lucioles dans la nuit des temps, est conscient de notre présence? Notre présence comme être conscient de soi ne représente seulement 0,0004% de l’âge total de l’univers. En termes plus facile à comprendre, même pas une seconde dans toute une année. Et ici, on ne parlera même pas des multivers.

      Oui, vous avez raison pour les philosophes de l’antiquité; ils étudiaient autant les sciences naturelles que celles philosophiques. Mais plus aujourd’hui.

      Et la morale, l’éthique et toutes ces belles choses existent afin de propager les gènes de la race humaine, sinon, nous n’aurions jamais survécu. C’est pour cela que l’inceste a toujours été proscrite par n’importe laquelle des cultures puisque la consanguinité augmente le risque de maladies génétiques comme la mucoviscidose.

      Les mathématiques nous ouvrent la porte aux secrets de l’univers. La question qu’on devrait posée au lieu de nous en remettre aux contes philosophiques et religieux est celle-ci : Est-ce que les mathématiques existent réellement hors de l’esprit humain (sans présence humaine) ou bien c’est la façon pour notre cerveau de concevoir l’environnement qui nous entoure en se basant sur des lois et des modèles répétitifs comme les fractales pour faire un sens à tout cela?

    • Marc Therrien - Abonné 10 juillet 2020 17 h 41

      M. Dionne,

      C’est certain que je ne comprends pas tout. Mais, en vous lisant, je comprends que si la langue universelle réside dans les mathématiques et « qu’elle ne succombe pas aux émotions humaines puisqu’elle est la langue de l’univers », vous avez-vous-même encore à apprendre cette langue.

      Marc Therrien

    • Marc Therrien - Abonné 10 juillet 2020 17 h 57

      M. Lamarche,

      Je ne connais probablement pas les mathématiques aussi bien que vous. Le peu que j’en connais m’amène à être d’accord avec Bertrand Russell qui a dit que « les mathématiques sont une science dans laquelle on ne sait jamais de quoi on parle, et où l’on ne sait jamais si ce que l’on dit est vrai ».

      Marc Therrien

    • Jérôme Guenette - Abonné 10 juillet 2020 20 h 21

      @ M, Cyil Dionne.

      Vous me demandez si je pense "pour une seconde (....) que l'univers est conscient de notre présence? Non, je ne pense pas que l'univers ait une conscience comme vous sembler le laisser entendre.

      Lorsque vous dites que "Oui, vous avez raison pour les philosophes de l’antiquité; ils étudiaient autant les sciences naturelles que celles philosophiques. Mais plus aujourd’hui.", vous dites que la philosophie est une science, et je crois que c'est faux.

      L'espèce humaine s'est passée de la morale et de l'éthique pour la majeure partie de son existance. Elle a pourtant survécue comme tant d'autres espèces. Et la morale, l’éthique et toutes ces belles choses existent afin de propager les gènes de la race humaine, sinon, nous n’aurions jamais survécu. C’est pour cela que l’inceste a toujours été proscrite par n’importe laquelle des cultures puisque la consanguinité augmente le risque de maladies génétiques comme la mucoviscidose.

      Votre question : "Est-ce que les mathématiques existent réellement hors de l’esprit humain (sans présence humaine) ou bien c’est la façon pour notre cerveau de concevoir l’environnement qui nous entoure en se basant sur des lois et des modèles répétitifs comme les fractales pour faire un sens à tout cela?" me semble être tout à fait dans l'ordre des questionnements religieux et philosophiques. Vous cherchez à savoir s'il existe quelque chose de plus grand, hors de l'esprit humain, et vous cherchez à comprendre comment vivent les humains d'une façon qui dépasse le cadre de la science lorsque vous vous demandez comment le cerveau conçoit le monde. Ce sont de belles questions. Je cours chercher ma calculatrice.

    • Christian Roy - Abonné 10 juillet 2020 21 h 51

      @ M. Lamarche,

      Vous déclarez: "La philisophie n'est pas un antidote à la bêtise, c'est une bêtise mieux pensée. Vous avez beau lire une philisophie, ou une autre, elles font pour la plupart, dans la bêtise. "

      Il me semble sage de prendre votre déclaration avec philosophie.

      Bonne fin de semaine caniculaire.

    • Jérôme Guenette - Abonné 10 juillet 2020 23 h 29

      @ Cyril Dionne

      En me relisant, j'ai constaté avoir mal écrit votre prénom. Je m'en excuse. Aussi, le 3ième paragraphe aurait du se lire:

      L'espèce humaine s'est passée de la morale et de l'éthique pour la majeure partie de son existance. Elle a pourtant survécue comme tant d'autres espèces.

      Le reste de ce paragraphe avait été copié-collé de votre réponse à mon commentaire et aurait dû être effacé. Désolé de la confusion.

      J. Guenette

    • Serge Lamarche - Abonné 11 juillet 2020 13 h 52

      à Marc Therrien qui retranscrit: Bertrand Russell qui a dit que « les mathématiques sont une science dans laquelle on ne sait jamais de quoi on parle, et où l’on ne sait jamais si ce que l’on dit est vrai ».
      La déclaration de Bertrand Russell est doublement fausse. Les maths sont construites à partir de preuves contrairement aux évidences de la vie courante. i.e. elles sont vraies, complètement. Tellement que des maths construites pour une application ont souvent des applications ailleurs non prévues. Exemples: les intégrales construites pour calculer les trajectoires des projectiles servent à construire des ponts, des autos, des avions et des milliers d'autres applications. Le calcul matriciel est appliqué aux ordinateurs, entre autre, et a servi de base à la mécanique quantique. Voir: https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_matrices
      On voit très bien que sans les maths, l'espèce humaine n'aurait jamais évolué plus loin que cueilleurs-chasseurs.

  • Nadia Alexan - Abonnée 10 juillet 2020 05 h 29

    Le néolibéralisme et les conflits d'intérêts sont des faits, pas des théories de complot.

    Et pourtant la complicité entre nos gouvernements et les riches de ce monde n'est pas un complot farfelu, mais un fait triste que l'on peut constater tous les jours. L'écart grandissant entre les riches et les pauvres, la largesse de nos gouvernements en matière de subventions aux entreprises privées, sans condition préalable, la laxité de nos gouvernements quand il s'agit de paradis fiscaux, du vol légal par les grandes entreprises qui ne veulent pas payer leur juste par d'impôts, le conflit d'intérêts de Trudeau qui octroie un contrat de 900 millions de dollars sans appel d'offre à un de ses amis et le népotisme de Trump qui engage sa propre fille et son gendre pour les plus importants postes de l'État, témoignent de la complicité de nos gouvernements avec les riches de ce monde, sur le dos des citoyens les plus vulnérables tels que nos ainés.
    Quand la cupidité devient le socle de nos sociétés, l'effondrement n'est pas loin.

  • Yvon Montoya - Inscrit 10 juillet 2020 06 h 27

    Oui c’est le monde dans lequel nous vivons tout en tenant le même propos, si vous lisez les journaux du debut du 20e siècle, qu’hier. Il est un fait que l’environnement cybernétique n’aide pas pour la culture ou la distance critique. Ce n’est pas près de s'améliorer, il est trop tard. Comme le disait bien Patrick McGoohan dans son oeuvre «  Le prisonnier » (1967/68): «  Bonjour chez vous! »

    • Cyril Dionne - Abonné 10 juillet 2020 08 h 49

      Cher M. Inscrit, les journaux ne sont que des moyens de communication ou les biais sont toujours omniprésents puisqu'ils choisissent sur quoi écrire et comment l'écrire. Mais ce qui est le plus important pour les journaux afin de survivre économiquement, il faut que des gens paient pour lire leurs nouvelles.

  • Hermel Cyr - Abonné 10 juillet 2020 08 h 13

    Quelle philosophie est l’antidote à la bêtise ?

    L’auteur a en gros raison quant à la bêtise que recèlent les théories du complot. Mais quand il affirme : « Pourtant, la philosophie comme la science et la culture sont des antidotes à la bêtise. », là, il faut nuancer.

    L’un des problèmes de la crise actuelle de la pensée est justement la place qu’a prise chez les intellectuels, cette philosophie qu’on appelle la « French theory » dans les universités étatsuniennes. Plusieurs de nos philosophes et littéraires médiatisés adhèrent plus ou moins explicitement à cette philosophie qui en voulant mettre un terme aux « grands récits » (justifiable au départ), a sombré dans une forme de nominalisme niant tout ce qu’il y avait d’universel dans la pensée et les principes régissant la société. On a ainsi assisté un repli identitaire sur les tribus (chères à Maffesoli par exemple) d’identités diverses, éclatées. Dans l'exercice, on a ainsi jeté la notion de citoyenneté universelle (libre et égale) avec l’eau du bain des grands récits. Pour ces « diversitaires » ne restent plus que les particularités raciales, ethniques, religieuses, genrées …

    Alors la nuance, c’est: « la philosophie ‘peut’ être un antidote à la bêtise » mais certaines philosophies en sont la cause; et la misère actuelle que nous avons de penser la société globale leur est en partie redevable. Se sont ajoutés les radicalismes, tant de tribord que de bâbord, qui ont ajouté à l’œuvre de nous mener en bateau.

    • Serge Lamarche - Abonné 10 juillet 2020 13 h 59

      Bonne entrée en matière pour mon commentaire!

  • Brigitte Brisson - Abonnée 10 juillet 2020 09 h 35

    La preuve par neuf...

    Quand la plupart commentaires servent à illustrer le propos de l'auteur... Bravo Monsieur Tremblay, mention spéciale à Monsieur Therrien!