Quel plan pour la culture?

«Quel est le plan de contingence culturel du gouvernement Legault?», se questionne l'auteure.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Quel est le plan de contingence culturel du gouvernement Legault?», se questionne l'auteure.

Depuis le début de la pandémie, nous écoutons religieusement les points de presse du premier ministre Legault. Les ministres s’y succèdent : Danielle McCann, Marguerite Blais, Mathieu Lacombe, Jean-François Roberge, Jean Boulet, Eric Girard, Pierre Fitzgibbon et, bien sûr, le Dr Horacio Arruda, dont les commentaires et les conseils quotidiens nous sont devenus essentiels.

L’équipe ministérielle déploie sans relâche des plans de mitigation pour la santé et les services sociaux, l’économie, les finances, les entreprises, la solidarité sociale, les aînés, l’éducation : c’est ce qu’il faut faire. Nous approuvons les mesures compensatoires qu’ils instaurent pour minimiser l’impact économique et social sur les travailleurs de tous ces secteurs.

Cependant, un pan essentiel de notre société passe sous le radar et est totalement éclipsé : en effet, nul ne semble se soucier de notre culture. Nathalie Roy, qui en détient le dossier ministériel, brille par son absence, on ne la voit sur aucune tribune et son silence radio devient chaque jour de plus en plus anxiogène pour les gens du milieu.

La culture québécoise nous constitue, elle nous définit comme société, elle nous a toujours distingués du reste de l’Amérique du Nord, elle est notre âme, notre cœur. Nul besoin ici de réécrire l’histoire, nous savons qu’elle est notre identité. Alors, on s’explique mal qu’un gouvernement nationaliste n’en prenne pas soin dès à présent, et ce, tout autant qu’il prend soin de la santé économique, physique et psychologique de l’État.

Tous le savent, celles et ceux qui œuvrent en culture sont les citoyens les moins bien rémunérés et les plus précaires de notre société. Ils ne sont pas des salariés, ne bénéficient pas d’assurance-salaire ni de sécurité d’emploi, sont la plupart du temps pigistes ou contractuels… alors qu’ironiquement, les retombées économiques de leur contribution dans la société sont immenses. Aujourd’hui, notre milieu culturel fait face au vide alors que tous les projets, tous les programmes à venir sont annulés. Tous se demandent : mais, que fait Nathalie Roy ? Où est-elle ? Quelles mesures compte-t-elle prendre ?

Paradoxalement, le divertissement est devenu notre remède collectif contre la détresse psychologique, l’anxiété, l’ennui. Nous consommons plus que jamais notre culture, nous la savourons, scotchés à nos écrans, à écouter en rafale nos séries télé, nos films, nos orchestres symphoniques, nos humoristes, nos musiciens. Nous nous partageons leurs prestations sur Facebook… mais que partageons-nous avec eux ?

La solidarité sociale ne devrait laisser personne pour compte… mais, au moment où j’écris ces lignes, des pères et mères actifs dans notre société, qui contribuent à son essor et payent leurs impôts et leurs taxes comme tout le monde, vivent une profonde détresse psychologique et appréhendent de ne pouvoir subvenir aux besoins de leur famille. Comment assureront-ils le gîte et le couvert à leurs enfants sans concerts, sans festivals, sans tournées, sans prestations ?

Qu’adviendra-t-il des grandes institutions culturelles du Québec ? Aucune solution n’a été proposée. Même l’Orchestre symphonique de Montréal, institution phare s’il en est une, est dans l’œil du cyclone.

Que fait Nathalie Roy ? L’impact subi est foudroyant. Les conséquences économiques de la pandémie sont dramatiques et dévastatrices non seulement pour l’OSM, mais aussi pour l’Orchestre Métropolitain, les Grands Ballets canadiens, l’Opéra de Montréal, I Musici, l’Orchestre classique de Montréal, les Violons du Roy et tous les autres ensembles, diffuseurs et organismes culturels du Québec.

Quel est le plan de contingence culturel du gouvernement Legault ?

8 commentaires
  • Paul Gagnon - Inscrit 2 avril 2020 09 h 29

    On a besoin de main d'oeuvre dans les champs

    Certainement que les artistes qui ont le coeur à gauche (comme ils nous le disent tout le temps) ne manqueront pas de manifester leur solidarité (rémunérée) envers ceux qui nous nourissent. Catherine Dorion pourrait lancer le mouvement et faire comme Fidel Castro (et Benito Mussolini, un ex-socialiste), aller planter des choux tout en respirant l'air de la campagne.

    • Fréchette Gilles - Abonné 2 avril 2020 16 h 16

      Cette réflexion est une des plus pitoyables que j'ai lu dans ce journal et depuis fort longtemps.

    • Francis Sercia - Abonné 3 avril 2020 08 h 42

      Appuyez vos jugements avec des arguments, Paul, parce que pour l'instant ce sont vos paroles qui sont dans le champ. Visiblement, vous ne possédez pas les compétences requises pour vous prononcer sur ce sujet qui vous dépasse. Aussi vous encouragerais-je plutôt à lire le Journal de Montréal et vous plaindre que le végétarisme encourage l'Islam ou que du vrai sang précieux est perdu dans les tournages de films d'horreur. C'est ce que font les lecteurs de droite incultes.

  • Gaétan Dostie - Abonné 2 avril 2020 09 h 33

    Soit pour les grands orchestres et autres institutions, mais pour les artistes, les créateurs, les scupteurs, etc. tous ceux et celles qui ne peuvent vendre leurs productions, des travailleurs de l'ombre?

    Nous devons penser à tous ces créateurs et créatrices au bord de la catastrophe, voire de l'indigence! Madame la ministre que faites-vous?

  • Gaétan Dostie - Abonné 2 avril 2020 09 h 33

    Soit pour les grands orchestres et autres institutions, mais pour les artistes, les créateurs, les scupteurs, etc. tous ceux et celles qui ne peuvent vendre leurs productions, des travailleurs de l'ombre?

    Nous devons penser à tous ces créateurs et créatrices au bord de la catastrophe, voire de l'indigence! Madame la ministre que faites-vous?

  • Jean-Charles Morin - Abonné 2 avril 2020 21 h 21

    De grâce, donnez l'heure juste. On attend...

    Depuis toujours, on sait que la culture constitue le talon d'Achille de ce gouvernement davantage préoccupé par l'économie et les affaires. Rien de mal là-dedans à condition de ne pas forcer la note et d'accomplir au moins le minimum de ce que le milieu culturel attend d'un décideur public. Montrer qu'on se préoccupe, quoi!

    Dans le contexte que tout le monde connaît maintenant, le silence de la ministre devient de plus en plus gênant. Elle devrait au moins donner l'heure juste et ne laisser personne dans le noir. Si elle s'en fout, au moins tout le monde le saurait. Si elle n'est pas intéressée par son ministère, le premier ministre devrait songer sérieusement à la remplacer par quelqu'un de plus motivé. Cela devient urgent.

    Malheureusement, si on en juge par le petit nombre de commentaires, la culture constitue le dernier des soucis pour nombre de Québécois. C'est bien dommage.

  • Paul Gagnon - Inscrit 2 avril 2020 21 h 24

    @Fréchette Gilles - Abonné 2 avril 2020 16 h 16

    C'est l'époque qui est pitotable.
    Trop de martyrs autoproclamés.