Les femmes trans ne sont pas des hommes déguisés en femmes

Une marche des fiertés à Atlanta, en octobre 2019
Photo: Robin Rayne Associated Press Une marche des fiertés à Atlanta, en octobre 2019

Mme Francine Pelletier,

Le jour où paraissait votre chronique « Va, vis, deviens », un triple meurtre était commis à Montréal. Une femme et ses deux enfants périrent par la main d’un ex-conjoint qui se donna ensuite la mort. Une histoire qui se répète trop souvent.

Quelques jours plus tôt, le soir du 6 décembre, je suis allée commémorer le féminicide de Polytechnique avec ma fille trans de 19 ans. C’était émouvant pour moi d’être là avec elle, en sachant bien que selon les statistiques et les recherches, elle est plus susceptible de se faire agresser et violenter que moi, par exemple.

Peut-être que ces circonstances ont fait que j’ai trouvé particulièrement triste et choquante la conclusion de votre chronique : « il est temps de trouver un compromis qui les protège [les femmes] tout en permettant aux personnes trans de vivre en paix ».

On dirait vraiment que d’après vous, les femmes trans sont dangereuses au point où il faudrait les séparer des « vraies » femmes… Mme Pelletier, les femmes trans ne sont pas des hommes déguisés en femmes avec l’idée d’abuser de celles-ci ou d’accaparer des avantages qu’elles ont chèrement acquis. Ce serait se donner pas mal de trouble, en fait…

Êtes-vous sérieuse quand vous vous indignez qu’un centre d’aide aux victimes de viol de la Colombie-Britannique perde son financement parce qu’on refuse d’y admettre des femmes trans ? C’est horrible ! J’imagine avec douleur ma fille se faire violer et être refusée aux portes d’un centre d’aide parce qu’elle est trans. Que lui resterait-il à faire ? Cette idée est répugnante et combien douloureuse.

Tous les exemples utilisés dans cette chronique donnent dans la démagogie pure. Vous savez bien que ce n’est pas la minorité de femmes trans athlètes qui crée l’injustice pour les sportives professionnelles. Tout le système en place fait que les femmes athlètes gagnent moins d’argent, que plusieurs ont été agressées sexuellement par leurs entraîneurs, qu’elles sont moins présentes que les hommes dans les médias. Vous savez bien que plusieurs femmes cisgenres sont violentes dans les prisons, pourquoi donner l’exemple d’une femme trans violente et taire les autres ? Qu’est-ce que vous essayez de prouver ?

Votre chronique a fait mal, parce que vous êtes lue et respectée et que vous avez contribué à la propagation de clichés, de méfiance, et que vous remettez en cause la solidarité entre femmes. La transsexualité semble vous dépasser comme réalité. Vous n’arrivez pas à remettre en question votre définition de ce qui est féminin et masculin. Faites donc comme nous, ceux et celles qui ont dû accepter et comprendre et revoir leur définition de ce qu’est le genre et de comment cela se vit chez une personne trans ou non binaire.

J’aime beaucoup citer la parole d’un petit garçon trans de moins de cinq ans (hé oui, l’identité de genre est un concept qui nous arrive vers les trois ans) qui a dit à ses parents : « Je n’aime pas la fille qui est sur moi. » Comprenez-vous ? Faites un effort, parce qu’il est temps que nous mettions nos limites à endurer des textes aussi irresponsables que celui que vous avez publié.

La réponse de la chroniqueuse

Ma chronique ne cherchait pas à remettre en cause la discrimination que vivent les femmes trans, loin de là. Elle cherchait à poser des questions sur un sujet qui n’a jamais été abordé de front, ailleurs que dans les universités, et n’a jamais été largement débattu avant les changements législatifs imposés à cet égard. Vous ne trouvez pas curieux que toutes les grandes causes — qu’il s’agisse des femmes, des Noirs, des travailleurs ou des gais — aient mis des années, voire des siècles avant d’être reconnues et que celle-ci, l’identité de genre, s’est imposée comme par magie ? Moi, oui.

Tout se passe comme si la discrimination que vivent les personnes transgenres rendait impossible tout questionnement ultérieur. La moindre critique se voit taxée de « démagogie pure », et j’en passe. Vous dites vous-même que la définition du féminin et du masculin devrait céder le pas à la nouvelle définition du genre sans jamais expliquer pourquoi quelque chose d’aussi essentiel que les balises sexuelles, qui nous définissent, devrait soudainement sauter parce que certaines personnes ne s’y sentent plus à l’aise. Si une femme trans demeure biologiquement un homme, et c’est souvent le cas, ce n’est ni farfelu ni discriminatoire de se poser la question de son acceptabilité dans un centre d’aide aux victimes de viol ou encore, lors d’une compétition sportive. C’est une question à la fois de justice sociale (pour les autres femmes qui sont en majorité) et de gros bon sens.


Francine Pelletier
 

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39 commentaires
  • Raymond Labelle - Abonné 23 décembre 2019 02 h 15

    Le problème de l’essentialisation.

    « J’ai des chromosomes XY mais dans ma tête, je me sens femme».

    « Se sentir femme » implique d’attribuer une essence à ce que c’est que d’être « femme » et à s’y identifier. Or, beaucoup de féministes s’esquintent à combattre le processus d’identification à une perception essentialiste de ce que serait "être femme", envers les personnes à chromosomes XX et chez ces personnes mêmes. Cela pose quelques questions légitimes.

    • Jérémy Champagne - Abonné 23 décembre 2019 07 h 59

      A contrario, beaucoup de féministes dites différentialistes se réclament d'un éternel féminin.
      Mais peut-être les féministes ne sont-elles pas les plus à même de comprendre les réalités trans, d'autant que le féminisme et la transphobie ne sont pas incompatibles, comme en témoigne la popularité récente du "TERFisme".

    • Raymond Labelle - Abonné 23 décembre 2019 09 h 19

      En tout cas, le principe de l'éternel féminin va à l'encontre de l'idée de base du "Deuxième sexe" de Simone de Beauvoir: "On ne naît pas femme, on le devient".

    • Annie-Ève Collin - Abonnée 23 décembre 2019 11 h 03

      @Jérémy Champagne, en persistant à présenter comme de la transphobie le fait que les femmes demandent qu'on se souvienne qu'elles ont des intérêts sexo-spécifiques qui ne sont pas partagés par les trans de sexe mâle, ne vous attendez pas à susciter plus d'ouverture face aux revendications des personnes trans. Au fait, l'appellation respectueuse est féministe critique du genre, pas TERF.

    • Jérémy Champagne - Abonné 23 décembre 2019 14 h 16

      "Trans-exclusionary radical feminists" est un syntagme historique, pertinent et lucide, que les partisan.e.s de la xylolalie assimileront à la simple critique du Gender si elles.ils le veulent. Cordialement...

  • Hélène Gervais - Abonnée 23 décembre 2019 06 h 52

    C'est devenu très compliqué...

    Je comprends cette mère qui a une fille transgenre de défendre son point de vue et elle a toute mon admiration. Par contre, je comprends aussi le point de vue de Mme Pelletier, car que vous le vouliez ou non un garçon qui devient une fille garde tout de même sa force de garçon. Aussi il devient de plus en plus compliqué de se faire une opinion, c'est peut-être une bonne chose remarquez, car comme cela nous ne restons pas figés dans nos opinions. Mais à vrai dire, le commun des mortels comme moi, ne s'y retrouve plus dans toutes ces expressions et ces changements de sexe.

    • Mathieu Charlebois - Abonné 23 décembre 2019 07 h 21

      C'est quoi, «uhe force de garçon»?
      Parce que moi, bien que je sois un homme de 38 ans, il y a bien des femmes qui peuvent me casser la.gueule sans trop se forcer.

    • Annie-Ève Collin - Abonnée 23 décembre 2019 11 h 08

      "Parce que moi je suis une exception, alors il faut prétendre que les généralités n'existent pas." Votre argument, c'est essentiellement ça, Monsieur Charlebois, et c'est un sophisme très prisé par ceux qui veulent nier la réalité des sexes parce que la minorité formée par les trans n'aime pas cette réalité.

    • Léonce Naud - Abonné 23 décembre 2019 12 h 30

      Mathieu Charlebois - Un poème de circonstance.

      « Je suis un fils déchu de race surhumaine,
      Race de violents, de forts, de hasardeux,
      Et j’ai le mal du pays neuf, que je tiens d’eux,
      Quand viennent les jours gris que septembre ramène.
      Tout le passé brutal de ces coureurs des bois :
      Chasseurs, trappeurs, scieurs de long, flotteurs de cages,
      Marchands aventuriers ou travailleurs à gages...»

      Alfred Desrochers, poète (1901-1978)
      https://journallemonteregien.com/un-fils-dechu-de-race-surhumaine/

    • Serge Lamarche - Abonné 23 décembre 2019 22 h 38

      Je crois que la question se simplifierait si on leur demandait leur position face a un homme trans (i.e. homme devenu femme). Acceptée ou rejetée?

  • Françoise Labelle - Abonnée 23 décembre 2019 07 h 14

    Et pourtant elle tourne

    Mme Pelletier,
    vos balises sexuelles fondées sur le gros bon sens sont fausses, même si elles vous rassurent. Bien des conditions médicales intermédiaires les rendent caduques. Peut-être devriez-vous les remettre en question?
    Par exemple, le syndrome des ovaires polykystiques, un trouble hormonal qui touche entre six et dix pour cent des femmes. Le SOPK se caractérise par une augmentation inhabituelle de la production d’androgènes (hormones mâles) dans les ovaires, ce qui perturbe la production d’ovules.
    On a voulu exclure Caster Semenya et Dutee Chand des olympiques parce que caractérisées par l'hyperandrogénie. On trouve le syndrome inverse chez l'homme qui affecte la pilosité, la musculature, la descente des testicules. Ne devrait-on pas aussi exclure les grandes femmes, à la musculature développée, les mannequins de 1,80m pour ne pas nuire à la majorité des femmes de taille moyenne, réduite ou charnue? Et pourquoi pas celles qui sont peu féminines? Que faites-vous des cas d'inter- et de transsexualité? Où tracez-vous la ligne? L’homosexualité se manifeste tôt dans la vie. Ne viole-t-elle pas les balises du gros bon sens? Un homme qui vole un homme à une femme ne lèse-t-il pas cette femme? Enfin les cas d'inter- transexualité sont connus depuis au moins un siècle. Le sujet n'est pas nouveau, sauf pour vous.
    Et pourtant elle tourne, aurait répondu Galilée au gros bon sens. Anne Fausto-Sterling explique en quoi vos balises évidentes sont fondées sur l'ignorance.
    « Gender/Sex, Sexual Orientation, and Identity Are in the Body: How Did They Get There?» Annual Review of Sex Research, 2019

    • Raymond Labelle - Abonné 23 décembre 2019 12 h 26

      Si vous concluez que la différenciation sexuelle est un artifice, qu'il n'y a pas d'essence féminine (ou masculine ou autre), alors de façon conséquente l'idée de "se sentir femme" et de s'identifier à ce sexe ne peut être qu'une erreur d'appréciation, peu importe qui on est.

      Ce qui est en cause ici, est l’auto-identification psychique.

      Même dans un cas corporel qui, en se fiant aux balises sociales, serait à un bout du spectre correspondant le plus à l’image sociale d’une essentialisation d’un sexe donné, en ajoutant l’orientation sexuelle correspondante, même dans ce cas, donc, qui donne le plus possible l’illusion d’être clair, s’auto-identifier comme de ce sexe est un processus à la fois psychique et social, qui ne définit pas la personne. Car la perception de ce qu’est ce sexe, ou l’identification même de ce sexe, est une construction psychique et sociale.

      À plus forte raison, ou du moins tout autant, devrait-il alors s’agir d’une erreur dans les cas ne donnant pas l’illusion sociale d’être aussi clairs.

      On ne peut pas dire ces deux choses en même temps :
      - Percevoir (soi ou l’autre) comme d’un sexe donné, comme s’il existait des caractéristiques fondamentales d’un sexe ou d’un autre, est une erreur;
      - Un chromosomé XY qui se perçoit comme « femme » (qu’est-ce qu’ « être femme »?) a une juste perception.
      Ces deux propositions sont mutuellement exclusives. Il faut choisir.

      En fait, il est dangereux de s’auto-étiqueter comme quoi que ce soit, que ce soit par une caractéristique perçue comme sexuelle ou autrement, ou d’étiqueter les autres. Chaque être humain est une personne, point final.

  • Mathieu Charlebois - Abonné 23 décembre 2019 07 h 42

    Désolé, chères personnes trans, mais vous n'avez pas encore assez soufferts

    Bref, votre réponse, madame Pelletier, c'est de trouver que l'on n'a pas encore assez débattus des droits de base des personnes trans. C'est pas juste. Tous les autres, que ce soit les femmes ou les personnes noires ou les gais, ont dû attendre des années avant d'avoir tous leurs droits. Pourquoi les trans devraient-elles s'en tirer si facilement? «Comme.par magie». Ce qu'il ne faut pas lire...

    Vois pourriez vous demander s'il ne serait pas à propos d'offrir plus de ressources aux personnes trans, comme des refuges qui leur seraient consacrés et pourraient mieux traiter leur réalité.
    Mais non. Vous préférez les présenter comme de fausses femmes qui menacent les vraies femmes. Des humains mais pas tout à fait. Votre angle, c'est toujours la méfiance et le danger.

    C'est là où votre réflexion est dégueulasse. Plutôt que de tendre la main à celles et ceux qui ont besoin d'aide et de soutien, vous ne les traitez toujours que comme une menace. Une sombre organisation en marche pour voler quelque chose aux femmes.

    Vous n'êtes pas une courageuse chroniqueuse qui conteste l'ordre établi et brasse la cage. Vous êtes une bully qui braque son groupe contre un autre groupe, plus fragile et plus menacé encore, plutôt que d'être la compagne de luttes que vous auriez été à une autre époque.

  • Jean Thibaudeau - Abonné 23 décembre 2019 08 h 05

    Triste réquisitoire

    Je pardonne volontiers à Mmes. Cousineau et Torres de réagir comme elles le font, étant mêres de trans. Mais visiblement, cette situation les aveugle complètement face à la réalité, et c'est bien triste. D'autant que cela les amène même à perdre conscience du sens du mot "féminisme".

    Il n'y a pourtant rien de sorcier dans tout ça. L'humanité a de tout temps basé l'identité de ses membres en deux sexes: celui qui peut porter un enfant en lui pendant la gestation et celui qui ne le peut pas. C'était et ça demeure une question fondamentale de survie. Tout ajout à ces définitions sont de l'ordre du subjectif, même s'il existe une très forte corrélation avec certains critères comme les organes génitaux externes, par exemple).

    C'est une erreur profonde de vouloir lier la protection des trans contre la discrimination à leur acceptation symbolique dans le groupe identitaire du sexe de leur choix. Outre que cela ne sera jamais accepté par la population, ce n'est pas ça qui les empêchera d'être (hélas) l'objet d'attitudes négatives à leur endroit de la part de ceux qui rejettent les différences de toutes natures.

    Ce n'est pas les aider que d'essayer de leur éviter artificiellement de s'assumer comme ce qu'ils/elles sont: des trans, tout bonnement. Et de forcer les élus et les électeurs à embarquer dans une mascarade insensée, plutôt que de chercher des aménagements à l'intérieur de la Réalité, et sans pour autant reculer sur les droits durement acquis par les femmes.

    Je rajoute que Mmes. Cousineau et Torres doivent reconnaître qu'une large partie des ACTIVISTES trans (j'insiste sur le mot) fait partie désormais des pires misogynes des sociétés occidentales.

    • Nicolas Longtin-Martel - Abonné 23 décembre 2019 10 h 57

      Les femmes stériles et celles qui choisissent de ne pas avoir d'enfant ne sont donc pas des femmes? Quels propos réducteurs!

      Je vous pardonne volontier de réagir comme vous le faites, étant cis. Mais visiblement, cette situation vous aveugle complètement face à la réalité, et c'est bien triste. D'autant que cela les amène même à perdre conscience du sens du mot "féminisme".

      Il n'y a personne qui demande de reculer sur les droits acquis des femmes, au contraire, les personnes trans se battent pour les mêmes droits: PMA, égalité salariale, contre le harcèlement de rue, contre les discriminations, pour l'accès à l'avortement, pour des meilleurs cours d'éducation sexuelle, contre la pauvreté, autonomie corporelle, etc.

    • Pierre Fortin - Abonné 23 décembre 2019 11 h 37

      Monsieur Thibaudeau,

      Il est difficile de vous contredire lorsque vous affirmez « L'humanité a de tout temps basé l'identité de ses membres en deux sexes: celui qui peut porter un enfant en lui pendant la gestation et celui qui ne le peut pas. C'était et ça demeure une question fondamentale de survie. Tout ajout à ces définitions sont de l'ordre du subjectif [...] ».

      Mais n'est-ce pas cet « ordre du subjectif » qui imprègne nos rapports humains et nous permet de bien vivre ensemble malgré nos différences parfois rebutantes pour autrui ? Il y a notamment la culture et la tolérance qui, dans une certaine mesure, nous permettent de dépasser, sans la renier, notre nature animale. Et cela peut jouer pour le melleur comme pour le pire.

      Par exemple, s'il faut en croire Emmanuel Todd, Homo sapiens a toujours bien toléré l'homosexualité, surtout chez les femmes mais aussi chez les hommes. Ce n'est qu'avec l'apparition des monothéismes qu'est apparu cet esprit sectaire qui condamne l'homosexualité en nous faisant voir le monde en bien et mal selon le dogme en vigueur.

      Alors même si « l'humanité a de tout temps basé l'identité de ses membres en deux sexes », l'histoire nous montre bien que les jugements portés sur les comportements humains ont beaucoup évolué et, je l'espère, vers plus d'humanité et de tolérance. Les débats sur les LGBTQ et als. sont trop souvent détournés par le désir d'imposer les conclusions définitives d'un rationnalisme étroit.

      Ce sont des débats comme celui-ci qui font évoluer les esprits et, pour peu qu'on y respecte les opinions diverses, qui nous permettent de construire un mode de vie convivial plutôt que d'ostraciser par un réflexe grégaire de rejet des différences.

    • Jean Thibaudeau - Abonné 23 décembre 2019 14 h 24

      @ Nicolas Longtin-Martel
      Il fallait bien que quelqu'un se charge de ramener cet éternel argument fallacieux visant à discréditer le type de discours que je tiens. Je m'étais retenu de mon envie de discarter d'avance cette interprétation biaisée dans mon texte, mais, puisqu'il faut ENCORE remettre les points sur les "i"...

      Evidemment que les femmes stériles (et encore moins celles qui choisissent de ne pas avoir d'enfant) ne sont pas exclues. Pas plus que les hommes stériles ne sont exclus du groupe des hommes pour autant. Il n'est jamais venu à l'idée de personne de nier l'appartenance à l'espèce humaine de quiconque a une malformation congénitale ou accidentelle qui le rend différent de la description classique qui est faite des humains.

      Les trans-h@f, eux, ne peuvent enfanter pour une raison qui n'a rien à voir avec une malformation. C'est une réalité biologique que rien ne peut altérer, même quand ils se font opérer au niveau de leurs organes génitaux.ou qu'ils prennent des hormones pour APPARAÎTRE autres que ce qu'ils sont. Était-ce donc nécessaire d'avoir à répéter pareilles vérités de La Palisse?

      Il ne revient par ailleurs ni à vous ni aux trans de décider unilatéralement à la place des femmes ce qu'elles considèrent nécessaire à leur protection et à leurs droits. Et ce n'est pas parce qu'il existe certaines réclamations en commun entre les trans et les femmes que ça exclut d'autres éléments qui soient spécifiques. Ça non plus, il me semble qu'on devrait pas avoir à redire pareilles évidences.

    • Jean Thibaudeau - Abonné 23 décembre 2019 14 h 45

      @ Pierre Fortin
      La vaste majorité des différences qui donnent lieu à des attitudes discriminatoires relève au contraire précisément de cet « ordre du subjectif qui imprègne nos rapports humains » et rend si compliqué de bien vivre ensemble.

      L'évolution que vous évoquez ne peut jamais s'établir sur la base fragile de dénis de réalité. Il ne s'agit nullement, dans le présent cas, d'un "rationnalisme étroit" (ni même d'un rationnalisme tout court). C'est au contraire la tentative de certains activistes de nous faire tomber dans l'irrationnel au nom de bonnes intentions qui pose problème.