L’indépendance: le retour de la «convergence»?

«Pour faire l’indépendance, il faudra bien un jour porter au pouvoir un parti, seul ou en coalition, qui puisse au bon moment organiser un référendum», exprime l'auteur.
Photo: Marc Bruxelle Getty Images «Pour faire l’indépendance, il faudra bien un jour porter au pouvoir un parti, seul ou en coalition, qui puisse au bon moment organiser un référendum», exprime l'auteur.

Le vieux projet de « convergence » entre les partis indépendantistes semblait mort et enterré, mais de bons apôtres veulent le ressusciter. Un fervent militant de Québec solidaire, M. Fernand Doutre, a récemment prêché la bonne parole dans Le Devoir du 25 novembre. Après avoir répété le mantra qu’il faudrait « converger plutôt que diverger », il a lancé un appel à la bonne entente : « Je propose, écrit-il, de rédiger une plate-forme sur laquelle nous pourrions nous entendre et voir si nous pouvons aller de l’avant ensuite ».

La question qui tue : comment M. Doutre compte-t-il s’y prendre pour convaincre son propre parti qui a déjà rejeté une telle plate-forme commune, laborieusement négociée entre Québec solidaire, le Parti québécois et son parti frère le Bloc québécois ?

Rappelons en effet qu’une entente avait été conclue grâce à la médiation des Organisations unies pour l’Indépendance (OUI-Québec), organisme parapluie du mouvement indépendantiste présidé à l’époque, et encore aujourd’hui, par une négociatrice chevronnée, Mme Claudette Carbonneau, l’ancienne présidente de la CSN. Il s’agissait d’une « feuille de route » qui balisait la marche à suivre pour faire du Québec un pays.

Après deux ans de discussions, l’entente de principe fut signée le 10 avril 2017 par les représentants de chaque parti. Or, peu après, elle fut reniée par le Comité de coordination de QS, la plus haute instance du parti entre les congrès, toujours dominée aujourd’hui par un noyau dur radical anti-PQ. On a comparé ce Comité au puissant Politburo du Parti communiste de l’URSS, l’autorité suprême qui fixait dans l’ombre la ligne à suivre.

On comprend qu’après cette volte-face, le PQ et le Bloc ne se fient plus à QS pour négocier une plate-forme commune. La direction de QS a d’ailleurs reproché au PQ de prôner « un nationalisme identitaire afin de raffermir le Nous québécois ». En présentant son projet de Charte de la laïcité, il aurait « appliqué une politique odieuse qui a fracturé le Québec ».

La suite des événements a plutôt montré que la grande majorité de la population était favorable à une telle politique, menée cette fois par le gouvernement nationaliste majoritaire de la CAQ qui a enfin pu faire adopter une Loi sur la laïcité de l’État, avec l’appui du PQ.

La détestation du PQ

L’appel de M. Doutre à l’union des coeurs relève donc pour l’heure de la pensée magique, à cause surtout de la détestation du PQ qui sévit au sein de QS. Pour les militants de la gauche extrême, le PQ demeure l’ennemi à abattre. Plutôt que d’appuyer son parti frère le Bloc, ils ont voté pour le NPD.

La convergence a été une stratégie mortifère pour le PQ. Elle sera donc quasi impossible à relancer avec un parti populiste qui a sombré dans le multiculturalisme identitaire et s’est farouchement opposé à la Loi sur la laïcité de l’État. En outre, ce parti veut « faire l’indépendance à gauche », alors que « l’indépendance n’est ni à droite, ni à gauche, mais en avant », comme aimait à le dire Bernard Landry dans la lignée de René Lévesque.

« Une union électorale réunissant des souverainistes de toutes tendances n’est pas pour demain », a reconnu dans Le Devoir la députée Catherine Fournier, qui s’est donné pour mission de faire l’union des indépendantistes. De façon étonnante, elle le fait en fondant un autre groupe dont elle est la cheffe. Pour rapprocher les frères ennemis, elle compte surtout sur le « rôle crucial » des Oui-Québec.

Mais pour faire l’indépendance, il faudra bien un jour porter au pouvoir un parti, seul ou en coalition, qui puisse au bon moment organiser un référendum. Selon le plus récent sondage Léger, le PQ est, après la CAQ, le deuxième parti préféré des francophones et le deuxième plus populaire dans toutes les régions hors de Montréal et Québec. Le temps venu, il pourrait faire un retour en force à l’exemple du Bloc — dont les OUI-Québec ont salué « l’impressionnante résurgence ». Le PQ surprendrait ainsi les Cassandre qui, au pire, l’ont déjà enterré ou, au mieux, le voient aux soins intensifs.

Le PQ reviendra au pouvoir s’il réussit à être un parti national de coalition qui rassemble des gens de tous horizons dans la grande famille indépendantiste, de la gauche sociale-démocrate à la droite modérée. Il n’a désormais qu’une raison d’être : que le Québec soit enfin un pays dans le monde plutôt qu’une province dans le Canada. Pour y parvenir, il peut s’inspirer d’un parti créé par René Lévesque et ses alliés en 1968, sous le beau nom de Parti québécois.

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93 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 28 décembre 2019 01 h 22

    La détestation de QS

    À lire M. Fournie, il est difficile de ne pas voir dans ses écrits des exemples de détestation de QS. Personnellement, je ne déteste pas le PQ, il m'indiffère. Il a sa place au Québec, tout comme QS, deux partis qui correspondent à des valeurs différentes de l'électorat.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 28 décembre 2019 09 h 40

      "Il (le PQ) a sa place au Québec, tout comme QS, deux partis qui correspondent à des valeurs différentes de l'électorat." - Mario Jodoin

      Je suis plutôt d'accord avec l'opinion émise ici par Monsieur Jodoin. J'ajouterais cependant que dans le contexte actuel et au regard des valeurs prisées par l'électorat, le PQ et QS ont leur place sur la scène québécoise... comme simples figurants. Et pour très longtemps.

      Monsieur Jodoin subodore aussi certaines personnes d’entretenir la détestation de QS. Encore là il a parfaitement raison mais il a tendance à renverser les rôles car cette détestation trouve sa source dans le comportement éminemment détestable de QS à leur endroit, comme le démontre très bien d’ailleurs Monsieur Fournier.

    • Cyril Dionne - Abonné 28 décembre 2019 10 h 00

      Oui, ce sont deux partis qui correspondent à des valeurs différentes de l'électorat. Un est encore pris dans une faille spatio-temporelle communiste d'il y a deux siècles et l'autre est social-démocrate et au centre de l'échiquier politique. Un remporte 20% d'appuis tandis que l'autre est en perte de vitesse à 10%. Devinez lesquels?

    • Marc Therrien - Abonné 28 décembre 2019 10 h 02

      Cet électorat qui, s’il désirait vraiment un pays, n’aurait qu’à élire le PQ ou QS comme gouvernant et le PQ ou QS comme première opposition en votant majoritairement pour ces partis indépendantistes. Pas besoin de référendum si on décide simplement de renverser la tendance du vote.

      Marc Therrien

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 décembre 2019 12 h 03

      "Un est encore pris dans une faille spatio-temporelle communiste d'il y a deux siècles.."- Cyril Dionne

      1 ) Si votre idée est de critiquer le communisme à cause de son âge, sachons alors que le capitalisme est pris dans une faille spatio-temporelle depuis au moins 700 ans.

      "Depuis le 14ème siècle, le centre de l'économie-monde européenne s'est déplacé régulièrement diffusant le capitalisme dans toute l'Europe" - Histoire du capitalisme - Wikipédia

      2 ) Qu'est-ce qu'il y a de communiste dans le programme de Québec solidaire 2018?

      - Le salaire minimum à 15$ de l'heure ?

      - La gratuité scolaire du CPE à l'université ?

      - L'augmentation des prestations d'aide sociale ?

      - La réduction des tarifs de transport en commun de 50% ?

      - Une assurance dentaire pour tout le monde ?

      - Un régime de pension universel ?

      - La création de Pharma-Québec ?

      - L'augmentation des redevances sur les ressources naturelles ?

      - Des CLSC ouverts 24 heures par jour 7 jours sur 7 ?

      - L’augmentation du nombre de paliers d'impôt pour une fiscalité plus équitable ?

      - La construction de 12,000 logements sociaux ?

      - La création d'une banque nationale du Québec ?

      - La création d'un réseau national de transport interurbain efficace ?

    • Jean-Charles Morin - Abonné 28 décembre 2019 15 h 47

      "Cet électorat qui, s’il désirait vraiment un pays, n’aurait qu’à élire le PQ ou QS comme gouvernant et le PQ ou QS comme première opposition en votant majoritairement pour ces partis indépendantistes. Pas besoin de référendum si on décide simplement de renverser la tendance du vote." - Marc Therrien

      Bon sang, mais c'est bien sûr!!! Pourquoi personne n'y a-t-il pas pensé avant? La voilà enfin dévoilée, la fine stratégie de la gauche indépendantiste. Contrôler en même temps le gouvernement et l'opposition pour établir enfin la démocratie éclairée et totalitaire de ceux qui ont toujours raison. Génial!!!

      Non mais sérieusement cette fois, il y en a qui en fument vraiment du bon. J'aimerais bien connaître le nom de leur "dealer" car ce n'est certainement pas la camelote qu'on vend aux comptoirs de la SQDC.

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 décembre 2019 19 h 24

      "La voilà enfin dévoilée, la fine stratégie de la gauche indépendantiste." - Jean-Charles Morin

      C'est vous qui en fumez du bon.

      La stratégie de Québec solidaire, c'est le scrutin proportionnel qu'il propose depuis sa fondation de manière à aditionner les votes et les députés indépendantistes, plutôt que de les soustraire des uns des autres comme le PQ l'a fait durant des années où il se prenait pour le propriétaire exclusif de la question nationale. Une proposition aussi endossée par René Lévesque qui voyait plus loin que le bout de son nez, puisque tôt ou tard il était évident qu'on ne pouvait maintenir une gauche et une droite dans le même parti et que cette coalition allait finir par éclater.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 28 décembre 2019 22 h 59

      "La stratégie de Québec solidaire, c'est le scrutin proportionnel qu'il propose depuis sa fondation... Une proposition aussi endossée par René Lévesque... " - Christian Montmarquette

      Monsieur Montmarquette, je ne sais pas si j'en fume du bon comme vous dites mais une chose est sûre: vous en fumez du bien meilleur!!! Je vous envie.

      Le scrutin proportionnel, de grâce oubliez ça. Jamais un gouvernement élu au moyen du système actuel ne viendra mettre fin à une patente qui le favorise d'aussi belle façon. Pour vous ce sont probablement d'affreux réactionnaires vautrés dans un populisme de bas étage, mais cela ne veut pas dire que ce sont des cons pour autant.

      Je ne sais pas où vous avez pris que René Lévesque avait endossé cette proposition. Si cela s'avère juste, on peut dire que le bougre a drôlement bien caché son jeu: il a bénéficié de dix ans de pouvoir pour changer le mode de scrutin et au final il ne l'a pas fait. On ne peut pas dire qu'il était particulièrement pressé par les convictions que vous lui prêtez. Tout un endossement, en effet!!!

    • Yvon Pesant - Abonné 29 décembre 2019 00 h 58

      Monsieur Montmarquette,
      Il serait bien que vous lisiez ou relisiez le programme politique de Québec Solidaire.

      J'invite d'ailleurs tout le monde à le faire de manière approfondie pour bien comprendre ce dont il retourne vraiment quand il est question de démocratie participative et de contrôles collectifs sur à peu près tout ce qui serait susceptible de bouger au Québec, tels que proposés par QS.

      Si ce n'est pas du socialisme exacerbé à la sauce résolument communiste, çà, je me demande bien ce que c'est.

    • Jean-François Trottier - Abonné 29 décembre 2019 08 h 09

      M. Montmarquette,

      "Si votre idée est de critiquer le communisme à cause de son âge, sachons alors que le capitalisme est pris dans une faille spatio-temporelle depuis au moins 700 ans."
      En quoi M. Dionne est-il capitaliste ? On peut très bien n'être ni communiste ni capitaliste. Vous seul, et quelques idéologues bornés, n'y voient qu'une seule alternative tranchée à la faucille.
      QS a cru combler cet immense trou en se réclamant social-démocrate, ce qui est archi-faux puisque la social-démocratie est profondément anti-marxiste.
      Vous ne faites ici que démontrer que pour vous et votre parti n'existent que des extrêmes. Vous vous définissez vous-même comme extrémiste.

      Votre longue litanie de belles promesses s'accompagne dans tous les cas d'une seule vraie certitude : pour y arriver, et même sans y arriver, la vision de QS en est une de contrôle économique et social qui toujours passent par une "diversité" d'apparence et surtout une unanimité d'opinion basée sur la "conscientisation" sans laquelle votre ti-système s'effondre comme dans tous les pays marxistes, avec deux exceptions : des états soutenus à bout de bras par des grandes puissances, i.e. Cuba et la Corée du Nord.
      Tout le reste se solde par des faillites totales et de terrible catastrophes humaines.

      Parmi vos promesse l'une n'y est pas, et c'est la seule qui se réalisera sans le moindre doute : vous mettrez le Québec en faillite comme Chavez avec le Vénézuéla qui avait pourtant tout pour arriver à un mieux-être.
      Bien sûr vous en accuserez le "capitalisme international" alors que ce sera votre haine de tout ce qui diverge qui y aura mené, encore comme au Vénézuéla.

      Parce qu'il place la morale et la justice au-dessus de l'individu, le marxisme est un anti-humanisme.

      J'ajoute que le marxisme est un poison, et que les dirigeants de QS mentent comme ils respirent.

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 décembre 2019 09 h 52

      @ Jean-Charles Morin,

      "Je ne sais pas où vous avez pris que René Lévesque avait endossé cette proposition. Si cela s'avère juste, on peut dire que le bougre a drôlement bien caché son jeu.." - Jean-Charles Morin

      Ce n'est pas sorcier de googliser René Lévesque + scrutin proportionnel, et qui plus est, que c'est une information fort connue.

      "L'ancien ministre péquiste Jean-Pierre Charbonneau presse le premier ministre Justin Trudeau de mettre en oeuvre au Canada l'un des plus grands rêves de René Lévesque, soit celui d'adopter un mode de scrutin proportionnel qui traduise la volonté réelle des électeurs."

      «Comme disait René Lévesque, c'est un système démocratiquement infect qui génère des gouvernements qui ne reposent pas sur des majorités. » - La Presse

      https://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/201608/27/01-5014764-reforme-electorale-un-des-grands-reves-de-rene-levesque.php

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 décembre 2019 09 h 58

      "Vous ne faites ici que démontrer que pour vous et votre parti n'existent que des extrêmes.
      Vous vous définissez vous-même comme extrémiste." - Jean-François Trottier

      Je répète donc:

      - Qu'est-ce qu'il y a d'extrémiste dans le programme de Québec solidaire 2018?

      - Le salaire minimum à 15$ de l'heure ?

      - La gratuité scolaire du CPE à l'université ?

      - L'augmentation des prestations d'aide sociale ?

      - La réduction des tarifs de transport en commun de 50% ?

      - Une assurance dentaire pour tout le monde ?

      - Un régime de pension universel ?

      - La création de Pharma-Québec ?

      - L'augmentation des redevances sur les ressources naturelles ?

      - Des CLSC ouverts 24 heures par jour 7 jours sur 7 ?

      - L’augmentation du nombre de paliers d'impôt pour une fiscalité plus équitable ?

      - La construction de 12,000 logements sociaux ?

      - La création d'une banque nationale du Québec ?

      - La création d'un réseau national de transport interurbain efficace ?

      Extraits de la plateforme électorale 2018 de Québec solidaire :

      https://cdn.quebecsolidaire.net/QS-Plateforme-E%CC%81lectorale.pdf

    • Jean-François Trottier - Abonné 29 décembre 2019 10 h 24

      M. montmarquette, c,est vous qui vous démontrez extrémiste en opposant le communistme et le capitalisme comme étant les deuyx seules possibilités au monde.

      C,est ce que vous faites en répondant à M. Dionne.

      D'autre part, votre seconde tentative pour étaler les promesses irréalisables ou mal montées de QS est assez pathétique.

      Pharma-Québec, j'en ai déjà fait le procès ailleurs : https://www.ledevoir.com/politique/quebec/561406/la-nouvelle-approche-de-la-vieille-garde-solidaire
      Cherchez "Trottier", occurence 5 sur 17.
      Je résume ici : votre Pharma-Québec, c'est du totalitarisme économique et surtout l'enrichissement de l'état sur le dos des patients.

      Autre exemple :
      "Un gouvernement solidaire mettra sur pied une « force d’autodéfense hybride, à composantes civile et militaire, dont le rôle sera axé sur la sécurité collective et la dissuasion », ont convenu les délégués de QS samedi soir"
      - https://www.ledevoir.com/politique/quebec/567207/qs-se-dit-en-mesure-de-rendre-attirant-pour-toutes-les-generations-le-mouvement-independantiste
      Une seule police-et-armée, on est dans les pires cauchemards totalitaires!! Vous visez directement 1984 comme ça, rien de moins,
      Et toujours " pour la cause"!!

      L'.assurance dentaire, vous êtes incapable de la faire. In-ca-pa-ble. Mensonge effronté et rien d'autre.

      Cessez de prendre vos rêves, ou les promersses mirobolantes des menteurs de QS, pour une réalité.

      Votre programme économique au complet est une farce pire qu'une tarte à la crème.

      Le totalitariesme, M. Montmarquette, c'est extrémiste.
      Et c'est anti-humaniste.

      Faut être de mauvaise foi, ou travailler "pour la cause", pour le nier. D'ailleurs c'est la même chose.

    • Jean-François Trottier - Abonné 29 décembre 2019 11 h 03

      Ah! La Banque Nationale du QUébec!

      La Banque du Canada est une banque de stabilisation de la monnaie, pas un sevice aux clients.
      Celle du Québec...
      Au programme de QS :
      "Un gouvernement solidaire réglementera le système banquier – considéré comme un service public – afin que les banques commerciales reviennent à leur fonction première d’intermédiation entre l’épargne et le crédit, que la spéculation, notamment sur les devises, soit interdite et que les frais administratifs imposés aux clients soient adéquatement contrôlés.

      Spéculation! Quel gros péché! Mais...

      La spéculation sur les devises est l'affaire de toutes les banques et institutions du monde qui fonctionnent avec le marché. La seule façon de s'y soustraire sera de créer un mur dix fois plus haut que celui de Trump, ou comparable à celui de Berlin, et tout autour de Québec.
      Qu'une seule banque s'y soustraie est un enfantillage pour idiots. Comment faire affaire avec le reste du monde alors? Oubliez ça!
      Ou bien, ayez des roubles utilisables uniquement au Québec, comme autrefois l'URSS... et faites faillite.

      Une banque de services, j'insiste sur "services", doit respecter ses clients.
      Certains économisent pour avoir des enfants, ou pour leur retraite, ou pour partir une entreprise seuls ou en groupe. Et d'autres pour rien.
      Tous veulent que leur argent sioit utilisé et rapporte, pour créer des jobs, des entreprises, de l'aide à la construction, tout choses nécessaires.
      C'est ça, la spéculation! Aider les autres pour qu'ils nous aident aussi en retour.
      Que certains l'utilisent pour s'enrichir est en effet moralement indéfendable. QS préfère tout casser. ioupi.

      Une banque de services gouvernementale devra suivre le marché ou mourir.
      Sa mort entraînera une hyper-faillite du Québec.
      Sa survie forcera le gouvernement à trahir tous ses principes, comme tous les gouvernements marxistes du monde.

      Aucun pays scandinave n'a de majorité de parts dans une banque.

    • Jean-François Trottier - Abonné 29 décembre 2019 11 h 21

      Prenons maintenant le passage sur l'organisation de quartier dans la partie "vie politique" de QS.

      Je ne répéterai pas l’article 7.1.2 du programme. Référez-vous à https://api-wp.quebecsolidaire.net/wp-content/uploads/2016/01/18-01958-qs2018_programme-politique_f.pdf

      On y explique comment chaque organisation de quartier pourra sauter par-dessus les pouvoirs de la ville et se rendre au gouvernement.

      Ceci est l'exact équivalent de l'organisation en îlots qui prévalait en URSS.
      Au début, c'est censé servir à véhiculer des messages du bas vers le haut.
      Mais les fonctionnaires auront tôt fait d'utiliser ce contact pour "s'assurer du bien-être" des communautés en trouvant les éléments qui ton buter leurs politiques. Les pas-correct quoi. Que ce soit pour raison de santé mentale, d'esprit créatif, de volonté d'entrepreneurs qui comptent des sociopathes, bien sûr, mais aussi des rêveurs... impossible de faire la différence! Ou encore simplement les opposants, chacun sera listé, puis nommé, puis "suivi", toujours au nom du bien-être de la communauté.
      Il est inacceptable qu'une organisation de quartier soit en contact permanent avec le gouvernement, un point c'est tout Sinon, allô le totalitarisme!
      Ce n'est pas une question de volonté, c'est simplement inévitable : la raison d'état finit toujours par gagner.

      Souvenons-nous que la révolution de 1918 a réussi parce que les gens de voulaient plus de guerre.
      Ça a donné l'un des pays les plus armés au monde, sans parler de la guerre civile de 1918-1922, l'une des pires de l'histoire.
      Ah! Les beaux sentiments!

      Comment parler de "conscientisation des masses" sans en avoir l'air :
      "informer et outiller les citoyennes et citoyens pour consolider leur participation à la vie démocratique".

      Et selon quelle théorie je vous prie? Quelle part sera laissée au libre-choix de pensée?

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 décembre 2019 12 h 06

      "C"est vous qui vous démontrez extrémiste en opposant le communistme et le capitalisme comme étant les deuyx seules possibilités au monde." - Jean-François Trottier

      Jamais je n'ai dit ça.

      Et c'est franchement du gros n'importe quoi qui ne fait qu'afficher votre ignorance.

      "Québec solidaire veut «dépasser» le capitalisme actuel" - La Presse

      "La formation de gauche y propose d'opter pour des alternatives fort différentes sur les plans politique, social et écologique. Soulignant qu'il en existe déjà, comme l'économie sociale, l'agriculture verte et les énergies renouvelables, M. Khadir a invité les Québécois à aller plus loin dans cette direction."

      https://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/200904/30/01-852034-quebec-solidaire-veut-depasser-le-capitalisme-actuel.php

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 décembre 2019 13 h 28

      Extrait du programme de QS :

      7.1.2 Participation citoyenne à la démocratie locale :

      Pour favoriser la participation citoyenne à la démocratie locale, renforcer l’interaction entre les conseils
      municipaux ou d’arrondissement et leurs commettants ainsi qu’encourager une concertation substantielle,
      un gouvernement solidaire :

      a) Encouragera la mise en place aux plans local et régional de mécanismes de démocratie participative,
      délibérative et directe, c’est-à-dire de participation citoyenne :

      i à la démarche de débats et d’échanges permettant d’arriver à une meilleure compréhension des
      enjeux. À cet effet, les citoyennes et citoyens pourront avoir accès à de l’expertise gouvernementale
      et indépendante;

      ii dans certains cas, aux processus de décision, par des mécanismes comme le référendum d’initiative
      populaire et le veto référendaire, qui permettent aux citoyennes et citoyens de voter pour se
      prononcer sur des questions d’affaires publiques de compétence régionale ou municipale, sauf s’il
      s’agit d’un projet à caractère social et collectif;

      iii notamment. établira un mécanisme de révocabilité permettant de destituer des personnes élues
      des municipalités et municipalités régionales de comté en cours de mandat.

      b) Obligera les conseils municipaux et d’arrondissement à mettre à leur programme les projets
      réglementaires d’initiative citoyenne ayant obtenu un appui populaire suffisant.

      c) S’assurera que chaque municipalité et arrondissement fournisse à ses citoyennes et citoyens un espace convenable et une plage-horaire adéquate pour leur permettre de se réunir afin de débattre d’enjeux politiques et de projets émanant des personnes élues, d’élaborer des projets d’initiative citoyenne et de donner suite à ceux qui auront obtenu un appui suffisant. Ces assemblées citoyennes
      devront être régies par un code d’assemblée etc.. etc.. etc..

      Ah..! ..y'a pas è dire..!

      Québec solidaire propose une régime totalitaire où tout est contrôlé par

    • Pierre Desautels - Abonné 29 décembre 2019 13 h 43


      La détestation viscérale de Louis Fournier pour QS n'est plus à démontrer et il ne mettra pas d'eau dans son vin. De même que la détestation de QS pour le PQ est bien présente. Dans le contexte actuel, ce débat sur la convergence est une perte de temps et cette chicane perdure depuis quinze ans. Non, que l'on aime ou non QS et le PQ, ils ne disparaîtront de la carte.

      De toute façon, le PQ actuel a plus d'affinités avec la CAQ qu'avec QS et est à la remorque du gouvernement. Ce parti aurait pu couper l'herbe sous le pied de QS en 2012-2014 en se positionnant au centre-gauche, mais a bizarrement choisi de virer à droite en environnement et avec la charte des valeurs, notamment.

      Dans le débat sur la loi 21, Josée Legault écrivait un papier dernièrement où elle affirmait qu'elle et d'autres indépendantistes étaient contre cette loi et que le positionnement de Jacques Parizeau contre la Charte des valeurs y était pour quelque chose. Celui-ci affirmait que ce débat allait diviser les indépendantistes. Le temps lui a donné raison.

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 décembre 2019 14 h 17

      "De toute façon, le PQ actuel a plus d'affinités avec la CAQ qu'avec QS et est à la remorque du gouvernement."- Pierre Desautels

      I'll drink to that!

      - Enfin une parole sensée.

      Car c'est effectivement le PQ qui s'est tiré dans le pied en déroulant le tapis rouge au nationalisme identitaire avec sa Charte des valeurs pour éviter de s'engager sur la voie de l'indépendance. Et la CAQ n'a tout simplement eu qu'à saisir le ballon au vol.

      Ceci dit, il y a plus que la loi 21 qui divise les indépendantistes, mais toute la question de l'économie néolibérale endossée autant par le PQ que la CAQ et les libéraux.

    • Jean-François Trottier - Abonné 29 décembre 2019 14 h 28

      Oh pardon, M. Montmarquette.
      Vous avez dit ça exactement!

      Quand, au sujet d'une critique sur le communisme, vous partez en guerre contre le capitalisme, comme ceci :

      "Si votre idée est de critiquer le communisme à cause de son âge, sachons alors que le capitalisme est pris dans une faille spatio-temporelle depuis au moins 700 ans."

      La forme "si...alors" ne peut absolument pas prêter à confusion. C'est soit une proposition logique, soit une opposition sémantique.

      Aucun autre cas n'est possible.

      Vous avez opposé le communisme et le capitalisme comme les deux seules possibilités. pAs moi, pas M. Dionne, vous et vous seulement.
      Ici comme ailleurs, Vous mentez plus, et plus mal, que Charest l'a jamais fait.

      Revenez-en de nous prendre pour des cons.

      Répondez donc aux critiques plutôt que d'essayer de faire dérailler avec vos fausses réponses.

      Je parle des cririques sur votre programme et votre plate-forme, i.e. "La Liste", votre truc numéro 4, juste avant de passer aux attaques personnelles.

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 décembre 2019 18 h 46

      "Si ce n'est pas du socialisme exacerbé à la sauce résolument communiste, çà, je me demande bien ce que c'est..." - Yvon Pesant

      - Eh bien !

      - Voilà un commentaire à la sauce Maurice-Duplessiste ! ..lol!"..

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 28 décembre 2019 06 h 21

    Excellent texte ! Du Louis Fournier à son meilleur !

    Les quésolistes radicaux vont se déchaîner.

  • Gilles Delisle - Abonné 28 décembre 2019 07 h 47

    L'attrait du pouvoir à tout prix, à n'importe quel prix!

    Vous avez entièrement raison, M. Fournier. Le seul groupe qui pourrait retarder la naissance du pays '' Québécois'' est le parti QS, qui voudrait prendre la place que le PQ occupe , depuis sa création, dans la population, quitte à faire déraper tout processus menant à une convergence des forces souverainistes, pour s'approprier, seul, les lauriers de la victoire de la souveraineté.

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 décembre 2019 14 h 48

      "Québec solidaire, qui voudrait prendre la place que le PQ occupe depuis sa création dans la population."- Gilles Delisle

      Vous divaguez.

      Le parti qui prend la place du PQ, c'est la CAQ, pas Québec solidaire.

      L'électorat progressiste et inclusif de Québec solidaire, n'a rien à voir avec l'électorat xénophobe identitaire du PQ.

      Le PQ a d'ailleurs démontré son total manque de jugement politique là-dessus en s'attaquant à continuellement un parti de trois députés durant toutes les dernières élections, pendant que la CAQ ne cessait de manger dans son râtelier.

      Et vous remarquerez que ces deux de piques politiques incapables d'apprendre de leurs erreurs continuent de faire la même chose en s'attaquant continuellement à Québec solidaire et laissant tout le champ libre aux fédéralistes de la CAQ.. - Quel brio !

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 28 décembre 2019 08 h 27

    « Pour faire (sic) l’indépendance (…) » (Louis Fournier, journaliste)



    ... Pour réaliser l’indépendance…

    … afin d'écrire un français qui n'use pas systématiquement du verbe faire.

    Par exemple, je songe à la profusion des verbes «faire et trouver» qui émaillent les textes d'une revue littéraire comme «Les Libraires», laquelle présente une prose qui étonnamment n'est pas littéraire.

    • Louis Fournier - Abonné 28 décembre 2019 10 h 11

      M. Lacoste, merci de votre commentaire, mais... Concernant le verbe «faire», je vous rappelle cette petite phrase maintenant célèbre de notre grand poète national Gaston Miron : « Tant que l'indépendance n'est pas faite, elle reste à faire.» (Gaston Miron, Un long chemin : proses 1953-1996, L'Hexagone, Montréal, 2004). Bonne Année 2020 et l'indépendance avant la fin de nos jours !

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 28 décembre 2019 14 h 42

      Bien répond, euh !... répondu.

  • Claude Bariteau - Abonné 28 décembre 2019 08 h 41

    Un langage commun, lorsque l'objectif est de créer un nouveau pays, doit avoir pour assise fondamentale la citoyenneté dans ce nouveau pays et ses corolaires : un régime politique républicain ; un système politique à mettre en place à la suite d’un référendum après que l'indépendance du Québec ait été reconnu par le peuple québécois lors d'un référendum contenant une entente sur ses suites avec le Canada ou à l'occasion d'une élection plébiscitaire.

    Dit autrement, unir les indépendantistes passe par le partage d’une citoyenneté québécoise à fonder politiquement par les futurs citoyens et les futures citoyennes, car, dans une démarche démocratique, doit être mis de l’avant ce qui fondera la citoyenneté québécoise et ce qui la différenciera de la citoyenneté canadienne, américaine, française ou britannique.

    Créer un État souverain implique de créer une nouvelle citoyenneté. Ce n’est pas l’affaire d’un parti, mais celle des futures citoyennes et des futurs citoyens comme sera leur affaire de se doter d’un système politique différent de celui monarchiste constitutionnel canadien et de baliser l’étanchéité entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire et de choisir le président du Québec en précisant ses responsabilités.

    Une telle démarche implique au préalable la création de l’État indépendant du Québec, un préalable incontournable qui n’empêche pas de faire de la citoyenneté le moteur de cette création puisqu’elle le deviendra. Là se trouve le défi des promoteurs de l’indépendance. Il implique de privilégier la citoyenneté plutôt qu’une lecture ethnoculturelle de peuple fondateur ou socialisante d’une avant-garde auto-définie.