Merci pour quoi au juste?

«Super COVID-19 ou pas, la vie d’une infirmière était déjà l’enfer ; maintenant, on vient juste de passer au scénario apocalypse», déclare l'infirmière Danica Dragon Jacimovic.
Photo: iStock «Super COVID-19 ou pas, la vie d’une infirmière était déjà l’enfer ; maintenant, on vient juste de passer au scénario apocalypse», déclare l'infirmière Danica Dragon Jacimovic.

Je ne sais pas pourquoi, mais quand quelqu’un me lance « Merci pour tout ce que vous faites, merci beaucoup ! », ma première réaction est l’incrédulité et j’ai juste envie de lui dévisser la tête. Merci pour quoi au juste ?

En mai 2006, il y a 14 ans de cela, j’obtenais mon diplôme d’infirmière. Et c’était déjà difficile d’être infirmière. Entre la compétition, le « bitchage » entre collègues, la suprématie des médecins et le manque de reconnaissance, beaucoup quittaient déjà la profession un an après avoir reçu leur diplôme. Alors, super COVID-19 ou pas, la vie d’une infirmière était déjà l’enfer ; maintenant, on vient juste de passer au scénario apocalypse.

En 2005, quand j’étais préposée aux bénéficiaires dans une unité de gériatrie la nuit, nous n’étions que 2 préposées et 1 infirmière pour 70 patients. Vous trouvez que ça a du sens ?

Cette année, le slogan des revendications des infirmières de la FIQ est « soigner à s’en rendre malade, c’est terminé ». Et ça aussi, c’était avant la COVID-19. Alors, moi, ce que j’aimerais vous entendre dire avec cette intonation timide, ce n’est pas merci, mais « Désolé, on s’excuse vraiment ! ».

On s’excuse de quoi au juste ? On s’excuse d’être devenus complètement aveuglés par une société de surconsommation capitaliste qui mise avant tout sur des bonus aux riches entreprises telles que Bombardier, au lieu d’investir dans le capital humain. Notre vraie plus-value.

On s’excuse de dormir au gaz. De ne pas avoir défendu avant le droit de nos aînés, pas ceux des CHSLD non, nos aînés. De ne pas s’impliquer politiquement pour revendiquer et demander du changement dans la société. D’accepter d’élire des gouvernements qui n’investissent pas et ne réforment pas là où ils le devraient.

On s’excuse de dormir au gaz et de ne pas revendiquer une société plus saine. De ne pas revendiquer de repenser la semaine de travail de cinq jours et les trois semaines de vacances par année. Parce qu’on n’a plus le temps de rien, tout ce que l’on fait, c’est travailler pour que des plus riches continuent de s’enrichir pendant qu’ils nous regardent dépérir.

D’accepter que l’on soit stressés, au bout du rouleau, qu’on n’en puisse plus comme société. Le système de santé est malade parce que notre société est malade. Et c’est à tout un chacun de se lever pour en revendiquer une meilleure.

Pas juste aux infirmiers, aux professeurs, aux préposés et aux travailleurs sociaux. Toutes ces belles gens qui prennent soin de vous et de votre famille parce que vous dormez au gaz. Assis tranquillement devant Netflix avec votre verre de vin. Vous avez laissé votre santé physique et mentale entre nos mains, mais c’est sur nos épaules au complet que ça repose aujourd’hui, et nous vous disons que nous ne pouvons plus vous soutenir.

C’est ça que j’aimerais entendre : « Désolé d’avoir tenu mon bien-être pour acquis en laissant le soin aux autres de voir à ma santé ».

Et pour monsieur Legault qui se dit déçu des postes à temps plein non pourvus… S’t’une joke, oui ?

48 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 25 mai 2020 01 h 08

    Un système prédateur qui cannibalise les gens ordinaires pour le compte de quelques oligarques.

    Vous avez tellement raison, madame, Danica Dragon Jacimovic, c'est la société qui est malade. Nous avons offert la bergerie au loup cupide. La société qui offre toutes ses ressources et le fruit de ses travailleurs à une poignée d'oligarques est vraiment malade. Et l'on essaye de nous convaincre que cette barbarie est pour notre bien. Qu'il faut dorloter le capital pour préserver les jobs. C'est le monde à l'envers. C'est dommage. Ils ont même lavé le cerveau des gens instruits pour accepter l'inacceptable.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 mai 2020 08 h 30

      @Nadia Alexan,

      Vos larmes de crocodiles ne me touchent pas.

      Il y a plein de travailleuses de la santé qui portent le voile dans le système de santé public que vous n'avez cessé de mépriser depuis des années.

      Il faudrait se demander qui sont les vrais barbares qui ont lavé les cerveaux et ont contribué à faire élire des nationalistes de droite qui maintiennent ce capitalisme prédateur en mobilisant chaque foutues d'élections depuis 15 ans sur un enjeu identitaire insignifiant.

    • Nadia Alexan - Abonnée 25 mai 2020 10 h 22

      À Christian Montmarquette: Votre commentaire méprisant et mesquin à mon égard n'apporte rien de valable à la discussion. Les insultes en guise d'argumentation démontrent une pénurie d'analyse.

    • Nadia Alexan - Abonnée 25 mai 2020 10 h 42

      À Christian Montmarquette: Vous n'avez rien compris encore. Nous dénonçons, avec raison, les dogmes religieux qui infériorisent les femmes en les utilisant comme panneau publicitaire pour l'intégrisme misogyne. Contrairement à votre diatribe ad infinitum contre les tenants de la laïcité, on dénonce l'idéologie inégalitaire, mais pas les femmes qui la pratiquent naïvement.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 mai 2020 10 h 55

      Mme Alexan, il faudrait se demander qui sont les vrais barbares qui ont lavé les cerveaux et ont contribué à faire élire des nationalistes et extrémistes de gauche en Suède qui maintiennent ce capitalisme prédateur aux accents d’IKEA et du néolibéralisme épidémiologique en ne protégeant pas, les plus vulnérables de leur société. « Ben » oui Swen, l’immunité collective viendra...dans un autre siècle.

      Évidemment au Québec, pour les islamo-gauchistes de la même trempe que nos hurluberlus extrémistes de gauche suédois, notre identité, notre langue et notre culture ce n’est pas important. C’est plus important de brimer les droits des femmes et des minorités sexuelles qui se conjuguent au temps de l’égalité en supportant des idéologies politico-religieuses qui nous viennent directement d’un univers parallèle de deux millénaires passés. Comme si les masques d’Halloween les protégeaient contre toutes les intempéries.

      Après, on se demande pourquoi la ville de Montréal a atteint le cap des 1 400 décès par million, faisant d’elle, une des pires au monde. Et ce n’est pas terminé puisqu’à la fin de l’exercice, elle risque de ravir la médaille d’or des cancres de la COVID-19. Oui, misère.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 25 mai 2020 12 h 17

      À Montmarquette..
      En ce qui concerne les larmes de crocodile QS, ses rep, députés ect sont les grands champions toute gatégorie confondu.
      Vous ne faites que ça chigner sans aucune pensée concrète comme chacun de vos commentaires.
      Vous avez des idées certe, mais elles sont inutiles et inapplicables et pendant ce temps plutôt que de chercher à vous améliorer vous méprisez tout ce qui n'est pas de votre idéologie extrême.

      QS ....commandité par Kleenex...

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 25 mai 2020 12 h 46

      @ Montmarquette
      Qu'est ce que votre foulard vient faire là-dedans?

    • Jean-Charles Morin - Abonné 25 mai 2020 14 h 21

      @Christian Montmarquette
      Vos remarques envers Madame Alexan sont vraiment navrantes. Avec ces braves soldats "progressistes" qui préfèrent se battre entre eux plutôt qu'avec l'ennemi supposé, il n'est pas étonnant de voir les "nationalistes de droite" au "capitalisme prédateur" roulant tranquillement de victoire en victoire depuis toujours sur l'autoroute du pouvoir. Chaque élection donne lieu au même pénible constat: la bataille est gagnée avant même d'avoir été engagée.

      Le bon peuple a toujours su faire la différence entre les vrais battants au sang-froid méthodique et les chiens de ruelle qui passent leur temps à se mordre les uns les autres pour un oui ou pour un non. Il préfère de loin les premiers aux seconds quand vient le moment de piloter le navire. Ceux qui se disent fièrement "de gauche" devraient se demander si ce n'est pas le comportement impulsif souvent erratique et irrationnel de bon nombre d'entre eux qui fait fuir les électeurs plutôt qu'un bien hypothétique "lavage de cerveau".

    • Raymond Labelle - Abonné 25 mai 2020 16 h 29

      M. Montmarquette, il y a un temps, vous vous interrogiez sur les hésitations à utiliser l'hydroxychloroquine ou la chloroquine, seul ou avec macrolide.

      Un peu lié à cet article qui parle de santé...

      La revue scienfitifque britannique "The Lancet" a publié vendredi une étude faite sur plus de 96 000 personnes afin de déterminer l'efficacité ou non de l'hydroxychloroquine ou chloroquine avec ou sans macrolide pour le traitement du COVID19: l'étude a porté sur plus de 96 000 personnes.

      Résultat: non seulement pas efficace, mais même nuisible (par les effets secondaires).

      Court extrait du sommaire:

      "We were unable to confirm a benefit of hydroxychloroquine or chloroquine, when used alone or with a macrolide, on in-hospital outcomes for COVID-19. Each of these drug regimens was associated with decreased in-hospital survival and an increased frequency of ventricular arrhythmias when used for treatment of COVID-19."

      Ma spéculation (pas dans l'article): l'illusion de résultas positifs de Marseille, évoqués antérieurement, vient du fait que l'échantillon était sur une population qui avait une bonne capacité de guérir par son propre système immunitaire. Quoiqu'il en soit, l'étude de Marseille était beaucoup moins systématique que celle-ci.

      Peut être efficace pour le traitement d'autre maladies, comme le paludisme, mais pour le Covid, j'ai bien peur que...

      Ici pour l'article intégral:

      https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31180-6/fulltext

    • Raymond Labelle - Abonné 25 mai 2020 16 h 48

      M. Montmarquette, Mme Alexan ne parlait pas des signes religieux dans cette intervention précise. Si vous êtes en désaccord avec elle à ce sujet, attendez que ça soit le sujet de discussion.

      Peu importe ce que l'on pense du sujet, appuyer la loi dont vous parlez n'implique pas nécessairement appuyer tout ce que le gouvernement de la CAQ fait, ni même être en accord avec d'autres aspects fondamentaux de ce parti politique, ni même appuyer ce parti politique. Il ne faudrait pas tomber dans la culpabilité par association.

      De plus, appuyer ce projet de loi n'implique pas nécessairement être un nationaliste identitaire.

      Par exemple, la Canadian Humanist Association propose que tout fonctionnaire ne puisse pas porter de signe religieux visible en fonction dans tous les ordres de gouvernement (fédéral, provincial, municipal). Cette association n'en a rien à cirer du nationalisme québécois, ni même du nationalisme canadien. Son point de vue se base strictement sur ce qu'elle croit qui devrait être la relation entre la religion et l'État (et, quant à d'autres sujets d'intérêt pour elle, avec la société civile).

      On peut ne pas être d'accord avec ce point de vue, mais il ne faut pas tout mélanger. Et ceux qui appuient cette position par nationalisme mélangent tout eux aussi. On arrive donc souvent avec des débats du pour et du contre où, des deux côtés, les arguments sont mauvais.

      La seule question pertinente: le rapport entre la religion et l'État. Les questions identitaires (pour ou contre) viennent brouiller cette discussion.

      Quoiqu'il en soit, ce n'était pas le sujet de l'article, ni celui de l'intervention de Mme Alexan.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 mai 2020 18 h 16

      À voir les réactions,

      Je constate que j'ai visé juste car la vérité fait mal.

      Continuez votre beau travail de mobiliser la population sur un enjeu aussi méprisable qu'insignifiant qui n'apporte strictement rien de concret aux citoyens les plus plus pauvres et les plus vulnérables, tout en contribuant à faire élire des gouvernements de droite comme la CAQ.

      «Québécois est un nom qui unit tous ceux qui sont nés au Québec ou qui y vivent. Il relie les diversités culturelles, linguistiques et religieuses. C’est la marque d’appartenance à un peuple, à une terre.»

      — René Lévesque

      Source : l’Ordre national du Québec

      https://www.ordre-national.gouv.qc.ca/membres/video.asp?id=1016&nom=levesque-rene&annee=2008&grade=grand-officier&persiste=1

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 mai 2020 19 h 07

      @ Jean-Charles Morin,

      "Ces braves soldats "progressistes" qui préfèrent se battre entre eux." - Jean-Charles Morin

      1 ) Nadia Alexan a quitté Québec solidaire depuis longtemps et nous ne sommes pas "entre-nous".

      2 ) On n'est pas progressiste quand on soutient la ségrégation à l'emploi, qu'on s'attaque à des femmes vulnérables et qu'on et qu'on passe le plus clair de son temps à alimenter la haine et les préjugés envers une minorité qui, pour l'immense majorité, ne fait que servir et travailler au Québec.

    • Jean Roy - Abonné 26 mai 2020 07 h 46

      Comme l'écrit monsieur Labelle, l'intervention de monsieur Montmarquette n'a pas rapport avec le sujet de l'article et avec le commentaire de madame Alexan.

      Les échanges entre les lecteurs sont intéressants, parfois même passionnants... sauf quand ils font ressortir les petites gué-guerres, devenues interpersonnelles, et quand ils nous font entendre de vieilles cassettes!

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 26 mai 2020 07 h 50

      À Montmarquette,
      Vous passez plutôt dans le beurre car ce qui fait mal c'est de voir un plouc arrogant insulter une femme intelligente, pertinente et respecteuse dans chacun de ses commentaires. Que l'on soit d'accord ou non avec ses commentaires n'a aucune importance, votre ton envers elle est innaceptable.
      Nous sommes tout simplement solidaire...

      Je recommande à tous l'excellent série suédoise Kalifa ...on y voit clairement comment les femmes arrivent à faire " leur choix" hu hum...une réprésentation de groupe chez QS ferait le plus grand bien.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 26 mai 2020 08 h 41

      "Nadia Alexan a quitté Québec solidaire depuis longtemps et nous ne sommes pas "entre-nous". " - CM

      Libre à vous de préférer les querelles byzantines avec ceux et celles qui partagent vos idées, ne serait-ce qu'en partie. Votre "entre-nous" ne semble pas vraiment inclusif. Mais alors là, pas du tout!!!

      Cela ressemble plutôt à un club très sélect réservé aux "purs et durs", aux "vrais de vrais" et aux parangons de vertu. N'entre pas qui veut dans ce repaire de collets montés... Madame Alexan avait sûrement compris la chose avant de filer à l’anglaise.

    • Nadia Alexan - Abonnée 26 mai 2020 11 h 46

      À Christian Montmarquette: Je ne suis pas la seule qui a quitté Québec solidaire pour son alliance avec l'islamisme intégriste. Beaucoup d'autres personnes progressistes, honnêtes et intègres ont quitté aussi cette formation dont la démocratie a pris un coup, pour faire passer des idées réactionnaires et misogynes.
      Voici la déclaration de Jacques B. Gélinas, auteur et conférencier, où il explique: «Pourquoi je quitte Québec solidaire» dans ce même journal. «Québec solidaire a été fondé sur le socle d’une déclaration de principes devant baliser ses orientations et son action. Or, aujourd’hui, le parti a abandonné deux des principes les plus importants énoncés dans ce document : la laïcité et l’égalité entre les femmes et les hommes». https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/552990/pourquoi-je-quitte-quebec-solidaire

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 mai 2020 11 h 55

      Pour des gens qui prétendent ne pas apprécier les sujets connexes..

      Vous en mettez un foutu de temps à développer sur autre chose?

      Ceci dit, en ce qui me concerne, mon commentaire était tout à fait relié, puisque ça fait 15 ans que la droite mobilise les élections et les débats sur un sujet qui ne donne strictement rien et a laissé en plan des situations aussi désastreuses que celles que l'on voit aujourd'hui dans les CHSLD et dans bien d'autres domaines qui relèvent de nos choix politiques.

      Parce que, mis à part votre défoulement collectif sur une minorité de femmes vulnérables.. En quoi 15 ans de débats sur les signes religieux et la loi 21 ont-ils amélioré quoi que ce soit dans nos écoles et nos services publics? Et en quoi ces débat ont-ils aidés ces femmes victimes d'infériorisation et que l'on prétend défendre, sinon de les inférioriser et de les exclure davantage?

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 26 mai 2020 14 h 38

      M.Montmarquette vous perdez votre temps ici...moi aussi j'ai quittée pour les mêmes raison que Mme.Alexan comme beaucoup d'autre.
      Vous êtes au plus bas dans les sondages parce que vous tentez de faire croire à des gens éduqués et au courant de l'actualité régionale et internationale que 2 +2 donne 5.

      Votre infantilisation des femmes voilées est presque gênante pour elles. Mais encore là, snif snif crocodile.
      Alors dites nous, qu'est ce qui rend ces femmes vulnérables? Nous??? La 21 qui touche 1% des emplois?
      Et comment?
      C'est vous qui le dîtes..alors développez pour une fois....

    • Raymond Labelle - Abonné 26 mai 2020 15 h 26

      "(...) ça fait 15 ans que la droite mobilise les élections et les débats sur un sujet qui ne donne strictement rien."
      "En quoi 15 ans de débats sur les signes religieux et la loi 21 ont-ils amélioré quoi que ce soit dans nos écoles et nos services publics?"
      "Continuez votre beau travail de mobiliser la population sur un enjeu aussi méprisable qu'insignifiant qui n'apporte strictement rien de concret aux citoyens les plus pauvres et les plus vulnérables."

      CM.

      Que voilà d'excellents arguments pour parler d'autre chose et ne pas tomber dans le piège de la polarisation sur ce sujet, qui occulte les autres.

      Ou, très minimalement, de ne pas y revenir quand, enfin, on parle d'autre chose.

  • Yves Corbeil - Inscrit 25 mai 2020 08 h 08

    Que rajouter sinon que vous avez raison sur tout

    Notre société est complètement déconnecter de la réalité depuis près d'un demi siècle après s'être sorti de l'emprise où elle se trouvait, elle a succombé aux sirènes de la consommation pour finalement aboutir au fonds du barils tel une bande d'abruti qui avance avec des oeillères dans ce film d'horreur qu'une trop grande majorité ne reconnait pas pour que s'amorce un début de changement. Au départ de cette crise sanitaire, j'essayais de voir le positif que cela nous apporterait car fallait bien changer quelques affaires qui n'avaient déjà pas de sens comme vous le mentionnez et puis je me disais, les gens en place au pouvoir, on a jamais pu compté sur eux mais le peuple lui quand il sera acculé au pied du mur des résidences, des hopitaux, des organismes qui soutiennent notre société à bout de bras avec du personnel (méprisé) si on tient compte de l'époque ou nous sommes rendu. On est en 2020 calvesse, pis on a des infrastructures sociales en décripitudes car comme la madame en haut le mentionne, les prioritées sont pour le profit, toujours pour le profit pis le monde qui évolue ailleurs, bien c'est justement ça yé ailleurs les yeux bien fermés sauf pour quelques soubressauts quand leur vieux étaient en train de crever la bouche ouverte comme des poissons hors du bocal. Ils étaient où ces gens là depuis les 25 dernières années, sais pas, en voyage surement et bien occupé entre les deux. Mon espoir disparait plus vite que je pouvais le croire, je me disais bien non pas cette fois-ci, on va pas retourner dans notre même poutine de con, bien là plus ça déconfine, plus je me dis que les zombies seront de retour comme avant, bien pas compètement comme avant mais en plus insignifiant car il faut l'être pour faire en semblant que « ÇA VA BIEN ALLER ». Ça va plus bien pantoute depuis la fin des années soixante-dix, c'est là qu'on a commencé à reculer en avançant.

  • Gilles Delisle - Abonné 25 mai 2020 08 h 20

    Oui Madame, moi aussi, je vous dis Merci!

    Je ne peux rien faire d'autre que de vous saluer et vous dire Merci. Je comprends votre désarroi, votre écoeurement, vous êtes les premières personnes qui se sont retrouvées '' au front'' , comme en temps de guerre. La dernière épidémie mondiale a eu lieu en 1916, 1917, si je ne m'abuse, et je n'y étais pas! Vous voulez engueuler ceux et celles qui vous disent Merci, nous ne pouvons faire plus, sinon que de comprendre et d'admirer le travail que vous faîtes! Notre gouvernement a donné des primes et augmentations à plusieurs intervenants du reseau de la santé, il a essayé de compenser le surplus de travail et l'engagement extraordinaire des préposés et infirmières, que peut-il faire de plus pour vous aider?
    Alors, Madame, ne prenez pas à la légère les Merci que la population vous envoie, c'est certainement sincère et de bonne foi!

    Bonne continuation!

  • Martin Blanchard - Inscrit 25 mai 2020 09 h 18

    C'est tellement vrai que c'en est triste!

    Vous ne pourriez pas avoir visé plus juste avec cette lettre. Le problème est exactement là où vous l'avez si bien identifié: dans le confort de netflix (ou autre outil de prédation), la machine creuse les inégalités. Bien des gens souhaitent une baguette magique, un sauveur, Jésus-Christ ou je ne sais quoi, alors qu'il n'y a qu'une issue: s'organiser ou se faire organiser. La paresse, l'oisiveté et l'égoïsme sont les tares humaines qui font les fondations du capitalisme prédateur. On se fait organiser et pas à peu près.

  • Marc Therrien - Abonné 25 mai 2020 09 h 19

    On s'excuse de brûler la relève


    Comme il se doit dans la logique situationnelle d’un employé souffrant et impuissant, on commence par critiquer en premier la gouvernance. En reprochant aux gouvernements, et spécifiquement au ministre Barrette de l’époque 2014-2018, d’être les responsables des malheurs du Réseau de la Santé, on dévoile l’envers du fantasme collectif qui font d’eux les êtres tout-puissants dont on aurait souhaité qu’il en règle tous les problèmes. En faisant d’eux le bouc émissaire à éliminer, on emploie une stratégie cognitive de défense contre l’anxiété, provoquée par le sentiment de menace d’un monde perçu comme chaotique, qui privilégie une solution simple pour un problème complexe. Une fois cela fait, aura-t-on ensuite le courage de regarder du côté du système syndical qui est aussi hiérarchisé que le système gestionnaire et questionner sa logique et ses règles basées sur l’ancienneté qui confère un statut permettant de choisir de meilleures conditions de travail à mesure que l'on grimpe dans la hiérarchie? Avec le système qui se complexifie et la demande de soins et services qui s'accroît en même temps que le volume de la population vieillissante, il est facile de penser que l’état de santé de ce système qui brûle sa jeune relève se détériore en même temps que celui de la population principale qu'il sert. Il est à espérer que les gouvernants et chefs syndicaux puissent changer leurs réflexes de pensée dichotomique qui les oppose pour s’unir dans la recherche de solutions nouvelles au moyen de la pensée conjonctive créative.

    Marc Therrien