La chiropratique loin d’être approximative!

Près d’un Québécois sur cinq consulte un chiropraticien.
Photo: iStock Près d’un Québécois sur cinq consulte un chiropraticien.

Le mercredi 6 novembre dernier, l’éditorialiste Jean-Robert Sansfaçon basait sa chronique sur la réforme du Programme de l’expérience québécoise. Il y décrivait les changements proposés par le ministre Simon Jolin-Barrette « d’absurdes, dépassés, injustes, contre-productifs… »

L’une des opinions énoncées par M. Sansfaçon pourrait se voir attribuer les mêmes qualificatifs. En effet, il mentionne que la proposition du ministre n’inclut « que 7 doctorats, dont la chiropratique, cette profession approximative interdite dans tout établissement public du Québec ». Cette affirmation démontre une réelle méconnaissance de la profession chiropratique, et une mise au point allait de soi.

D’entrée de jeu, convenons que la chiropratique n’est plus ce qu’elle a déjà été. La profession a évolué considérablement au cours des 25 dernières années. Le Québec peut compter sur l’expertise de plus de 1350 chiropraticiens qui, pour une grande majorité, sont issus du programme de doctorat de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

D’une durée de 5 ans, il est offert depuis 1993 à l’UQTR, première institution dans le monde à avoir offert cette formation doctorale en français. Le programme de 245 crédits comprend près de 5000 heures de formation théorique et pratique. Nous sommes donc bien loin d’une profession approximative !

Mais quel est le rôle du chiropraticien ? Le chiropraticien est un expert du diagnostic, du traitement et de la prévention des troubles neuromusculosquelettiques (NMS), soit le système nerveux, le système musculaire et le squelette. Il met également l’accent sur les effets de ces troubles sur l’état de santé général de la personne, afin que celle-ci recouvre et maintienne une santé optimale.

Près d’un Québécois sur cinq consulte un chiropraticien pour des douleurs au dos, à la hanche, au genou, pour des maux de tête ou des migraines, pour des problèmes d’épaule, des bursites, des entorses, des fasciites plantaires, et j’en passe.

Nous, chiropraticiens, sommes en mesure de poser des diagnostics relatifs au domaine NMS. La Cour d’appel a d’ailleurs tranché en 2005, dans un jugement unanime, de la légalité pour les chiropraticiens de poser des diagnostics dans leur domaine d’exercice, confirmant ainsi que l’établissement des diagnostics n’est pas exclusif aux médecins.

Vétuste

 

Il n’en demeure pas moins que l’actuelle Loi sur la chiropratique est vétuste et nous empêche de jouer un rôle optimal pour contribuer au système de santé. En effet, la Loi sur la chiropratique du Québec, qui régit l’exercice des chiropraticiens au Québec, a été adoptée en 1973, il y a 46 ans, et a besoin d’être modernisée afin qu’elle soit mieux adaptée à l’exercice de la profession d’aujourd’hui et rédigée selon les nouveaux critères de la législation professionnelle afin, notamment, de mieux protéger le public. Depuis 15 ans, l’Ordre des chiropraticiens demande au gouvernement du Québec, toutes allégeances confondues, de moderniser cette loi.

Il y a eu une tentative au début des années 2000, avec le projet de loi 90 qui visait à moderniser le système professionnel et à favoriser l’innovation et de nouvelles formes de collaboration entre les professions. Plus de 11 professions de la santé et des services sociaux ont été touchées par l’adoption de ce projet de loi en 2002. Mais le projet de loi visant le même objectif pour les professions de la santé du secteur privé n’est jamais venu, laissant ainsi dizaines de milliers de professionnels de la santé dans un flou juridique, y compris tous les chiropraticiens.

Récemment, l’Ordre des chiropraticiens du Québec a entamé une tournée de près d’une vingtaine d’ordres professionnels de la santé afin de les sensibiliser à l’importance et à la pertinence de moderniser la Loi sur la chiropratique. Cette modernisation permettrait aux chiropraticiens de jouer pleinement leur rôle. La collaboration interprofessionnelle est la clé du succès pour un meilleur accès aux soins de première ligne pour les patients québécois. Nous avons tous quelqu’un dans notre entourage qui « ne jure que par son chiro » et qui le recommande sans hésitation. Cette relation de confiance s’est développée au fil des ans grâce au professionnalisme et à l’engagement de tous ces professionnels.

Nous pouvons en faire davantage pour nos patients, mais pour y arriver, nous devons être régis par une loi moderne qui tienne compte de la réalité et qui reconnaisse la contribution significative de notre profession au système de santé.

 

Et j’émets également le souhait qu’une modernisation de la loi sur la chiropratique et une reconnaissance de notre expertise vienne confondre tous les sceptiques qui disposent de renseignements approximatifs sur notre profession.

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