Pour un féminisme universaliste

«La solidarité avec les femmes plus vulnérables (…) devrait nous inciter à aller au-delà de la confrontation idéologique qui prédomine pour faire front commun de façon à continuer à faire avancer les droits des femmes sans cesse fragilisés», affirment les auteures.
Photo: iStock «La solidarité avec les femmes plus vulnérables (…) devrait nous inciter à aller au-delà de la confrontation idéologique qui prédomine pour faire front commun de façon à continuer à faire avancer les droits des femmes sans cesse fragilisés», affirment les auteures.

Nous déplorons l’image caricaturale du féminisme générée par les dérapages de la présidence actuelle de la Fédération des femmes du Québec (FFQ). Ce n’est pas sans tristesse que nous constatons que cela rejaillit sur la FFQ, car les femmes sont en train de perdre une voix importante qui a compté depuis cinquante ans.

Cependant, il faut constater que, derrière les propos dérangeants d’une personne, apparaît une fracture dans le mouvement féministe qui date de plusieurs années et qui a conduit plusieurs membres à quitter la FFQ et à fonder en 2013 Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec).

Deux courants féministes

Le courant intersectionnel est basé sur la prise en compte des discriminations cumulées subies par les femmes. Force est de constater que cette idée louable, censée enrichir l’analyse et la pratique du féminisme, a dérapé vers une idéologie qui divise les femmes en deux catégories : les privilégiées et les opprimées […].

Ainsi, l’intersectionnalité dévoyée a mené à l’exclusion des femmes qu’on étiquette comme « privilégiées », pour accorder la priorité aux personnes considérées comme étant « à la marge », et dont les diverses causes prennent le pas sur la lutte contre l’oppression spécifique et universelle des femmes. Les tenantes de l’intersectionnalisme ont ainsi délaissé l’idée de base du féminisme.

À l’inverse, les féministes universalistes mettent en avant le fait que l’infériorisation des femmes est un phénomène universel, résultat d’un système patriarcal qui doit être remis en question. Il s’agit d’un féminisme qui s’attache à sa mission première, soit la défense des droits de toutes les femmes.

Trois dossiers chauds

En premier lieu, concernant l’enjeu de la prostitution, certains groupes veulent faire accepter la prostitution comme un travail normal et le résultat d’un libre choix, alors que c’est une industrie basée sur l’exploitation sexuelle, dont la très grande majorité des femmes qui y sont impliquées souhaitent sortir.

L’analyse intersectionnelle ne devrait-elle pas d’ailleurs permettre de constater que ce sont les femmes pauvres, vulnérables et autochtones qui y sont surtout représentées ? Comment alors justifier de décriminaliser le proxénétisme et de banaliser l’industrie du sexe ? Telle fut la position qui a généré de grandes divisions à l’intérieur de la FFQ et a incité plusieurs groupes à quitter cette organisation.

En second lieu, le juste combat pour le respect de l’orientation sexuelle a dévié et s’est vu secondarisé au profit de la notion d’identité de genre. Sous l’influence de l’idéologie queer, on est en train de nier la binarité des sexes en jouant sur la confusion entre « sexe » biologique et « genre » construit socialement.

Résultat : l’entrisme d’activistes pro-transgenres à l’intérieur des groupes féministes a permis à des hommes qui disent se sentir femmes d’investir des activités réservées aux femmes, comme les épreuves sportives, et de pénétrer dans des lieux réservés aux femmes et réclamés par elles pour assurer leur protection. L’équité pour les femmes et leur sécurité ont ainsi été mises à mal.

En troisième lieu, la question du voile et de la laïcité est devenue un enjeu clivant. Sous la pression de groupes favorables au voile islamique, le féminisme universaliste s’est vu étiqueté comme étant un « féminisme blanc occidental » qui délaisse les revendications des femmes qu’on dit issues de la diversité, dont certaines prétendent émanciper les femmes à partir des textes sacrés de religions patriarcales, comme cela est prôné par le « féminisme islamique ». Et cela, à l’heure où les femmes tunisiennes luttent contre l’iniquité dans l’héritage et où on condamne à la prison des femmes iraniennes qui veulent retirer ce voile.

La laïcité, et notamment l’interdiction des signes religieux pendant les heures de travail, est ainsi attaquée au nom de l’égalité des femmes, comme le démontrent les poursuites contre la Loi sur la laïcité de l’État adoptée en juin 2019. Or, tant que des règles religieuses peuvent s’immiscer dans la gestion de l’État, nous ne sommes pas à l’abri de reculs en matière d’égalité entre les sexes.

Quel type de féminisme allons-nous pratiquer ? Un féminisme universel et solidaire avec toutes les femmes parce que femmes ? Ou bien un féminisme des particularismes qui opposent les femmes entre elles ?

La solidarité avec les femmes plus vulnérables, qu’elles vivent ici au Québec, comme les femmes autochtones, ou ailleurs dans le monde, devrait nous inciter à aller au-delà de la confrontation idéologique qui prédomine pour faire front commun de façon à continuer à faire avancer les droits des femmes sans cesse fragilisés.


 
57 commentaires
  • Brigitte Garneau - Abonnée 4 février 2020 05 h 14

    "Quel type de féminisme allons-nous pratiquer?"

    "Un féminisme universel et solidaire avec toutes les femmes parce que femmes? Ou un féminisme des particularismes qui opposent les femmes entre elles?" Bravo et merci de poser ces questions d'importance majeure.

    • Nadia Alexan - Abonnée 4 février 2020 10 h 36

      Bravo et félicitations aux trois auteurs de ce manifeste lucide pour un féminisme universel. Les groupuscules du genre et des particularismes individualistes font du tort à toutes les femmes avec la division des luttes. Notre combat devrait se faire contre le patriarcat, l'obscurantisme et la misogynie religieuse. Vive la solidarité universelle avec toutes les femmes de la terre..

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 février 2020 12 h 31

      @ Brigitte Garneau,

      "Quel type de féminisme allons-nous pratiquer?" "Un féminisme universel et solidaire avec toutes les femmes parce que femmes? Ou un féminisme des particularismes qui opposent les femmes entre elles?"- Brigitte Garneau

      PDF-Québec n'endosse justement pas un "féminisme universel et solidaire avec toutes les femmes", puisqu'il exclue d'emblée les femmes voilées qui sont particulièrement victimes d'exclusion et de préjugés au Québec. Alors qu'au contraire, PDF-Québec contribue à exacerber cette discrimination en endossant par la bande le nationalisme identitaire de la CAQ, comme celui du PQ d'ailleurs.

      - Est-il nécessaire d'ajouter que la CAQ subventionne PDF-Québec qui ne l'était pas avant?

      - Quel hasard..

      Sans compter que PDF-Québec a tous les attributs d'un organisme ouvertement transphobes, qui plus est, profite de chaque occasion pour essayer de nuire à la FFQ.. Allôôô.??..solidarité féministe ??

      "Une première: PDF Québec recevra de l’aide du gouvernement québécois" - Le Devoir

      https://www.ledevoir.com/politique/quebec/562235/pdf-quebec-recevra-de-l-aide-du-gouvernement-quebecois-pour-la-premiere-fois

    • Nadia Alexan - Abonnée 4 février 2020 19 h 21

      Comme d'habitude, Monsieur Monmarquette essaye de justifier l'injustifiable. Il accuse PDF Québec et la CAQ de propager un féminisme identitaire qui exclut les femmes voilées. Historiquement, cela ne tient pas la route.
      Premièrement, la loi sur la laïcité n'est pas une invention de la CAQ, mais la continuation normale de la Révolution tranquille qui a préconisé la laïcité et la rupture avec l'ingérence de L'Église Catholique dans les affaires de l'État. Deuxièmemt, la loi sur la laïcité date de 1905, plus d'un siècle avant que les islamistes intégristes décrètent l'obligation du port du voile pour les femmes.
      Avant les années 70, il n'y avait pas une seule femme voilée dans les villes Arabes du Moyen-Orient. C'est une nouvelle importation intégriste qui provient de l'Arabie saoudite et de l'Iran, après que les Mullahs ont pris le pouvoir.
      Le port du voile dans les pays occidentaux qui rejettent ce symbole de la misogynie patriarcale est devenu un moyen de «propagande identitaire» pour l'islam politique.

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 février 2020 08 h 10

      @Nadia Alexan,

      «Le port du voile dans les pays occidentaux (...) est devenu un moyen de «propagande identitaire» pour l'islam politique.» - Nadia Alexan

      - Et à quoi vous sert donc les tribunes du Web que vous occupez abondamment, sinon d'instrument de propagande pour propager «votre conception» discriminatoire de la laïcité?

  • François Poitras - Abonné 4 février 2020 08 h 37

    Excellent texte. Il est temps de sortir des clivages idéologiques contreproductifs qu’une certaine gauche ne cesse de placarder sur les murs médiatiques. Mais il faut aller plus loin sur les diverses routes de l’universalisme. Pourquoi ne pas instaurer un ministère de l’humanisme dont le mandant serait de produire en continu une réflexion publique tant sur la condition féminine que masculine, la condition des autochtones, des immigrants, des citoyens des classes défavorisées ou de tous ceux en prise avec des problèmes d’adaptation à la société ? Un vaste programme évidemment, mais mené avec un tant soit peu de rigueur et d’encadrement, une telle plateforme étatique de sensibilisation et de promotion des valeurs de solidarité produirait des résultats. Le temps de la pensée en silos et des ghettoïsations idéologiques est révolu.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 4 février 2020 09 h 19

      Très amusant de condamner les « clivages idéologiques » en désignant d'emblée « l'autre » d'en être responsable. Comme si, autrement, l'Universel pourrait (y a pas faute) enfin de déployer. Ce bel Humanisme qui offrirait si magnaniment à tous et toutes d'échapper enfin aux griffes du péché mortel en s'adaptant à la Société, grâce à une Encadremnt et une éducation aux Valeurs.Vous avez mille fois raiso, monsieur Poitras. Il faut fermet les ghettos, de gré ou de force.

    • Marc Therrien - Abonné 4 février 2020 12 h 15

      Le risque avec la passion pour l'universalisme ou le Tout Un, est de développer une pensée totalisante qui amputerait l'universel tant adoré de ses singularités qui le révèlent.

      Marc Therrien

  • Françoise Labelle - Abonnée 4 février 2020 09 h 17

    Le genre n'est pas qu'une construction sociale

    Vous devriez lire Anne Fausto-Sterling qui a passé sa vie à étudier ces questions. Les personnes intersexuées, après des années d'interventions chirurgicales désastreuses ont demandé à être consultées sur ce qu'elles ressentaient quant à leur identité de sexe ou de genre (à vous de démêler).
    Le cas d'un jeune juif qu'on a décidé d'élever en fille à la suite d'une circoncision ratée est embarrassant pour votre conception du genre comme construction sociale. Malgré l'hormono-thérapie et la volonté des parents, à l'âge adulte, le sujet de l'expérience a déclaré se sentir mâle. Le genre n'est pas qu'une construction sociale. Il existe toute sorte de femmes dont certaines ont été bannies de compétition à cause d'un taux de testostérone naturellement élevé. Votre binarisme procède d'une volonté d'exclusion, comme le nationalisme.
    Le sexe est une propriété continue résultant d'interactions complexes entre le gène, le chromosome, les hormones, et le moment de leur manifestation, comme tous les phénomènes biologiques; c'est la base même du darwinisme. J'espère que vous n'êtes créationistes. Et j'espère que vous reconnaissez que le cerveau est matériel.
    Cf. Beyond XX and XY, Scientific American, The new science of sex and gender.

    Je ne milite pour aucune cause sinon ce que je crois être la clarté. J'ai eu une collègue de l'institut Simone de Beauvoir qui s'intéressait à ces questions.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 février 2020 11 h 30

      Même en disant que le genre est sur un continuum, la définition même de ce continuum implique une notion de ce qu'est le genre - ne serait-ce que pour définir les points extrêmes de ce continuum entre lesquels on se situe.

      Même dans une vision aussi ouverte, on retrouve donc encore une définition du genre, qui ne peut peut-être pas échapper à la construction sociale et/ou la subjectivité individuelle.

      De plus, peu importe où une personne se situe sur ce continuum, et donc même dans les cas clairs où une personne est à un point extrême du continuum (très mâle ou très femelle), le phénomène d'identification à un sexe ou à un autre n'en serait pas moins une combinaison de construction sociale et de subjectivité individuelle.

      Avoir telles propriétés biologiques est une chose, mais comment on est perçu ou on se perçoit, le phénomène d'identification, est peut-être principalement une construction sociale et de subjectivité individuelle, en interaction.

      Bon, ça se discute peut-être, mais je lance ce pavé dans la mare.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 février 2020 11 h 36

      "Comment on se sent" nous dit une chose: "comment on se sent", et bien peu d'autre chose.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 février 2020 11 h 53

      Le "comment on se sent" peut aussi dépendre du filage du cerveau (expression à prendre au figuré), en tout ou en partie, bien entendu. Mais on est encore bien loin d'avoir établi les liens de causalité menant à ce "comment on se sent" quant à la sensation d'être d'un sexe ou de l'autre.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 4 février 2020 17 h 34

      Je n'arrive pas vraiment à saisir votre objection. Votre point c'est la binarité VS le continuum ou le caractère construit VS le caractère biologique du sexe? Car votre intervention semble plutôt faire la promotion d'une composante biologique, si vous pouvez donner naissance à un autre être humain, vous êtes susceptible de subir plus de préjudices que l'autre genre/sexe et que c'est pour ça que ça que le féminisme existe. Prétendre que la femme trans serait en quelque sorte plus sujette aux préjudices que la femme «cis» (je déteste cette novlangue) est une dérive inquiétante et les auteures dénoncent en donnant des exemples où des trans remportent des compétitions, ce qui fait que des femmes n'ont plus de chance de réussir, ce qui invalide complètement le principe même de l'idéal sportif, avec une ségrégation entre les sexes. En dépit du taux d'hormones, on ne peut négliger l'avantage d'avoir eu à s'entrainer avec un corps d'homme. Même South Park a fait un épisode pour parler de ce problème et de nombreuses trans sont aussi très mal à l'aise non seulement en constatant cette dérire, mais en constatant que d'autres parlent à leur place. C'est la même chose avec la question des pronoms : des hommes devenant des femmes veulent qu'on les reconnaissent comme femmes, l'arrivée de « queer » qui prétendent abolir les genres avec des pronoms étranges, ça nuit aux revendications de ces trans...

      L'idée c'est justement que le clivage idéologique actuel fait en sorte que des féministes qui décident de polémiquer sur cette question se font traiter de «transphobes» et que la loi C-16 rend encore plus difficile un débat serein sur la question. Bref, vous aviez des éléments intéressants à nous partager, mais je ne suis pas certain de comprendre votre point de vue.

    • Réal Boivin - Abonné 5 février 2020 06 h 06

      Oui il faut remettre les pendules à l'heure de DARWIN.

      Le cerveau humain est unique par sa taille et sa complexité. Il s'est développé pour répondre à notre survie. Notre organisation sociale et notre langage complexe ne pouvaient se suffire du petit cerveau des autres espèces. Nous avons même développé une capacité de concevoir des mondes irréels comme la vie après la mort, des paradis et des enfers et maintenant des sexes et des genres qui ne mènent nul part. Peut importe ce que notre cerveau peut inventer, c'est seulement la survie de notre espèce qui est le but ultime de l'évolution.

      Les erreurs génétiques et les mondes irréels disparaîtront au fil de l'évolution car nous n'en avons aucun besoin. Nous ne devons pas oublier que si nous devenons une espèce nuisible, comme il semble apparaitre à notre époque, notre espèce devra disparaître.

      La nature ne voit pas nos lubies et n'entend pas nos prétentions. Elle n'a ni yeux ni oreilles.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 février 2020 08 h 33

      L'organisation sociale et le langage complexe seraient apparus avant que nous ayons le cerveau nécessaire à leur production. C'est comme les vols transcontinentaux, tellement plus compliqués avant l'invention de l'aviation.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 février 2020 09 h 51

      "Notre organisation sociale et notre langage complexe ne pouvaient se suffire du petit cerveau des autres espèces." RB

      J'interprète ainsi cette phrase - il a fallu attendre que le cerveau atteigne un certain stade de développement avant que n'apparaisse le degré de complexité de notre langage et de notre organisation sociale. Je crois que c'est ce que M. Boivin voulait dire. On pourrait ajouter que des espèces au cerveau moins développé ont aussi des formes de langage (disons, de communication) et d'organisation sociale moins complexes que les nôtres. D'ailleurs, l'organisation sociale et la forme de communication de nos espèces-ancêtres y sont probablement pour quelque chose aussi dans le développement de ces facultés jusqu'à nous.

      Notre test évolutif actuel: jusqu'à date, c'est ce qui a permis notre capacité d'action qui cause les très grands effets de l'espèce sur la planète - la loi d'inertie nous pousserait à continuer encore dans la même direction qui, maintenant, nous nuit (et à d'autres espèces aussi) - serons-nous capable de prendre d'autres directions?

    • Réal Boivin - Abonné 5 février 2020 12 h 20

      Oui M. Labelle, il y a mutation de l'ADN dès que la survie de l'espèce est en jeu. Plus le langage devient complexe, plus le cerveau développe des neurones. Mais ça se fait en milliers d'années.

      Ceci dit, la plus vieille légende urbaine en science est de dire que nous nous servons de seulement de 10% des capacités de notre cerveau.
      Évidemment, ce sont les pelleteux de nuages qui pensent que nous devrions être capable de déplacer des objets par le pouvoir de notre pensée. Les mêmes qui disent qu'une personne qui a des testicules, un pénis et une prostate peut être une femme.

      Oui Einstein avait bien raison: la bêtise humaine est infinie.

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 4 février 2020 09 h 27

    Lutter contre le proxénétisme... et le péché mortel

    Madame Chouinard avait parlé de divagation quand la FFQ a adopté sa position sur la prostitution. Parmi les commentaires, celui de Mathieu Lacoste était excellent.

    https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/540483/prostitution-la-ffq-divague

  • Christian Montmarquette - Abonné 4 février 2020 09 h 44

    PFD - Québec : « Pour un Féminisme de Droite »

    PDF-Québec aurait intérêt à suivre davantage la pensée d'Angela Davis.

    Parce que la lutte féministe devrait se faire contre tous les préjugés envers toutes les femmes; ce qui comprend les femmes voilées qui sont au premières loges du racisme et de la xénophobie au Québec, et ce, depuis des années.

    "Nous avons sous-estimé l'attrait idéologique du racisme, de l’antisémitisme, de la misogynie et de la xénophobie" mentionne Angela Davis dans la vidéo postée en lien ci-dessous.

    "La manière dont la notion de laïcité a été transformée en une arme contre les musulmans et la confusion entre le terrorisme et l'Islam...malheureusement, tout cela me rappelle les méthodes de Donald Trump" ajoute-t-elle.

    À entendre PDF-Québec vanter les mérites de la loi 21, force est de constater qu'il existe aussi un féminisme de droite pour soutenir les politiques discriminatoires et xénophobes du PQ et de la CAQ.

    Référence vidéo:

    Pour Angela Davis, "la laïcité a été transformée en arme contre les musulmans"

    https://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/angela-davies-laicite-a-ete-transformee-arme-contre-musulmans/

    • Léonce Naud - Abonné 4 février 2020 12 h 47

      M. Montmarquette : le voile islamique vous plaît ? Le portez-vous ?
      Réf.:https://www.youtube.com/watch?v=enCqz5YaP5E&feature=em-share_video_user

    • Sylvain Auclair - Abonné 4 février 2020 13 h 04

      Comment la lutte pour les droits des femmes peut passer par la défense des formes les plus intégristes de religions misogynes, je me le demande.

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 février 2020 16 h 01

      @Léonce Naud

      Ce n'est pas voile islamique qui me plait.

      C'est le contrôle du corps des femmes qui me déplait.

      Ce que les autres portent ne vous regardent pas.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 4 février 2020 16 h 53

      Je n'avais pas vu ça. Merci. On ne peut qu'être d'accord avec les motifs pour lesquels elle refuse l'obligation de porter le voile et s'assurer que toutes les femmes d'ici puissent en décider par elles-mêmes, sauf les mineures, les idiotes, les endoctrinées, qui se recrutent évidemment toutes parmi les porteuses de voile. Celles qui les méprisent sont dans leur droit et ne doivent pas être inquiétées. Elles sont du côté des valeurs universelles.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 février 2020 19 h 24

      M. Desjardins, au cas où vous ne l'auriez pas vu, un petit vidéo sur le postmodernisme et M. Jordan Peterson - il s'agit d'une mise au point, d'une mise à niveau (en gros, une identification et une coreection des erreurs de M. Peterson). Pas trop long, 16 minutes.

      Un bon résumé aussi, au-delà de M. Peterson en particulier, pour avoir une idée (très très générale) de quoi il s'agit et surtout, de "déconstruire" les mythes les plus communs qui circulent abondamment à ce sujet.

      Voici: https://www.youtube.com/watch?v=eZw7_wTebJc&list=PLlD0Z7re2vqo9XteHe5Uzrif7iahrzHT6&index=3

      Bien entendu, ça pourrait aussi intéresser d'autres lectrices ou lecteurs. C'est que je vois que M. Desjardins se fait souvent pointer là-dessus.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 4 février 2020 22 h 47

      Malheur à celui par qui le scandale arrive, monsieur Labelle. Non content de ne présenter que des passages où Peterson débite des âneries, Les auteurs de ce documentaire donnerait l'impression que Derrida ou même Foucault ne sont pas de sombres « vilains ». Je concède qu'ils ont sans doute fait de leur mieux, mais quand même. C'est pas charitable.

    • Raymond Labelle - Abonné 4 février 2020 23 h 44

      :0).

    • Raymond Labelle - Abonné 5 février 2020 00 h 06

      Je sais que vous êtes ironique M. Desjardins et que vous connaissez le sujet, d'ailleurs votre réponse est fort amusante, mais pour les autres personnes qui lisent, je mentionne que ce que dit M. Peterson sur le postmodernisme représente assez bien une certaine vision de ce courant qui est fort répandue, y compris dans plusieurs commentaires au Devoir à plusieurs articles sur plusieurs sujets.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 février 2020 06 h 53

      D'une certaine façon, si Peterson ne dit rien du « postmodernisme », c'est qu'il n'y a rien à en dire, à part que c'est l'épithète dont on peut affubler toute pensée critique radicale. Ce qui irrite dans cette posture dite postmoderne, c'est que non seulement elle ne débouche pas sur une vision de l'homme, du beau, du bien, du vrai, du juste et du rangement des corps dans de rassurantes et contraignantes catégories biologiques de sexe, par exemple, mais qu'elle suggère fortement que si nous avons enlevé à toutes ces idoles les majuscules dont les grandes religions les garantissaient, cela n'eut pour résultat le plus souvent que de nous faire prendre la place de dieu ouellette sur le trône. Au nom de la raison et de l'humanisme. Ce qu'un sordide Foucault insinue comme un ver dans un fruit sain, c'est que ce ne sont que de nouvelles idoles de remplacement, de création toute récente. Dont on voit bien vite qu'elles n'ont rien de si universel, comme l'anthropologie le montre (et salutations en passant à monsieur Blondin) ni de si pérenne, comme l'épistémologie le souligne à son tour. Il est tout naturel de voir dans leur «nihilisme» apparent une figure du délitement de la civilisation occidentale et de brandir là leur encontre le Livre nouveau en manière d'exorcisme. Mais au fil des incantations bien fielleuses, même quand les vrais philosophes - ceux des Lumières - sont invoqués, ce ne sont que des images saintes aux couleurs passées et des statues en plâtre évidées, pour la commodité des déplacements de ces curetons énervés.

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 février 2020 07 h 58

      @Sylvain Auclair,

      "Comment la lutte pour les droits des femmes peut passer par la défense des formes les plus intégristes de religions.." - Sylvain Auclair

      Il n'est pas plus féministe de dicter aux femmes de porter le voile que de leur interdire. Et encore moins, en propageant des préjugés à leur endroit en les mettant toutes dans le même sac et les qualifiant d'intégristes, pour la seule raison qu'elles portent un voile ou qu'elles sont musulmanes.

      - Croyez-vous aussi que toutes les femmes catholiques ou qui porte une croix sont contre l'avortement ou pour la soumission à leur mari?

    • Raymond Labelle - Abonné 5 février 2020 09 h 53

      Vous êtes en grande forme M. Desjardins! Je fais un copier-coller de cette dernière dans ma collection d'anthologies.