Éducation et COVID-19, quelles leçons à tirer?

«La crise de la COVID-19 révèle un système d’éducation public qui s’est malheureusement éloigné de sa mission de base : donner accès à une éducation de qualité pour tous, partout sur le territoire, et ce, sans égard aux conditions sociales des familles», affirment les auteurs.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir «La crise de la COVID-19 révèle un système d’éducation public qui s’est malheureusement éloigné de sa mission de base : donner accès à une éducation de qualité pour tous, partout sur le territoire, et ce, sans égard aux conditions sociales des familles», affirment les auteurs.

La crise de la COVID-19 démontre que la bureaucratie du ministère de la Santé a échoué dans sa mission de mettre les patients les plus vulnérables au cœur de ses actions. Malheureusement, il en va de même en éducation. La crise actuelle met en lumière le fait que la qualité de la formation offerte aux élèves n’est pas au cœur des préoccupations du ministère de l’Éducation. Nous constatons plus que jamais un réseau public usé, notamment à cause de la lourdeur de la tâche et du manque de ressources pour les élèves en difficulté d’apprentissage ou de comportement qui, pourtant, devraient être la priorité.

Le plus choquant, c’est que le fossé entre les réseaux public et privé se creuse davantage avec la crise. Force est d’admettre que plusieurs écoles privées étaient prêtes à affronter la pandémie. Par exemple, plusieurs élèves du privé et leurs enseignants possèdent une tablette et sont abonnés à des plateformes en ligne. Pendant ce temps, le réseau public improvise.

Dans la réalité des écoles publiques, il y a un nombre non négligeable de familles pour lesquelles Internet n’est pas disponible, surtout en région, ou encore où le télétravail parental empêche le jeune de travailler sur le seul ordinateur disponible à la maison. Bien sûr, les technologies ne sont pas une panacée, ces outils n’étant que des moyens qui ne remplaceront jamais le nécessaire lien élève-enseignant. Il n’empêche que cela illustre dramatiquement que, pour faire face à une situation inattendue comme la pandémie, il faut une stratégie et la planifier longtemps à l’avance.

Il en est de même avec la directive ministérielle demandant aux enseignants du public de ne faire que de la révision plutôt que d’enseigner des nouveaux contenus. Pourtant, les enseignants du réseau privé le font allègrement. Le fait de rendre l’école publique non obligatoire depuis le début de la pandémie, que les exercices offerts soient facultatifs et que les professeurs n’offrent qu’une simple révision de la matière déjà enseignée rend l’exercice insignifiant et ne mobilise ni les élèves, ni les parents et ni les enseignants. Bref, dans le secteur public, on attend qu’il y ait une catastrophe avant d’agir !

Tout cela coïncide avec le fait que le gouvernement est en négociation avec ses employés. Or, la CAQ a pris l’engagement de faire de l’éducation sa plus grande priorité. Une telle intention devrait normalement conduire à établir une complicité avec les premiers concernés, soit les enseignants. Pourtant, on constate que le gouvernement risque de profiter de la division actuelle entre trois syndicats pour se donner un rapport de force conduisant à la ratification d’une convention collective au rabais.

La priorité pour la réussite n’existe simplement plus. Où se trouvent la nécessaire complicité et le travail d’équipe, et ce, pour le bien des élèves ?

Un gouvernement qui veut rendre le réseau public plus efficace et mettre la réussite de tous les élèves au sommet de ses priorités doit agir sur deux fronts, la gouvernance et les actions :

Gouvernance : affirmer la volonté politique d’établir une réelle relation de confiance avec les acteurs du terrain dans la prise de décision et d’orientation budgétaire. Tous les acteurs de la filière scolaire, des enseignants jusqu’aux sous-ministres, en passant par les directions des écoles, doivent voir la pertinence de leurs actions sur la base d’un appui aux besoins des écoles. Il s’agit d’une véritable décentralisation, contrairement à la réforme du ministre Roberge adoptée sous le bâillon en février dernier.

Actions : inclure les enseignants dans le processus décisionnel, revoir le ratio maître-élèves, accorder du soutien aux élèves en difficulté d’apprentissage et accroître les ressources professionnelles destinées à ces élèves.

La crise de la COVID-19 révèle un système d’éducation public qui s’est malheureusement éloigné de sa mission de base : donner accès à une éducation de qualité pour tous, partout sur le territoire, et ce, sans égard aux conditions sociales des familles. Il nous appartient maintenant d’en tirer des leçons pour changer les choses.


 
26 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 19 mai 2020 07 h 08

    C’est plus que la dichotomie école privée ou publique

    Bon, pour ne pas contredire Sylvain Gaudreault que j'aime beaucoup, nous errons un petit peu dans cette analyse des écoles privées et publiques.

    Avant de débuter, il faut le dire, toute la matière est disponible aux élèves que ce soit en ligne ou bien avec leurs livres qu’ils peuvent amener à la maison. Ce que les élèves du privé font à la maison n’est qu’une glorification ludique des contenus même si on dit que ceux-ci sont nouveaux. Les sites comme « l’École ouverte » du Ministère de l’éducation sont d’une pauvreté pédagogique immense et ridicule. Même si les écoles ont droit à une pédagogie en ligne du type privée, celle-ci ne remplacera jamais les contenus qui sont dispensés en Ontario et en Alberta. Dans ces deux dernières provinces, l’école continue, mais en ligne et c’est très efficace.

    Il faudrait que le Ministère de l’éducation se munit d’une plateforme en ligne qui incorpore tous les curriculums, de la maternelle jusqu’à la fin du secondaire qui reflète les mêmes contenus d’apprentissage et attentes des matières à l’étude selon l’âge chronologique de l’apprenant. Ensuite, que chaque élève possède une tablette empruntée de son école afin qu’il chemine dans son environnement virtuel à lui et que son enseignant.e lui donne des rétroactions à partir, du clavardage, des corrections et des tests en ligne. Enfin, il faut que la haute vitesse Internet soit disponible partout au Québec et que ce dit service devienne « essentiel » et donc gratuit.

    SVP, les syndicats et le gouvernement, travaillez avec tout le monde afin que les enfants cheminent dans leur parcours scolaire. L’école risque d’être perturbée dans les années à venir et donc il est primordial que la composante « en ligne » soit mise en place dans les plus brefs délais. Il ne faudra jamais occulter aussi que cela prend une discipline de fer afin que les apprenants apprennent en ligne. L’école à distance c’est merveilleux lorsque tout le monde y met du sien.

  • Réal Gingras - Inscrit 19 mai 2020 08 h 51

    Lorsque j’ai créé Prof en ligne en 1996...

    http://users.skynet.be/empescf.kain/belgique/apel2

    ...l’idée était nouvelle mais nous ne pensions pas à ce que cette approche en ligne deviennent un remplacement du prof en classe.
    L’enseignement à distance avec un Prof en ligne était plutôt vu comme un complément avec un suivi, certes, d’un tuteur à distance, mais jamais nous ne pensions que cela allait prendre ce que certains veulent en faire aujourd’hui profitant de la fermeture des écoles.

    Car il n’y a pas que la relation pédagogique via l’écran. Il y a aussi les contacts humains et sociaux qui sont importants.

    Ce que je veux dire, c’est que la décision de fermer les écoles jusqu’en septembre n’est évidemment pas une bonne décision. Cela va laisser des marques chez les élèves et les lacunes énoncées ici dans ce texte ne sont que la pointe de l’iceberg des difficultés qui vont s’ajouter dans la tête des élèves d’ici à un retour à la normale. Le pédiatres ont raison.
    Le jeunes passent beaucoup plus de temps à twitter , à naviguer sur Facebook ou à jouer à des niaiseries de jeux vidéos que de parler quelques minutes par semaine avec leur prof.

    Ce qui se fait actuellement sur le réseau n’ a rien à voir avec ”un accès à une éducation de qualité pour tous, partout sur le territoire, et ce, sans égard aux conditions sociales des familles.”

    C’est plutôt une catastrophe.

    P.S: Il y a urgence. Ne pourrions-nous pas déposer une requête en injonction pour demander à ce que les écoles élémentaires , secondaires ainsi que les CEGEP et université soient rouverts et ce de manière normale d’ici la fin du mois d’août 2020 car rien n’est sûr dans ce que nous propose la sacro-sainte Santé publique.

    • André Labelle - Abonné 20 mai 2020 22 h 11

      Allez-vous en même temps demander une injonction pour ne pas donner de soins aux personnes âgées qui seront infectés par la propagation de ce fameux corona virus. Les sommes que vous épargnerez ainsi ( soins médicaux, fin des pensions de vieillesse, etc.) vous aurez beau les affecter aux écoles publiques qui s,empresseront alors de dépenser des sommes importantes pour des petits déjeuners de la rentrée aux frais de l'école.

      Non vraiment votre hypothèse est indéfendable voir monstrueuse à l'égard des personnes âgées qui décéderont de la Covis-19.

      Si vous souhaitez avoir « un accès à une éducation de qualité pour tous, partout sur le territoire, et ce, sans égard aux conditions sociales des familles », vous devez accep-tez de réformer tout notre systèeme d'éducation mais surtout vous devez accepter d'en payer le prix. Ce que beaucoup de citoyens refusent aujourd'hui en criant «haro sur le baudet », c'est-à-dire l'école privée.
      «L'idéologie, c'est ce qui pense à votre place.»
      [Jean-François Revel]

  • Bernard Dupuis - Abonné 19 mai 2020 11 h 04

    "Donnez-leur des petits devoirs"

    Enfin, je me rends compte que je ne suis pas le seul à constater que l’école à deux vitesses cause des torts considérables à la société québécoise. Une société fondée sur la compétition plutôt que sur la coopération, une société qui discrimine entre les élèves soi-disant « surdoués » et ceux qui sont en difficulté d’apprentissage ou de comportement.

    La principale conséquence sera de se retrouver, comme c’est déjà le cas malgré presque soixante ans, avec une société qui se retrouve avec une classe « populo » reconnaissable par des gens occupants de manière générale des emplois manuels de chauffeur de camion, de toiletteuses d’animaux d’une part, avec un langage « franglaiseux » qui n’a pas évolué d’un iota depuis les années soixante.

    Les deux fistons de M. Legault ont fréquenté l’école privée. À plusieurs reprises, j’ai pu percevoir les préjugés du premier ministre à l’égard du système public. Le dernier en date concerne cette constante consigne donnée aux professeurs : « Les professeurs donneront des petits devoirs aux élèves ». Pourquoi insister tant sur le qualificatif « petits devoirs »? Comme le disent les auteurs ci-dessus c’est comme si on demandait « aux enseignants du public de ne faire que de la révision plutôt que d’enseigner des nouveaux contenus. ». Le système public en fait ce n’est pas très sérieux. Il n’y a que le secteur privé qui l'est.

    Si l’on veut une société de plus en plus inégalitaire, il n’y a pas que par le moyen de l’héritage de la propriété économique qu’on peut le faire. L’école à deux vitesses produira à coup sûr une classe sociale pauvre et peu instruite se revalorisant par la langue anglaise.

    Bernard Dupuis, 19/05/2020

    • J-Paul Thivierge - Abonné 19 mai 2020 18 h 03

      Selon moi, si le ministère de l'éducation ramassait les centaines de M$ provenant de l'économie en éducation faites par le privé ( 40 % )
      pour investir dans le réseau public pour le rendre aussi performant et intéressant que le privé il y aurait plus de 3 élèves sur 4 qui iraient au public en moins de 5 ans . Ensuite diminuer à 20 % l'aide au privé pour réellement donner le signal clair que l'école publique avec de nombreux choix et options spécialisées c'est la voie pour apprendre et réussir les études vers le post secondaire technique ou universitaire.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 19 mai 2020 20 h 55

      Dorénavant, la gestion du système scolaire public sera calqué sur le mode de la santé. Pas trop jojo! Exactement la même chose!

      Question:les subventions sont basées sur la fréquenation scolaire au 30 septembre. Un élève qui se fait foutre à la porte au privé le 15 octobre, il s'en va où? Réponse: au public. Celui qui ne fonctionne pas au public, il s'en va où le 15 octobre? Il reste où il est: au public!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 20 mai 2020 07 h 47

      « Nous sommes revenus à un système d’éducation d’avant la Révolution tranquille », dit le professeur Rocher qui a siégé à la commission Parent qui a mené à la création du ministère de l’Éducation en 1964.Selon lui, les institutions privées — surtout les écoles confessionnelles catholiques — ont « déformé » le système d’éducation en créant un système à trois vitesses : le privé, le public et le public qui tente d’imiter le privé avec l’apparition des programmes spécialisés. « Nous sommes revenus à un système d’éducation élitiste aux dépens d’une partie de la population, parfois des immigrants, parfois des familles défavorisées économiquement ou culturellement », un système soutenu par les fonds publics.https://www.ledevoir.com/societe/556155/faut-il-crucifier-l-ecole-privee
      …………………………………………………………………………

    • Pierre Grandchamp - Abonné 20 mai 2020 07 h 51

      :"21,5 % des élèves québécois vont au privé, comparativement à 7,8 % pour l’ensemble du Canada. Au secondaire, quatre élèves sur dix fréquentent l’école privée à Montréal (39 %) et à Québec (42 %).". Hors Québec. les écoles privées sont peu ou pas subventionnées.
      https://www.ledevoir.com/societe/education/516933/education-les-devoirs-du-ministre-proulx

      :« Au Québec, on constate que « 90 % des élèves qui fréquentent une école privée sont dans un établissement favorisé », 10 % dans des écoles « moyennes » et aucun (0 %) dans une école défavorisée. Par contre, ce n’est que 6 % des élèves des écoles publiques qui ont la chance de fréquenter une école favorisée, tandis que 73 % se retrouvent dans des écoles « moyennes » et 21 % dans des écoles défavorisée »-Avis du Conseil supérieur de l'Éducation, en 2016-

    • Pierre Grandchamp - Abonné 20 mai 2020 12 h 48

      Pour illustrer. A chaque automne, le JdM publie les données relatives aux résultats des élèves des écoles secondaires, de l’Institut Fraser. Ainsi, en 2018, le collège privé Jean-de-Brébeuf dénombrait 2.8% d’élèves avec retards et 8.9% d’élèves EHDAA( handicapés, problèmes d’adaptation et/ou d’apprentissage).

      Une école secondaire publique, dont je tairai le nom, comptait 31.4% avec retards et 41.8% EHDAA.
      ...............................................................................................................................................................................
      Pour déterminer si une école est favorisée ou non, il y a 2 critères:

      SFR : indice du seuil de faible revenu. Correspond à la proportion des familles avec enfants dont le revenu est situé près ou sous le seuil de faible revenu.

      IMSE : indice de milieu socio-économique. Constitué de la proportion des familles avec enfants dont la mère n’a pas de diplôme, certificat ou grade et la proportion de ménages dont les parents n’étaient pas en emploi lors du dernier recensement

  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 19 mai 2020 11 h 29

    Pourquoi ne tout simplement faire comme au privé ou à peu près.
    Une école, une entité.
    Une école, la direction, le personnel, les parents, chacun 33% du pouvoir.
    Et tout cette bureaucratie déconectée à des miles des écoles, serait redistribué dans chaque école: conseillé pédagogique, ortho, ergo ect....soudainement plein d'argent qui servirait directement dans les écoles pour appuyer l'indépendance.
    Me semble que ca fait, non?!

    • Bernard Dupuis - Abonné 19 mai 2020 14 h 27

      Madame Geoffrion,

      Je pense, en tout respect, que ce sont vos propos qui sont étranges. En ce qui concerne la pseudo-bureaucratie, vos propos rejoignent exactement ceux du docteur Barrette et ceux de Carlos Leitao relativement au système de santé. Après avoir mis la hache dans les structures locales, supposément payées à ne rien faire, regardez ce que cela a produit. Le système est tellement centralisé dans les CIUSSS qu’on a perdu le contrôle sur les institutions spécifiques. Dire que la structure (bureaucratie) est toujours déconnectée est une généralisation abusive. Au contraire, c’est souvent cette structure qui permet une meilleure planification localement.

      Dans les écoles privées, il n’y a pratiquement pas de services particuliers, car les élèves sont sélectionnés et celles-ci n’ont pas d’élèves à problèmes pédagogiques ou de comportements. Et s’il se trouvait qu’un élève ait ce genre de problèmes, il serait immédiatement retourné dans le réseau public. C’est pourquoi celles-ci n’ont pas besoin d’éducateurs spécialisés, encore moins d’orthopédagogues, de psychologues, d’orienteurs, etc., qui souvent travaillent dans plusieurs écoles. De là, il est nécessaire de coordonner ces spécialistes. Les écoles privées n’ont pas ce genre de problèmes.

      Si l’on veut que l’école publique copie les écoles privées, aussi bien abolir le réseau public et ses services spécialisés. Il est certain que cela couterait bien moins cher. Mais, veut-on faire des économies où s'occuper des élèves?

    • André Labelle - Abonné 19 mai 2020 16 h 06

      M. Dupuis, en tout respect je trouve que vous dites n'importe quoi pour défendre vos préjugés contre l'école privée. Vous croyez réellement que les écoles privées « n’ont pas d’élèves à problèmes pédagogiques ou de comportements » !
      La différence la plus importante entre l'école privée et l'école publique, c'est que les parents de la première acceptent de payer un surplus pour l'éducation de leurs enfants afin qu'ils reçoivent l'enseignement et les services nécessaires à la réussite scolaire. Ainsi ces écoles sont en mesure de déployer les outils nécessaires à leur mission alors que c'est le contraire au public.
      En effet nos gouvernements, depuis des décennies considèrent que l'éducation est une dépense qu'il est nécessai8re de maintenir la plus basse possible. Pourquoi parce que nos gouvernements ne veulent absolument pas devoir augmenter les dépenses de l'État afin de maintenir au plus bas les taxes et les impôts, cette stratégie étant perçue comme nécessaire à leurs élections et leurs réélections, terme après terme.
      Nous constatons avec effroi aujourd'hui que la même stratégie s'est appliquée au domaine de la santé.
      Globalement, nous vivons dans une société qui privilégie les profits et la richesse au détriment de la santé et de la réussite scolaire. Cette stratégie purement néolibérale teinte toutes nos activités sur tous les plans et elle a été infiltrée par le fameux 1% des plus riches – ceux qui contrôlent près de 90 % de la richesse planétaire – afin d'assurer leur pérennité.

      Alors si vous voulons vraiment améliorer le sort de nos enfants acceptons d'en payer le prix nécessaire au lieu d'essayer de faire des économies. Idem pour la santé.
      «Les hommes trébuchent parfois sur la vérité, mais la plupart se redressent et passent vite leur chemin comme si rien ne leur était arrivé.» [Winston Churchill]

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 19 mai 2020 19 h 29

      Je ne suis certainement pas une spécialiste mais si on prenait les sommes investis dans les commissions scolaires ou autre structure administrative et que nous ajoutions du personnel " d'appoint" en fonction de chaque école, secteur?!

      Oui un peu comme le privé mais avec plus de personnel pour les besoins particuliers..?!

    • Bernard Dupuis - Abonné 19 mai 2020 21 h 30

      M. Labelle, vous prenez l'effet pour la cause.
      Je suis d’accord avec vos trois derniers paragraphes sauf que pour vous cette incurie gouvernementale est la cause du système privé. À mon avis, c’est l’école privée qui est la cause de l’incurie gouvernementale. La plupart des députés envoient leurs enfants à l’école privée. Ainsi, leurs enfants sont à l’abri du monde ordinaire, les « BS » et les enfants des femmes monoparentales abandonnées par leurs hommes problèmes : alcooliques, coureurs, violents, etc. Heureusement que le réseau public est là pour s’occuper de ces enfants.

      Prouvez-moi que le collège Brébeuf, le collège Villa-Maria, le collège Jean-Eude, le collège Ester-Blondin, le collège Marianopolis, le collège Régina-Assumpta, etc., sont des collèges qui ne sélectionnent pas leurs élèves. Nommez-moi les élèves en difficulté qui ont fréquenté ces institutions privées.

      Parlant seulemetn de Régina Assumpta, voici quelques-uns des élèves sélectionnés dont les parents ont payé « très cher » pour que ceux-ci ne côtoient pas les enfants du « populo » : Julie Payette, Mélanie Joly, Louise Arbour, Louise LeCavalier, Gabriel Nadeau-Dubois, etc., etc.

      Je changerai peut-être d’idée lorsque vous pourrez me prouver que ces institutions ont le moindre égard pour les élèves en difficultés d’apprentissage ou de comportement. La plupart des professeurs des écoles privées seraient incompétents pour enseigner dans le réseau public. Félicitations aux professeurs du réseau public.

    • Claude Bernard - Abonné 20 mai 2020 13 h 40

      Mme Geoffrion
      Décentraliser le plus possible, surtout vers les polyvalentes de plus de 1000 élèves, souvent de plus de 2000.
      Ce sont de mini universités, loins de centres de décision, incapables d'agir sans la permission des ex commissions scolaires: cela n'aide pas la responsabilisation et l'initiative.
      Avec en plus une bureaucratie tatillonne et rigide qui ne tolère aucune déviation des rêglements trop nombreux et qui essaient de tout prévoir.
      Ceux qui décident ne décident rien, ceux qui connaissent les besoins les plus urgents ne peuvent décider.
      Les directrices après un certain temps, lancent la serviette et font pour le mieux dans un monde kafkaesque.
      Votre idée est dans la bonne direction, à mon avis.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 20 mai 2020 14 h 01

      @M. Bernard

      A mon humble avis, la décentralisation ne peut qu'être limitée en raison de réalités qui nécessitent une coordination. J'en cite quelques-unes: transport scolaire, gestion de personnel et convention collective, service d'informatique, entretien et construction des écoles, services spécialisés, services pédagogiques( examens, normes de promotion, cours de récupération....etc), le service de la paie...etc.

      Un peu comme dans une municipalité, il n'y a pas un service de police distinct par quartier, un service de police, la gestion du personnel. Si vous décentralisez trop, vous vous trouvez dans une situation bordélique comme à la Ville de Montréal.

      Chez nous, il y a, déjà, une décentralisation de faite au scolaire. Plus que cela, ce sera difficile!

      A mon humble avis, la CAQ a fait une grosse erreur en faisant disparaître les commissions scolaires: il suffisait de placer les élections en même temps que les municipales. Maintetant nous aurons le même pattern qu'en santé; une affaire de fonctionnaires!.

    • André Labelle - Abonné 20 mai 2020 14 h 51

      Claude Bernard - RE : 20 mai 2020 13 h 40
      Vous persistez et signez. C'est dommage ! Vous évoquez quelques écoles privées évidemment les plus huppées. Elles servent bien votre propos anti-école privée. Mais la réalité est toute autre. J'ai été impliqué dans une école privée qui recevait plusieurs élèves en difficulté. La majorité des écoles privées agissent ainsi.
      Êtes-vous sérieux quand vous écrivez : « c’est l’école privée qui est la cause de l’incurie gouvernementale.» ? À l'évidence les lois du marché vous sont complètement inconnues. Pourquoi un service peut-il trouver preneur d'une façon aussi importante comme le font les écoles privées ? Parce qu'il y a un besoin auquel les écoles publiques ne répondent pas. Nul besoin d'avoir un doctorat en commerce pour comprendre cette simple vérité. Ceux qui ne s'en rendent pas compte c'est parce qu'ils n'osent pas enlever leurs ouillières et regarder la vérité en face. Platon dans son mythe de la caverne l'a très bien expliqué il y a plus de 2000 ans. Rien de nouveau sous le soleil.
      Vous octroyez aux écoles privées un pouvoir si énorme qu'elles mettraient à genoux le ministère de l'Éducation et son gouvernement. Le pire c'est que vous semblez sérieux. En réalité le gouvernement a sans doute peur d'indisposer les syndicats d'enseignants s'il décidait de réformer le système d'éducation au Québec pour le rendre pédagogiquement compétitif avec le secteur privé et d'identifier les coûts qui y seraient inhérents.
      « Le critère d’une intelligence de premier plan est la faculté pour l’esprit d’envisager simultanément deux idées opposées tout en continuant d’être capable de fonctionner.
      On devrait … pouvoir reconnaître que les choses sont sans espoir et être néanmoins déterminé à faire en sorte qu’il en aille autrement. »
      [F. Scott Fitzgerald]

    • Pierre Grandchamp - Abonné 20 mai 2020 16 h 28

      @ M. André Labelle

      La majorité des écoles privées choisissent leurs élèves, je parle ici surtout du secondaire. Mais, oui, je connais certaines écoles, notamment en région, qui peuvent accepter des élèves avec difficultés.

      Le problème, ce n 'est pas l'école privée. C'est: 1- son financement par le public. 2- le fait que le public, pour rivaliser avec le privé, écrème lui-aussi avec des programmes particuliers.Imaginez que vous êtes prof au secondaire public à Montréal, dans certains quartiers où, en plus, il y bon nombre d'élèves issus de l'immigration ne parlant pas français. Quand on sait que, à Montréal, 39% des jeunes sont au privé.

      C 'est la même chose en région où certaines écoles publiques bien situées géographiquement siphonnent les bons élèves avec leurs concentrations( programmes particuliers). « Le résultat de ce système, c’est que les classes ordinaires n’ont plus rien d’ordinaire » https://www.ledevoir.com/societe/education/516933/education-les-devoirs-du-ministre-proulx

    • Claude Bernard - Abonné 20 mai 2020 18 h 02

      M Pierre Grandchamp
      Certes certains services doivent demeurés centralisés mais pas tous.
      Dans une polyvalente de 2500 élèves, je ne serais pas étonné que le transport scolaire, sans compter ceux du primaires souvent dans le même batiment ou pas très éloigné, ne puisse être géré et dédié à cette dernière.
      De même le service des policiers, ambulanciers, pompiers, communication internes et externes font déjà parti de leurs responsabilités: une telle administration n'ira certainement pas composer pour une une urgence autre chose que le 911.
      Le déneigement, l'entretien etc... même chose.
      Embaucher et débaucher, contrôler les qualifications, évaluer le travail etc... n'est surement pas au dessus de leurs capacités .
      Pour les détails, c'est aux acteurs de les démontrer, pas à nous.


      *

      M Labelle

      Je crois que vous m'avez confondu avec M Bernard Dupuis

    • André Labelle - Abonné 20 mai 2020 19 h 20

      Claude Bernard - Abonné 20 mai 2020 18 h 02

      Vous avez complètement raison. Je m'excuse de la méprise. Est-ce un effet du confinement ? Pas certain. Si vous me demandiez si l'âge y est pour quelque chose j'en serais moins certain.

      «Les vieux cons ne sont jamais que de jeunes imbéciles qui ne
      se sont pas améliorés avec le temps.»

      [Jean AMADOU]

    • Pierre Grandchamp - Abonné 20 mai 2020 19 h 35

      En conclusion à M. Bernard

      Je diffère d'opinion quant à la décentralisation.Sinon, ça deviendra comme la Tour de Babel de la Ville de Montr.éal où tout le monde se pille sur les pieds.

      Je pense que la CAQ a créé de faux espoirs.

  • J-Paul Thivierge - Abonné 19 mai 2020 17 h 37

    La COVID produira des diplômes à rabais.

    J - François Roberge a été nonchalant et lâche face aux ténors syndicaux qui ont trouver toutes les raisons pour ne pas suivre les élèves surtout au secondaire .
    Rarement des idées innovatrices et efficaces ont été proposées pour que les élèves ne passent pas leur année à rabais
    car bientôt on devra créer des classes pré-secondaire pour amener tous les enfants du primaire au minimum requis pour entre en secondaire un ensuite une session pré CEGEP général ou technique pour aider les élèves en échec puissent obtenir un DES équivalent pour tous.