Il faut préserver le Cirque du Soleil

«Le Cirque du Soleil est un phare qui rayonne jusqu’aux confins de la terre, projetant l’image d’un Québec et d’un Canada créatifs, modernes et forts qui, pour leur plus grand bénéfice, attirent quantité de touristes fascinés par la concentration de talents présents chez nous», écrit François Colbert.
Photo: Chris Pizzello Associated Press «Le Cirque du Soleil est un phare qui rayonne jusqu’aux confins de la terre, projetant l’image d’un Québec et d’un Canada créatifs, modernes et forts qui, pour leur plus grand bénéfice, attirent quantité de touristes fascinés par la concentration de talents présents chez nous», écrit François Colbert.

Lettre envoyée à Pierre Fitzgibbon, ministre québécois de l’Économie et de l’Innovation

Le Cirque du Soleil, un des fleurons du Québec, se trouve en situation précaire à cause de la pandémie de la COVID-19. Comme toutes les entreprises œuvrant dans les arts de la scène, le Cirque du Soleil a vu ses revenus disparaître, faute de spectateurs en salles. C’est sa survie même qui est aujourd’hui en péril. Or, le Cirque emploie des centaines de Québécois à son siège social montréalais ; il recrute chaque année la majorité des finissants de l’École nationale de cirque de même que plusieurs techniciens de scène locaux, qui assurent le déroulement de ses spectacles un peu partout dans le monde. Ces mêmes artistes et artisans souffrent terriblement en ce moment et risquent de perdre leur emploi à jamais si le Cirque s’écroule.

Nos concitoyens sont fiers, à juste titre, de cette entreprise qui fait connaître notre pays à travers le monde. Ses spectacles, présentés depuis plus de 35 ans dans 1450 villes et 90 pays, enchantent les foules. Le Cirque jouit d’une notoriété dont le taux excède 90 % dans les Amériques et en Europe. Peu de marques peuvent s’enorgueillir d’une telle renommée. Le Cirque du Soleil est un phare qui rayonne jusqu’aux confins de la terre, projetant l’image d’un Québec et d’un Canada créatifs, modernes et forts qui, pour leur plus grand bénéfice, attirent quantité de touristes fascinés par la concentration de talents présents chez nous. Sans compter que cet ambassadeur incomparable incite beaucoup d’étudiants étrangers à fréquenter nos universités.

Voilà autant d’arguments qui militent en faveur d’une intervention de nos gouvernements pour aider le Cirque à passer à travers des moments difficiles provoqués par des circonstances hors du contrôle de ses dirigeants ou de ses créateurs. Le Cirque a produit des dizaines de spectacles depuis 35 ans. On ne parle pas ici de subventions, mais bien d’investissements qui vont assurément rapporter aux Québécois à moyen terme. Le domaine du spectacle est exigeant. Le verdict des critiques et du public est sans appel, même pour les plus grands créateurs. À ce chapitre, la performance du Cirque est quasi sans faute et tient de l’exploit.

Il y a quelques années, le Cirque a choisi de se concentrer sur ce qu’il connaît le mieux : le spectacle. Un choix qui s’est révélé avisé et qui lui a réussi jusqu’à ce que l’impensable pandémie actuelle le frappe de plein fouet, comme elle a frappé tant d’autres entreprises. Au cours de ses 35 années d’existence, le Cirque du Soleil a réinventé le cirque, développant de ce fait une expertise qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde. Nous avons le devoir de la préserver.

6 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 19 mai 2020 01 h 42

    Pas n'importe comment ni à tout prix!

    Aider une société transnationale détenue par une société en commandite située dans un paradis fiscal? Le Québec aura des centaines de priorités en sortant de la crise qu'il ne peut pas hypothéquer pour sauver ces milliardaires délinquants fiscaux. Il pourrait toutefois en prendre le contrôle, si ce n'est pas trop cher!

    • Françoise Labelle - Abonnée 19 mai 2020 08 h 16

      Il faut effectivement distinguer le personnel du cirque de ses propriétaires texans TPG et démêler leurs magouilles fiscales plombant l'entreprise. Encore un exemple de la finance à courte vue: faire un max de fric le plus rapidement possible. Ils ont effacé leur dette en plombant l'entreprise. Exactement la mentalité qui a mené à 2008: les banques créaient un «véhicule financier» indépendant qui vendait les prêts hypothécaires de la banque, retranchant ces prêts des livres de la banque.

      Et il faudrait appliquer ce même principe au pétrole, qui réclame encore bien davantage, et à toutes les transnationales.

    • Cyril Dionne - Abonné 19 mai 2020 08 h 39

      Ah ! « Ben caline de bine ». Je suis d’accord avec vous M. Jodouin. Une première... et je ne suis certainement pas un partisan des illuminés de Québec solidaire. lol

      Ceci dit, même si j’adore le cirque du Soleil que j’ai vu à quelques reprises, celui-ci est une entreprise privée qui ne cesse de téter le mamelon de l’État. Cela suffit. De voir un certain Guy Laliberté vendre ses parts avant la débâcle de la pandémie pour vouloir ensuite revenir au cirque du Soleil en autant que le gouvernement lui prête ou donne 500 millions est tout simplement ridicule. Nous avons des chats à fouetter bien plus importants que de voir des clowns balancer des ballons sur leur nez (mes excuses à Beau Dommage).

  • Yves Corbeil - Inscrit 19 mai 2020 08 h 46

    Moi je suggère la famille Beaudoin-Bombardier

    Qui de mieux pour relever un défit de cette ampleur. De 1986 à 2020 ils ont réussi ce qu'aucune autre famille n'a réussi en si peu de temps. Passer d'une shop à ski-doo en fond de cours à troisième avionneur mondiale puis retour à une grosse shop à ski-doo et sea-doo mais riches, ultra-riches, bien, bien riches, tellement riches que ça peut se permettent de donner 100 millions à leur exécuteur testamentaire.

    Oui eux autres y connaissent ça le cirque pis nous autres on est des spectateurs impayables.

  • Patrice Soucy - Abonné 19 mai 2020 10 h 13

    Good money after bad

    Il faut aider les artistes de cirque et les techniciens du spectacle. Point à la ligne. Le cirque était riche de leurs expertise. Là se trouve l'actif à protéger. Le reste, la grosse dette et ses proprios qui se cachent dans un paradis fiscal? Ne faisons pas l'erreur de "throw good money after bad", comme disent les américains.

  • Joël Tremblay - Abonné 19 mai 2020 15 h 45

    Groupe Québecor n'ont-ils pas faits une offre, ou du moins une approche?

    Ça préserverait le cirque... c'est Québécois, où est le problème?