Pour un PLQ plus humble

«Mme David (sur la photo) évoque sa fonction de députée, elle prétend faire les choses autrement, mais ce qu’on lit sous sa plume ressemble encore et toujours à la même soupe indigeste où elle se flatte de ses propres actions», croit l'auteur.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Mme David (sur la photo) évoque sa fonction de députée, elle prétend faire les choses autrement, mais ce qu’on lit sous sa plume ressemble encore et toujours à la même soupe indigeste où elle se flatte de ses propres actions», croit l'auteur.

Dans sa lettre ouverte « Être députée en 2020 », la députée Hélène David appelle avec enthousiasme à un « vivre ensemble politique plus humain, plus juste », soulignant l’importance de la collégialité entre partis politiques et de la bienveillance. C’est fort gentil.

Sur papier, il y a de bien belles choses écrites par la députée de Marguerite-Bourgeoys, notamment lorsqu’elle évoque le piège alléchant d’une « partisanerie parfois bébête et mesquine ». Par contre, tout ceci sonne faux, les apparats sont si scintillants qu’ils ne trompent personne.

Il y a une gêne évidente à voir une députée du Parti libéral du Québec (PLQ) vanter ses actions transpartisanes, nous parler de santé mentale, de bien commun… alors que son parti a été friand d’austérité et s’est fait complice de la rationalité marchande qui contamine toutes les sphères de nos vies, minant de ce fait la santé mentale de nombreuses personnes au sein de la population.

Quel toupet jumelé d’une mémoire sélective de la part de la députée. Alors qu’elle se berce de « collégialité » et d’« humanisme », nous nous souvenons des longues années libérales à saper la solidarité humaine et le bien commun des Québécois à coup d’actions méprisantes.

Mme David évoque sa fonction de députée, elle prétend faire les choses autrement, mais ce qu’on lit sous sa plume ressemble encore et toujours à la même soupe indigeste où elle se flatte de ses propres actions, accumule les lieux communs et quelques mots clefs (diversité, violences sexuelles, enfants) comme autant de leviers clientélistes, en n’oubliant pas d’asséner un « Moi, j’y crois ». Amen !

On dirait qu’elle s’est trompée de parti pour s’emballer de la sorte sur la question sociale. Elle souhaite réduire toutes les formes de violence et d’inégalités sociales ; c’est heureux. Qu’elle commence donc par relire les programmes successifs du PLQ. Elle y verra peut-être la célébration du statu quo en cette matière, la mise à mal de l’État-nation et la poursuite de la logique marchande qui détériore les liens sociaux.

Destruction

Certes, les autres partis ne sont pas blancs comme neige, mais le PLQ, de mémoire récente, c’est tout de même la destruction des services publics pour mieux les offrir sur un plateau d’argent au privé, le laisser-faire quant aux milliards perdus dans les paradis fiscaux, le gaspillage de plusieurs dizaines de milliards annuellement en corruption (commission Charbonneau), la hache dans les programmes sociaux et les groupes communautaires.

Puis, n’oublions pas les milliards en compressions et l’instrumentalisation de la question de l’immigration. C’est aussi s’agenouiller devant les lobbys pétrolier, pharmaceutique, minier et des médecins et, on le répète, c’est le sabotage quasi complet de nos acquis sociaux et des services à la population.

Collégialité, disait Mme David. Où était la collégialité quand le PLQ recourait à l’utilisation du bâillon pour des projets de loi déplorables (notamment le projet de loi 10 sur la réforme des structures en santé) ? Ainsi, plutôt que de se vautrer dans la vertu médiatique, pourquoi ne pas se garder une petite gêne, voire reconnaître une part de responsabilité dans l’état actuel des choses ?

Bref, prendre un certain recul par rapport aux actions passées et présentes ne ferait pas de mal. La rédemption éventuelle du PLQ ne débutera que par une certaine humilité, une retenue, voire un minimalisme dans la forme et le propos. La charge vous semble forte à l’endroit du PLQ ? J’en conviens. Elle est aussi rude et brutale que peut l’être le reflet dans la glace d’hommes et de femmes qui ont si souvent brillé par leur lâcheté.

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26 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 3 janvier 2020 00 h 34

    Honte au PLQ.

    Bravo! monsieur Étienne Boudou-Laforce. Vous avez raison de vilipender le PLQ pour son bilan pitoyable en matière de services publics, surtout en santé. La politique néolibérale du PLQ à dévaster le Québec pendant sa reine de 15 ans. Une politique pour les riches et les mieux nantis au dépend de la majorité silencieuse. Et n'oublions pas la corruption dans le levé des fonds, les privatisations et le fiasco du CHUM. Pas une seule personne n'a vu la prison, pas une seule personne n'a été imputable.
    Oui, vous devriez garder une petite gêne et beaucoup d'humilité.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 janvier 2020 10 h 22

      Mme Alexan, la gêne et l'humilité ne sont pas des qualités intrinsèques des libéraux.

      Quand on voit et on entend les libéraux du Québec se dépeindre comme des grands démocrates, cela nous fait penser à des nazis qui essaient de se refaire une peau neuve en essayant d’expliquer l’inexplicable. On n’a jamais décris les libéraux du Québec et du Canada en termes de « collégialité » et d’« humanisme », mais plutôt en utilisant des mots comme corruption et austérité pour la classe moyenne et pauvre. Pardieu, l’ancien premier ministre libéral Philippe Couillard, à l’époque où il était ministre de la Santé, a tenté, dans une opération de charme de corrompre l’un des fils du dictateur libyen de Mouammar Kadhafi pour le compte d’une multinationale bien de chez nous.

      Et le p’tit frisé de Sherbrooke briguera bientôt la chefferie du Parti conservateur du Canada. Plus ça change chez ces gens, plus c’est pareil. Oui, misère.

    • Gilles Théberge - Abonné 3 janvier 2020 16 h 47

      Hou là là. Ça décoiffe cette lettre.

      Assez pour manger ses « booger » ma foi !

  • Roch Godard - Abonné 3 janvier 2020 06 h 48

    Corruption libérale

    PLQ INC. sont les seuls mots qui me viennent à l'esprit pour décrire ce que m'inspire ce parti d'arrivistes, de carriéristes, d'affairistes, noyauté par des gens motivés surtout par leur gloire personnelle. Et c'est sans parler du fait que ce parti a tout fait pour se rapprocher des minorités. Voilà la recette idéale pour inspirer la honte et le dégoût. Québec, je me souviens.

  • Hélène Gervais - Abonnée 3 janvier 2020 07 h 02

    Le parti de jean charest ....

    ne sera jamais un parti humble oubliez cela; c'est un parti où l'argent doit rentrer dans ses poches coûte que coûte, un parti pour les anglos de l'ouest de montréal. Bien sûr il y aura toujours des francos qui voteront pour ce parti qui est devenu méprisable sous l'ère de ce charest, mais pour redevenir un parti honorable il doit faire son mea culpa, et ce n'est pas demain la veille.

  • Denis Soucy - Abonné 3 janvier 2020 07 h 15

    Très bien dit.

    Vouloir se refaire une image apr;es s'être foutu des citoyens et du bien commun au profit de groupes d'intérêts financiers et d,entreprises.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 3 janvier 2020 08 h 05

    Baîllon

    Un baîllon pour la loi su rles hydrocarbures. je me souviens.