Sur le masque obligatoire dans certains lieux publics

«La revue exhaustive d’études scientifiques commanditée ces derniers mois par l’OMS, menée par Chu et coll. et publiée dans
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir «La revue exhaustive d’études scientifiques commanditée ces derniers mois par l’OMS, menée par Chu et coll. et publiée dans "The Lancet" le 1er juin, montre statistiquement que le port de masques autres que le N95 diminuerait significativement la transmission des coronavirus, même hors du milieu hospitalier», souligne l'auteur.

Le 12 juin dernier, une trentaine de microbiologistes, infectiologues, urgentologues et épidémiologistes (j’en suis un) demandaient aux autorités d’imposer le masque non médical dans les transports collectifs et autres lieux publics où la distanciation est insuffisante ou impraticable. Nous appuyions notre revendication sur les études scientifiques imparfaites disponibles, sur les avis récents de l’OMS et de la CDC (santé publique américaine), sur le fait qu’un déconfinement diminue forcément la distanciation physique et sur un sondage montrant que la population accepterait une telle obligation.

Cette semaine, le professeur Yves Gingras, directeur scientifique de l’observatoire des sciences et des technologies de l’UQAM, a attaqué notre position dans les pages du Devoir en nous faisant essentiellement un procès d’intention. Curieusement, ce scientifique n’avance aucun argument logique ou physique contre le port du masque et il n’invoque ni étude scientifique ni données empiriques.

Sa diatribe repose sur des paralogismes navrants qui contournent et détournent de la question scientifique : le « faux dilemme » (des médecins médiatisés ne peuvent pas être scientifiques), l’attaque « ad hominem » (un des signataires a magnifié la chloroquine ; les signataires jouent sur leur notoriété), le sophisme de « l’épouvantail » (les arguments pro-masque relèvent du « sens commun » et de « l’intuition »), « l’argument d’autorité » (si le premier ministre et le docteur Arruda s’appuient sur la science, qui peut invoquer la science pour aller plus loin qu’eux ?). Ce directeur scientifique professe ainsi une conception absolutiste, naïve et fallacieuse d’une science immuable et indubitable.

La science évolue constamment et est rarement précise à propos de phénomènes impliquant des facteurs sociétaux comme les épidémies. Toutes les études épidémiologiques sont imparfaites, mais on doit agir sur la base des données disponibles. On doit se baser sur la « prépondérance de la preuve » à un moment donné et sur les risques et inconvénients des décisions que l’on prend. Plusieurs centaines de médecins et d’experts canadiens et américains font pression sur leurs gouvernements et leurs autorités sanitaires pour rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics fermés. Ce ne sont pas des « médecins médiatiques », comme le prétend Yves Gingras avec mépris. Ils ne se mobilisent pas sans une prépondérance de données scientifiques.

Données scientifiques

L’OMS et les CDC (Centers for Disease Control, aux États-Unis) ont appris et reconnu fin mars que la COVID-19 se répand en partie par l’intermédiaire de gens asymptomatiques ou présymptomatiques, surtout par des gouttelettes respiratoires lors de contacts rapprochés. Cela a donné une nouvelle importance au port du masque comme mesure-barrière. La revue exhaustive d’études scientifiques commanditée ces derniers mois par l’OMS, menée par Chu et coll. et publiée dans The Lancet le 1er juin, montre statistiquement que le port de masques autres que le N95 diminuerait significativement la transmission des coronavirus, même hors du milieu hospitalier. Deux grandes études dites « de corrélation » publiées ce printemps montrent clairement que les pays où l’on porte le masque « culturellement » (ex. Taïwan) ou qui ont imposé le port du masque (ex. la Tchéquie) sont venus à bout de la première vague de COVID-19 bien plus rapidement ou à bien moindre coût en vies humaines, en hospitalisations et en pertes économiques que les pays où l’on ne portait pas le masque. Publiées également ce printemps, deux grandes modélisations mathématiques ont appliqué des modèles épidémiques reconnus et ont conclu à la nécessité d’ajouter le port généralisé du masque aux autres mesures-barrières pour contenir la pandémie.

Ces études ont toutes des limites scientifiques. Une seule étude serait peu convaincante, mais ensemble, et par leur diversité méthodologique et d’expertises, elles ont une force imposante. Limitée, mais imposante. Ceux qui prétendent que les études et données en faveur du masque obligatoire dans les lieux publics sont « très discutables » ou « contestées » n’ont que des supputations sociologiques spécieuses comme arguments ; ils n’ont ni études ni données pour justifier leur négationnisme. Dans le cas contraire, qu’ils les citent. Que des gens contestent le poids des études sur lesquelles nous nous appuyons, très bien, et nous devrons nous corriger si nous avons tort. Mais qu’ils avancent pour ce faire des faits, des arguments scientifiques étayés ou des données probantes. Sinon, qu’ils s’en tiennent à des arguments sociopolitiques, qui peuvent avoir une validité sur ce plan, mais pas sur le plan scientifique.

20 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 25 juin 2020 00 h 59

    Bravo!

    J'avais aussi remarqué les sophismes dans l'argumentaire de M. Gingras, mais je suis content qu'un scientifique spécialisé en épidémiologie les ait contré de façon aussi efficace. Et, merci aussi pour la recension des études appuyant le port du masque.

  • Bernard Terreault - Abonné 25 juin 2020 08 h 24

    Dès le début

    Cela m'a frappé que des pays asiatiques avancés comme le Japon, la Corée du Sud et Taîwan, pays où le port de masque était déjà répandu (quoique pas nécessairement obligatoire) dans le métro ou de la part des enrhumés, que ces pays ont peu souffert de la pandémie, malgré leur proximité à la Chine et leur forte densité de population. Tout un contraste avec des collectivités de culture différente, plus ''individualiste'' ou ''libertaire'' comme l'Italie, l'Espagne, la France, l'Angleterre, New York ... et Montréal.

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 juin 2020 09 h 21

    Marcher sur sa peinture et dire que nos semelles étaient déjà blanches

    Monsieur Camus savait très bien de quelle manière un message aux accents d'injonction urgente et signé par des figures médiatiques allait être reçu. Il a beau faire ici dans la nuance, le 12 juin, tout était ordonné de manière à suggérer qu'il y avait une certitude absolue quant à la nécessité du masque et que tout délai à l'imposer constituait de la part de la DGSPQ un aveu implicite d'incompétence et d'acharnement. Gingras ne demandait pas aux signataires d'appuyer leur avis sur des données probantes. Seulement de ne pas pas faire comme s'il en avait. L'imposition du masque reste pour l'instant un choix stratégique qui repose sur la prise en compte d'avantages et d'inconvénients qui ne milite pour l'instant ni pour en décourager l'usage ni pour le rendre obligatoire. Les signataires ont bien le droit de soutenir qu'il devrait être obligatoire. Mais si leurs motifs sont sérieux, ils n'ont pas besoin de se mettre à trente pour en convaincre. Seulement de s'adresser au jugement des autorités. Pourvu, bien sûr, que l'opération ne vise pas essentiellement à les discréditer. S'en défendraient-ils? On entendrait volontiers qu'ils regrettent que ce soit l'interprétation qu'on fasse de leur initiative. Ce n'aura pas été pour aujourd'hui. On se sera contenté de régler un différend personnel.

    • Serge Pelletier - Abonné 25 juin 2020 20 h 16

      M. Desjardins, il y a effectivement urgence que les gens portent un masque (ou un objet quelconque) devant leur nez et bouche losqu'ils se trouvent en espace fermé et fortement fréquenté : style Home Depot, Costco, Rona, Métro, autobus, etc. Cette obligation doit s'étendre au personnel de ces endroits.
      Même Facal (l'ancien ministre péquiste) qui a depuis le début fortement ménagé le GV-Legault en la matière de critique, les trouvant (ceux du GV-Q-Legault) même bons... s'est ouvert ce matin dans sa chronique (Journal de Montréal) de ce matin que Legault et Arruda refusaient de l'ordonner (port du masque dans les grandes surfaces, Métro, etc.) uniquement parce qu'ils avaient une peur bleue de se faire blâmer pour le temps qu'ils ont prie pour le rendre obligatoire... Et que cette décision de ne pas le rendre obligatoire était uniquement politique, et ce même si cela était contraire à l'impératif de la santé publique.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 juin 2020 21 h 24

      Je ne crois pas que la décision ait été politique. Ce sont les signataires qui ont créé cette impression de telle manière que le gouvernement ait l'air de n'agir (ou pas) qu'en réaction à leur injonction. Ce sont eux qui ont essayé de politiser le débat. Heureusement, la caravane passe. Quant à savoir s'il y a « effectivement urgence », cette opinion est très respectable et assez largement partagée, mais ce n'est pas une affaire d'opinion. Même si elle est soutenue par monsieur Facal, semble-t-il.

    • Serge Pelletier - Abonné 25 juin 2020 22 h 24

      M. Desjardins, M. Facal est très probablement plus au fait des "histoires politiques" de cette décision que vous, et s'il prend la peine de l'écrire, lui un fervant fidèle de Legault, c'est qu'il a de bonnes raisons de le mentionner...

      Que vous soyez personnellement contre le port d'un masque dans les espaces clos (style Métro, autobus, grandes surfaces) n'en mettez pas... Et quand vous vous ramasserez à l'hôpital parce que certains agissent comme vous, il sera trop tard pour vous. Et ce, même si le décès n'est pas automatiquement la sanction... En porter les séquelles la l'infection la vie restante... ce n'est certainement pas jojo. Ni d'ailleurs la période de "réhabilitation".

      Bien entendu, un individu tel que vous n'avez rien à craindre du tout des maladies qui sont causées par ce virus. Cela est normal vous êtes un être très fort physiquement... Les quelques athlètes olympiques, les quelques athlètes professionnels - tous dans la force de l'âge - qui se sont ramassés aux soins intensifs sous respirateur durant plusieurs semaines et disent que la réadaptation était très très difficiles, douleureuses, et que des séquelles persistaient... Ba! ce n'était que des faibles constitutions, aux conditions préexistantes... Ouais, c'est cela. Hein!!!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 juin 2020 04 h 45

      Monsieur Pelletier, votre attitude détestable est tout à fait typique de ce qui risque de se produire dans les temps à venir. Vous vous permettez de présumer, à tort, que je suis opposé au port du masque et au fait qu'on le rende éventuellement obligatoire. Que des gens comme vous soient inquiets, cela s'entend et se comprend. Mais cela ne vous confère aucun privilège de jouer à la police. Évidemment, rien ne vous empêche de continuer à sévir par ici. Je continuerai à suivre les consignes de la santé publique. Je vous laisse à monsieur Facal.

  • Yves Gingras - Abonné 25 juin 2020 09 h 32

    Réponse

    Il semble bien que la pandémie amène certains experts à s'exciter au lieu de lire attentivement un texte. Encore une fois: donnez un marteau à un enfant et tout ressemble à un clou. L'auteur -- qui répète essentiellement ce qui est connu sur les goutelettes -- nous dit en fait des choses contradictoires et confuses. En effet, je laisse aux lecteurs le soin de vérifier que les médecins médiatiques qui ont fait la conférence de presse demandaient clairement le port du masque dans tous les espaces publics. Ici notre épidémiologue et "analyste de risques" titre "dans CERTAINS lieux publics", ce qui est déjà plus limitatif et en effet appliqué chez les médecins, coiffeurs etc. Mieux, il écrit dès sa longue première phrase: "dans les transports publics et autres lieux où la distanciation est insuffisante ou inapplicable". On doit deviner qu'insuffisant signifie "moins de deux mètres"? Comme le dit d'ailleurs depuis longtemps et encore ce matin dans les journaux la santé publique du Québec.... Donc il faudrait se brancher: obligatoire partout donc dans les rues désertes et sans contacts significatifs (car passer à côté d'une personne une seconde en marchant n'est pas un contact "significatif" ni la "charge virale" importante. Mais ce n'était pas la suggestion de la semaine dernière qui insistait sur le port obligatoire en public. D'ailleurs, l'auteur se contredit à la fin de son texte en écrivant : en faveur du masque obligatoire dans les lieux publics". Pas "dans CERATINS lieux".... On peut comprendre qu'un expert concentré sur sa spécialité dédaigne les "supputations sociologiques", mais la société est plus complexe qu'un modèle mathématique de diffusion. Je rappelle donc ma conclusion; c'est bien à la santé publique de prendre ces décisions en tenant compte de variables autres et plus complexes que la seule transmission qui est d'ailleurs loin d'être homogène dans l'espace ce que semble oublier ici notre épidémiologue....

    • Michel Camus - Inscrit 25 juin 2020 11 h 19

      Monsieur, Gingras, les trente et les 500 au Canada anglais ne sont pas que des médecins médiatiques, et ces médecins sont tous des experts dans les domaines que j'ai indiqués au début de mon texte. Moi-même, suis-je un médecin médiatique? Vous ne me connaissez ni d'Ève ni d'Adam. Il est normal dans une situation où la question fait débat, de consulter des collègues et de trouver un terrin commun pour augmenter la validité et la confiance dans notre thèse. Cette validation collégiale est tout à fait dans l'esprit scientifique. De plus, face à des autorités politiques, il est normal que des individus se regroupent et aillent chercher des gens connus dans la population et des autorités médicales et scientifiques respectées (pas par vous, apparemment). Enfin, le message est que plusieurs (la plupart?) spécialistes en médecine disent qu'ici comme ailleurs il faut que l eport du masque soit généralisé dnas les lieux publics où la distanciation n'est pas possible. Et nous citons des études dans ce sens. Et c'est là que réside la prépondérance de notre «preuve». Il n'y a pratiquement pas de certitudes éternelles en sciences. On discute encore des limites de la relativité générale, par exemple. Il n'y a pas de quoi vous offusquer. Vous n'êtes pas d'esprit collégial ni grégaire, de toute évidence.
      Mais vous, que proposez-vous comme moyen peu coûteux et peu contraignant pour compenser les effets délétères (admis très ouvertement et avec raisons par le docteur Arruda) que favorise la perte de distanciation qui vient avec le déconfinement? Dites en quoi et pourquoi, nous avons tort de proposer l'obligation de porter le masque pour généraliser cette mesure-barrière additionnelle àç la distanciation et à l'hygiène des mains?

    • Yves Gingras - Abonné 25 juin 2020 13 h 33

      Si vous avez bien lu, je ne parle pas de vous (désolé) car ce n’est pas l'objet. Je parle d'un phénomène plus général qui a fait soudainement émerger (pas seulement au Québec) dans les médias des personnes qui ensuite utilisent ces mêne média pour faire pression sur les décisions de la santé publique. C'est simplement un fait. Vous dites d'ailleurs: il est normal d'aller "chercher des gens connus dans la population"… Je ne m'offusque pas de l'incertitude mais de la réunion soudaine autour d'une conférence de presse qui réunit justement ces personnes devenues médiatiques. D'autres, bien sûr, se mettent "derrière" les porte-parole "visibles" et appuient, cela va de soi. Mais c'est bel et bien utiliser la simple visibilité médiatique nouvelle de ces personnes comme pression sociale et argument d’autorité.
      Je propose quoi? C'est pourtant CLAIR si vous lisez attentivement le texte: suivre les directives de la Santé publique du Québec, organisme officiel qui écrit chaque jour dans les journaux "Porter le masque SI à moins de deux mètre" (encore dans Le Devoir de ce matin p. 2)....Je répète SI À MOINS de 2 MÈTRES....

      Je laisse encore ici de côté vos adjectifs inutiles dans la discussion rationnelle (esprit non collégial, non grégaire, ou dans votre texte original: diatribe, procès d'intention, négationnisme, etc).

      Je me demande surtout pourquoi il semble si difficile de saisir ce qui est clairement écrit dans mon texte. Comme je dis toujours: entre les lignes il n'y a RIEN donc on peut y mettre n'importe quoi. Lisons donc ce qui est SUR les lignes pour comprendre vraiment ce qui est dit et argumenté.

    • Marc Therrien - Abonné 25 juin 2020 17 h 13

      Il semble que la science du Dr. Arruda ait besoin de prendre un peu de recul voire même des vacances. Je ne sais pas comment les plus inquiets vont réagir maintenant qu'ils viennent d'apprendre que les données habituelles ne seront communiquées qu'une fois par semaine. J'imagine que la prise de risques est inhérente à l'analyse et à la gestion des risques.

      Marc Therrien

    • Serge Pelletier - Abonné 25 juin 2020 20 h 36

      M. Camus, depuis la nuit des temps le port d'un masque a permis de contrer certaines transmisions de maladie ou effets de maladie par les aérotransmissions. Mêmes quand les masques n'avaient aucun effet contre la maladie comme telle, ils permettaient au "personnel soignant - ou aux fossoyeurs" de ne pas avoir le haut-le-coeur. L'exemple des masques à grand nez de corbeau lors des épidémies de peste (ils mettaient des "sens- bons" dans le nez de corbeau), pourtant ils savaient que cela n'était pas un gage de sécurité face à la transnission de la maladie (c'était les puces rats qui étaient l'agent transmetteur)...
      Que dire de la grippe dite espagnole... C'est encore le masque qui a permis au personnel d'intervention (entre autres) de "survivre" au milieu des malades.. Et même, pour contrer la peste blanche chez les intervenants en santé... Les exemples de l'utilité "sanitaire" sont infinis... Que dire des mériers "manuels" comme les peintres industriels, les soudeurs, etc. où le port d'un masque filtrant (incluant le #95) est obligatoire lors de certains travaux... Port généralement obligatoire... sauf, bien entendu, pour les ignorants.

  • Marc Therrien - Abonné 25 juin 2020 09 h 58

    L'appel à l'autorité de la science est un sophisme acceptable


    J’imagine que si les humains ont développé l’art de la rhétorique et de la sophistique, c’est entre autres parce que la discussion strictement et rigoureusement logique et rationnelle devient rapidement ennuyante.

    Marc Therrien

    • Michel Camus - Inscrit 25 juin 2020 22 h 06

      L'appel à l'autorité (la DSP) peut être utile si cette autorité avance des arguments contre la position que l'on attaque. Ce qui n'est pas le cas. La DSP recommande et _préfère_ ne pas imposer Elle n'a pas présenté d'argument contre l'imposition du port du masque dans certains lieux.
      Par ailleurs, l'appel à l'autorité peut être un raccourci si on est incapable d'argumenter et de justifier soi-même sa position. Ce qui semble être le cas. Jai relevée ainsi qu'Yves Gingras n'avait pas d'argument valide pour attaquer (il n'a pas critiqué le fond de notre position).
      Yves Gingras n'a pratiquement pas parlé du port du masque et n'a rpondu à aucun des arguments structurés avancés par le groupe d'experts
      Côté rhétorique et sophistique ...
      La sophistique n'a pas été développée pour la science ni pour les argumentations scientifiques. Au contraire.
      Et une bonne rhétorique doit suivre l'argumentation scientifique sans en dévier, non la guider, et ne doit pas used de sophismes sauf pour mentir...
      La simplicité, la clarté et l'interprétation parcimonieuse des données craignent la rhétorique et s'opposent aux sophismes, ces fautes de raisonnement voulues pour tromper l'autre.
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      - Notre argument présenté le 11 juin était méthodique et prudent. Nous ne sommes allés plus loin qu'en appliquant le principe de précaution : si un remède coûte très peu, ne pose aucun risque sauf dans des cas spécifiables et évitables, si les informations et données disponibles montrent qu'il peut atténuer ou éviter un mal grave et imminent ou présent, il faut le prescrire. Or nous ne faisons pas face àun enjeu bénin, mais à une pandémie très morbide et meurtrière contre laquelle nous n'avons pas fait preuve d'une grande efficacité jusqu'ici au Québec. Bien au contraire.
      Foin de métaphysique et de pataphysique, soignons et luttons fort contre une recrudessence redoutée.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 juin 2020 05 h 16

      Monsieur Gingras n'a pas à justifier une quelconque position sur l'obligation du masque, à laquelle je ne l'ai pas entendu s'opposer, d'ailleurs. En sciences, la charge de la preuve appartient à celui qui soutient une position. Ce qu'il relève, c'est que les arguments au soutient de votre suggestion impérative ne supportent pas le caractère péremptoire avec laquelle vous l'avez présentée. D'une part parce que les études que vous évoquiez ne sont pas aussi concluantes qu'on voudrait, d'autre part parce que vous n'établissez pas de lien causal entre l'inefficacité présumée de la stratégie de la DSP et l'absence de masque communautaire et enfin parce que vous cherchez à obtenir l'adhésion du public de manière polémique avec une sortie (une autre pour certains d'entre vous) destinée à saper la confiance du public avec un stétoscope dans le cou d'autorité.

      Je crois que la DSP fonde elle aussi sa décision de ne pas imposer le masque sur le principe de précaution. Simplement, dans la balance des considérants (laquelle ne sera jamais concluante comme là où la prévention serait possible), elle n'estime pas que « le remède » soit aussi efficace que vous le laissez entendre (avec des arguments non dépouillés de toute pertinence cependant). Pas assez pour justifier la contrainte. Vous avez peut-être raison. Ils ont peut-être tort. Mais cela ne devrait pas se décider par des show de boucane.

    • Marc Therrien - Abonné 26 juin 2020 09 h 37

      M. Camus,

      À ce que je sache, comme citoyen qui est à l'écoute de ce que les autorités proposent et recommandent fortement comme moyens de contrôler la propagation de la Covid-19, je ne suis pas en train de participer à une expérience scientifique visant à prouver l'efficacité ou l'inefficacité du couvre-visage.

      Marc Therrien