Masque sanitaire et burqa: une insulte à l’intelligence

«Le
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir «Le "couvre-visage" est un accessoire recommandé, de façon très temporaire et en raison de conditions sanitaires exceptionnelles, à toute personne, femme ou homme, ne pouvant respecter la consigne de distanciation physique», rappellent les auteurs.

Le 27 avril, Patrice Bergeron, journaliste de La Presse canadienne, interrogeait le premier ministre François Legault sur son intention de maintenir l’application de la Loi sur la laïcité de l’État qui serait, selon lui, en opposition avec la recommandation aux enseignants de porter un masque sanitaire. Le 10 mai, le Washington Post publiait un article moquant la France « qui rend les masques obligatoires mais interdit la burqa ». Et c’est maintenant au tour de Francine Pelletier (chronique du 13 mai) de nous expliquer qu’il y aurait contradiction entre la recommandation de porter un masque pour éviter la propagation du virus et la Loi sur la laïcité de l’État.

Malgré la formidable absurdité d’une telle affirmation, le fait que plusieurs l’évoquent publiquement, dans l’intention manifeste de ridiculiser la Loi sur la laïcité de l’État, nous force à réagir.

Rappelons donc quelques évidences. Le « couvre-visage » est un accessoire recommandé, de façon très temporaire et en raison de conditions sanitaires exceptionnelles, à toute personne, femme ou homme, ne pouvant respecter la consigne de distanciation physique. En quoi cette recommandation de la santé publique soulèverait-elle « d’énormes contradictions vis-à-vis du port de signes religieux que le gouvernement Legault s’est fait un devoir d’interdire », comme l’affirme la chroniqueuse ? Il serait bon, tout d’abord, de rappeler à toute personne tentée par ce mélange des concepts qu’il est clairement mentionné à l’article 9 de la Loi sur la laïcité de l’État (projet de loi 21 adopté en 2019) que l’obligation d’avoir le visage découvert ne s’applique pas « à une personne dont le visage est couvert en raison d’un motif de santé, d’un handicap ou des exigences propres à ses fonctions ou à l’exécution de certaines tâches ».

Dans le cas des enseignants et enseignantes, le devoir d’interdire les signes religieux aux employés de l’État relève du devoir de protéger la liberté de conscience des élèves, clientèle jugée vulnérable et captive par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, en évitant de les exposer toute la journée à des signes religieux ostentatoires, tandis que le devoir de recommander le port du masque relève du devoir de protéger tous les citoyens contre la propagation du virus. Où est donc la contradiction ?

L’interdiction des signes religieux aux employés de l’État, plus précisément aux personnes qui exercent les fonctions de policiers, gardiens de prison et d’autres agents de l’État qui exercent une autorité, comme c’est le cas des enseignants, n’est pas une fin en soi, mais un moyen d’assurer la neutralité religieuse des institutions de l’État. À l’école par exemple, l’interdiction ne se base pas sur le fait que les signes religieux soient « laids », ou que les femmes voilées fassent peur aux enfants, ou posent un problème de « sécurité publique » comme le suggère la chroniqueuse, mais bien sur le fait qu’un signe religieux transmet un message religieux, et qu’un enseignant ou une enseignante, une personne qui a un lien affectif avec les enfants et leur sert souvent de modèle, doit s’abstenir d’afficher une préférence pour une religion au détriment d’une autre, et ce, dans le souci de protéger la liberté de conscience de tous les élèves.

Par ailleurs, madame Pelletier se questionne sur la notion du vivre-ensemble : si le port du masque par respect des autres favorise le vivre-ensemble, pourquoi n’en serait-il pas de même des signes religieux qui couvrent la tête ou le visage, suggère-t-elle. Doit-on comprendre que le port du niqab ou de la burqa serait une pratique citoyenne favorisant le vivre-ensemble ? Comment ne pas être sans mots devant une telle banalisation de symboles sexistes portant atteinte aux droits des femmes ainsi qu’à leur dignité, voire à leur santé physique et mentale dans le cas du voile intégral ? Madame Pelletier suggère-t-elle d’autoriser le port du voile intégral chez les enseignantes ?

Quel effort surhumain est-il nécessaire de déployer afin de percevoir la différence entre une burqa, portée pour des raisons religieuses, exclusivement par des femmes, comme une prison, pour se cacher du regard concupiscent des hommes, et un masque sanitaire porté par tous, pour le bien de tous ?

La laïcité de l’État est le modèle du vivre-ensemble choisi par la population québécoise. Elle assure la séparation entre l’État et les religions afin de garantir la protection des droits de tous les citoyens à l’égalité de traitement ainsi qu’à la liberté de conscience et de religion, conformément à l’article 3 de la Charte des droits du Québec. Elle n’est en contradiction avec aucune mesure de santé publique visant à assurer le bien commun.

Force est de constater que ces attaques contre la laïcité relèvent d’une malhonnêteté intellectuelle et d’un militantisme anti-laïcité qui ne dit pas son nom. En ces temps difficiles où toutes les énergies devraient être déployées à lutter contre la maladie, nous appelons les journalistes, chroniqueurs et personnes publiques à faire preuve de bon sens afin de ne pas fragiliser la cohésion sociale en faisant écho à des rhétoriques anti-laïques sans queue ni tête.

Réponse de la chroniqueuse

Il est évident que se cacher le visage pour des raisons religieuses ou de santé n’est pas de même nature. Mais comment ne pas voir que les raisons d’État invoquées ici sont exactement les mêmes ? La sécurité publique et la cohésion sociale sont les arguments utilisés par le gouvernement pour interdire le port de signes religieux, une violation, faut-il le rappeler, des droits fondamentaux. Si ces mêmes arguments sont ensuite utilisés pour, au contraire, imposer le masque sanitaire, ils perdent très certainement de leur valeur. C’est un peu comme une femme qui renoue avec son agresseur ; la crédibilité de sa cause en prend subitement un coup. On se pose la question : comment un mal peut-il subitement devenir un bien ?

C’est vrai que la loi 21 prévoit une exemption pour des raisons de travail ou de santé, mais ces quelques exceptions n’ont très certainement pas la pandémie en tête. Loin d’être « temporaire », le masque sanitaire est ici pour de bon pour la simple raison que les virus sont ici pour de bon. La vie citoyenne risque d’en être sérieusement affectée. Or, plus les visages masqués tapisseront les rues, moins l’interdiction des signes religieux aura un sens.

Comprenez-moi bien. J’aimerais aussi qu’on trouve le moyen de se débarrasser des niqabs et des burkas. Seulement, une société démocratique a des exigences de justice à respecter. Enfreindre la liberté de conscience ou de religion n’est pas une avenue prometteuse. L’argument de la sécurité publique est la seule façon qu’on peut exiger de telles restrictions individuelles. Cet argument est désormais mis en charpie par l’imposition du masque. Loin d’être une « insulte à l’intelligence », c’est un pensez-y-bien.

128 commentaires
  • Pierre Masson - Abonné 16 mai 2020 00 h 46

    Remplaçons sexisme par racisme

    "J’aimerais aussi qu’on trouve le moyen de se débarrasser des niqabs et des burkas." C'est pourtant simple, la liberté de pratiquer une religion ne peut en aucun cas légitimiser une discrimination sexiste. Remplaçons le mot sexiste par raciste et tout devient plus clair. Si la religion musulmane imposait le port de la burka aux personnes ayant la peau noire, ce serait jugé parfaitement inacceptable, avec raison. Comment justifier que les femmes ne reçoivent pas le même respect?

    • Brigitte Garneau - Abonnée 16 mai 2020 14 h 11

      Excellente question!!

    • Luc Archambault - Abonné 16 mai 2020 20 h 16

      Tout à fait, la ségrégation sexuelle n'est pas plus admissible que ne l'est la raciale, du moins dans un État de droit démocratique égalitariste. Ce pourquoi le législateur aurait dû invoquer la prohibition de la ségrégation sexuelle abrahamique juive, chrétienne, musulmane, sikhe et islamiste pour justifier le bien fondé de prohiber dans l'État le port de l'un ou l'autre voile islamiste, de la kippa, du col romain ou du turban, ce qui rend tout à fait légal le port d'un masque sanitaire porté autant par les hommes que les femmes.

      Le fait qu'on admette la pratique de la ségrégation sexuelle alors qu'il n'est pas question d'admettre la raciale montre à quel point nos cultures sont encore et toujours inégalitaires et profondément vexatoires quand la ségrégation concerne les femmes... Dix mil ans de culture sapienne patriarcaliste débilitante en sont la cause. Il est grand temps que ça change.

    • René Pigeon - Abonné 17 mai 2020 14 h 08

      Remplaçons le mot sexiste par raciste et tout devient plus clair.
      Si la religion musulmane imposait le port de la burka aux personnes ayant la peau noire, ce serait jugé parfaitement inacceptable, avec raison. **par les personnes ayant la peau noire puisqu'ils et elles n’y consentiraient pas librement**.
      Comment justifier que les femmes ne reçoivent pas le même respect? **Réplique : Elles y consentissent librement.**

  • Nadia Alexan - Abonnée 16 mai 2020 02 h 38

    Le droit de l'affichage n'a rien à faire avec la pratique religieuse.

    À madame Francine Pelletier: Ce n'est pas une question de pratiquer sa religion, madame, c'est le privilège de l'affichage de plus. Les tenants de signes religieux veulent des droits supplémentaires, le droit de la publicité silencieuse qui brime la neutralité de l'État et l'égalité homme/femme.
    Je n'arrive pas à comprendre comment une féministe peut cautionner la misogynie.

    • Jacques Plante - Abonné 16 mai 2020 08 h 26

      Avec mes amis du 450, nous avions coutume de dire, et ici je caricature un peu : « Elles ne veulent pas porter le voile en Iran et elles veulent le porter ici. Conclusion, elles ne savent pas ce qu’elles veulent! ».

      En réalité, elles savent ce qu’elles veulent. Elles ne veulent pas se faire imposer l’une ou l’autre des alternatives! Très difficile de garder l’esprit ouvert en période de crise publique n’est-ce pas et de comprendre l'essence même du féminisme.

    • Luc Archambault - Abonné 16 mai 2020 20 h 26

      @ Jacques Plante

      « ... l'essence même du féminisme » ce n'est pas pour les femmes la liberté de porter ou pas ce qu'elles veulent. Le féminisme consiste, notamment, à refuser l'inégalité des sexes, à refuser la ségrégation sexuelle qui sépare hommes et femmes en leur attribuant des rôles et des tenues vestimentaires aux hommes que ne sauraient remplir ou porter les femmes, et vice versa. Cette ségrégation sexuelle abrahamique juive, chrétienne, musulmane, sikhe et islamiste n'est pas admissible dans une société démocratique égalitariste et surtout pas dans l'État de droit démocratique égalitariste.

      Le féminisme, comme la démocratie égalitariste, ne saurait admettre le port de l'un ou l'autre voile islamiste puisqu'il participe de la ségrégation sexuelle abrahamique islamiste, que l'on vive dans un État théo-autocratique ou dans un État de droit démocratique égalitariste, pas plus qu'il ne serait question d'admettre le port d'un signe raciste, comme la croix gammée, une étoile jaune, une cagoule du KKK. Ce qui vaut pour le racisme, la ségrégation raciale, vaut pour la ségrégation sexuelle. Elle ne peut être admise. Le port des signes qui la pratique ne saurait être admis dans un État de droit démocratique égalitariste.

  • Yann Leduc - Abonné 16 mai 2020 05 h 14

    Masque sanitaire et laicité

    La laicité n'est pas en soi une affaire de cohésion sociale ou de sécurité publique, c'est d'abord une affaire de neutralité de l'État, de séparation entre le politique et le religieux. Un fonctionnaire représente l'État, il est au service de tous les citoyens, il ne doit pas, autant que faire se peut, donner l'impression de favoriser telle ou telle croyance religieuse, telle ou telle idéologie. C'est pourquoi il existe un devoir de réserve voulant qu'un fonctionnaire doit s'abstenir d'afficher ses opinions politiques ou religieuses dans le cadre de ses fonctions. Or, le symbole religieux n'est pas neutre, il envoie un message religieux explicite. C'est pourquoi la Loi sur la laicité l'interdit aux fonctionnaires dans le cadre de leurs fonctions. Oui, il y a une liberté de conscience et de religion au Québec, mais ces droit ne sont pas absolus. Notamment, ils ne doivent pas être placé au dessus de la neutralié de l'État. Ce que fait la Loi sur laicité de l'État, c'est établir une juste hiérarchie : la liberté de conscience des clientèles de l'État, en d'autres mots, le droit des citoyens de recevoir des services publics neutres, doit avoir préséance sur la liberté de conscience des fonctionnaires de l'État, ou leur droit d'afficher leurs convictions religieuses au travail. En République, le peuple est souverain, l'État et ses fonctionnaires sont au service de l'ensemble des citoyens et non l'inverse. En n'affichant aucune religion, l'État les met toutes sur le même pied d'égalité et évite les guerres de clochers. Pour ce qui est du masque sanitaire, qui couvre la bouche et le nez, ce n'est pas, à proprement parler, un signe religieux ou politique, c'est, comme son nom l'indique, un signe de santé publique universelle.

    • Marc Therrien - Abonné 16 mai 2020 08 h 54

      Peut-être par vous. Mais pourtant on retrouvait sous diverses formulations que « le gouvernement doit recourir au bâillon pour adopter au plus vite le projet de loi sur la laïcité, car « il y aurait des risques pour la cohésion sociale » à « laisser traîner le débat », soutient le premier ministre François Legault. » (La Presse, 14 juin 2019). L'ennemi menaçant la cohésion sociale a maintenant changé et se promener à visage couvert fera dorénavant partie de la pression sociale que les citoyens subiront et se feront subir entre eux pour le bien de tous.

      Marc Therrien

    • Marc Therrien - Abonné 16 mai 2020 14 h 44

      Et j'ajouterais que c'est justement la question de la sécurité publique et de la prévention de la crise sociale qui a motivé le recours à la clause dérogatoire pour protéger la loi 21 de recours judiciaires visant à l’invalider.

      Marc Therrien

    • Claire Beauchemin - Abonnée 16 mai 2020 16 h 10

      Vos propos sont lumineux. Merci d'avoir pris le temps de les écrire afin de remettre les différences de positions faciles à comprendre. De voir aussi en quoi les idées émises par Francine Pelletier manquent de fondement et sont à côté de la logique.

    • Luc Archambault - Abonné 16 mai 2020 20 h 46

      « En république » écrivez-vous !?

      Depuis quand vivons-nous sous République au Québec ? Si c'est le cas, manifestement j'ai raté quelque chose, puisque nous vivons sous monarchie. Monarchie illégitime du reste au Québec puisqu'elle s'impose sans jamais avoir obtenu le clair OUI référendaire du Peuple Souverain du Québec non sans fouler aux pieds sa souveraineté démocratique constituante et politique.

      Nous vivons sous une monarchie de droit divin dont les Actes constituants contiennent depuis 1982 une Charte des droits placée en préambule sous le magister de la « Suprématie de Dieu ». Un État monarchique théo-autocratique donc puisque La Couronne se trouve à être aussi La Cheffe de l'Église anglicane... Il n'y a aucune espèce de séparation du religieux et de l'État dans cet État illégitime du Cda qui n'a jamais ni sollicité ni obtenu le clair OUI référendaire des Québécois,es.

      Cela dit, au Québec, on fait comme si on vivait hors cet État qui permet telle fabrication parfaitement hallucinatoire pourvu que son illégitime occupation ne soit pas remise en question. Absurdistan.

      Dans tel État licornatoire, on en vient à se croire en République... sauf que... La réalité est tout autre et il nous faudrait en convenir. Il faudrait aussi ne pas craindre de prohiber ce qui valide et célèbre la ségrégation sexuelle abrahamique qui ne saurait être admise dans un État de droit démocratique égalitariste, illégitime ou pas... En effet, le port d'un voile islamiste, d'une kippa, d'un col romain, d'un turban participe de la ségrégation sexuelle abrahamique juive, chrétienne, musulmane, sikhe et islamiste, ce qui n'est pas admissible dans un État de droit démocratique égalitariste.

      Le port d'un masque sanitaire est tout le contraire de la célébration de la ségrégation sexuelle, il est porté autant par les hommes que les femmes. On peut le retirer en public sans problème, pour peu que la distanciation sociale s'applique. Ce qui n'est pas le cas d'un voile islamiste.

  • Michel Lebel - Abonné 16 mai 2020 06 h 17

    Juste rappel, mais distinguons

    La chroniqueuse fait bien de rappeler que l'Interdiction des signes religieux viole les libertés fondamentales de religion et de conscience, ce qui est loin d'ëtre banal dans une société. Le gouvernement québécois n'a pas, à ce jour, démontré avec justesse, le réel pourquoi de ces restrictions aux libertés. Ceci étant dit, le port du masque, éventuellement obligatoire en temps de pandémie, ne pose aucun problème au plan des libertés; la sécurité publique et l'urgence de la situation autorisent de toute évidence ce port.

    M.L.

    • Bernard Plante - Abonné 16 mai 2020 12 h 05

      Faux rappel, pour tenter de sauver la face avec (encore) de faux arguments. Comme le mentionne pertinemment Mme Alexan ci-dessus: "Ce n'est pas une question de pratiquer sa religion, c'est le privilège de l'affichage de plus."

      Rien dans la loi n'interdit de pratiquer sa religion. L'interdit concerne son affichage dans l'espace public, que la majorité des québécois désirent laïc, ceci en droite ligne avec un de piliers de la révolution tranquille qui n'a jamais été mené à terme.

      Surprenant qu'un spécialiste du droit constitutionnel ne voit pas la différence. À moins que cet aveuglement volontaire soit lui aussi lié, comme dans le cas de Mme Pelletier, à un blocage idéologique multiculturaliste à la canadienne qui expliquerait ce manque de compréhension incompréhensible...

    • Claire Beauchemin - Abonnée 16 mai 2020 16 h 26

      Ce serait le cas s'il était interdit de porter des signes religieux en tout temps. Or, ce n'est pas le cas. Cette interdiction est imposée uniquement dans le cadre des fonctions exercées par un citoyen en tant que représentant de l'État. Un État laîque, c'est-à-dire ne prenant partie pour aucune des religions pratiquées par les citoyens ni pour les institutions qui les représentent, ni en regard des lois adoptées sur la base d'une religion particulière. Contrairement à certains pays, par exemple l'Égypte, où la charia islamique a force de loi. "L’article 2 de la Constitution égyptienne de 1971 faisait des principes de la charia islamique « une » source principale de la législation. Son amendement, en 1980, en fit « la » source principale. Il s’agissait de la première mention constitutionnelle d’une telle valeur normative de la loi islamique, les Constitutions égyptiennes antérieures s’étant contentées de reconnaître l’islam comme religion de l’État." réf.: https://www.cairn.info/la-charia-aujourd-hui--9782707169969-page-95.htm#

    • Michel Lebel - Abonné 16 mai 2020 19 h 31

      À Bernard Plante,

      Pourquoi pensez-vous que le gouvernement québécois a inséré une clause dérogatoire aux Chartes des droits et libertés dans la loi 21? Posez la question, c'est y répondre. Cette clause dérogatoire est tout simplement un aveu de sa part de violation des droits et libertés. C'est tout.

      M.L.

  • Jean-Paul Carrier - Abonné 16 mai 2020 06 h 21

    Contortion intellectuelle.

    Vouloir militer pour le port des signes ostentatoires est une chose, mais s’évertuer à vouloir démontrer qu’une orange est la même chose qu’un clou relève de l’absurdité intellectuelle. (Il est évident que se cacher le visage pour des raisons religieuses ou de santé n’est pas de même nature. Mais comment ne pas voir que les raisons d’État invoquées ici sont exactement les mêmes ?) Madame Pelletier Le Devoir.
    Incroyable, non seulement sa chronique du 13 mai démontrait un manque de jugement et frisait l’incohérence, mais voici qu’en réponse elle en saupoudre encore. Utiliser l’argument de la violation des droits fondamentaux pour soutenir son argument est une contorsion intellectuelle digne de la haute voltige, c’est flotter dans les nuages de la contradiction et s’y complaire.
    Le sexisme, la domination patriarcale ne sont-ils pas des violations des droits fondamentaux des femmes? Comment peut-on soutenir le port du voile qui rabaisse la femme à un objet sexuel? Comment une femme libre peut-elle s’associer à un mouvement qui prône la suprématie de l’homme sur la femme? Elle croit que le gouvernement du Québec viole le droit de ces femmes; je l’invite à aller vivre quelques années en Iran, pour ne citer que ce pays, et on reparlera du droit des femmes.
    Je dois cependant la féliciter pour une chose, elle n’a pas peur du ridicule.

    • Marc Therrien - Abonné 16 mai 2020 09 h 04

      Parmi les choses à distinguer, il y a la cause et l’effet. La cause a changé, l’effet reste le même, mais c’est son sens qui a changé. Il est maintenant désirable de se promener à visage couvert. Il reste à espérer que l’État n’ira pas jusqu’à imposer le type de couvre-visage acceptable socialement au nom d’un désir de conformité et d’uniformité.

      Marc Therrien

    • François Poitras - Abonné 16 mai 2020 11 h 46

      "Il reste à espérer que l’État n’ira pas jusqu’à imposer le type de couvre-visage acceptable socialement au nom d’un désir de conformité et d’uniformité." Vous devriez vous relire à l'occasion...