Les priorités des Québécois au coeur des négociations

«Je sais que nos propositions, qui priorisent les enseignants et les préposés aux bénéficiaires, bousculent les habituelles façons de faire des syndicats, qui préféreraient que nous donnions les mêmes augmentations à tous», écrit l'auteur.
Photo: iStock «Je sais que nos propositions, qui priorisent les enseignants et les préposés aux bénéficiaires, bousculent les habituelles façons de faire des syndicats, qui préféreraient que nous donnions les mêmes augmentations à tous», écrit l'auteur.

Le 12 décembre dernier, le gouvernement a déposé des offres responsables et innovantes aux représentants syndicaux. Responsables, car les augmentations salariales tiennent compte de l’ensemble des enjeux et des besoins des Québécois, y compris leur capacité de payer.

Je rappelle que chaque tranche de 1 % d’augmentation représente environ 400 millions de dollars de plus, chaque année, dans le budget du Québec. Innovantes, parce que nous proposons une nouvelle approche pour répondre aux priorités de la population en santé et en éducation, en priorisant les préposés aux bénéficiaires et le personnel enseignant.

C’est sur la base de cette proposition que le gouvernement entreprend les négociations avec les 550 000 employés des secteurs de la santé, de l’éducation et de la fonction publique. Évidemment, toute négociation fait appel à l’art d’écouter et de faire des propositions et des compromis. Je crois donc important d’intervenir, à ce stade-ci, pour préciser certains points, ce qui saura, j’en suis certain, alimenter les réflexions de nos partenaires syndicaux.

J’insiste d’abord sur le fait que certains enjeux, comme ceux qui sont mentionnés plus haut, méritent une attention particulière. Je sais que nos propositions, qui priorisent les enseignants et les préposés aux bénéficiaires, bousculent les habituelles façons de faire des syndicats, qui préféreraient que nous donnions les mêmes augmentations à tous. Or, le gouvernement a été élu pour faire des changements qui répondent aux priorités des Québécois.

Même si les avenues proposées nous éloignent de nos habitudes, ce sera au bénéfice de la population et du personnel des secteurs public et parapublic. C’est pourquoi nous avons proposé la mise sur pied de trois forums auxquels la plupart des syndicats ont, jusqu’à maintenant, refusé de participer.

Tels qu’ils sont proposés, ces forums représentent pourtant l’occasion de discuter de la réussite éducative, de l’accessibilité aux soins de santé pour les gens en hébergement de longue durée ou recevant des soins à domicile, ainsi que de la santé globale des salariés du secteur public. Avec des sommes réservées pour deux de ces forums, nous voulons faire avancer les choses rapidement, car nous mettrons en commun l’expertise de toutes les parties, ce qui est nécessaire pour trouver les meilleures solutions, au bénéfice de tous.

Par ailleurs, le gouvernement entend négocier avec tous les syndicats afin d’offrir des conditions intéressantes à l’ensemble des employés qui contribuent quotidiennement aux services publics.

Nos équipes de négociation et celles des syndicats seront très actives, dans les prochains mois, et l’actualité sera assurément teintée par les négociations. Les syndicats continueront certainement à faire entendre leur point de vue, ce que je respecte. Je souhaite cependant que nous restions concentrés sur les priorités des Québécois. C’est pourquoi le gouvernement maintient le cap avec les forums et qu’il déploiera tous les efforts pour atteindre ses objectifs.

Les Québécois ont clairement manifesté leur désir de changement en rompant avec presque un demi-siècle d’alternance entre le Parti libéral et le Parti québécois lors des élections d’octobre 2018. Les électeurs ont exprimé une volonté qui demande aux élus d’être créatifs ; d’oser explorer de nouvelles avenues pour relever les importants défis qui se posent à nous.

J’invite tous les partenaires à travailler dans cet esprit responsable et innovant pour répondre aux préoccupations de la population québécoise.

16 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 3 février 2020 00 h 27

    Négociations par l'intermédiaire des médias

    Les gouvernements sont prompts à déclarer qu'ils refusent de négocier par l'intermédiaire des médias. C'est pourtant exactement ce que fait le président du Conseil du trésor avec cette lettre.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 3 février 2020 01 h 14

      Et que dire des multiples pub des centrales syndicales ?

    • Françoise Labelle - Abonnée 3 février 2020 08 h 21

      Vous oubliez, M.Arès, que le gouvernement est juge et partie. Le texte justifie la décision que celui-ci prendra sans égard aux conditions des travailleurs.

    • Jean-François Trottier - Abonné 3 février 2020 09 h 15

      M. Jodoin, comment un gouvernement responsable et transparent doit agir ?

      Surtout ne pas informer ses électeurs de ce qui est en jeu? Ne pas se prononcer, rester de "son" côté de la barricade pour que les "bons" de la gauche morale puisse crier bien fort faire taire tout discours?

      Vous avez vraiment besoin de vous représenter un gouvernement "méchant", cachottier, "non-représentatif" pour satisfaire votre besoin de trouver des coupables et de bien scinder notre société en deux.

      Pourtant il est vrai que les syndicats tirent de la patte actuellement. C'est dans un esprit tout syndicaliste, en discutant avec des infirmières (mon unique ami infirmier n'étant pas là), que je leur ai suggéré que la FIC devrait se sectoriser entre infirmières techniciennes, cliniciennes et spécialisées, parce que de fait les besoin et les demandes des unes et des autres sont différentes au point de ne plus pouvoir se regrouper.
      Les négociateurs s'en retrouveraient plus nombreux autour de la table, les solutions seraient plus articulées, les besoins de la base seraient mieux représentés.
      Oh! Une critique à un syndicat! Quelle horreur n'est-ce pas? On ne touche pas aux sacro-saintes statues, on ne dit jamais que le "progrès" n'est pas toujours au rendez-vous des bien-pensants.

      Le besoin de bons préposés est hurlant, tout le monde l'admet... sauf les centrales.
      Quant aux profs, ceci dépasse de très loin des négociations. Il faut absolument rehausser le rôle des profs, principalement ceux du primaire. J'ai trop vu de burn-out dans ce milieu pour jouer au tit-arbitre. C'est criant!

      Il y a surtout une mise-à-jour au public dans ce texte... et bien sûr une stratégie. Mais depuis quand un forum serait nocif en soi?
      Les centrales font un très mauvais calcul, basé uniquement sur leur image d'une "opposition vigilante".

      Vous préférez tout condamner en bloc pour ce que je soupçonne êtres une idée fixe : la Kause. Débile quoi.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 3 février 2020 09 h 16

      Et les pub justifient que l'on doit en avoir plus plus plus. Tout en se donnant des airs de victimes.

      On ajoute a cela que "le gouvernement" c'est en fait qu'un très très petit nombre de personnes sur lquel on peut mettre beaucoup beaucoup de pression en les encerclant psychologiquement. A la fin les décisions de ces quelques personnes entrainent de lourdes conséquences en mode non-retour, alors que l'économie elle ne fonctionne pas a sens unique.

  • Françoise Labelle - Abonnée 3 février 2020 08 h 19

    Et le béton

    Vous oubliez les 4, et plus probablement 5, milliards que vous réservez pour un tunnel de 10 kms, qui ne règlera rien, pour flatter l'orgueil de la grenouille québécoise et le portefeuille des bétonnières. C'est du bidou, ça!
    Allez-vous enfin sabrer dans les infâmes primes au rendement, ces cadeaux en argent sonnant et en avantages accordés sans justification sérieuse aux ami(e)s?

    • Jean-Yves Arès - Abonné 3 février 2020 09 h 22

      La dessus je suis d'accord avec vous.

      Beaucoup beaucoup d'argent sur les routes pour le demi-millions d'habitants de la région de Québec.

      4-5 milliards pour un tunel + 3-4 pour un tramway. On frôle les dix milliards. Ou 20,000$ par personne...

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 3 février 2020 08 h 36

    Matagami

    Un syndicat pour défendre le teritoire? Voir l'article Matagami. Monsieur le Ministre, je veux un territoire protégé, un bon écosyteème global. Passez le message svp.

  • Bernard Dupuis - Abonné 3 février 2020 10 h 45

    Le pire est à venir

    M. Dubé affirme que « Les Québécois ont clairement manifesté leur désir de changement en rompant avec presque un demi-siècle d’alternance entre le Parti libéral et le Parti québécois lors des élections d’octobre 2018 ». Pourtant, les arguments repris par M. Dubé pour justifier les offres patronales sont toujours les mêmes historiquement. Les augmentations salariales coutent trop cher, la capacité de payer des Québécois est bloquée, les syndicats défendent leurs membres de manière irresponsable, etc.

    S’il y a quelque chose qui ne change pas au Québec, c’est l’objectif de maintenir les bas salaires des travailleurs du secteur public. C’est pourquoi ces travailleurs sont les plus bas salariés au moins au Canada, sans parler des conditions de travail qui sont parmi les pires.

    M. Legault a déjà joué dans ce film lorsqu'il était ministre péquiste. Je connais beaucoup de travailleurs du secteur public qui ont voté pour la CAQ. Ils prennent maintenant conscience de leur erreur. Ils ont probablement voté pour l'option la plus défavorable.

    Bernard Dupuis, 03/02/2020

  • Hélène Dumais - Abonnée 3 février 2020 12 h 14

    Et les autres????

    Les préposés aux beneficiaires et les enseignants, bien d'accord, mais les autres? des intervenants psycho-sociaux à bout de souffle, grandes difficultés de recrutement, et les intervenants à la Protection de la Jeunesse, n'a-t-on pas assez dit qu'ils travaillaient dans un contexte hautement difficile, qu'ils étaient peu reconnus, et que plusieurs d'entre eux quittaient la profession ? Et ces ingénieurs que le Ministère des transports recrute difficilement, les salaires n'étant guère compétitifs? et les travailleuses en milieu de garde reconnu qui prennent soin de nos tout-petits? et le milliard que l'on devait aller chercher chez nos médecins spécialistes pour le réinvestir dans le réseau santé &services sociaux? une négociation menée par M. Dubé et qui résulte par aucune baisse salariale, quel succès!!!! Et ce ne sont là que quelques exemples qui illustrent les motivations carrément populistes de ce gouvernement; favoriser les corps d'emploi pour qui on a spontanément de la sympathie, au détriment des autres dont les services sont essentiels , mais qui travaillent dans l'ombre et qu'on ignore volontairement, facile de soulever les préjugés envers les syndicats...Initiatives créatrices? belle démagogie; et on accusera les syndicats de résistance au changement, discours répandu chez les politiciens qui veulent nous faire avaler des couleuvres.

    • Bernard Dupuis - Abonné 3 février 2020 13 h 11

      On pourrait se demander, comme les syndicats l’ont déjà fait, si les forums proposés ne sont pas une nouvelle façon de diviser pour régner. J’ai bien peur que la réponse soit « oui ».

    • Pierre Grandchamp - Abonné 3 février 2020 19 h 48

      Un gouvernement qui gère à la petite semaine, à toute vitesse..et qui doit constament reculer. "Le syndrôme Jolin-Barrette".