Le piège de la peur du changement

«Si c’est la volonté de la population d’obtenir plus de proportionnalité, ce n’est que juste et normal que le mode de scrutin soit amélioré par la suite», affirme l'auteur.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Si c’est la volonté de la population d’obtenir plus de proportionnalité, ce n’est que juste et normal que le mode de scrutin soit amélioré par la suite», affirme l'auteur.

Dans sa lettre ouverte du 6 février, Christian Dufour développe essentiellement deux arguments (« Le piège de la proportionnelle modérée ») : Un mode de scrutin plus proportionnel va affaiblir le Québec au sein du Canada et, une fois modifié, le mode de scrutin est constamment modifié par la suite pour être encore plus proportionnel. Deux arguments éminemment antidémocratiques.

Affaiblir le Québec ? Curieux argument que celui-ci. Il faudrait soutenir le statu quo, c’est-à-dire un mode de scrutin qui crée systématiquement des écarts — parfois importants — entre le vote exprimé et les sièges remportés, parce qu’il produit plus facilement des gouvernements majoritaires, mieux à même de défendre les intérêts du Québec au sein du Canada.

C’est d’abord oublier que le mode de scrutin actuel a produit récemment deux gouvernements minoritaires, celui du Parti libéral de 2007-2008 et celui du Parti québécois de 2012-2014 qui ont aussi bien défendu le Québec au sein du Canada que leur permettait leur programme électoral. Rien ou peu à voir avec leur situation minoritaire. Ensuite, c’est penser la question de la réforme du mode de scrutin à partir du mode de scrutin actuel, plutôt que d’envisager que des coalitions peuvent être tout aussi fortes, sinon plus fortes qu’un gouvernement formé d’un seul parti ayant récolté en proportion beaucoup plus de sièges que de votes exprimés.

En effet, avec le mode de scrutin actuel, tous les partis d’opposition doivent critiquer l’action gouvernementale pour tenter de démontrer qu’ils seront la meilleure solution la prochaine fois, alors qu’avec un mode de scrutin plus proportionnel, il faudra trouver des terrains d’entente pour aller défendre les intérêts du Québec face à Ottawa. Nous jugeons d’ailleurs que l’introduction d’une culture de coalition et de travail transpartisan à l’Assemblée nationale constitue une preuve de maturité politique.

Pour la Coalition pour la réforme électorale maintenant, dont la CSD fait partie, il n’est plus question de défendre ce mode de scrutin « démocratiquement infect », comme l’a fort justement décrit René Lévesque au début des années 1970.

L’autre argument de Christian Dufour est que la population québécoise ne se contentera pas d’une « proportionnelle modérée », mais qu’elle va exiger et obtenir toujours plus de proportionnalité dans le mode de scrutin. À cela, nous répondrons : nous y comptons bien, car la composition de l’Assemblée nationale devrait refléter bien mieux le suffrage exprimé que ne le fait le mode de scrutin actuel et, à cet égard, bien mieux aussi que ce que prévoit le projet de loi 39. Si c’est la volonté de la population d’obtenir plus de proportionnalité, ce n’est que juste et normal que le mode de scrutin soit amélioré par la suite.

La CSD a participé à la commission parlementaire le 5 février, justement pour demander des améliorations au projet de loi parce que, dans sa forme actuelle, il laisse encore trop d’entraves à l’expression de la proportionnalité. Notamment, il accorde une prime au vainqueur en favorisant encore trop les partis récoltant la plus grande proportion du suffrage, ce qui, au final, permet l’élection de gouvernements majoritaires avec un relatif bas nombre de votes, et empêche l’émergence de petites formations politiques.

Au-delà de nos diverses recommandations concernant le projet de loi 39, c’est le principe de proportionnalité que nous défendons. Il faut, tout simplement, se rapprocher de l’idéal où chaque vote compte réellement dans la composition de l’Assemblée nationale. L’heure est maintenant d’agir pour que les changements demandés par la société québécoise et pour lesquels le gouvernement de la CAQ s’est engagé se réalisent.

44 commentaires
  • Jean Lacoursière - Abonné 10 février 2020 06 h 40

    La patente à gosse

    Même une personne en faveur d'une amélioration du mode de scrutin actuel n'arrive pas à croire que ce qui est proposé paserait la rampe:

    Une proportionnelle..., mixte..., compensatoire..., avec listes régionales.

    Sérieux ?

    Dans un pays où les questions référendaires étaient jugées « trop compliquées » ?

    • Cyril Dionne - Abonné 10 février 2020 16 h 40

      Je n'aurais pas su mieux dire M. Lacoursière, une patente à gosse à gauche toute et syndicale. On se croirait en Union soviétique.

    • Claude Bariteau - Abonné 11 février 2020 13 h 56

      Patente à gosse, mon oeil !

      J'ai expliqué le mode de scrutin proportionnel à la fille de ma nièce, qui est en secondaire quatre.

      Elle a compris que ça rien de compliqué et permet de débattre sur d'autres bases que celles du scrutin uninominal qui crée des clivages et permet des gouvernements majoritaires avec 37,4% du vote exprimé.

  • Pierre Grandchamp - Abonné 10 février 2020 06 h 56

    Élections provinciales à la proportionnelle et abolition des élections scolaires:2 promesses de Legault reniées

    Depuis 2014 que la CAQ promet l'abolition des élections scolaires. Or, les anglophones vont conserver leurs droits. Et je prie le ciel que cette décision injuste de priver les francophones de ce droit sont contestée en justice.

    Quant à la proportionnelle......." Et ce, malgré une entente signée en mai 2018 dans laquelle François Legault s’engageait formellement à déposer un projet de loi en ce sens avant le 1er octobre 2019. Malgré le fait que le DGEQ a clairement confirmé qu’une telle réforme pouvait bel et bien être réalisée d’ici 2022. Malgré le fait que François Legault a fermement affirmé qu’il « ne ferait pas comme Justin Trudeau », qu’il « respecterait toutes ses promesses ».
    https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/572585/le-piege-de-la-peur-du-changement

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 février 2020 10 h 21

      J'ai fait carrière en éducation et j'ai, aussi, une expérience en affaires municipales .On ne fait pas une si grosse réforme en si peu de temps et en n'ouvrant pas un débat public..C'est une réforme Barrette no 2 qui centralise tout: le directeur général sera nommé par le ministre et relèvera de lui .La gestion scolaire sera une affaire de fonctionnaires. J'espère que cette loi, à la Gaetan Barrette, sera contestée en cour: a) soit par des francophones b)soit pas des contribuables:"no taxation without representation". Seul le directeur général aura le droit d'aller sur la place publique:les membres du CA seront des figurants.

      Il suffisait de placer les élections scolaires en même temps que les municipales pour augmenter le taux de participation.Quant aux parents qui seront élus au CA,dans le nouveau système, via les parents des conseils d'établissements, c'est un secret de polichinelle que c'est autour de 2% au niveau provincial......Il y aura des employés dans le CA, ce qui signifie que les gens-là seront, assez souvent, en situation d'apparences de conflits d'intérêts. Auquel cas, il faudrait qu'il y ait des cols blancs, des cols bleus, des pompiers dans le conseil municipal chez vous.

  • Claude Bariteau - Abonné 10 février 2020 07 h 24

    Le problème est simple.

    Où on raisonne en démocrate et on appuie un scrutin proportionnel qui assure une équité dans la représentation des idées politiques partagées par les gens qui vivent au Québec.

    Où on raisonne en opposition ou en lien avec le gouvernement canadien en recourant au mode actuel pour élire une majorité de députés qui promeuvent les vues de groupes ethnoculturels présents au Québec.

    Votre texte valorise la première approche et critique les vues de M. Dufour, de M. Bastien et d’autres promoteurs de l’utilisation de règles devenues inappropriées, pour ne pas dire plus, qui, selon M. Lévesque, ne respectent pas les électeurs et les électrices.

    C’est aussi l’approche que je privilégie parce qu’elle est foncièrement démocratique et fait de la politique québécoise une affaire collective qui, en générant, comme vous le soulignez, des alliances, renforcera les liens et les débats entre les habitants du Québec.

    La deuxième approche est un reliquat du passé. Le système à deux partis est apparu avec la constitution de 1791 et exista sous contrôle britannique des décisions de l’Assemblée législative. Comme le Parti patriote voulut le changer. Londres abolit le parlement du Bas-Canada puis ressuscita celui du Québec en province en 1867, ce qu’il est toujours.

    D’où la propension d’utiliser ce parlement provincial pour agglutiner les votes afin de consolider le pouvoir du Canada ou d’affirmer celui du Québec. Le PLQ de Couillard voulut consolider le Canada avec 41,5% ; la CAQ de Legault avec 37,4% cherche à affirmer la province de Québec avec 37,4%.

    Les Patriotes et leur projet furent rejetés. C’est ce qu’a fait le PLQ avec Couillard et ce que fait Legault. Ils ont renoué avec le passé pour écraser un projet d’affirmation stoppée en 1995. Susciter des alliances permettra au Québécois et aux Québécoises de se penser politiquement autrement, de questionner le régime actuel et de vouloir en créer un.

    • Denis Drapeau - Abonné 10 février 2020 11 h 01

      Selon vous, la proportionnel «renforcera les liens et les débats entre les habitants du Québec.»

      Les débats, assurément, les liens, permettez-moi d’en douter ne serait-ce qu’en examinant les profondes scissions qui divisent la population en Italies, en Allemagne, en Israël et j’en passe. Croire que dans un pays multiculturel et communautariste la proportionnel n’engendrera pas de petit partis religieux ou ethniques c’est de l’utopie. Croire que ce type de parti « renforcera les liens (…) entre les habitants du Québec » relève d’avantage d’un souhait et d’une vision de l’esprit que d’une potentielle réalité.

    • Claude Bariteau - Abonné 10 février 2020 18 h 19

      Le problème avec votre commentaire est que vous refusez de composer en démocratie alors que la démocratie est précisément basée sur des alliances, ce que favorise un scrutin proportionnel.

      Cela dit, ce type de scrutin ne résout pas tout. Pour sortir du Canada pétrolier et multiculturel, il faut penser créer l'État indépendant du Québec avec la mise en place d'un régime républicain, la seule alternative au monarchisme constitutionnel qu'est politiquement le Canada pétrolier. Cette mise en place implique de penser collectivement un système politique républicain. Il n'y a pas une multitude de modèle. Il faut les soupeser, en définir un et le soumettre à un référendum pour que le peuple québécois se l'approprie.

      Ppur faire ça, M. Drapeau, il faut penser en futurs citoyens et futures citoyennes du Québec et inviter tous les Québécois et toutes les Québécoises indépendamment de leurs origines et tous les partis qui ont à coeur l'indépendance du Québec à se penser en ces termes.

      C'est ainsi que se fondent les pays.

    • Denis Drapeau - Abonné 10 février 2020 21 h 19

      «…la démocratie est précisément basée sur des alliances…»
      C’est votre opinion et non un fait avéré. Ces alliances se font et se défont à un rythme effarent en Italie, en Belgique, en Israël, en autre, et je doute que l’on puisse parler de ces pays comme la quintessence de l’efficience démocratique. La proportionnel n’a pas non plus favorisé la cohésion sociale de ces sociétés. Quant à un régime républicain, vous prêchez à un convaincu.

      Plus généralement, j’estime qu’en matière de démocratie, nous aurions bien d’autres priorités à régler: introduction de référendum d’initiative populaire au provinciale et au niveau municipal, formation politique et économique en secondaire 5 et au cégep, réforme de la pseudo démocratie municipale, véritable loi sur les lanceurs d’alertes, créer une corporation des journalistes afin qu’il soit imputable et bien formé, etc. Bref, bien d’autres priorités que de débattre de la façon dont on va choisir les personnes et partis qui vont usurper le pouvoir du peuple entre deux élections. D’autant plus qu’avec la proportionnel, une partie des députés (voir ministre ou même pm) ne seront plus élu par le peuple.

      Introduire de la démocratie directe dans notre démocratie représentative est bien plus important à mon avis.

    • Claude Bariteau - Abonné 11 février 2020 07 h 26

      Vous oubliez des points importants.

      1. Que des alliances se fassent et se défassent montre une recherche constante d'entente et de création de gouvernement d'alliances.

      2. S'agissant de la cohésion sociale, elle en découle et se révèle un objectif recherché.

      3. Avec le mode de scrutin actuel, cet objectif et absent et celui du contrôle du pouvoir une constante de sorte que les gouvernements élus font et défont selon leurs vues. La conséquence se trouve dans les oppositions valorisées et la recherche d'un appui avec des promesses de toute sorte et des lois qui assurent le maintien des oppositions.

      4. Il n’y a rien dans un scrutin proportionnel qui implique le refus de référendum d'initiative populaire, une loi sur les lanceurs d'alerte, une formation politique au niveau secondaire, et cetera.

      5. La démocratie directe n'est pas compatible avec la démocratie représentative, sauf dans des petites regroupements de personnes pour des fins particulières ou qui en ont fait un processus de décision collectivement reconnu dont le recours a des assises historiques.

      6. Un élu au scrutin proportionnel, qu'il soit de circonscription ou de liste, demeure un élu du peuple, car c'est le peuple qui aura choisi le mode de scrutin.

      7. À vous lire, je décode que vous prônez, sans le dire, un scrutin uninominal parce qu'il est compatible avec l'idée que les élus et non les partis demeurent le moteur de la politique, ce qui fut le cas du temps des élites.

      8. Cela dit, quel républicanisme préconisez-vous. Il en existe au moins quatre si on exclut les républiques sans élection libre. Le modèle américain, le plus utilisé ? Le modèle français, souvent décrit comme peu républicain, car il intègre un PM et un exécutif ? Le modèle des présidents élus par les parlementaires avec le maintien d'un PM et d'un exécutif des parlementaires élus ? Le modèle d'un président protocolaire qui remplace le gouverneur dans le monarchisme constitutionnel ?

    • Claude Bariteau - Abonné 11 février 2020 09 h 10

      M. Drapeau, pour votre gouverne, je signale que la Suède, une monarchie constitutionnelle, comprend 349 membres élus au scrutin proportionnel plurinominal selon la méthode de Sainte-Laguë modifiée avec 310 sièges provenant de 29 circonscriptions électorales en fonction de leur population, les 39 autres sièges rcorrigeant les imprécisions du système pour avoir une répartition parlementaire aussi proche que possible du résultat du scrutin. C'est ce qui explique la stabilité des politiuqes sociales et le développement d'ententes entre les partis pour des réaménagements du développement économique. par ailleurs, pour être représenté au Riksdag, un parti doit remporter au moins 4 % du vote national, ou 12 % du vote dans une des 29 circonscriptions.

  • Cyril Dionne - Abonné 10 février 2020 08 h 00

    Le piège à con de Québec solidaire et des syndicats

    Pourquoi seulement deux arguments alors qu’il en existe plusieurs encore plus déterminants pour être contre ce piège à con qu’est la proportionnelle dans un système monarchique? Il faut se demander à qui profite le crime et là réside l’essentielle de la question et de la réponse. C’est la gauche plurielle tonitruante et les syndicats qui sont en train de disparaître de l’échiquier politique au Québec.

    Ils nous font chanter le statu quo comme raison principale d’un système qui n’est pas brisé, mais qui fonctionne très bien pour les Québécois. Ils vont même nous sortir René Levesque de sa tombe qui en 1970 déclarait que le mode de scrutin était « démocratiquement infect ». Pardieu, on parle de deux générations passées où la situation démographique était toute autre. Notre système de représentation doit-il représenter les morts ou les vivants?

    Ils essaient de nous en faire passer une vite avec leur gouvernement de coalition alors que l’opposition ne peut même pas s’entendre sur aucun projet de loi aujourd’hui. Ce serait la paralysie totale avec cette proportionnelle et les Québécois seraient les otages des petits groupes extrémistes avec un agenda contraire à leurs aspirations. Bien oui, on veut voir la création de petits partis religieux qui seraient comme du sable dans l’engrenage politique et le vivre ensemble.

    Sans référendum sur la question la plus importante depuis l’existence du Québec, oubliez cela. Notre vote n’est pas transférable ou négociable et le choix des candidats des partis doit refléter la volonté des citoyens. Nous voulons choisir notre gouvernement sans aucune entrave de la part des partis politiques, surtout des petits partis minoritaires comme Québec solidaire qui veulent s’accaparer d’un plus grand pouvoir que l’appui électoral qu’ils reçoivent. Nous n’avons rien à cirer d’un système qui encourage la prolifération de petits partis marginaux pour rendre un gouvernement instable. Nous n’en voulons pas de votre mode de scrutin.

    • Claude Bariteau - Abonné 10 février 2020 10 h 06

      La Norvège a un scrutin proportionnel avec 4% comme entrée dans la répartition des sièges et est une monarchie constitutionnelle. Il y a plusieurs monarchies constitutionnelles qui ont un scutin proprotionnel.

      Autre point : votre « je » n'est pas un « nous ».

    • Léonce Naud - Abonné 10 février 2020 10 h 34

      Cher M. Bariteau,
      Justin Trudeau avait lui aussi promis d'instaurer un scrutin de liste au niveau politique Fédéral. Une fois élu, cet engagement a été fort discrètement jeté à la poubelle. Au Québec, personne parmi les proposeurs du mode de scrutin de liste n'a vraiment cherché à découvrir la vraie raison pour laquelle à Ottawa, on a subitement changé d'idée sur la question. Que voulez-vous ? Pour la plupart d'entre eux, Ottawa, c'est l'Afrique. « Celui dont la vue ne porte pas au loin verra les problèmes de près ». Sun Tze

    • Marie-Claude Bertrand - Abonnée 10 février 2020 11 h 55

      Monsieur Dionne, il y a déjà une certaine capacité des parti politique de travailler de pair. C'est ce qui s'est fait pour la loi 21. Vous vous faites des peurs en racontant que le mode proportionnel ne permettrait pas aux citoyens-nes de choisir les candidatures des partis politiques. C'est faux. Les procédures seraient comme maintenant à l'image des partis politiques. Pour des gens qui lisent Le Devoir c'est de la mauvaise volonté que de ne pas s'informer plus avant. Eh oui, le système est brisé, parce que nous n'avons plus confiance en nos gouvernements et particulièrement ceux qui ont un mode de scrutin majoritaire. https://www.bennettinstitute.cam.ac.uk/media/uploads/files/DemocracyReport2020.pdf?fbclid=IwAR0EcS33_25qXJj-w7S7E4e94ICIShQBG8S382eGxMawqMBHQKyzfqXHQd8

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 février 2020 12 h 19

      M. Dionne,

      "Le piège à cons", s'appliquerait peut-être davantage lors de l'entente signée, en mai 2018 dans laquelle François Legault s’engageait formellement à déposer un projet de loi en ce sens avant le 1er octobre 2019????

      Je n'ai pas fait mon idée là-dessus. Je trouve dommage que vous liiez cela aux syndicats; je n'aime pas ce genre de généralisation facile.

      Mais, quant à moi, les 3 autres partis qui se sont rencontrés avce le chef de la CAQ, en mai 2018, ont été poignés, effectivement, dans *un piège à cons*. Legault avait même dit qu'il ne ferait pas comme Justin. Après avoir viré son capot sur le budget de l'an 1 d'un Québec indépendant, dont il fut un fier défenseur, il vire son capot, une autre fois, sur un thème majeur, soit, sur la proportionnelle. Je vais vous confier un secret: Legault est un opprtuniste: le pouvoir d'abord!. Il administre le Québec comme un directeur général.En ce qui me concerne, pas trop emballant. Je n'aime pas les leaders qui revirent trop souvent leur capot sur des enjeux majeurs.

      Idem sur les élections scolaires, Legault doit vire avec ses contradictions. IL devait savoir, comme Jolin-Barrette avec les 18 000 dossiers, qu'Ils ont fait des promesses comme si le Québec était un pays.....Il a été obligé de viré de bord, encore, et de maintenir les élections scolaires chez les anglphones.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 février 2020 12 h 20

      "alors que l’opposition ne peut même pas s’entendre sur aucun projet de loi aujourd’hui. ".

      Faux! Un exemple parmi plusieurs: L'Aide médicale à Mourir!

    • Cyril Dionne - Abonné 10 février 2020 16 h 15

      @ Marie-Claude Bertrand et Pierre Grandchamp

      Comme le dit si bien M. Jean Lapointe, l'indépendance d'abord, la réforme de scrutin ensuite. Vous pourrez changer la couleur des murs du salon une fois qu'on sera propriétaire de notre propre maison.

      Avec la proportionnelle que Québec solidaire propose, la loi 21 n'aurait jamais vu le jour à moins que les gens votent pour un parti à 50% et plus. Et Mme Bertrand, le système n'est pas brisé, aussi imparfait qu’il soit. Il nous permet d’avoir un rapport direct avec nos députés. Notre vote n’est pas transférable ou négociable. Les élections sont disputées dans les circonscriptions et donc le choix des candidats des partis doit refléter la volonté des citoyens. Il faut souligner aussi que les électeurs peuvent choisir leur gouvernement sans aucune interférence de la part des partis politiques. Les petits partis minoritaires comme Québec solidaire ne peuvent pas avoir un plus grand pouvoir que l’appui électoral qu’ils ont reçu. Le système n’encourage pas la prolifération de petits partis marginaux pour rendre un gouvernement instable. Il faut le dire aussi qu’il est possible d’élire un candidat exceptionnel au-delà des affiliations politiques. Enfin, il est plus simple à comprendre. Je pense que c’est vous qui avez démontré une mauvaise foi et vous devriez vous informer un peu plus sur cette « bibitte » de proportionnelle qui avait permis à un certain moustachu en Allemagne de 1933 d’opérer un coup d’état légal.

      Pour M. Grandchamp, vous n’avez pas digéré que la CAQ se départisse de ces archaïques commissions scolaires et leurs élections qui intéressent seulement 5% de la population.

    • Cyril Dionne - Abonné 10 février 2020 17 h 14

      M. Bariteau, la Norvège est un pays souverain et le Québec n’est qu’une succursale provinciale du Canada d’un système de monarchie constitutionnelle. Il faut comparer des pommes avec des pommes.

    • Claude Bariteau - Abonné 11 février 2020 10 h 07

      M. Naud, le PM Trudeau a reculé parce que le modèle qu'il préconisait n'était pas celui partagé, car il visait à assurer sa réélection. C'est toujours le cas des gouvernements majoritaires. Ils veulent adopter un système qui les favorise. C'est ce que fait le PM Legault.

      Cela dit, le scrutin proportionnel mixte assure une meilleure représentation dans un univers multipartiste, supérieur démocratiquement à un scrutin uninominal à un tour ou deux tours. C'est connu, comme c'est connu qu'il y a plusieurs formules de scrutin proportionnel, la pire étant celle mise de l'avant par le PM Legault.

      Il y a par contre un point oublié. Les scrutins proportionnels assurent des gouvernements plus réformistes qui contribuent à l'essor de politiques socio-économiques qui valorisent le partage le « vivre ensemble ». Je vous invite à lire le document préparé par une firme qui a procédé à une analyse comparative des incidences socio-économiques des modes de scrutin proportionnel et uninominal à un tour.

      Voir :

      https://www.lafae.qc.ca/wp-content/uploads/2012/05/Representation-equitable_Pourquoi-la-representation-proportionnelle_20160113.pdf

      M. Dionne

      je sais que le Québec est un gouvernement provincial dans un pays de monarchie constitutionnelle, ce qui ne l'empêche pas de modifier son mode de scrutin en s'inspirant de pratiques dans des pays indépendants.

      Pourquoi ne le ferait-il pas ? Je vous pose la question parce que vous présumez qu'en le faisant, il minerait le projet d'indépendance qui, selon vous, ne saurait être que l'affaire des Québécois d'origine canadienne-française et des personnes qui s'y associent.

      Ce type de raisonnement faisait sens au début de la révolution tranquille. Conséquemment, les promoteurs de l'indépendance ont prôné des changements l'indépendance réalisés. Or, les jeunes (les moins de 45 ans)ne pensent plus en ces termes et ont l'environnement à coeur, deux points loins de vos préoccupations.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 11 février 2020 10 h 12

      M. Dionne a écrit:" ces archaïques commissions scolaires ".

      J'ai exprimé mon point de vue largement là-dessus.Je trouve amusant qu'un ex Franco Ontarien vienne nous faire la leçon.

    • Marie-Claude Bertrand - Abonnée 11 février 2020 16 h 20

      @Cyril Dionne. Je suis très informé sur ce mode de scrutin et cette réforme puisque depuis plusieurs années je suis engager sur cet enjeu. Et je peux vous dire que ce que vous appréciez du mode majoritaire se retrouvera dans ce scrutin mixte proportionnel. "Il nous permet d’avoir un rapport direct avec nos députés. Notre vote n’est pas transférable ou négociable. Les élections sont disputées dans les circonscriptions et donc le choix des candidats des partis doit refléter la volonté des citoyens. Il faut souligner aussi que les électeurs peuvent choisir leur gouvernement sans aucune interférence de la part des partis politiques. Les petits partis minoritaires comme Québec solidaire ne peuvent pas avoir un plus grand pouvoir que l’appui électoral qu’ils ont reçu. Le système n’encourage pas la prolifération de petits partis marginaux pour rendre un gouvernement instable. Il faut le dire aussi qu’il est possible d’élire un candidat exceptionnel au-delà des affiliations politiques." Donc vous m'avez pas à vous inquiéter cela répondra à vos aspirations aussi.

    • Marie-Claude Bertrand - Abonnée 11 février 2020 16 h 32

      @Cyril Dionne pour moi une démocratie est brisée lorsqu'on fait l'élection d'un gouvernement majoritaire avec 37 % du vote et que 50% et plus des votes ne comptent pas, dit plus abruptement qu'ils vont à la poubelle. C'est cela qui se produit au Québec. Nous sommes capable de beaucoup mieux pour la représentativité du vote avec un mode proportionnel mixte. Et la gouvernance s'en portera mieux assurément.

  • Jean Lapointe - Abonné 10 février 2020 08 h 09

    L'indépendance d'abord, la réforme de scrutin ensuite.

    Je suis bien d'accord pour plus de démocratie mais pour moi il y a une prorité c'est de faire du Québec un pays indépendant . La réforme du mode de scrutin devrait venir une fois que nous serons un vrai pays au lieu d'être une minorité culturellle parmi d'autres. Actuellement nous faisons partie d'un pays qui est loin d'être démocratique parce que s'il l'était il y a longtemps que le problème québécois aurait été réglé. Il y a plein de Québécois qui n'ont pas l'air d'avoir réalisé que le Québec n'est qu'une province parmi d'autres et que par conséquent c'est à Ottawa qu'on devrait se préoccuper de réformer le mode de scrutin. Réformer le mode de scrutin au Québec dès maintenant c'est mettre la charrue devant les boeufs. Instaurer un mode de scrutin proportionel au Québec avant l'indépendance parce que ce serait plus démocratique c'est pour moi se tirer une balle dans le pied parce que cela nous affaiblirait. C'est pourtant évident il me semble.

    • Claude Bariteau - Abonné 10 février 2020 10 h 40

      Votre raisonnement consiste à dire qu'il faut rallier les membres du groupe ethnoculturel le plus important et se servir de la démocratie pour créer un pays à leur image.

      Comme charrue devant les boeufs, votre approche est fondamentalement de cet ordre.

      Créer un pays démocratiquement implique que ce soient les futurs citoyens et les futures citoyennes de ce pays qui le fassent, par un groupe ethnoculturel qui entend en faire son projet, transformant les autres habitants du Qubec en exclus sauf s'il s'agglutinent au groupe qwui s'est approprié cette mission.

      Cette approche a pu faire sens dans un processus d'affirmation ethnoculturelle qui a marqué le Québec après le renversement militaire des Patriotes dont le projet était foncièrement démocratique. Mercier a lancé le bal après les efforts de Mgr Bourget pour éradiquer les vues des républicains et imposer celle de l'Église catholique accoquinée depuis 1768 avec Londres. Ça s'est pousuivi durant les deux premièrres guerres mondiales et Duplessis a joué cette carte. La révolution tranquille la rejeta. Messieurs Lévesque et Parizeau ont cherché à renflouer le pouvoir du Québec sans corriger cette base.

      Votre discours reprend cette approche. Vous oubliez par contre que M. Lévesque, en quittant en 1985, a voulu laisser comme autre testament celui d'une réforme du mode de scrutin qu'il a toujours honni, mais auquel tenaient des nationalo-nationalistes pour faire un pays à leur image plutôt qu'à celles des gens de toutes horizons, comme les Patriotes, qui voulaient avant tout se doter d'un régime politique politique différent de celui existant parce qu'il subordonnait la population du Bas-Canada à un pouvoir externe, à l'époque, britannique, aujourd'hui canadien.

      Changer de régime politique n'est pas l'affaire d'un groupe ethnoculturel mais celle des futurs citoyens et citoyennes désireux de créer un pays et un nouveau pays et une nouvelle nation.

    • Denis Drapeau - Abonné 10 février 2020 17 h 03

      « groupe ethnoculturel majoritaire ».Claude Bariteau

      Un peuple qui n’oserait dire son nom ne pourrait faire mieux. Et si vous parlez de ce groupe dans le Canada, vous devrez alors parlez de groupe ethnoculturel minoritaire. Oui mais comme il y en a une multitude, votre vocable ne veut plus rien dire. Le discours multiculturel nous a fait passer de "peuple fondateur" à "communauté" parmi d’autres. Votre terminologie nous propose maintenant de devenir une minorité canadienne non identifiable. C’est une abnégation de ceux et celles qui personnifie pourtant la culture québécoise francophone.

      Comment devrait-on nommer ceux qui personnifient cette culture? Le dictionnaire a un beau mot pour amorcer une terminologie exprimant cette réalité, peuple : Ensemble des humains vivant en société sur un territoire déterminé et qui, ayant parfois une communauté d'origine, présentent une homogénéité relative de civilisation et sont liés par un certain nombre de coutumes et d'institutions communes. Peuple et culture commune sont donc liés. Pour être plus précis, on parlera de peuple partageant la culture française. Cela inclus bien sur tous les merveilleux Boucar Diof qui enrichissent cette culture (alors que « québécois de souche » les aurait exclus) et exclue ceux qui ne la partagent pas pour des motifs forts légitimes. Pensons ici aux anglophones et aux premières nations qui constitues des peuples eux aussi.

      En sociologie, l’identification d’un groupe n’est jamais facile. La notion que je propose, M.Bariteau, a au moins le mérite de nommer les choses tant à l’égard de la réalité canadienne que de celle du Québec. En prime, nous nous réapproprions le sens profond de ce que René Lévesque appelait "quelque chose comme un grand peuple".

    • Claude Bariteau - Abonné 11 février 2020 14 h 19

      Je suis anthropologue et, pour moi, en politique, un groupe ethnoculturel est un groupe ethnoculturel qui renvoie à une filiation, à des coutumes valorisées et des efforts pour assurer la reproduction de ce groupe pour diverses fins.

      Le socio-anthropologue, que fut Marcel Mauss, a clarifié , dans un texte écrit après la Première Guerre mondiale, publié seulement en 1951, la distinction entre les nations modernes, à la base des États souverains au nombre de près de 200, et les « nations » définies sur des bases ancestrales ou autres qui dépassent les 3 000.

      Créer un État indépendant membre des Nations-Unies passe par le modèle des États souverains. Ces nouveaux États sont reconnus selon des critères dont les principaux sont l’égalité entre les citoyens et les citoyennes et le respect de la diversité. Or, votre approche n’est pas de cet ordre.

      Un peuple fondateur d'un État indépendant n'est pas un peuple ethnoculturel préexistant, mais le peuple qui fondera démocratiquement cet État indépendant parce qu'il regroupe les futurs citoyens et les futures citoyennes toutes origines confondues composant ce peuple.