Hommage à Claude Roquet

Grâce à Claude Roquet notamment, le Québec a réussi à imposer sa place lors du premier Sommet de la Francophonie, qui s'est déroulé à Versailles en 1986.
Photo: Pierre Guillaud Agence France-Presse Grâce à Claude Roquet notamment, le Québec a réussi à imposer sa place lors du premier Sommet de la Francophonie, qui s'est déroulé à Versailles en 1986.

Grand diplomate québécois, Claude Roquet est décédé à Québec le 7 février 2020, à l’âge de 90 ans.

Né en décembre 1929 à Montréal, il est admis au ministère des Affaires extérieures en 1953, à l’âge de 23 ans. Dès 1954, il apprend l’arabe au Liban et est affecté à Londres, au Caire puis en Turquie.

De retour à Ottawa en 1964, il est en 1966 responsable des Affaires françaises et européennes, alors que le gouvernement du Québec développe une relation directe avec la République française. Par la suite, de conseiller aux relations fédérales-provinciales du sous-ministre il est promu directeur général de la coordination.

À la fin de la crise d’Octobre 1970, il accompagne les felquistes à Cuba.

En 1973, Ottawa le nomme à Paris secrétaire général adjoint à l’Agence de coopération culturelle et technique de la Francophonie (ACCT). De retour en 1976, on lui offre le poste de sous-ministre adjoint aux Affaires politiques, poste qu’il va quitter au bout d’un an pour se mettre au service du gouvernement du Québec.

En 1977, Claude Roquet devient alors à Québec conseiller aux relations internationales et fédérales-provinciales du ministère des Ressources naturelles. Puis, un an plus tard, en 1978, il est sous-ministre associé à l’Énergie et siège aux conseils d’administration d’Hydro-Québec, de la Société d’énergie de la Baie-James et d’Hydro-Québec international.

En 1981, il intègre le ministère des Relations internationales en tant que sous-ministre associé. De 1983 à 1986, il est délégué aux Affaires francophones et multilatérales à la délégation générale du Québec à Paris.

C’est l’époque où le projet d’un sommet de la Francophonie, souhaité par le président sénégalais, Léopold Sedar Senghor, prend vie. Le président Mitterrand décide que ce sommet se déroulera en février 1986, à Versailles, et désigne l’ambassadeur Jacques Leprette comme son représentant personnel. Les collaborateurs du « sherpa » Leprette sont, entre autres, Lucien Bouchard, ambassadeur du Canada en France, Louise Beaudoin, déléguée générale du Québec à Paris, les ambassadeurs du Sénégal et de la Tunisie, et Claude Roquet.

Le premier Sommet de la Francophonie se tient à Versailles, en février 1986, « sur un canevas largement québécois ». Une quarantaine de pays y participent. Pour le Canada, il y a trois délégations : Canada, Canada-Québec et Canada–Nouveau-Brunswick.

Cette place du Québec est le fruit d’une lutte titanesque et victorieuse menée par le premier ministre René Lévesque envers le premier ministre fédéral Pierre Elliott Trudeau, qui s’opposait à la présence du Québec au Sommet. Cette lutte aboutit, le 7 novembre 1985, à une entente sur le statut du Québec entre le nouveau premier ministre canadien, Brian Mulroney, et le nouveau premier ministre québécois, Pierre Marc Johnson. Le Québec maintient, pour ce sommet politique, le statut de gouvernement participant dont il bénéficie à l’ACCT depuis 1971. Il y siège à la même table que les États souverains, de plein droit.

Grâce à Claude Roquet et à Louise Beaudoin, et avec l’appui du gouvernement français, le Québec a ainsi réussi, d’une part, à imposer sa place et son rôle dans le dialogue des chefs d’État et de gouvernement et, d’autre part, à déterminer la nature et les priorités du Sommet, qui vont définir l’avenir même de la Francophonie. Claude Roquet considérait ce fait d’armes comme un grand succès des deux mandats de René Lévesque à la tête de l’État du Québec.

Après cette mission à Paris, Claude Roquet est nommé délégué général du Québec à Bruxelles de 1986 à 1989, puis il revient à Québec pour la même durée comme directeur général France.

Enfin, le premier ministre Bourassa le nomme délégué général du Québec à Paris (1993-1996), sa dernière affectation à l’étranger.

Claude Roquet était commandeur de l’ordre national du Mérite de France.

1 commentaire
  • René Pigeon - Abonné 7 mars 2020 12 h 38

    J’ai un excellent souvenir de la période…

    ...où j’ai travaillé sous la direction de monsieur Roquet lorsqu’il œuvrait comme conseiller au ministère des Ressources naturelles et sous-ministre associé à l’Énergie.