Plastique: les verts sont les meilleurs alliés des pétrolières

«La raison principale de l’échec du recyclage actuel est qu’il faut trier des millions d’objets selon le type de pétroplastique, leur forme, leur couleur…», affirme l'auteur.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «La raison principale de l’échec du recyclage actuel est qu’il faut trier des millions d’objets selon le type de pétroplastique, leur forme, leur couleur…», affirme l'auteur.

Imaginez un monde où tout plastique, après usage, irait avec les déchets organiques, même souillé par les aliments, où un objet de plastique échappé par mégarde dans l’environnement terrestre ou marin deviendrait du compost après quelques semaines, où cet objet pourrait non seulement être digéré par un animal, mais aussi le nourrir, un monde où ce plastique, par son innocuité, pourrait être utilisé comme support, prothèse et accessoire en médecine, un monde où les animaux ne mourraient plus empêtrés dans des filets, des sacs, des lanières jetées par mégarde ou par négligence, un monde où pratiquement tous les objets de plastique seraient compostables.

Tout cela ne relève pas de la fabulation ; c’est ce à quoi on renonce à cause des préjugés disséminés par des groupes de pression, qui laissent croire que les bioplastiques sont une utopie. Les compagnies pétrolières sont mortes de rire et prévoient une croissance de la production de pétrole au moins jusqu’en 2040 malgré l’électrification des transports.

Pourquoi les verts sont-ils opposés au bioplastique ?

Bien que moins de 10 % de tout le plastique fabriqué jusqu’à maintenant sur terre ait été recyclé, le recyclage demeure la panacée dans la lutte à la pollution par le plastique. Dans cette logique, le bioplastique est devenu la bête noire des verts parce que le recyclage du pétroplastique est incompatible avec les bioplastiques : une faible quantité de bioplastique dans un lot de pétroplastique peut gaspiller tout le lot. Renoncer au recyclage est inimaginable pour eux.

Pourquoi le bioplastique performera-t-il mieux ?

La raison principale de l’échec du recyclage actuel est qu’il faut trier des millions d’objets selon le type de pétroplastique, leur forme, leur couleur… Tout bioplastique compostable, par contre, est digéré sans discrimination avec les aliments organiques, sans nécessité de tri. Les bactéries produiront selon notre souhait, soit du compost, du méthane, ou même du bioplastique neuf.

Pourquoi le bioplastique doit-il être composté en usine ?

Il existe des centaines de sortes de bioplastiques, mais on distingue deux grandes catégories : ceux qui sont « compostables maison », à température ambiante, qu’on appelle PHA, et ceux qui doivent être portés à 60 °C pour se composter (les PLA). Un PLA laissé dans la nature ne se compostera pas, contrairement au PHA. Pour éviter tout cafouillis, il faut que tous les bioplastiques soient traités en usine. Il faut aussi que tout objet susceptible de se retrouver dans la nature, donc tout objet à usage unique, soit fait de PHA.

Prendre le virage

Le recyclage des pétroplastiques et le compostage des bioplastiques sont des avenues incompatibles. Il faut donc choisir : continuer à polluer la planète avec un système qui a donné la preuve qu’il ne fonctionne pas, ou changer pour un autre qui a toutes les chances de fonctionner.

Les objections

Pour des questions de santé publique et d’économie, la plupart des pays riches s’engagent actuellement dans la collecte des déchets organiques. Comme le compostage des bioplastiques peut s’effectuer avec les déchets organiques, pourquoi ne pas en profiter pour se débarrasser en même temps du problème des plastiques ?

La plus grande difficulté ne sera pas technique, mais consiste à vaincre les objections, le négativisme. « Il va y avoir du mélange, on va affamer des enfants pour produire du plastique, on va encourager la consommation… » On ne doit pas sous-estimer ces objections, mais plutôt renseigner les gens et surtout bien identifier les bioplastiques et les pétroplastiques. Après tout, deux catégories de plastique, c’est moins compliqué que sept ! De plus, les enfants vont sans doute continuer de bien manger, sinon mieux, car le compost qui sera produit améliorera le rendement des cultures. C’est sans compter les recherches des dernières années, qui permettent de fabriquer des bioplastiques avec des résidus domestiques et des parties non comestibles des plantes.

Nous en sommes à une bifurcation majeure. Saurons-nous emprunter le bon embranchement ?

9 commentaires
  • Clément Fontaine - Abonné 14 mars 2020 09 h 24

    Mauvais choix de titre et introduction confuse

    Dommage que ce texte soit coiffé d'un titre provocateur susceptible de décourager bien des lecteurs. Dommage aussi que les premiers paragraphes alimentent la confusion. Les verts soutiennent bien évidemment l'avènement du bioplastique pour peu qu'ils sachent en quoi il consite. Le problème est d'assurer une transition entre le pétroplastque et le bioplastique.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 14 mars 2020 09 h 53

    Pas clair

    le message est pas clair.
    Pour ou contre les bioplastiques?
    Qui est contre et pourquoi?

  • François Beaulne - Abonné 14 mars 2020 10 h 08

    Réflexion pertinente

    Merci de porter ces informations, et votre réflexion, à notre atention.
    Ce qui finit par taper sur les nerfs dans le discours environnementaliste c'est la cassette moralisatrice à la Cassandre, de type apocalyptique,et incantatoire qui énumère à répétition les défis sans proposer de solutions pratiques au delà de grands principes généraux qui parfois frisent la caricature.

    Le recyclage des déchets, notamment ceux que produisent les pays industrialisés du G20, dont les plastiques de toutes sortes, exigent des solutions innovatrices basées sur des données scientifiques et non principalement sur des théories échevelées à l'emporte pièce, séduisantes par leur effet rhétorique mais peu convaincantes dans la pratique.
    C'est dans cet esprit que les pistes que vous proposez auraient intérêt à être examinées sérieusement.

  • Pascal Barrette - Abonné 14 mars 2020 16 h 06

    Le bon embranchement

    Merci Monsieur Lavallée de vos lumières qui offrent une piste de solution à l'engeance du plastique. Compostables en usine ou sol domestique, biodégradables, recyclables, pas simple de s’y retrouver dans les bio-plastiques. L’Italie serait un modèle d’adoption des produits dits biosourcés, biodégradables et compostables. Covid 19 derrière nous, les gouvernements devraient y dépêcher des émissaires. Par exemple, le film de paillage entièrement biodégradable et compostable peut permettre aux agriculteurs d’envoyer se promener Monsanto en éliminant les glyphosates. La leader italienne de fabrication de bioplastiques est la société Novamont, celle-là même qui fabrique des sacs compostables en chardon utilisés dans toutes les épiceries de Milan. À écouter, cette entrevue très éclairante avec Christophe Doukhi de Boissoudy, directeur-général de l’entreprise en France: https://www.lespandasroux.com/single-post/Novamont . Pour qui mal y penserait, je n’ai aucun intérêt dans cette société, si ce n’est qu’elle me semble très prometteuse d’une bio-économie dite «circulaire». Serait-ce «le bon embranchement»?

  • Denis Pellé - Inscrite 15 mars 2020 08 h 42

    Incompréhension

    Bonjour Monsieur La vallée, avez demandé à la fondation David Suzuki ce qu'il en pense de votre point de vue monolithique? Je trouve dommage de tirer sur les messager qui depuis 40ans sont pointés du doigt alors qu'ils ont fondamentalement raison. Oui il y a des gens extreme partout. Mais ce que disent les verts les écologique lles granola c'est que la technologie ne nous sauvera pas vraiment de notre consommation effréné ainsi que ides GES. Rien ne doit nous dédouaner de notre obligation d'adapter nos modes de vie. Refuser, Réduire, Réutiliser, Réparer et en tout dernier lieu et uniquement après ça ... Recycler. Actuellement on met l'emphase à 100% sur le recyclage qui consomme beaucoup d'énergie comparé au reste des autres actions possibles. Et en passant les bioplastiqies ont des additifs nocifs comme les autres pensez-y bien. Et les fameux plastique sans BPA contiennent d'autres perturbateurs endocrinien oops. Voulez-vous d'autres bonnes nouvelles comme celle là sur la pétrochimie? Retardateur de feu dans les matelas, canapé, sièges d'auto... qui n'empêche pas le feu anyway. Quel choix avons nous? Contimuer de nous intoxiquer?

    • Marc Levesque - Abonné 15 mars 2020 16 h 23

      "Je trouve dommage de tirer sur les messager ... alors qu'ils ont fondamentalement raison ... Refuser, Réduire, Réutiliser, Réparer et en tout dernier lieu et uniquement après ça ... Recycler"

      D'accord.

      "les bioplastiqies ont des additifs nocifs comme les autres pensez-y bien"

      Certains bioplastiques oui, mais ce n'est pas le cas pour les bioplastiques de type compostable comme le PHA et le PLA dont il est question dans l'article de M. Lavallée.