Le racisme est un virus: un texte de Dany Laferrière

L'écrivain Dany Laferrière
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir L'écrivain Dany Laferrière

Bon, soyons clair, le racisme naît, vit et pourrait même mourir un jour. Il est contagieux, et se transmet d’un être humain à un autre. Toutefois, sa rapidité de contagion varie selon le lieu ou la situation. On peut d’ailleurs créer de toutes pièces des situations qui augmenteraient sa vitesse et sa puissance, alors que d’autres la diminueraient.

À certains moments on annonce de nouvelles vagues à l’horizon. On s’en étonne alors que des signes avant-coureurs avertissaient de l’imminence du danger. Le chômage, la misère, la violence urbaine, l’absence de courtoisie sont des agents capables d’accélérer son éclosion dans un lieu où sa présence était embryonnaire.

Mais le racisme a cette particularité de ne jamais naître à l’endroit où on se trouve. C’est un virus qui vient toujours d’ailleurs. Si le chômage fait soudain rage, on montre alors du doigt les nouveaux venus qui conservent en eux, semble-t-il, ce gène de la misère qui permet au racisme de féconder. C’est en voyant un malade qu’on apprend l’existence du virus, sinon il reste invisible. Ce qui fonde l’idée que le malade est responsable de la maladie.

Si le Blanc pense que c’est avec le Noir que ce virus est arrivé en Amérique, le Noir croit, lui, que c’est la cupidité du Blanc à vouloir exploiter son énergie qui le garde encore vivant. Il n’y a pas de Noir sans Blanc comme il n’y a pas de Blanc sans Noir. Chacun devant son existence à l’autre.

Voilà un nouveau produit identitaire aussi américain que le hamburger. Une identité créée par un virus. On aimerait assister à cette naissance en laboratoire. Quant aux Amérindiens ils sont encore en confinement dans les réserves.

Le moment historique

On se demande quand tout a commencé en Amérique ? Il y a 400 ans avec le commerce d’esclaves. Les premiers bateaux négriers sont arrivés à ce moment-là sur les côtes d’Amérique. Cela peut sembler lointain, mais sur un plan historique c’était hier.

Les petits-fils d’esclaves font tout pour se rappeler « ces siècles sanglants » tandis que les petits-fils de colons font tout pour les oublier. On ne pense pas toujours à la même chose au même moment. On peut faire remonter la conception du virus quand l’Europe s’est mise à fantasmer sur cette énergie gratuite et inépuisable : la force de travail de l’esclave.

Le but c’est l’argent. Faire travailler les autres gratuitement, avec droit de vie et de mort sur eux. On trouve encore des gens aux États-Unis qui pensent avec nostalgie à cette époque.

Je dis États-Unis parce que les derniers événements s’y sont déroulés, mais je souris de voir l’Europe s’étonner de la violence du racisme américain, oubliant qu’elle était à l’origine de toute cette histoire. C’était la première pandémie puisqu’au moins trois continents étaient impliqués : l’Europe, l’Afrique et l’Amérique.

Le mystère

Il y a un point qui reste mystérieux : le racisme est capable d’apparaître dans les régions les plus reculées, là où il n’y a ni misère, ni chômage, ni même un Noir. On croyait pourtant connaître son mode de fonctionnement.

Son territoire est-il illimité ? Son temps, infini ?

Il y a tant de choses qu’on ignore dans le comportement du virus. On navigue à vue. La seule évidence, c’est la souffrance qu’il produit sur un seul groupe : les Noirs. On serait étonné de la diversité des études faites sur le comportement du virus.

Par exemple, le virus peut-il passer de l’homme à l’animal ? On pourrait le croire en voyant dans le sud des États-Unis, il n’y a pas si longtemps, des endroits publics où il est affiché : « Interdit aux Nègres et aux chiens ».

On pourrait croire que c’est la fantaisie d’un chercheur en laboratoire, en réalité cela fait partie d’un processus de déshumanisation.

Si le Blanc pense que c’est avec le Noir que ce virus est arrivé en Amérique, le Noir croit, lui, que c’est la cupidité du Blanc à vouloir exploiter son énergie qui le garde encore vivant

La déshumanisation

Pour que l’esclave puisse accepter sa condition de bête de somme, cela requiert une participation de tous les corps de métier qui ont une certaine influence sur la société.

L’élite politique, intellectuelle et religieuse de l’époque s’est engagée à convaincre l’esclave qu’il est à sa place dans l’organisation de la société coloniale. Ce qu’il est ? Une simple marchandise qu’on cherche à vendre au plus offrant. L’Église lui fait comprendre que tant de souffrance sera récompensée par une place certaine au paradis. Un article du Code noir qui régit tous les aspects de la vie de l’esclave stipule que « le Nègre est un bien meuble ». On est en plein siècle des Lumières.

Pourtant, l’esclavage va fleurir durant cette époque de haute philosophie et de progrès scientifique. On se demande même si le Noir possède une âme. On remarque alors que plus le virus s’installe, plus la police se croit puissante. Une fois qu’il est là, c’est difficile de l’extirper du corps. On cherche ou on fait semblant de chercher un vaccin pour le tuer.

Ce vaccin-là, c’est le siècle des Lumières qui le propose avec l’idée du progrès dans tous les domaines. La Révolution française a tenté un bref moment de tordre le cou à l’esclavage (« périssent les colonies plutôt qu’un principe ! » Robespierre sur l’esclavage).Mais en fait, c’était compter sans la pièce maîtresse : l’argent. Car tout le monde cherche à s’enrichir par la traite négrière. Même les philosophes — Voltaire en tête — possédaient des actions à la Compagnie des Indes.

L’argent

C’est l’argent qui a permis au virus de se propager. Il se nourrit du désir insatiable de l’homme de s’enrichir à peu de frais. Des ouvriers qu’on n’a pas à payer.

Aux États-Unis, Abraham Lincoln croit que l’esclavage ne va pas avec son projet d’une Amérique nouvelle. Guerre de Sécession. Le Nord gagne. Massivement les Noirs montent au nord pour devenir des salariés. On déchante rapidement. Les anciens esclaves devenus ouvriers avaient maintenant un salaire, mais ils travaillaient presque autant qu’avant et devaient vivre dans des taudis à rats qu’ils payaient cher. Ils découvrent que l’ouvrier est un esclave qui règle lui-même ses factures. Mais sa condition n’est pas si différente de celle d’avant. Le problème reste entier.

L’esclavage est dur, mais le capitalisme n’est pas une plaisanterie non plus. Le Nord est un Sud exempt de culpabilité. Le virus s’adapte rapidement à la nouvelle situation. Pour toucher du doigt le problème, il faudrait mettre le Blanc (Nord et Sud) sur le divan du docteur Freud, car le virus s’est caché si bien dans les replis du corps social qu’il est impossible de le débusquer. Au point que le raciste se demande de quoi on l’accuse.

Un peu comme quand le violeur se met à croire que c’est la petite fille qui l’a provoqué.

La distanciation sociale

Si l’Afrique du Sud l’a perfectionné avec l’apartheid, l’Amérique avait compris longtemps avant qu’il fallait une distance sociale. Étrangement cette fois, la distanciation sociale permet au virus de garder sa vigueur.

Rapidement, les États du Sud ont mis en place un système sanitaire qui écarte dans tous les actes de la vie quotidienne le Blanc du Noir. Il ne fallait pas qu’ils soient ensemble dans la même pièce, ni qu’ils passent par la même porte pour entrer dans un lieu public ou privé (les Noirs par la porte de derrière, les Blancs par la porte de devant). Il ne fallait pas qu’ils fréquentent les mêmes bars, sauf s’il y avait deux entrées et deux salles qui ne communiquaient pas. Ils ne mangeaient pas, ne dansaient pas, ne dormaient pas dans la même maison (la maison des maîtres, et au fond de la cour les baraques des esclaves).

Les règles étaient strictement observées à l’époque, car les châtiments étaient lourds. C’était aux Noirs de se tenir à distance. Le Blanc pouvait circuler partout, même dans la case du Noir, mais c’était à ce dernier d’éviter de se trouver sur son chemin, même s’il le trouvait avec sa femme.

Un virus particulier

Je ne sais pas par quel étrange raisonnement on a conclu que le virus du racisme n’était pas chez le Blanc mais chez le Noir, qu’il n’était pas chez le maître mais chez l’esclave. Comme on a cru que la femme était responsable de son viol. C’est pour cela qu’on a mandaté la police pour qu’elle protège le Blanc du Noir. Car c’est de sa faute si le Blanc est raciste. On ne lui reproche rien d’autre que d’être noir. Des penseurs ont affirmé que n’importe qui peut être raciste. N’importe qui peut être un salaud ou un tueur, mais le racisme est un virus particulier. Il a besoin d’un porteur qui se croit supérieur à tout autre individu différent de lui, tout en pensant que le Noir est au bas de l’échelle. Il faut qu’il soit aussi membre d’un groupe puissant et dominateur. Il faut surtout qu’il croie que sa supériorité remonte à des temps immémoriaux.

D’un autre côté, le système doit faire en sorte que le Noir accepte ce bouquet de privilèges comme une évidence.Résultat : quand un Blanc croise un Noir, même dans cette Amérique, il sait qu’il y a quelques siècles cet homme aurait été son « bien meuble ».

Pour le test : si vous échouez à répondre à ces questions, c’est que vous n’avez pas le virus.

Les porteurs sains

Pendant longtemps on a cru que le raciste ressemblait à ces hommes qui portent des cagoules pointues et de longues robes blanches pour se réunir la nuit sous de grands arbres avec des torches et une croix en flammes. Ils font des discours haineux qui affirment la suprématie des Blancs.

Plus tard, on a cru aussi que la nouvelle génération était formée de jeunes punks racistes au crâne rasé et au regard aussi pointu que leur couteau qui monologuent un sabir fait de borborygmes qu’ils accompagnent de saluts nazis en vendant de vieux exemplaires de Mein Kampf. On sait aujourd’hui que le virus a atteint presque tout le monde après quatre siècles. Et que la plupart des porteurs sont sains, c’est-à-dire qu’ils l’ont, mais n’en souffrent pas. Le pire c’est qu’ils peuvent le transmettre.

Supposons que nous en sommes tous atteints : ceux qui subissent comme ceux qui infligent, et qu’il n’y a pas de guérison possible sans un effort collectif. Vous avez vu l’énergie et l’argent dépensés pour l’autre virus, et cela même sans espoir d’une éradication totale. Si nous mettons le même effort, même s’il faut bloquer un moment le système, pour éradiquer une fois pour toutes ce virus du corps humain. Juste un effort pour détruire le virus, sans le relier à une race, ou à un passé même sanglant, même injuste.

Ce sera un très lent processus, mais si nous réussissons, nous aurons l’impression d’être moins idiots et de pouvoir rire en racontant plus tard aux enfants qu’il y a à peine quelques décennies le monde était divisé en races et qu’un individu pouvait mourir à cause de la couleur de sa peau.

65 commentaires
  • Pierre Ferland - Abonné 10 juin 2020 04 h 23

    Réjouissant

    Votre texte m'a réjoui M. Laferrière. J'aime votre clarté!

  • Yvon Montoya - Inscrit 10 juin 2020 06 h 15

    Merci pour ce si magnifique si juste texte lequel nous fait un grand bien après avoir lu des tombereaux de réactions racistes comme quoi la terre serait surpeuplée ou que ce ne serait pas systémique alors que le racisme comme virus nous semble systématique. Merci parce que vous « ouvrez la voie! » ( Hanta yo! Nous disent les amérindiens Dakotas). Non ce n’est pas de l'Amérique par lequel ce virus du racisme s’est propage mais bien de l’Europe entière. On en voit encore aujourd’hui non les traces mais la dure réalité avec les réserves amérindiennes ici au Quebec et ailleurs au Canada. Ce n’est pas Voltaire mais Montaigne que nous devrions avoir pour consolation. En tout cas MBC va pas être content aujourd’hui. Merci Dany on veillera au vaccin anti-raciste mais la lutte est inégale surtout injuste et parfois sans espoir.

  • Ginette Martel - Abonnée 10 juin 2020 06 h 53

    Lire Dany Laferrière

    Ouais, moi qui n'avait encore vraiment rien lu d'écrit par Dany Laferrière je pense que je vais dorénavant trouver le temps de le faire. C'est drôle, mais maintenant riche de la compréhension (peut-être partielle de ce petit texte), je me sens plus intelligent et même si je ne me considère pas moi-même "trop" atteint par le virus que nous décrit l'auteur, je réalise qu'il me faut maintenant tenter de l'éradiquer partout où il se cache...en commençant par ma petite personne. Pascal Labrecque

  • Nicole Larocque - Inscrite 10 juin 2020 06 h 58

    Nicole Larocque

    Merci encore une fois Dany Laferrière, vous avez tracé un portrait global du virus racial, cette plaie qui nous affecte tous, plus ou moins; des fois il suffit d'un regard.

    J'ai quelqu'un proche de moi qui est Noir et vraiment il en a arraché et ça continue et il s'inquiète pour ses enfants, de ce qu'ils subiront à leur tour.

    Vous envisagez quand même de l'espoir que je partage aussi.

  • Francois Ricard - Abonné 10 juin 2020 07 h 07

    M. Laferrière est "politiquement correct"

    Le « politiquement correct » repose sur trois erreurs de pensée :l’anachronisme où le passé est jugé selon des critères politiques, moraux, mentaux et culturels d’aujourd’hui ;le manichéisme où l’Histoire se réduit à une lutte entre le bien et le mal, mais un bien et un mal définis selon les normes actuelles ; l’esprit réducteur qui escamote toutes les complexités du passé, et même du présent, pour n’en retenir que les aspects qui conviennent au dogme prévalent.
    Face à la doxa, à l’activisme et aux manipulations médiatiques, l’Occident se fissure toujours plus dans le délitement de son identité, de son histoire, désormais réduites à un processus de déconstruction par les minorités et l’intelligentsia gauchiste. La civilisation occidentale se résume à un passé d’oppression et de violence, ses descendants doivent rendre des comptes.Ces offensives n’auront aucune limite ;tous les prétextes sont bons pour attaquer les structures des nations ainsi que leurs symboles :les forces de l’ordre, les drapeaux, les statues, la littérature et les livres. On veut l’Occident avec, pour commencer, un genou à terre.Ensuite, sa disparition.

    • Claude Bariteau - Abonné 10 juin 2020 10 h 11

      M. Ricard, l'Occident ne se résume pas aux dernières à la période axée sur la découverte de biens, dont l'or imaginé, et à une colonisation de territoires outre ses frontières. Elle s'élabore lors d'un long processus et poursuit sur cette lancée. Sa disparition n'est pas l'objectif recherché. Le sont par contre des dérives qui ont marqué son histoire.

      Les royautés et les entrepreneurs à l'époque des découvertes de ce qui existait hors de l'Occident ont découvert des biens, certes, mais surtout une main-d'œuvre, notamment les Autochtones en Amérique et des Noirs en Afrique centrale, qu'ils purent capturer pour les transformer en marchandise monnayable.

      Il y eut alors des pratiques visant à contrer militairement des Autochtones en les tuant et en transformant des prisonniers et des prisonnières en esclaves. Ces entrepreneurs et armateurs eurent recours à des chefs locaux et à des peuples guerriers pour y arriver. Aujourd’hui, ça se poursuit autrement, un peu comme ce fut le cas aux États-Unis après la Guerre de Sécession. Les travailleurs actifs dans des entreprises capitalistes ou autres sont souvent sous-payés et habitent des quartiers où prédomine des conditions de vie minables.

      En découlent des ghettos et des dénigrements des gens qui les peuplent que tentent à encadrer les dirigeants politiques alors qu’il se manifeste depuis des siècles des mobilisations pour changer cet ordre ségrégationniste.

      L’abolition de l’esclavage fut une décision politique, mais les comportements appris sont demeurés et ce, d’autant que les écarts entre les citoyens et les citoyennes persistent et s’accentuent. Là est la source du problème comme la voie pour la contrer.

      L’auteur le dit en ses mots en utilisant l’allégorie du virus pour aborder l’esclavage des Noirs. Il y a plus à dire il le sait, je pense, que des changements impliquent autant les discriminants, surtout les employeurs à la recherche de gains, que les discriminés.

    • Nadia Alexan - Abonnée 10 juin 2020 10 h 35

      À monsieur Ricard: Vous dites: «la civilisation occidentale se résume à un passé d’oppression et de violence.»
      Malheureusement, ce n'est pas seulement dans le passé. Le capitalisme exploite encore les ressources et la misère d'une main-d’œuvre bon marché des pays pauvres du sud de l'hémisphère.
      Ne pas entendre le cri du coeur du peuple noir opprimé c'est de jouer à l'autruche.

    • Mélanie Carpentier - Abonnée 10 juin 2020 11 h 07

      Et s'il s'agissait plutôt de devoir de mémoire que d'anachronisme ? N'est-ce pas ce que chaque nation ayant une histoire entâchée se doit de faire pour viser au progrès ? Reconnaître les méfaits du passé pour ne pas qu'ils se reproduisent et se transfèrent sous d'autres formes pernicieuses dans nos structures ? Imaginez si l'Allemagne se contentait d'aborder la Shoah comme les symptômes d'un autre temps, en laissant les figures de ses leaders et ceux qui ont participé activement à la propagande nazi rayonner dans l'espace public, les livres qui prônent leurs "valeurs" circuler librement sans un appareil critique solide pour les accompagner, etc. Comment pourrait-on espérer progresser en Occident sans analyser l'histoire sous la loupe des critères d'aujourd'hui, sans y débusquer cette banalité du mal dont on a hérité et dont les descendants de ses principales victimes continuent de manière bien concrète à souffrir et à faire les frais ? Comment pourrait-on tendre à un système qui soit vivable pour toutes et tous sans cet examen que vous pensez anachronique ? L'histoire à laquelle vous référez est-elle coulée dans le marbre et ne devrait-on pas y inclure aujourd'hui les voix de ceux et celles qui en ont été écartés ? En leur donnant droit de citer et en multipliant les perspectives sur l'histoire, est-ce que, justement, on ne met pas de l'avant ces complexités du passé ? De me poser ces questions, est-ce que ça fait de moi une adepte de ce que vous nommez doxa ou une activiste pour la disparition de l'Occident ? Cette identité dont vous parlez n'est-elle pas vivante, en devenir, un processus ?

    • Simon Viel - Abonné 10 juin 2020 12 h 25

      Monsieur Ricard, parlons d'avenir. À vous lire, il semblerait que l'identité de l'Occident se résume à celle de l'homme Blanc. Vous percevez sa structure et ses symboles sous l'attaque des minorités. Vous craignez sa disparition.

      En quoi le futur de l'Occident nécessite-t-il la souffrance des Noirs ?

      Mieux distribuer le pouvoir et la richesse n'est pas une histoire de reddition de comptes. C'est une question de droit et d'équité. Il faut mettre fin aux iniquités économiques et sociales qui alimentent le racisme.

    • Marc Therrien - Abonné 10 juin 2020 17 h 24

      M. Ricard,

      Il semble que votre esprit ne soit pas disposé pour une synthèse du type hégélien par laquelle on peut en même temps nier et conserver ce qui se déploie sans pour autant l’anéantir; dépasser ce qui nous précède tout en conservant ce qui nous fonde et qui est bien imagée par les cercles concentriques de l’identité. Disparaître tout en se transformant n’est pas tout à fait s’anéantir. Pensez au fruit qui apparaît, à la fois négation et conservation de la fleur, dans ce qui se continue.

      Marc Therrien

    • Hélène Lecours - Abonnée 10 juin 2020 20 h 47

      Monsieur Ricard, vous êtes paranoîaque. Une magnifique mélange des couleurs nous attend et ce sera formidable. Les "Blancs" n'auront plus à se sentir coupable, car il n'y aura plus de Blancs...quand nous aurons assumé notre passé culturel.

    • Jean-Pierre Lamontagne - Abonné 11 juin 2020 08 h 59

      Monsieur Ricard, ce n'est pas être politiquement correct de reconnaître que la cupidité tue.

      Envelopper la misère et ses effets par une rhétorique encourageant l'immobilisme, voilà la meilleure manière d'être en refusant tous changements favorisant une vie meilleure tout en se déresponsabilisant. Il est inconcevable, sans se trahir, de ne pas reconnaître le racisme systémique en écartant toutes les preuves scientifiques qui le démontrent que l'on soit premier ministre ou simple quidam.

      Les contrastes font la beauté de la vie. L'immobilisme, comme la cupidité, tue.


      Jean-Pierre Lamontagne, retraité.