Travailler ensemble au temps de la COVID-19

«Même si cela ne sera pas facile, nous invitons toutes les entreprises du Québec qui le peuvent à suivre le pas et mettre en œuvre des solutions qui permettront une reprise de leurs activités dans le respect des plus hautes normes d’hygiène et dans les meilleurs délais», demandent les auteurs.
Photo: «Même si cela ne sera pas facile, nous invitons toutes les entreprises du Québec qui le peuvent à suivre le pas et mettre en œuvre des solutions qui permettront une reprise de leurs activités dans le respect des plus hautes normes d’hygiène et dans les meilleurs délais», demandent les auteurs.

Le monde fait présentement face à une crise sanitaire d’une énorme ampleur. Cette épreuve collective se traduit par de nombreux drames humains. Nous avons une pensée pour tous les Québécois présentement touchés de près ou de loin par la COVID-19.

Les défis inédits que cette situation présente sont nombreux. À commencer par la pression immense que subissent notre système de santé et son personnel soignant et de soutien. Ces héros de tous les jours ne ménagent aucun effort pour soigner ceux qui sont atteints du virus et lutter contre la propagation de la maladie. C’est l’ensemble de notre société qui leur en est reconnaissante.

La crise de la COVID-19 est également une crise économique sans précédent.

En moins d’un mois, des centaines de milliers de Québécois ont perdu leur emploi. Des dizaines de milliers d’entrepreneurs voient les résultats des années de labeurs anéantis. Des entreprises phares de notre économie, ambassadrices du Québec ici et ailleurs, se questionnent aujourd’hui sur leur capacité de survie.

Nos organisations travaillent sans relâche pour les aider à traverser la tempête et éviter le naufrage.

L’heure est à la solidarité. La priorité est la santé et le bien-être de tous. La somme de nos efforts collectifs fera la différence, et nous avons tous un rôle à jouer.

C’est ce que font quotidiennement les camionneurs et livreurs, éducatrices en fonction, producteurs agroalimentaires, fournisseurs de produits et de services sanitaires, personnel d’entretien et de sécurité, services alimentaires, travailleurs en épiceries, dépanneurs et pharmacies, fournisseurs de services de télécommunication, d’énergie et de transport, ainsi que tous les autres.

Ailleurs dans le monde, les mesures similaires à celles prises ici pour freiner la propagation du virus sont mises en œuvre et certaines ont déjà connu du succès. Il nous faudra toutefois garder la tête froide et faire preuve de résilience, car même dans les pays qui ont rapidement agi, la suspension des activités économiques a duré au moins deux mois.

Nous devons nous adapter rapidement et trouver de nouvelles façons de travailler pour permettre à notre économie de se redresser dès que possible. Les gouvernements et nos élus ont aujourd’hui un rôle crucial à jouer et une responsabilité à assumer pour aider les entreprises qui essaient tant bien que mal de s’adapter aux nouvelles mesures. C’est aujourd’hui qu’ils peuvent faire une différence.

Les dernières semaines ont démontré à quel point nous savons innover. Outre l’apport inestimable des travailleurs en fonction, les entreprises ont effectué une transformation numérique en accéléré. Les épiceries et les restaurants ont modifié leurs installations et adapté le parcours client pour protéger la santé de leurs employés comme celle de leur clientèle. Certaines entreprises ont même conçu, testé et démarré, en quelques jours à peine, la production de nouveaux produits pour répondre aux urgents besoins en fournitures médicales ! Leurs histoires médiatisées nous inspirent et continueront de le faire encore longtemps.

Même si cela ne sera pas facile, nous invitons toutes les entreprises du Québec qui le peuvent à suivre le pas et mettre en œuvre des solutions qui permettront une reprise de leurs activités dans le respect des plus hautes normes d’hygiène et dans les meilleurs délais.

Nous devons repenser l’organisation du travail et reconfigurer nos milieux pour répondre aux défis de la situation actuelle et réduire le risque de propagation du virus. Les entreprises, les syndicats et les instances publiques doivent collaborer étroitement pour s’entendre sur un cadre de prévention et de santé et sécurité au travail qui permettra une relance graduelle dans un contexte où des cas de contamination à la COVID-19 continueront à être recensés.

La prolongation de l’arrêt des opérations des entreprises jusqu’en mai est une terrible tragédie pour plusieurs d’entre elles. Espérons que cette période additionnelle permettra de mettre en place les méthodes de travail qui pourront rassurer tout autant les travailleurs que les clientèles, et ce, tant pour les entreprises actuellement en opération dans le cadre des services essentiels, que pour celles qui pourront redémarrer le plus tôt possible. Ce nouveau report appelle à une aide gouvernementale énergique. Il faut sauver le plus d’entreprises possible pour espérer une meilleure reprise.

La situation est encore nouvelle. Les gouvernements du Québec et du Canada sont actifs sur tous les fronts et font un travail remarquable. Malgré de graves répercussions économiques, ils prennent des décisions difficiles, mais nécessaires. Les restrictions et moyens mis en place aujourd’hui permettront de limiter les dommages et d’assurer la relance le moment venu.

Le gouvernement et les associations patronales voudront, très prochainement, convenir ensemble d’un plan de reprise graduelle qui devra mobiliser d’avance les secteurs considérés comme prioritaires. En travaillant tous ensemble au temps de la COVID-19, nous pourrons surmonter cette crise et assurer une relance efficace et rapide de notre économie.

*Signataires : Yves-Thomas Dorval, président et chef de la direction, Conseil du patronat du Québec (CPQ) ; Michel Leblanc, président et chef de la direction, Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) ; Charles Milliard, président-directeur général, Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) ; Véronique Proulx, présidente-directrice générale, Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) ; François Vincent, vice-président, Québec, Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

9 commentaires
  • Jean Lacoursière - Abonné 8 avril 2020 06 h 44

    Beaucoup de mots...

    ...pour préparer le dernier paragraphe.

    • Cyril Dionne - Abonné 8 avril 2020 09 h 12

      Oui, beaucoup de mots pour ne rien dire. Les chambres de commerce qui carburent à la libre circulation des biens, des services et des gens, à une invasion plutôt qu'une immigration sensée, le tout, dans une délocalisation de nos industries qui fabriquaient entre autre, des masques, du matériel sanitaire, des médicaments et j’en passe, combinée à une mondialisation non voulue, ont assuré que notre petit virus se répande partout sur la planète en un temps record ou à la vitesse du son (voir les vols d’avions intercontinentaux).

      Hein ?!?! Nous traversons une crise sanitaire? Depuis quand une pandémie est une crise sanitaire? Les crises sanitaires ne tuent pas, n’infectent personne et ne se reproduisent pas par elles-mêmes à la vitesse de la lumière, acides nucléiques obligent.

      Hein ?!?! L’heure est à la solidarité? Est-ce que les banques à charte ont reçu leur memo, leur texto, leur courriel, leur lettre, leur Instagram, leur tweet? Est-ce qu’ils lisent leur page Facebook? Les banques n’ont aucunement pensé à arrêter de cumuler les intérêts sur les intérêts qui s’accumulent sur les cartes de crédits. Avec un taux directeur de presque 0% de la banque centrale, eux ils continuent de charger au même rythme à part pour quelques uns où ils leurs ont diminué leurs taux d’intérêts à 10%. Quelles grandes âmes. Une seconde, je sors mon mouchoir pour m’essuyer les yeux. $%&*#@&^ de masque, encore dans les jambes.

      En passant, le début de la reprise économique aura lieu seulement dans deux ans ou lorsqu’ils auront trouvé un vaccin efficace pour inoculer les populations. Entre-temps, ce ne sont que des vœux pieux. Et $%*&@# qu’on ne leur fait pas confiance.

    • Nadia Alexan - Abonnée 8 avril 2020 11 h 06

      C'est du blah, blah, blah d'hommes d'affaire comme d'habitude. Les milliardaires veulent profiter, encore une fois, de l'aide financière offerte par nos gouvernements aux personnes les plus démunies de la société, parce que les pauvres banques et multinationales ne peuvent pas manquer une occasion sans quémander du bienêtre sociale pour les riches.
      Peut-être, la pandémie présente une bonne occasion pour les maitres du monde de montrer leur bonne foi, en partageons leur richesse, car on attend toujours le fameux «trickle down economy!» l'économie ruisselante.

  • Gilles Théberge - Abonné 8 avril 2020 09 h 50

    C'est le « bla bla bla » habituel de ces gens qui tremblent dans leurs culottes, de voir leurs profits s'envoler comme une peau de chagrin. Exactement comme les banques que dénonce madame Cornelier ce matin, dans un éditorial pas mal plus parlant que ce charabia.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 8 avril 2020 10 h 09

    Comme le tango

    Lors de la Grande récession de 2007-2008, le fédéral a dépensé 32 milliards$ pour sauver le système financier.

    Dès le début de la reprise économique qui a suivi, le milieu des affaires s’est empressé de dire que nous étions trop endettés, que nous devions sabrer dans le filet de protection sociale.

    Se souvient-on de ce compteur de la dette publique québécoise que l’Institut économique de Montréal payait comme bannière, bien en vue, sur le site du Devoir ?

    Durant la cure d’austérité libérale, on a truffé l’appareil de l’État de gestionnaires qui n’étaient pas animés du devoir de servir le peuple, mais plutôt du devoir de respecter le budget qu’on leur accordait.

    On a appliqué les règles néoliberales du cheminement critique, de réduire les stocks stratégiques, de délocaliser la production de biens essentiels, de liquider si possible la gestion de l’offre (qui nous rendait autosuffisant dans quelques denrées essentielles), etc.

    Et voilà que votre texte est une pression exercée publiquement pour un retour prématuré de l’activité économique.

    À votre avis, combien de vies humaines devrait-on sacrifier sur l’autel de la maximisation des profits ?

    Comme le tango, la solidarité se fait à deux.

  • Jacques Patenaude - Abonné 8 avril 2020 11 h 49

    "Le gouvernement et les associations patronales voudront, très prochainement, convenir ensemble d’un plan de reprise...."

    Très beau texte provenant des organisations patronales. Malheureusement la finale gâche les si belles intentions. Si le patronat veux participer à la relance sociale et économique je crois qu'il ne pourra le faire seul avec le gouvernement. S'il veulent y participer c'est bien mais ils devront reconnaitre qu'ils ne sont qu'un des partenaires de la relance.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 8 avril 2020 11 h 54

    Lecture

    Bonjour . D'ci à la reprise, pourquoi ne pas faire quelques lectures inspirantes, telles: Le plus grand défi de l'histoire de l'humanité. Pour les bilingues: The future we choose de Christiana Figueres ( bientôt publié en français: Inventons notre avenir.
    Et: Toxiqque Planète. Et du cardiologue François Reeves: Planète coeur.