Celle ou celui qu’il faut au Parti québécois

«Les membres d’un parti qui désignent leur leader choisissent surtout celle ou celui qui incarnera leur projet auprès d’un électorat à convaincre», dit l'auteur.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir «Les membres d’un parti qui désignent leur leader choisissent surtout celle ou celui qui incarnera leur projet auprès d’un électorat à convaincre», dit l'auteur.

L’année 2020 a commencé avec une surprise que personne n’avait vue venir : la course à la direction du Parti québécois s’annonce comme le débat d’idées le plus vivifiant qu’un parti ait mené depuis deux décennies. Après la dernière année qui a vu le renouvellement du comment (notre fonctionnement et notre approche) et du quoi (l’adoption d’une déclaration de principes axée principalement sur l’indépendance), la désignation de la personne qui incarnera ces choix auprès des Québécois fait la manchette.

Le choix d’une cheffe ou d’un chef n’est toutefois pas qu’une histoire d’idées. Les membres d’un parti qui désignent leur leader choisissent surtout celle ou celui qui incarnera leur projet auprès d’un électorat à convaincre. Souhaitant participer à la discussion, je me permets ici de présenter quelques caractéristiques qui, je le crois, seront des nécessités dans la reconquête du coeur des Québécois.

Le premier attribut qui vient à l’esprit est la stabilité que la meneuse ou le meneur devra apporter : depuis 2014, ce sont trois chefs en six ans — en plus de trois chefs intérimaires — que nous avons eus. C’est trop et cela mine notre crédibilité. Celle ou celui qui souhaite diriger le parti devra s’engager à y rester au moins dix ans, dans les victoires comme dans les défaites. La longévité est bien plus payante à long terme que l’époque ne le fait croire, car elle permet d’instiller dans la population la droiture des convictions qui ne changent pas au gré du vent.

Le mouvement indépendantiste est composé de deux ailes qui se comportent malheureusement trop souvent en factions qui visent à exclure l’autre de la direction des affaires. Or, il faut réapprendre à travailler ensemble et mettre nos divergences de côté. Le prochain chef devra être en mesure de rassembler, sans cliver, les sociaux-démocrates et les conservateurs qui sont, légitimement, les deux jambes du mouvement indépendantiste.

Le même constat s’applique avec les générations. En effet, le climat malsain d’affrontement qui s’est installé en Occident entre, d’un côté, les plus âgés qui se comportent parfois comme leurs propres parents et, de l’autre côté, une certaine jeunesse qui scande « OK boomer » lorsqu’elle est contredite devra être dépassé. Notre chef devra faire le pont entre ces deux mondes.

Un jugement politique à toute épreuve sera de mise : à l’ère des réseaux sociaux, une déclaration fortuite ou un dérapage peut handicaper sérieusement un parti politique. Les déclarations à l’emporte-pièce, faites sur l’autel de l’authenticité, peuvent exciter la galerie, mais elles ne sont jamais le socle de la fondation d’un pays. Attention ! Le jugement attendu ne doit pas être compris comme un frein à l’innovation et à l’audace, à sortir des sentiers battus.

Notre figure de proue n’aura pas le loisir d’importer au sein du Québec une lutte « antisystème » qui souvent se termine en eau de boudin et qui masque le vide d’une proposition politique sans issue. De même, la victimisation qui vient souvent avec les candidatures antisystèmes est l’antithèse de la confiance que nous devons projeter si nous souhaitons convaincre la majorité nécessaire à la fondation d’un pays.

La personne qui conduira notre destinée devra être capable d’assumer et d’expliquer ses propos publics, ses propositions politiques et ses décisions passées. Comme le chroniqueur Mathieu Bock-Côté le faisait récemment remarquer, la parole d’une femme ou d’un homme politique ne se divise pas : tout ce qu’elle ou il a dit, dans tous les contextes, est de nature à ressurgir dans les discussions de la Cité. C’est normal, c’est sain et ce n’est surtout pas de la « vieille politique ». D’ailleurs, nos adversaires ne manqueront pas de passer notre chef aux rayons X. En d’autres mots, une cheffe ou un chef n’est pas le ou la porte-parole de sa personne, mais d’un mouvement.

Les membres ainsi que les sympathisants qui voteront auront une lourde responsabilité entre les mains. Ce sont eux qui, en désignant la cheffe ou le chef, recrédibiliseront aux yeux de la population le parti, mais surtout l’idée d’indépendance qu’il porte et qui le dépasse. C’est une lourde tâche, mais j’ai confiance en eux.

* L’auteur s’exprime ici à titre personnel.

28 commentaires
  • Robert Mainville - Abonné 2 mars 2020 06 h 51

    Recette idéale pour continuer à croupir

    Je cite : "...rassembler, sans cliver, les sociaux-démocrates et les conservateurs qui sont, légitimement, les deux jambes du mouvement indépendantiste."
    Misère...
    Le PQ est devenu, au fil des ans, une poule sans tête justement en raison de cet insoutenable grand écart intellectuel. Les résultats électoraux sont à l'avenant : bon dernier à l'Assemblée Nationale.
    Pourtant, ce parti, assumant naguère fièrement ses orientations social-démocrates, était grand. Le PQ faisait progresser le Québec parce qu'il était progressiste. La liste de ces mesures est trop longue pour l'énumérer ici.
    L'histoire démontre amplement que les positions floues et alambiquées, qui émanent organiquement d'une réflexion politique ambiguë, ne recueille pas l'assentiment de la population. Il est par exemple illogique de se présenter devant l'électorat en se disant favorable à la lutte aux changements climatiques ET en faveur de l'exploration pétrolière à Anticosti, ça ne passe pas.
    Bref, croire que la renaissance du PQ passe par le prolongement de l'approche du grand écart idéologique qui l'a conduit au bord de la disparition me semble relever de l'aveuglement.

    • Jean-François Trottier - Abonné 2 mars 2020 09 h 37

      La misère, M.Mainville, c'est cliver, monter les uns contre les autres, comme le fait QS.
      Ce parti a une facilité déconcertante pour trouver des coupables et des méchants. Normal me direz-vous, quand on est marxiste on considère le tiers de la population coupable, les deux tiers "non-conscients", et quelques élus comme des saints-qui-ont-tout-compris.

      Au surplus, on est hyper-extra-cohérent. J'espère bien! Quand on a l'esprit coincé dans une grille d'analyse rouillée depuis 100 ans et une idéologie construite comme une suite de lois plus restreignantes qu'une religion, l'unanimité est facile à faire.

      Si on a un regard un peu froid, le seul parti social-démocrate au Québec est le PQ. La sociale-démocratie est l'exact centre de l'échiquier politique, prenant des deux côtés pour protéger les faibles dans une économie faite par les gens, où l'État est un partenaire important, sans plus. L'aile droite du PQ n'est qu'une composante normale de tout parti social-démocrate.

      Jamais n'a-t-on dit que la position du PQ était facile. Mais voilà, ce parti est le seul qui représente vraiment l'esprit québécois dans son histoire. Il se base sur l'esprit de palabre qui régnait ici depuis Champlain.
      Qui dit palabre ne dit discussion, pas négociations. L'esprit efficace des Anglais a préféré massacrer, Ça marche hein?
      Cet esprit se base donc sur la volonté de dire que personne n'a toutes les réponses, C'est ainsi que Lévesque raisonnait. Il se permettait même de douter en public quand il voulait lancer un débat de fond.

      Nous vivons dans une époque où il n'est pas bon d'être modéré. Vous semblez suggérer, sans le dire, que le PQ devrait devenir populiste, justement comme ce parti dont slogan est "Populaire".
      Ben c’est non.
      L'expression de la pensée de ses membres l'interdit. Et au jour où les gens réaliseront comment les populistes sont menteurs jusqu'à l'os, ils reviendront à ceux qui ne se gênent pas pour penser tout haut.

    • Pierre Desautels - Abonné 2 mars 2020 10 h 41


      @Jean-François Trottier

      "Si on a un regard un peu froid, le seul parti social-démocrate au Québec est le PQ."
      "L'aile droite du PQ n'est qu'une composante normale de tout parti social-démocrate."

      Vous voulez rire? Il y a des lustres que le PQ n'est plus un parti social-démocrate. Et non, la sociale-démocratie n'a jamais été au centre, mais à gauche ou au centre-gauche.

    • Robert Mainville - Abonné 2 mars 2020 10 h 47

      Jean-François Trottier.
      1 - Vous consacrez pas mal de mots à discourir que QS, alors que je n'ai nullement fait référence à ce parti. C'est hors sujet et non-pertinent.
      2 - Si le PQ auquel vous faites référence est si parfait ("...ce parti est le seul qui représente vraiment l'esprit québécois dans son histoire.), il faudra expliquer pourquoi il est 4e à l'Assemblée Nationale. Les faits sont un peu entêtés, vous savez.
      3 - "Vous semblez suggérer, sans le dire, que le PQ devrait devenir populiste". Ben justement, je ne l'ai pas dit. Je vous invite à vous en tenir à ce que j'ai dit.

    • Jean-François Trottier - Abonné 2 mars 2020 18 h 10

      M. Desautels,

      Je n'ai parlé de QS que comme contre-exemple, entre autres parce que ce parti a prétendu pendant des années être social-démocrate alors qu'il est marxiste, avec une grille d'analyse marxiste et un programme marxiste jusqu'au bout des ongles.

      Trouvez un autre parti qui a toujours su laisser la parole à ses membres, un seul autre parti qui n'ait pas craint de montrer ses doutes devant tout le monde.
      Y en a pas. Le PQ est depuis toujours un parti de discussion continue, où chacun est pris au sérieux. Le PQ na jamais voulu "conscientiser" et prenant les masses pour une bande d'imbéciles.

      Puisque, alors que vous me reprochez quelque chose où je dis bien "il semble", vous m'accusez de donner toutes les qualités au PQ, relisez un minimum!
      "Jamais n'a-t-on dit que la position du PQ était facile". L'arroseur arrosé, vous connaissez?

      Ceci dit, si vous réagissez de façon si épidermique, peut-être que le chapeau vous fait?
      Notez l'utilisation du mot "peut-être", et respirez un bon coup : vous avez ici la chance de clarifier votre position. Vaudrait mieux ça que de me répondre aussi vachement et bêtement que vous le faites.

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 mars 2020 21 h 10

      @ Jean-François Trottier,

      "Ce parti a prétendu pendant des années être social-démocrate alors qu'il est marxiste.." - Jean-François Trottier

      Je vous somme de nous donner une référence officielle où Québec solidaire affirme autre chose que ce qu'il énonce dans sa déclaration de principe.

    • Jean-François Trottier - Abonné 3 mars 2020 14 h 20

      "... au terme de sa vie, Jacques Parizeau nous aura quitté en étant beaucoup plus près des politiques social-démocrates de Québec Solidaire que de celles du Parti québécois. "
      C.. Montmarquette, https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/441853/le-social-democrate

      Parizeau a toujours été pour des politiques sociales. La grande différence avec QS, c'est que les siennes étaient réalisables sans tout casser et ne menaint pas le pays à la faillite. Il ne mentait pas, lui.

      " de nous expliquer en quoi Québec Solidaire ne serait pas un parti social-démocrate"
      C.. Montmarquette , https://www.ledevoir.com/non-classe/470336/qs-c-pq-extreme-gauche-contre-gauche-reformiste

      C'est ca, expliquez-le. Montrez votre feinte ignorance du sujet.

      "Car si l’indépendance prenait le chemin social-démocrate avec Québec Solidaire, plutôt que le chemin néolibéral du Parti québécois"
      C.. Montmarquette, https://www.ledevoir.com/opinion/idees/469112/des-idees-en-revue-convergence-quelle-convergence

      Pour un extrémiste TOUT est néolibéral. mais jamais l'extrémiste n'explique comment ça se fait qu'il y a tant de compagnies richissimes dans les pays scandinaves.
      Il change de sujet, il fait dévier sur un dtail quelque part dans le texte... n'importe quoi.

    • Jean-François Trottier - Abonné 3 mars 2020 14 h 24

      M.Montmarquette,

      Lisez le programme du PQ et comparez à ce qui se passe dans les pays scandinaves. Tenant compte du fait que la social-démocratie est installée depuis plus de 70 ans dans ces pays, et que le PQ n'a eu le pouvoir que pendant 22 ans dont 2 en minorité, vos accusations, que vous distribuez généreusement depuis au moins 6 ans, tombent à plat.

      Le PQ est un parti modéré, contrairement à QS, truc marxiste qui ne tolère aucune opposition et surtout pas dans son propre parti. Votre "cohérence", c'est que tout le monde marche au pas. La diversité, un slogan. Le mensonge, un art de vivre.
      Et vous-même avez eu le front démesuré de vous dire social-démocrate! De quoi beugler tellement c'est faux.
      D'où, vous avez démontré vous-même que vous ne savez aucunement ce qu'est la sociale-démocratie. Au contraire! C'est ce qui est le plus éloigné possible des extrémistes, comme QS.

      Vous devriez plutôt répondre à mes critiques des promesses de QS, promesses que vous listez chaque fois que vous ne savez plus quoi répondre, sur Pharma-Québec : https://www.ledevoir.com/politique/quebec/561406/la-nouvelle-approche-de-la-vieille-garde-solidaire, en date du...27 août 2019! Venez me dire que vous n'avez pas eu le temps, pour rire!

      Répondez à ma critique sur votre banque nationale de services au https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/569889/l-independance-le-retour-de-la-converge

      Dans ce même article je vous parle de l'organisation politique de quartier selon QS, aussi pire que celle en URSS et avec les mêmes arguments et "bonnes intentions", mot pour mot.. Aucune réponse, encore.

      Sans oublier le genre de police et organisation militaire réunies que QS veut créer, s'assurant ainsi d'avoir une force militaro-poicière dirigée par une seule personne! Ça, c'est du pur état policier. Républiques de bananes.

  • Claude Bariteau - Abonné 2 mars 2020 06 h 52

    Vous parlez, à titre personnel d’une personne rassembleuse, mais vous citez Bock-Côté, qui n'en est pas une, et d’indépendantistes qui se divisent entre socio-démocrates et conservateurs.

    Quand on a pour cible l'indépendance, il importe de penser en homme d'État et de rappeler que créer un pays sera l'œuvre que des futurs citoyens et des futures citoyennes.

    Penser ainsi consiste à faire appel à ceux et celles qui veulent ce pays indépendamment de leurs attaches ethnoculturelles et de leurs ancrages politiques parce que les futurs citoyens et les futures citoyennes du Québec auront comme qualité première d'être égaux.

    La personne qui veut créer un pays n'a pas d'autre choix. Elle doit déployer une approche qui y conduit. C’est la seule condition menant à un discours cohérent et rassembleur.

    L’indépendance a des exigences. L’une d’elles, la plus importante, est de quitter le mythe du peuple fondateur. Le peuple fondateur sera celui des futurs citoyens et des futures citoyennes qui entendent créer leur État indépendant sur cette base.

    • Nadia Alexan - Abonnée 2 mars 2020 09 h 14

      Moi, je favorise une personne qui a le courage de renoncer au néolibéralisme ambiant et de poursuivre les principes de justice sociale dans les pas de René Lévesque. Le prochain chef du PQ doit renforcer le principe de la laïcité de l'état pour la cohésion sociale et le bien vivre ensemble. Il doit s'inspirer de René Lévesque qui a eu le courage de nationaliser les entreprises d'électricité et qui a privilégié la nationalisation à la privatisation de nos ressources et de nos services publics. J'aimerais avoir un chef qui aura le courage de réformer notre système fiscal qui favorise les riches au détriment des pauvres et qui mettra fin à l'évasion fiscale éhontée par les entreprises qui cachent leurs profits dans les paradis fiscaux au lieu de payer leur juste part d'impôts. J'aimerais avoir un chef qui se soucie d'abord des gens les plus vulnérables, avant de gaspiller l'argent des contribuables en cadeaux et en subventions aux multinationales.

    • Claude Bariteau - Abonné 2 mars 2020 10 h 01

      Mme Alexan, tout ce que vous favorisez ne peut pas se faire sans l'indépendance.

      M. Lévesque a pu réaliser de grands changements dans le cadre des Trente glorieuses sous le PLQ avec le gouvernement Lesage, mais ce parti a refusé de poursuivre pour se cantonner dans le Canada de M. Trudeau.

      Le PLC avec M. Trudeau a tout fait pour fermer les livres, avec messieurs Chrétien et Lalonde, de la Révolution tranquille afin de créer un Canada à son image.

      Sans les pouvoirs régaliens, le Québec demeurera une province et ses actions seront plus limitées que lors de la Révolution tranquille qui se réalisa alors que plusieurs pays firent leur apparition après que les Nations aient reconnu le droit des peuples colonisés à l'autodétermination externe. Or, avec l'autodétermination externe, qui est l'indépendance, vient avec les pouvoirs régaliens.

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 mars 2020 10 h 15

      @- Nadia Alexan,

      "J'aimerais avoir un chef qui aura le courage de réformer notre système fiscal qui favorise les riches au détriment des pauvres et qui mettra fin à l'évasion fiscale éhontée par les entreprises qui cachent leurs profits dans les paradis fiscaux au lieu de payer leur juste part d'impôts. J'aimerais avoir un chef qui se soucie d'abord des gens les plus vulnérables, avant de gaspiller l'argent des contribuables en cadeaux et en subventions aux multinationales.. " - Nadia Alexan

      Vous êtes dotée d'une grande crédulité, puisque le PQ a fait ou endossé exactement le contraire depuis plus de 25 ans. À un moment donné, la crédulité, ça devient de l'aveuglement volontaire.

      À noter que même sous la direction de René Lévesque, les plus pauvres n'ont jamais vu leur sort s'améliorer, pas plus que les prestations de l'aide sociale n'ont été augmentées.

    • Nadia Alexan - Abonnée 2 mars 2020 10 h 30

      À monsieur Bariteau: Sans l'approbation du peuple, l'on ne put pas avoir l'indépendance. Alors, en attendant, poursuivons la politique de la justice sociale et faisons l'éducation du bon peuple sur les avantages de l’indépendance entre temps.

    • Marc Therrien - Abonné 2 mars 2020 14 h 46

      Madame Alexan,

      Peut-être que le PQ devrait plutôt trouver un chef capable de penser par lui-même animé d’une inspiration nouvelle orientée vers un futur engageant plutôt qu’un chef animé d’une passion pour garder vivante la mémoire d'une icône du passé. Il sera intéressant de voir si le PQ 2.0 réussira à éviter ce réflexe consistant à faire plus de la même chose pour faire advenir le changement et ainsi, à transcender cette propension malsaine qu’il a à répéter les mêmes erreurs. Le PQ pourra-t-il soulager un peu ce qui a toutes les apparences d’une névrose d’échec qui l’amène à s’organiser pour ne pas parvenir à ses fins afin de rendre indépassable les exploits de leur héros mythique René Lévesque et pour faire en sorte que son statut d’idole d’un peuple demeure intouchable. La répétition de l’échec devient alors une forme du masochisme dans lequel l'évitement d'une réussite est source immédiate de soulagement.

      Marc Therrien

  • Paul Gagnon - Inscrit 2 mars 2020 08 h 39

    Claude Bariteau - Abonné 2 mars 2020 06 h 52

    D'après ce que vous dites, on peut déduire que l'indépendance est inutile!

    • Claude Bariteau - Abonné 2 mars 2020 09 h 47

      Je dis plutôt le contraire. Si vous ne le voyez pas, c'est que la citoyenneté québécoise, qui est à créer, ne fait pas partie de votre idée de l'indépendance.

    • Marc Therrien - Abonné 2 mars 2020 09 h 57

      L'idée d'indépendance demeure utile comme chimère à des personnes comme MBC, par exemple, qui ne se sont pas remises du traumatisme de la colonisation qui leur a été transmis et qui persistent tant que mal à essayer de garder vivante et présente cette souffrance originelle. M. Bariteau est à la recherche d’une autre raison fondamentale que celle-là qui motiverait la majorité des Québécois à désirer s’extirper du Canada.

      Marc Therrien

  • Nicole-Patricia Roy - Abonnée 2 mars 2020 09 h 11

    Un oubli de taille

    L'auteur mentionne deux caractéristiques éminemment importantes : «  Le choix d’une cheffe ou d’un chef n’est toutefois pas qu’une histoire d’idées. Le premier attribut qui vient à l’esprit est la stabilité que la meneuse ou le meneur devra apporter : depuis 2014, ce sont trois chefs en six ans — en plus de trois chefs intérimaires — que nous avons eus ». Pour représenter ces deux caractéristique, il est indispensable qu'une autre caractéristique soit présente pour que celles-ci s'incarnent. Dans toute fonction de chef, il faut diriger d'autres personnes qui sont déjà dans une organisation depuis longtemps. Être chef du Parti québécois implique de diriger une équipe aguerrie de députés, notamment de diriger le chef intérimaire qui a toute la confiance de l'équipe en place. Comment un candidat qui n'a aucun ancrage dans un parti et qui n'a jamais été membre et, par surcroît, jamais milité, peut-il diriger d'autres personnes qui ont une expérience beaucoup plus impressionnante? Parmi les quatre candidats actuels, lesquels seront confirmés lorsqu'ils auront récolté 2000 signatures dans 50 circonscriptions faisant partie de 9 régions, deux candidats n'étaient même pas membres du Parti québécois avant de se présenter pour diriger ce parti politique si exigeant envers ses chefs. Par conséquent, il ne s'agira pas de choisir entre le candidat qui présente les idées les plus fortes pour l'indépendance du Québec, mais bien celui qui incarnera le respect et l'admiration des députés élus par la population afin d'assurer une stabilité dont le Parti québécois a bien besoin pour se reconstruire.

  • Christian Montmarquette - Abonné 2 mars 2020 09 h 32

    À gauche dans l'opposition à droite au pouvoir

    .

    À gauche dans l'opposition et à droite au pouvoir.

    "Le prochain chef devra être en mesure de rassembler, sans cliver, les sociaux-démocrates et les conservateurs qui sont, légitimement, les deux jambes du mouvement indépendantiste." ..écrit Jocelyn Caron

    Or, Jacques Parizeau affirmait sans ambages que les deux jambes du Parti québécois étaient l'indépendance et la sociale-démocratie.

    Depuis le temps que je répète que le PQ est devenu le parti du tout et son contraire, cette déclaration du Secrétaire national du Parti québécois ne fait que confirmer ce que je dénonce depuis des années.

    À quoi s'attendre d'un parti qui peut autant virer à gauche qu'à droite quand on lui accorde son vote et qui depuis plus de 25 ans accorde le haut du pavé à son establishment de droite.

    Comme d'habitude, on peut s'attendre à ce que le PQ ne se dote d'un discours social que pour se draper d'un vernis de gauche ne faisant que conformer ce vieux dicton politique qui circule dans la gauche depuis plus de 20 ans...

    Le PQ.. à gauche dans l'opposition, à droite au pouvoir.

    • Nicole-Patricia Roy - Abonnée 2 mars 2020 11 h 07

      Pour Christian Montmarquette de QS qui ne manque pas une occasion de critiquer le Parti québécois. Le PQ a déjà gouverné, contrairement à QS, et on peut donc se baser sur ses principales réalisations pour affirmer que c'est un parti social-démocrate et non pas de droite. Le Québec, sous la gouvernance du PQ, s'est doté d'importants outils de justice sociale, de développement économique, social et culturel et a mené diverses réformes sociétales. En voici quelques exemples de 1976 à 2014:
      la Charte de la langue française (1977) la Loi sur le financement des partis politiques (1977), droit à la non-discrimination des homosexuels (1977), la Loi anti-briseurs de grève (1977), la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (1978), la création de la Société de l'assurance automobile du Québec (RAAQ/SAAQ) (1978),la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme (1979),la création du ministère de l'Environnement (1979), la création du Régime d'épargne-actions (RÉA) (1979), la création de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) (1979), la création de la Commission des normes du travail (1980),droit à la non-discrimination des femmes enceintes (1982),la Loi sur l'accréditation et le financement des associations d'élèves ou d'étudiants (1983), la création du Fonds de solidarité FTQ (1983), la Loi sur l'équité salariale (1996), la Loi sur l'équilibre budgétaire (1996), la création des centres de la petite enfance (1997), la création du régime public d'assurance médicaments (1997), la création de la société Investissement Québec (1998), la création d'Héma-Québec (1998), la loi « 99 » réaffirmant le droit du peuple québécois à l'autodétermination par un référendum où la majorité est atteinte à partir de 50 % des voix plus une (2000), la Loi sur l’assurance parentale (2001), la signature de la Paix des Braves (2002, la Politique nationale de l'eau (2002), la fin du nucléaire (2012), la fin de l'amiante (2012), les élections à date fixe (2013).sour

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 mars 2020 11 h 41

      @ Nicole-Patricia Roy,

      Les trois quart de votre copié-collé remonte à un PQ révolu qui n'existe plus d'un quart de siècle, sans compter que votre foutue de loi sur l'équilibre budgétaire de 1996 est bien cette loi néolibérale scélérate qui a permis autant au PQ qu'aux libéraux de varger sur les plus pauvres et de détruire nos services publics.

      Et comme je le dis plus haut, le PQ c'est surtout le parti du n'importe quoi du tout et son contraire, puisque le Parti québécois c'est..

      Coupures dans l'aide sociale; déduction des pensions alimentaires aux enfants des prestations d'aide sociale; désinstitutionnalisation et mise à la rue et itinérance des malades mentaux; 10 milliards par année de cadeaux aux banques et aux multinationales; 800 millions en cadeaux pour les multinationales minières étrangères en 2013; Appui au passage du pétrole sale bitumineux d'Enbrige*; rejet de Pharma-Québec; inaction et éternels louvoiements sur la question nationale, augmentations records des tarifs d'électricité; libre-échange néolibéral; dogme du déficit zéro; politiques d'austérité; attaques aux services publics par le retrait de 17,000 employés.es en Santé et en Éducation; attaque aux syndicats et coupures de 20% salaires de la fonction publique par René Lévesque ; développement du gaz de schiste à Anticosti; construction d'une centrale électrique à Val-Jalbert; 5.6 millions de fraudes électorales; système de prête-noms avec SNS-Lavalin; rejet du scrutin proportionnel en 2011; trahisons d’engagements électoraux : maintien de la taxe-santé; augmentation des frais de scolarité.