Sus à l’âgisme!

«Une personne âgée qui n’a pas été testée positive et qui fait une promenade ou ses courses en respectant la distanciation sociale et les règles d’hygiène ne fait pas courir un plus grand risque aux autres individus», rappelle l'auteur.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir «Une personne âgée qui n’a pas été testée positive et qui fait une promenade ou ses courses en respectant la distanciation sociale et les règles d’hygiène ne fait pas courir un plus grand risque aux autres individus», rappelle l'auteur.

La présente crise du coronavirus a fait ressortir, chez nos concitoyens, beaucoup de traits de caractère positifs et de qualités d’entraide, d’empathie et de résilience qui les honorent. Hélas, elle a aussi permis l’émergence de certaines attitudes et comportements déplaisants pour ne pas dire déplorables, dont la tendance à la dénonciation infondée et la recherche de boucs émissaires ne sont pas les moindres.

Parmi les comportements les plus fâcheux ayant émergé, celui qui consiste à dénigrer une partie de la population en bloc. On a ainsi vu des imbéciles s’en prendre à des Asiatiques parce que le coronavirus a émergé en Chine. Un autre exemple de cette tendance au dénigrement collectif est actuellement, sous couvert de vertu sociale, à l’œuvre : il s’agit de ces gens qui stigmatisent collectivement les aînés parce que ceux-ci ont été désignés par les autorités comme plus susceptibles de développer de graves pathologies s’ils attrapent le virus et parce qu’elles les ont invités, de manière plus ou moins claire et même par moments cavalière (le fameux « Envoye à maison »), à rester confinés à leur domicile.

La nature de ce confinement demande à être précisée. D’abord, il est volontaire, et permet aux gens de 70 ans et plus de sortir de leur résidence pour satisfaire leurs besoins essentiels et même pour prendre l’air et se changer les idées. Il est donc déplacé de leur jeter des regards assassins si vous les croisez à l’épicerie ou sur les trottoirs. Un brin de discernement pour différencier les comportements acceptables des comportements délinquants serait apprécié.

Ensuite, on doit aussi comprendre que la désignation des 70 ans et plus comme candidats à l’auto-enfermement est arbitraire et fondée sur une interprétation hyperbolique des statistiques. À partir de statistiques rassemblant la population en tranches de dix ans, on a découvert que les septuagénaires, octogénaires et nonagénaires étaient plus à risque, en proportions croissantes, de développer des pathologies graves ou de décéder après avoir été infectés par le coronavirus.

Primo, cette information a été comprise par une certaine partie de la population comme signifiant que les 70 ans et plus étaient porteurs du virus dans une proportion plus importante que le reste de la population, et donc plus susceptibles de le transmettre : cette interprétation, hormis le cas mystérieux des enfants, est erronée, mais elle a transformé les aînés, pour une bonne partie de la population, en parias qu’il faut impérativement enfermer pour se protéger.

Deuxièmement, ces statistiques masquent une autre réalité dont personne ne parle, soit le fait qu’un individu de 80 ans en bonne santé, non-fumeur et sans pathologie pulmonaire, est sans doute moins à risque de voir son état se dégrader s’il attrape la COVID-19 qu’un individu de 40 ans en mauvaise forme, asthmatique ou fumeur.

Troisièmement, le confinement des aînés fortement suggéré par les autorités (et que certains croient obligatoire) a comme premier objectif, ce qui est compréhensible et même sagace, d’empêcher la saturation du système de santé au moment où la pandémie aura atteint son pic, par la multiplication des cas de personnes âgées infectées qui exigeront des soins lourds. Il ne vise que très accessoirement à protéger les autres catégories de la population comme semblent le croire certains jansénistes donneurs de leçons.

Quatrièmement, un « vieux » qui n’a pas été déclaré positif et qui fait une promenade pédestre ou fait ses courses en respectant la distanciation physique et les règles d’hygiène élémentaire ne fait pas courir un plus grand risque aux autres individus qu’il croise que les « jeunes » qui font la même chose. Ou on enferme impérativement tous les citoyens, comme en France et en Italie, ou on tolère un certain libre choix, accessible à chacun tant qu’il n’a pas été déclaré porteur ou qu’il n’a pas développé les symptômes.

Cinquièmement, le fait de taxer les aînés d’égoïsme, comme l’a fait un certain médecin de Lévis, parce qu’ils prennent une marche ou qu’ils rêvent du moment où ils pourront commencer leur saison de golf, relève d’un âgisme puritain et sans cœur qu’il faut dénoncer comme on le fait pour les autres « ismes » ségrégationnistes ou avilissants.

Comme les autres citoyens qui supportent ce moment difficile de leur mieux, les aînés ont le droit de rêver au jour où ce cauchemar prendra fin et où ils retrouveront leur famille et leurs loisirs, sortant enfin de l’isolement. Les dénigrer en les traitant de « boomers égoïstes » démontre un manque total d’empathie pour des gens qui vivent les avanies du vieillissement et révèle un mépris honteux envers une partie de la population qui fait sa part, notamment par le bénévolat, dans le tissu social.


 
41 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 26 mars 2020 00 h 50

    Les républicains veulent sacrifier les ainés maintenant pour sauver l'économie! Fox news.

    Les républicains aiment s'appeler pro-vie et dire "toutes les vies comptent", mais maintenant ils chantent un air très différent et vraiment horrible.
    Le premier gouverneur républicain du Texas, Dan Patrick, a déclaré que les personnes âgées devraient être "sacrifiées" pour éviter "l'effondrement économique", puis Brit Hume, de Fox News, a fait écho à l'idée, disant "si c'est l'échange, je suis tout à fait".
    Cette suggestion inhumaine ne se produit pas dans le vide. Cela survient alors que le président Trump a rejeté les faits présentés par des professionnels de la santé et des experts scientifiques, essayant de forcer les Américains à retourner au travail d'ici Pâques, même si cela signifie les soumettre à la pandémie de coronavirus et causer littéralement des centaines de milliers de décès évitables.

    • Françoise Labelle - Abonnée 26 mars 2020 07 h 56

      Où s'arrêtera le sacrifice au veau d'or?
      Ces «inflenceurs», qui tiennent le crachoir, sont bien nantis et savent qu'ils ont un médecin attitré et un respirateur garanti. La covid-19 atteint aussi des plus jeunes en bonne santé. On ne sait pas pourquoi. Selon une hypothèse, leur système immunitaire s'affolerait. Le système immunitaire est un des murs de la recherche médiacle depuis des décennies. Bien des gens de tout âge souffrent d'une hyper-réaction immunitaire et cherchent une solution dans diverses diètes. C'est la diversité biologique. Mais la médecine a comme fonction de corriger les tâtonnements aléatoires de la nature.

      Le taux de mortalité de l'ebola est estimé à 57% pour les patients de moins 21 ans et de 94% pour les 45 ans. Qui sacrifiera-t-on la prochaine fois au nom, non pas de l'économie!!, mais de politiques eugénistes privilégiant une caste.

    • Cyril Dionne - Abonné 26 mars 2020 08 h 58

      Mme Alexan, c'est faux de dire que les républicains veulent sacrifier les ainés maintenant pour sauver l'économie. Il y a toujours quelques idiots pour dire toute sorte de choses aussi saugrenues les unes des autres. Donald Trump, lorsqu’il sera confronté aux faits par ses professionnels de la santé et de son immunologiste en chef, Anthony Fauci, il changera d’avis avant le 12 avril.

      Mais en parlant de suggestion inhumaine, que faites-vous du gouvernement suédois du Premier ministre social-démocrate Stefan Löfven qui a décidé que les Suédois devaient vivre normalement en faisant fi du COVID-19? Les rassemblements de plus de 500 personnes ne sont pas interdits, les écoles sont ouvertes et les frontières ne sont pas fermées encore aujourd'hui. Bien oui, notre cher gouvernement socialiste a opté pour la stratégie de l’immunité de groupe, un pari ridicule et irresponsable sans connaître si l’immunité conférée aux rescapés du virus sera permanente et non temporaire. Avec plus de 2 554 personnes contaminées et plus de 64 morts à l’heure que j’écris ce commentaire, le virus fera de nombreuses victimes en Suède qui auraient pu être évitées.

      C’est une forme de néolibéralisme épidémiologique. Cette stratégie protège mieux les impacts sociaux et économiques d’une épidémie mais sacrifie les plus vulnérables de la société. Les mauvaises langues disent qu’ils n’auront plus beaucoup de chèques de pension de vieillesse à émettre. Cet eugénisme moderne est un crime contre l’humanité et les gens qui ont pris cette décision devraient être traduits devant la Cour internationale de Hague à la fin de cette crise.

      Et c’est d’un gouvernement sociale-démocrate. Maintenant, pensez à Québec solidaire. Misère.

    • Nadia Alexan - Abonnée 26 mars 2020 15 h 04

      À monsieur Cyrille Dionne: Je n'ai pas inventé ce que le gouverneur du Texas a dit. C'est un fait documenté et validé par Fox News. Voici le lien: «Coronavirus : sacrifier les personnes âgées pour sauver l'économie ? Les propos chocs du vice-gouverneur du Texas» https://www.ladepeche.fr/2020/03/24/coronavirus-sacrifier-les-personnes-agees-pour-sauver-leconomie-les-propos-chocs-du-vice-gouverneur-du-texas,8816325.php

    • Cyril Dionne - Abonné 26 mars 2020 17 h 19

      Chère Mme Alexan,

      Oui, peut-être qu'un idiot utile du Texas a dit cela, mais vous occultez ce que fait sciemment la Suède présentement. Pardieu, est-ce que c'est parce que c'est un gouvernement SOCIALISTE qui va provoquer la MORT de plusieurs de ses concitoyens délibérément et consciemment qui vous aveugle? Vous essayez de justifier l’injustifiable dans ce pays. Ils sont rendus à 73 morts et plus de 2 840 contaminés. La stratégie de l’immunité de groupe pour le COVID-19 est une pseudoscience dans la même catégorie que les religions, vous savez, ces histoires à dormir debout aux amis imaginaires. Vous semblez être en faveur du néolibéralisme épidémiologique en Suède en demeurant silencieuse sur le sujet. Qui ne dit rien, consent. Et ils sont à seulement à la 2e minute d’une joute de 60 minutes pour l’épidémie qui progresse exponentiellement en Suède.

      Ah! La gauche et la droite, maudit qu'ils font « durs ».

    • Nadia Alexan - Abonnée 26 mars 2020 22 h 57

      À monsieur Dionne: Une chose à la fois. Je ne parle pas de la Suède parce que je ne suis pas au courant de ce qui se passe là-bas. Je parle du Texas parce que je trouve qu'une suggestion de se débarrasser des ainés pour sauver l'économie est tellement absurde, que cela mérite que l'on s'attarde à ces propos farfelus. C'est la droite religieuse, évangéliste qui parle de même!

  • Jacques Maurais - Abonné 26 mars 2020 04 h 38

    Les joggeurs sont-ils exemptés des consignes?

    Hier, au cours de ma promenade, pas particulièrement longue, j'ai été dépassé par trois joggeurs qui m'ont presque frôlé. La consigne de distance de deux mètres ne s'appliquerait donc pas à eux?

  • Paul Toutant - Abonné 26 mars 2020 06 h 03

    Bien dit

    Merci, cher monsieur, pour ce point de vue éclairant. Certains Québécois voient encore le monde par le mauvais bout de la lorgnette: ce ne sont pas les vieux qui sont dangereux à l'épicerie. Ceux-ci risquent gros en allant s'approvisionner, mais ils ne sont pas porteurs du virus. Heureusement, je crois que l'âgisme que vous dénoncez avec raison est encore minoritaire chez nous. Pour le moment. Mes salutations amicales.

    • Jean Lacoursière - Abonné 26 mars 2020 13 h 12

      Monsieur Toutant,

      Vous écrivez:

      « Ce ne sont pas les vieux qui sont dangereux à l'épicerie. Ceux-ci risquent gros en allant s'approvisionner, mais ils ne sont pas porteurs du virus. »

      Vous n'avez aucune idée si les vieux se rendant à l'épicerie sont porteurs du virus ou pas. Ils peuvent en être porteur autant que les plus jeunes.

      Ce ne sont pas juste les vieux qui « risquent gros » en allant à l'épicerie.

      C'est le fait de côtoyer le même air que d'autres personnes, comme dans une épicerie, qui augmente la probabilité d'attraper la covid-19, cela peu importe l'âge.

      C'est parce que la probabilité d'avoir des complications (et donc de devoir être admis à l'hôpital) est beaucoup plus élevée pour les vieux qu'ils doivent se confiner davantage que les plus jeunes, au point par exemple de se trouver si possible une personne plus jeune pour aller faire leur épicerie.

      Et si je me confine et respecte les règles, c'est bien sûr pour ne pas l'attraper et passer un mauvais quart d'heure, mais aussi pour protéger les vieux, les plus vulnérables, et l'intégrité de notre système de santé.

      J'peux pas croire qu'il soit encore nécessaire d'expliquer çà...

  • Joël Tremblay - Abonné 26 mars 2020 06 h 21

    Très bon comentaire, mais certaines précisions s'imposent

    Excellent commentaire, pertinent à tous les égards, mais il faut apporter des précisions sur certaines affirmations:

    L'interprétation des statistiques n'est pas hyperbolique et la désignation n'est pas arbitraire, dans une situation comme celle-ci il est normal et responsable d'envisager "les pires scénarios". Autre chose, les personnes de 70, 80 et 90 ans et plus ne sont pas seulement à risques CROISSANTS, mais plutôt EXPONENTIELS.

    Par exemple, si vous êtes infecté.e.s à 60-70 ans le risque de décès est ~3-4%, à 70-80 ans c'est ~7-8% et à 90 et + c'est ~13-15%, donc presque une personne sur six. Également, le risque de complication augmente avec l'âge, si des complications surviennent, elles risquent d'être beaucoup plus longues et graves selon les catégories d'âge.

    Au 6e paragraphe: "Deuxièmement, ces statistiques masquent une autre réalité dont personne ne parle, soit le fait qu’un individu de 80 ans en bonne santé, non-fumeur et sans pathologie pulmonaire, est sans doute moins à risque de voir son état se dégrader s’il attrape la COVID-19 qu’un individu de 40 ans en mauvaise forme, asthmatique ou fumeur. (...)"

    Ok... personne n'en parle parce que ce n'est pas vrai, surtout dans le cas de figure présenté, une personne de 40 ans "en mauvaise forme" ou asthmatique léger a quand-même BEAUCOUP MOINS de risques de contracter le coronavirus et elle va mieux s'en remettre avec moins de conséquences. Les personnes jeunes plus à risque sont celles avec des atteintes de la fonction pulmonaire sévères, ou d'autres problèmes de santé sérieux, mais l'âge reste le principal facteur associé au risque de contagion, de complications et de décès. Ce n'est pas de la discrimination, c'est la réalité.

    Pour le reste, j'endosse encore à 100%, mais il fallait apporter les précisions qui s'imposent.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 mars 2020 09 h 27

      À moins que je me trompe, ce n'est pas qu'ils soient âgés qui est déterminant mais qu'on y retrouve plus de comorbité que chez les plus jeunes. Ce qui suggère en effet qu'entre une personne de 40 ans souffrant d'une maladie pulmonaire obstructive chronique et une autre de 75 ans, les chances de celle-ci d'en mourir n'est pas accrue selon la distribution statistique.

      Ceci dit, le texte de Marc Simard est vraiment excellent.

    • Marcel Vachon - Abonné 26 mars 2020 10 h 03

      D'où viennent vos affirmations? Il n'y a pas de statistiques allant dans un sens ou dans l'autre, alors?
      Bonne journée à tout le monde..... peu importe votre âge.

    • Joël Tremblay - Abonné 26 mars 2020 10 h 18

      M. Maltais, vous confirmez ce que je mentione déjà, qu'il faut une atteinte respiratoire sévère (comme une MPOC par exemple...) pour que les personnes plus jeunes arrivent à un risque équivalent.

      Le texte original n'apporte pas cette nuance.

      Par ailleurs, à état de santé "égal", les personnes d'un âge plus avancé sont davantage vulnérables et les conséquences, même à risque équivalent, sont potentiellement plus graves. Une immobilisation ou dimnution drastique d'activité de 2 mois et plus chez une personne de 80 ans, accompagnée de la lutte contre la maladie, aurait des conséquences dramatiques sur le niveau de fonction subséquent de la personne, compromettant d'autant son autonomie, augmentant le risque de chutes, etc.

      Tel que mentionné, ce n'est pas de la discrimination, c'est juste la réalité.

    • Jean Duchesneau - Inscrit 26 mars 2020 10 h 28

      Il n'y a pas que la forme physique qui compte, il y a aussi la réponse du système immunitaire à prendre en considération chez les personnes âgées. Un spécialiste en maladies infectueuses a apporté la précision suivante il y a quelques jours: plus on est âgé, plus on a été exposé à de nombreux virus dont plusieurs coronavirus. Même si la personne est en bonne santé et que son système immunitaire est fort, la réponse du système immunitaire peut être mal interprété lorsque attaqué par le nouveau coronavirus qui colonisera d'une façon foudroyante le système respiratoire. Il s'agit là d'une ruse du virus suite à de multiples mutations. À l'opposé, un enfant qui n'a pas d'historique de coronavirus dans son système immunitaire aura une réponse adéquate contre le virus. Donc, même si vous êtes en grande forme, ne vous détrompez pas !

    • François Couturier - Abonné 26 mars 2020 12 h 20

      Vous mettez le doigt sur un point qui me chicote dans les communications publiques, qui manquent forcément de nuances dans les circonstances, mais qu'il faudrait bientôt corriger.

      Vous écrivez : «une personne de 40 ans "en mauvaise forme" ou asthmatique léger a quand-même BEAUCOUP MOINS de risques de contracter le coronavirus».

      Je n'ai rien lu (et j'ai beaucoup lu) qui permette d'affirmer, en majuscules de surcroît, qu'une personne de 40 ans court moins de risques de contracter le virus du seul fait de son âge. Il s'agit en outre d'une affirmation dangereuse, non seulement pour les personnes dites âgées, mais également pour les jeunes!

      «l'âge reste le principal facteur associé au risque de contagion, de complications et de décès. Ce n'est pas de la discrimination, c'est la réalité.»

      Que l'äge soit un facteur associé aux risques n'en fait pas un facteur de causalité. Il est douteux que l'état actuel des connaissances ait déjà permis de l'établir. De vivre dans une résidence pour personnes âgées est un facteur de risque, indéniablement, mais je doute fort qu'on puisse dire que c'est un facteur de causalité.

      Ce qui me «chicote» dans les communications de la santé publique, c'est ma perception qu'on insiste bien davantage sur l'âge comme facteur de risque, mais qui n'est pas un facteur de causalité établi, que sur la comorbidité, qui elle est bien établie, à la fois comme facteur de risque et de causalité (de décès).

      Une sensibilisation accrue aux risques de la comorbidité favoriserait le respect des consignes et comportements sécuritaires, du fait que toutes les tranches d'âge de la population se sentiraient concernées, directement ou du fait de son entourage.

    • Joël Tremblay - Abonné 27 mars 2020 06 h 16

      M. Couturier,

      Si vous lisez de la recherche scientifique, vous savez comme moi qu'un lien de causalité pure et clairement identifiable est rare et très difficile à démontrer. Surtout, il ne faudrait pas tomber dans une argumentation sémantique sur la validité de telle ou telle affirmation à partir d'une virgule ou de déterminer si ce n'est pas valide comme recommandation à cause du manque de preuve de "causalité".... Le système immunitaire des humains est moins performant avec l'âge, point. Si vous avez besoin de recherche pour vous en convaincre, elle est amplement disponible. C'est sur ce fait établi que je base mon affirmation sur la différence entre 40 et 80 ans.

      Le facteur de causalité, c'est d'attraper le virus, ensuite ce qui est fortement correlé à la morbidité et aux complications, c'est l'âge et les conditions pré-existantes.

      ça ne sert à rien de s'enfarger dans les fleurs du tapis.

    • François Couturier - Abonné 27 mars 2020 11 h 34

      M. Tremblay,

      Cet échange m'incite à réfléchir mais je ne voudrais pas m'engager dans un débat stérile, si c'est ce que vous voulez dire par «s'enfarger dans les fleurs du tapis». Toutefois, dans le contexte actuel, n'est-il pas au contraire plus important que jamais de garder la tête froide et de, oui, «s'enfarger dans les fleurs du tapis»? La science, qui nous guide en ce moment, est exigeante justement parce que «les liens de causalité sont difficiles à démontrer», selon vos propres mots, et donc ajouterai-je, il faut savoir s'y «enfarger dans les fleurs du tapis»
      (NDLR : me revient en tête en ce moment la colère monumentale de Tournesol après que Haddorck l'eut traité de zouave :-)).

      Je me suis demandé s'il ne faudrait pas clarifier notre interprétation des termes. J'ai pour ma part compris que les «risques de contracter le coronavirus», écriviez-vous, sont ceux de la contagion, la probabilité d'être infecté si vous voulez, sans égard aux risques de la réponse du système immunitaire auxquels vous référiez peut-être de votre côté et que je ne conteste pas. Mais non, vous poursuivez : l'âge reste le principal facteur associé au risque de contagion.. », ce qui me semble abusif dans l'état actuel des connaissances.

      Pourquoi cela est-il important au point de vous répondre? Ce qui m'a frappé initialement dans votre commentaire initial, c'est le manque de nuance. Il est dangereux (lire: inacceptable) d'affirmer qu'une personne a davantage de probabilité de contracter le virus du fait de son âge. C'est aussi suggérer qu'il est plus probable qu'elle soit asymptomatique et contagieuse (et donc, «dangereuse»). Une personne âgée en bonne santé qui demeure chez soi ne doit pas s'empêcher de sortir pour cette raison. Oui, il lui faut être prudente en raison des conséquences d'une contagion, mais il est également «dangereux» pour elle de ne plus sortir marcher, de s'encabaner et de déprimer en raison des regards obliques des passants.

  • Hélène Gervais - Abonnée 26 mars 2020 06 h 42

    Bravo bravo bravo .....

    pour votre texte M Simard. Vous exprimez très clairement ce que beaucoup d'entre nous pensent. Les 70 ans et plus sont traités comme des parias présentemen par les gouvernants et les autres et c'en est offusquant.

    • Joël Tremblay - Abonné 26 mars 2020 12 h 56

      C'est faux madame, la réponse du gouvernement est pour une fois adéquate et responsable. mais vous avez raison sur un point, c'est l'attitude des personnes qui culpabilisent les personnes du troisième âge qui est à dénoncer.