Une cible environnementale audacieuse… et réaliste!

«Au Québec, il n’y a pas de réduction de GES facile. Chaque pourcentage de réduction touche directement les façons de faire de nos entreprises et la vie quotidienne de nos citoyens», affirme Benoit Charette.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Au Québec, il n’y a pas de réduction de GES facile. Chaque pourcentage de réduction touche directement les façons de faire de nos entreprises et la vie quotidienne de nos citoyens», affirme Benoit Charette.

Dans son éditorial du 10 février 2020 (« La peur au ventre »), Marie-Andrée Chouinard accuse à tort le gouvernement de la CAQ, et moi au passage, de manquer de vision et d’audace en matière d’environnement.

Passons sous silence, comme elle l’a fait, l’audace démontrée récemment par notre gouvernement dans les dossiers de la consigne et de la collecte sélective et concentrons-nous sur celui de la lutte contre les changements climatiques.

Pour appuyer ses accusations, Mme Chouinard se rabat sur notre décision de maintenir la cible de réduction des GES du Québec à 37,5 % sous le niveau de 1990 d’ici 2030.

En guise de comparaison, elle cite la Norvège, qui a récemment fait passer sa cible de réduction 2030 de 40 % à 50 % sous le niveau de 1990. La Norvège est en effet un pays qui déploie des mesures de lutte contre les changements climatiques fort ambitieuses, dont plusieurs pourraient bien nous inspirer. Mais une certaine mise en contexte s’impose.

La Norvège a enregistré une réduction de 0,9 % de ses émissions en 2018. C’est fort louable, mais ses émissions sont toujours en hausse de 1,1 % par rapport à 1990. C’est donc dire qu’elle devra multiplier ses efforts par cinq et réduire ses GES de 5 % par année si elle veut atteindre la cible qu’elle s’est imposée. Un effort herculéen ! Pour y arriver, la Norvège voudra certainement s’attaquer aux émissions de son secteur pétrolier, qui comptent pour 27 % des émissions totales. Le Québec, lui, ne peut malheureusement compter sur pareille source de réduction.

Un autre exemple souvent cité est celui de la Grande-Bretagne. Celle-ci peut se targuer d’avoir réduit de 60 % les émissions liées à sa production électrique, en fermant des centrales au charbon et en ayant davantage recours au gaz naturel. C’est formidable. Mais la production électrique québécoise, elle, ne produit déjà pas de GES. Une autre réduction qui n’est pas à notre portée !

Voilà deux exemples qui démontrent que chaque État est unique et que chaque plan de lutte contre les changements climatiques doit être adapté aux réalités locales.

Au Québec, il n’y a pas de réduction de GES facile. Chaque pourcentage de réduction touche directement les façons de faire de nos entreprises et la vie quotidienne de nos citoyens. Et chaque pourcentage de réduction additionnel est plus douloureux que le précédent.

Dans un tel contexte, réduire nos émissions de GES à 37,5 % reste un objectif fort ambitieux, qui mettra au défi notre gouvernement ainsi que l’ensemble des forces vives de la société québécoise.

De plus, cet effort doit être interprété en parallèle avec la volonté et la capacité qu’a le Québec d’aider ses voisins à réduire leurs émissions de GES à travers ses exportations d’électricité.

Enfin, nous trouvons curieux qu’on nous reproche de nous soucier des impacts sur l’emploi quand certains groupes proposent de réduire nos émissions de 65 % d’ici 2030.

Pour notre gouvernement, il est essentiel que la transition requise se fasse dans l’ordre et, surtout, qu’elle ne se fasse pas sur le dos des travailleurs au sein d’industries appelées à se transformer ou à disparaître.

Nous visons une transition juste, mais pour y arriver, il faut prendre le temps de bien faire les choses. Il faut accompagner les industries dans leur transformation et les travailleurs dans leur formation. Des gestes abrupts et draconiens ne permettraient ni l’un ni l’autre.

Au contraire, tout plan de lutte contre les changements climatiques qui ne tient pas compte de la réalité économique et technologique de nos entreprises risque de n’encourager que le transfert de l’activité économique vers des endroits — certains pas si lointains — qui ne se préoccupent pas autant des gaz à effet de serre que nous le faisons au Québec. L’effet pour la planète serait alors nul, voire négatif.

Le Québec possède tous les outils pour réussir cette transition juste : une société mobilisée, un marché du carbone efficace, une électricité propre ainsi que des ministères de l’Environnement et de l’Énergie compétents et bien au fait de la réalité des GES au Québec. Il serait facile pour notre gouvernement de succomber à l’« inflation climatique ». Beaucoup sont tentés de jouer dans ce film. Notre gouvernement a plutôt fait le pari d’éviter les cibles tape-à-l’oeil au profit d’un plan de réduction crédible qui misera sur l’électrification de notre économie.

C’est ce plan qui sera présenté prochainement. Un plan à la fois ambitieux et réaliste, issu d’une vaste consultation, et auquel, je l’espère, tous les Québécois adhéreront. Ce sera alors le temps de juger de notre audace.

37 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 18 février 2020 00 h 25

    Oui, il y en a

    «Au Québec, il n’y a pas de réduction de GES facile»

    Cela n'est pas complètement faux, mais un peu. Le domaine des transports routiers, dont les émissions ont augmenté de près de 50 % entre 1990 et 2017, selon l'«Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre en 2017 et leur évolution depuis 1990». Le potentiel de réduction dans ce secteur est donc important et sa réalisation pas si difficile. Mais, ce n'est pas en créant de nouveau liens routiers et en continuant à investir davantage dans le réseau routier que dans le transport collectif comme ce gouvernement le fait qu'on y parviendra.

    • Cyril Dionne - Abonné 18 février 2020 09 h 21

      On imagine tous que Québec solidaire aimerait bien voir le Québec retourner à une économie du Moyen-Âge en autant qu'il soit au pouvoir. Est-ce qu'on pourrait nous lâcher avec le mirage du transport collectif? Nous vivons dans un pays de neige aux frontières immenses.

      Ceci dit, on ne peut pas comparer la Norvège au Québec démographiquement; cette première est la moitié de la population du Québec. On ne peut pas comparer la Norvège au Québec puisque cette dernière à profiter de la manne de l’or noir pour se faire un butin de l’ordre de plus 1 000 milliards $ américains. On ne peut pas comparer la Norvège au Québec puisque celle-ci est sans dette grâce à sa filiale pétrolière et dépense des fortunes pour ses généreux services sociaux qui sont 100% gratuits là-bas.

      Ceci dit, la Norvège émet autant de GES par capita que le Québec soit de l’ordre de 9,2 Mt par habitant. 99% de toutes les énergies produites au Québec sont renouvelables tandis qu’en Norvège, c’est seulement 61%. Non, nous n’avons rien à lui envier.

      Le ministre à raison de dire que pour une transition énergétique intelligente, il faudra un certain temps pour le faire et que toute mesure drastique aurait un effet sans précédant sur l’économie québécoise. Eh oui, les autres pays prendraient la relève et pollueraient de facon bien plus pire. En fait, si l’Ontario achetait seulement 10% d’hydroélectricité du Québec pour pallier à la production par ses centrales au gaz naturel, eh bien, on parle ici de 75 Mt par année de moins, soit la même production du Québec annuellement. Vous savez, les GES ne connaissent pas les frontières géopolitiques.

      Pour les chantres de la décroissance économique, ils n’ont aucune idée des effets négatifs que cela entraîneraient sur la population québécoise. Ce serait pire qu’au Venezuela alors que 4 ou 5 millions de ses habitants se sont refugiés dans d’autres pays pour pouvoir survivre et manger. Une décroissance économique, c’est le chaos et la guerre civile.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 février 2020 12 h 43

      Il ne faut pas se croire vertueux parce que notre géographie nous permet d'avoir l'hydro-électricité comme principale source d'énergie électrique. Allez, il est vrai qu'il faut aussi avoir l'ingéniosité de l'exploiter et avoir eu la bonne idée de la nationaliser, ce qui y est sans doute pour quelque chose dans le fait que son utilisation soit répandue (p.ex. les contraintes sur des prix assez bas). Mais la géographie demeure une condition nécessaire.

      Et, la Norvège produit du pétrole... si nous en avions, aurions-nous la vertu de ne pas l'exploiter?

      Les comparaisons sont toujours difficiles à faire. Certains points du ministre sont pertinents, il est vrai.

      Entre autre, cette variable de l'hydro-électricité.

      Maintenant, enlevons la variable "production d'électricité" - de quoi a l'air notre comparaison avec la Norvège? Ou avec d'autres?

      La Norvège a en commun avec nous d'être un pays froid, les comparaisons avec les pays qui n'ont pas besoin d'autant de chauffage posent aussi problème. Mais, oh, on peut aussi abuser de la climatisation...

      De façon générale, les statistiques sont un outil à utiliser avec haute prudence et on en abuse souvent. Juste ici de petits exemples.

      Il me semble préférable d'examiner ce que nous faisons ici même et comment nous pourrions faire mieux, tout simplement. En utilisant peut-être aussi nos statistiques domestiques. Car les contraintes et situations peuvent varier d'un pays à l'autre.

      Bref, comparer des pommes avec des pommes.

    • Cyril Dionne - Abonné 18 février 2020 17 h 02

      @ Raymond Labelle

      « Bref, comparer des pommes avec des pommes. »

      Hein ! Vous comparer la superficie du Québec avec celle de la Norvège? Bien oui que c’est un pays froid mais il ne compte que 385,203 km². Le Québec a une superficie de 1.668 million km², soit plus de quatre fois celle de la Norvège. On ne compare vraiment pas des pommes avec des pommes, mais plutôt un citron écologique qui carbure à l’or noir avec la pomme hydroélectrique du Québec

    • Raymond Labelle - Abonné 18 février 2020 23 h 36

      Je voulais dire comparer le Québec avec le Québec M. Dionne.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 février 2020 23 h 40

      Pour être plus précis: comparer le Québec et le Québec, dans le temps. Je pensais avoir été clair, mais peut-être pas.

      J'avais l'impression d'avoir été clair lorsque j'ai conclu: "Il me semble préférable d'examiner ce que nous faisons ici même et comment nous pourrions faire mieux, tout simplement. En utilisant peut-être aussi nos statistiques domestiques. Car les contraintes et situations peuvent varier d'un pays à l'autre."

  • Raymond Labelle - Abonné 18 février 2020 02 h 10

    On pourrait faire beaucoup mieux...

    ...développer le transport en commun...combattre l'étalement urbain par la densification de la population... mettre de l’avant d’autres mo...développer le transport en commun...combattre l'étalement urbain par la densification de la population... mettre de l’avant d’autres modèles que la maison-terrain en banlieue - développer les parcs en ville avec logement plus abordables et parcs communautaires - combattre accaparement de logements inoccupés en ville acquis pour fins de location aux touristes - ne plus avoir la course de Formule 1 - décourager l'accroissement du parc automobile et l'utilisation de grosses cylindrées - développer l'agriculture urbaine (serres, exploitation de l'espace) - moteur-roue entre Québec et Montréal - grandes améliorations à faire au recyclage très déficient.

    De plus, ceci améliorerait les conditions de vie - moins de pollution atmosphérique, moins de bruit, moins de temps de transport pour le travail.

    À Oslo - pas d'auto au centre-ville.

    Quelques exemples d'ambition et de réalisme.

    • Joël Tremblay - Abonné 18 février 2020 08 h 18

      ok, pour les gens qui ne peuvent pas ou ne veulent pas habiter dans les différents enfers urbains proposés? aka vivre à la campagne?

      Parce que vous savez qu'une certaine partie de la population n'habite pas les 2-3 grandes villes du Québec.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 février 2020 09 h 19

      Mieux réglementer l'exploitation minière (voir l'excellent article: https://www.ledevoir.com/opinion/idees/573096/transition-energetique-le-quebec-doit-eviter-l-erreur-minerale )

    • Hélène Paulette - Abonnée 18 février 2020 12 h 04

      Justement monsieur Tremblay, habitant en région depuis une quarantaine d’années, pourquoi depuis une dizaine d’années dois-je utiliser ma voiture pour me rendre à Montréal? Parce que les trajets d’autobus rétrécissent comme peau de chagrin sans que le gouvernement ne s’en préoccupe.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 février 2020 12 h 23

      Il est certain, M. Tremblay, qu'on ne peut concevoir les choses de la même manière dans les régions où la densité de la population ne le permet pas. Personne ne le conteste.

      Mais il est certain que globalement, étant donnée les concentrations de population, et les quantités de population affectées, de telles mesures auraient un impact important.

      Et un des problèmes, c'est le fat que des gens n'habitent pas les 2-3 grandes villes du Québec... et y travaillent.

      De plus, beaucoup de certaines propositions sont aussi applicables, quelquefois avec adaptation, à des villes de taille moyenne comme Trois-Rivières, Sherbrooke, Saguenay, Granby, par exemple, et plusieurs autres.

    • Bernard Plante - Abonné 18 février 2020 12 h 33

      Ne pas couper les forêts centenaires captatrices de carbone serait un bon début pour démontrer un minimum de volonté. Or, on lit aujourd'hui même que la CAQ offre sur un plateau d'argent des centaines de kilomètres carrés d'aires protégées aux forestières, au détriment de la faune et de l'industrie touristique. C'est ça le développement durable façon CAQ?

      C'est bien beau de fixer des cibles pour lorsqu'on sait qu'on ne sera plus au pouvoir mais faire quelque chose pour vrai cette année et non pas dans 30 ans est plus difficile car il faut affronter les lobbies. Et ça très peu de politiciens en ont le courage.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 février 2020 14 h 41

      Merci M. Plante de nous rappeler ce que l’on peut appeler ce scandale, et qui m’avait échappé.

      Ont en commun l'exploitation minière et forestière au Québec:

      1 – c’est en région éloignée, et donc peu apparent pour la grande majorité de la population. Quant aux résidents, ils dépendent souvent de ces entreprises pour leur survie. Donc, coût politique peu élevé pour brader.

      2 – reliquat de pensée de colonisé d’économie d’exploitation des ressources naturelles. Le Québec a les plus basses redevances au Canada pour l’exploitation de son sous-sol. Sensiblement plus basses que même l’Alberta, pourtant vendue aux pétrolières… Même le PQ n’y a rien changé, même le régime minier de la ministre Martine Ouellet, fière indépendantistes, dont on pourrait baptiser le régime minier) « bonnet blanc – blanc bonnet » par rapport au régime précédent, n'a que déplacé qui devait payer, en ne touchant pas les montants et…

      3- les deux (exploitation de la forêt et de mines) sont de juridiction exclusivement provinciale – impossible de blâmer le méchant fédéral pour ça. Et tous les gouvernements du Québec, y compris ceux du PQ, ont été très complaisants, pour dire le moins, face à ces industries.

      4 - ces deux industries ont des conséquences très néfastes pour l'environnement, devraient être bien plus imputables et réglementées - voire même peut-être nationalisées(?).

  • Raynald Blais - Abonné 18 février 2020 05 h 49

    M. le Ministre ne pouvait si bien dire

    Dans un système économique où la concurrence mène de plus en plus vers la non-concurrence (Bombardier – Alstom) et les multinationales (GAFAM), les avancées de la lutte contre les changements climatiques dans un pays seront vraisemblablement annulées par « …le transfert de l’activité économique vers des endroits qui ne se préoccupent pas autant des gaz à effet de serre… »

    Ce système économique ne peut nous permettre de mener efficacement la lutte contre les changements climatiques comme il ne peut nous permettre de la mener pareillement contre les paradis fiscaux. Tout au plus, peut-il permettre de nous illusionner grâce au contrôle de l’information.

    Merci de votre témoignage, M. le Ministre.

  • Réal Boivin - Inscrit 18 février 2020 06 h 25

    Bonne réponse du ministre.

    Lorsqu'on veut discuter d'un sujet il faut avoir toutes les informations nécessaires pour pouvoir faire des comparaisons.Ce qui est extrèmement difficile pour le commun des mortels.

    C'est comme de discuter de l'histoire humaine sans se mettre dans le contexte historique et social de l'époque choisie.
    Pour combattre le réchauffement climatique de manière efficace, il faut bien connaitre notre territoire, pas celui de pays lointains.

    Les éco-anxieux(ses) et les gérants(es) d'estrade devraient se calmer et écouter les scientifiques comme le dit tout le temps Ste Greta.

  • Robert Mainville - Abonné 18 février 2020 07 h 03

    Logique fallacieuse

    Le ministre se garde bien de dire que le Québec, malgré qu'il ne produit pas de pétrole, demeure encore un important émetteur de CO2. On n'a qu'à se comparer à la Suède par exemple, pays ayant un climat un une économie tout à fait comparable aux nôtres.
    https://www.conferenceboard.ca/hcp/provincial-fr/environment-fr/ghg-emissions-fr.aspx?AspxAutoDetectCookieSupport=1

    • Cyril Dionne - Abonné 18 février 2020 22 h 10

      Bien oui, dans le merveilleux pays des Vikings de Suède, ils paient 30 cents pour 1 kWh d'électricité. Nous on paie 6 cents. Cela leur coûte en moyenne 1 400$ pour leur apprivoisement en eau par année. Aussi, la nourriture est taxée à la hauteur de 12% (c’est 25% pour tout le reste) et l'impôt sur le revenu des particuliers atteint 57% (contre 48% au Québec). On pourrait continuer et on ne parle pas ici d’un socialisme à la Québec solidaire; on est bien loin du pays des licornes des kamarades. Donc, il y a peut-être moins d’émissions de GES en Suède parce que cela coûte trop cher.

      La Suède est peut-être un pays ayant un climat, une population et une économie tout à fait comparable au Québec, mais elle n'a pas la même superficie. C'est 450 295 km² pour la Suède contre 1 668 000 km² pour le Québec, soit presque 4 fois plus pour nous. Vous savez, les distances coûtent chers en GES.

      La quadrature du cercle est partout chez nos écoanxieux.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 19 février 2020 13 h 16

      Malheureusement monsieur Mainville il est très difficile de comparer le Québec avec la Suède simplement parce qu'il n'y a pas de méthode rigoureuse qui le permette. Celle de Québec, qui s'appui sur les directives du GIEC, a des paramètres qui excluent des choses comme le transport aérien internationale, et ne retient que les voles intérieurs. A la fin les portraits fournit de part et d'autres sont passablement loin de bien représenter la réalité.

      La chose est bien expliquée dans l'étude téléchargeable sur le site ici,
      http://www.researchgate.net/publication/264080789_

      Les auteurs tiennent compte de la consommation finale de toute la chaine de production qui a mené a cette consommation, peu importe les frontières qui ont été traversées par cette production ou par ses intrants qui ont permis au final cette consommation.

      A la date de cette étude le Canada était donné avoir des émissions de GES de 21.2 tonnes par habitant, alors que la Suède elle était à 14.1 tonnes. Et la pure Norvège à 17.8 tonnes, malgré sa production électrique presque qu'a 100% hydraulique.

      Depuis il y a probablement eu des améliorations chez les deux pays scandinaves, mais reste qu'il y a trop d'approximations pour qu'on puisse faire des comparaisons valables.