«Pis, en Haïti?» On participe à bâtir un lieu de paix.

«Depuis nos premiers jours en coopération humanitaire, Serge [qui a perdu la vie durant le le tremblement de terre en Haïti] et moi avions décidé de ne pas baisser les bras devant l’injustice et la misère des enfants», souligne l'auteure.
Photo: Fred Dufour Agence France-Presse «Depuis nos premiers jours en coopération humanitaire, Serge [qui a perdu la vie durant le le tremblement de terre en Haïti] et moi avions décidé de ne pas baisser les bras devant l’injustice et la misère des enfants», souligne l'auteure.

« Pis, en Haïti ? » Depuis dix ans, j’ai dû entendre cette question au moins deux cents fois. Comme si le fait de travailler ou d’être engagé dans une cause humanitaire en Haïti nous donnait la connaissance fine pour répondre à cette question qui en cache une autre : est-ce qu’un jour Haïti sera un pays où son peuple pourra vivre en paix et en sécurité ?

Je ne connais pas grand monde qui puisse répondre à cette question, pas plus au Canada qu’en Haïti d’ailleurs. À travers la Fondation Serge-Marcil, nous sommes actifs auprès de ces jeunes du « pays », comme on dit, pour qu’ils puissent participer à bâtir ce lieu de paix.

La décennie 2010-2020 a donc été marquée par la perte de la personne la plus importante dans ma vie, mon mari, Serge Marcil, durant le tremblement de terre en Haïti. Cette perte immense dans nos vies se vit quotidiennement par l’absence de Serge. Cette absence se fait aussi sentir au quotidien par le travail que nous effectuons à la Fondation Serge-Marcil, particulièrement auprès d’une quarantaine d’enfants dans la région de Miragoâne en Haïti.

Depuis, des dizaines d’hommes et de femmes oeuvrent à amasser des fonds pour soutenir année après année un « orphelinat », un foyer qui accueille des enfants en situation difficile, orphelines, orphelins ou enfants en situation d’extrême pauvreté.

Depuis nos premiers jours en coopération humanitaire, Serge et moi avions décidé de ne pas baisser les bras devant l’injustice et la misère des enfants. Au-delà de la mission professionnelle qui nous engageait, nous avions choisi d’être actifs sur d’autres fronts. Voilà comment est née la Fondation.

En Haïti, nous avons contribué, avec la Fondation du père Dehoux, à reconstruire l’orphelinat effondré durant le séisme de 2010. La reconstruction de la maison des enfants n’était qu’un premier geste d’accompagnement. Jusqu’à cette année, trois classes étaient sises à l’orphelinat. Depuis, les enfants ont grandi et ils sont devenus admissibles à l’école de la paroisse Saint-Raphaël, dans le village d’Étang-Rey.

Des religieuses membres de la Communauté des Petites Soeurs immaculées s’occupent des enfants avec notre soutien et nos encouragements. Nos enfants sont souvent atteints de maux qui sont incurables ou difficilement soignables dans un pays comme Haïti. Nous rencontrons les mêmes complications devant les difficultés d’apprentissage inhérentes à la sous-alimentation in utero ou après la naissance et devant des troubles comme la dyslexie.

Ces dernières années, j’ai eu le privilège d’aller régulièrement voir les enfants à Étang-Rey et de constater leurs progrès. Les liens que je cultive par l’intermédiaire d’Internet me rendent fière du travail que nous accomplissons depuis toutes ces années. Grâce à la Fondation, trois jeunes filles ont obtenu leur diplôme technique. Nous appuyons aussi l’étude de deux garçons en agronomie. Dernièrement, un de nos garçons a obtenu son diplôme en électricité. Deux jeunes filles sont inscrites en études infirmières.

Aujourd’hui, l’action de la Fondation Serge-Marcil prend de l’ampleur. Nous sommes en train d’agrandir le dispensaire de la communauté religieuse afin d’offrir des services aux villageois d’Étang-Rey. Nous envisageons d’engager une infirmière pour appuyer la soeur qui offre aujourd’hui les premiers soins aux habitants. Nous explorons l’idée d’engager ces futurs diplômés en infirmerie et en agronomie pour développer des activités qui profiteront à la communauté et à Étang-Rey.

La mémoire de Serge Marcil est bien vivante à travers nos activités auprès de Lovely, Robert, Séraphin, Micheline, Whiliem, Rita Stéphanie, Juré, Moise, Mackenzie, Wilson, Ruth, Emmanuel, Djeulina, Elsmire, Benita, Mckintosh, Benoit, Doirus, Orismène, Michel, Junior…

« Pis, en Haïti ? » Grâce à la générosité de centaines de donateurs, je peux vous dire qu’à l’orphelinat d’Étang Rey ça va assez bien merci !

1 commentaire
  • Rose Marquis - Abonnée 11 janvier 2020 07 h 18

    Un rayon d'espoir

    Voici comment je qualifie ce que font les gens associés à cette fondation et il y en a d'autres...