Changements climatiques: ce qui est faisable et ce qui ne l’est pas

«Les changements technologiques pour réduire les GES sont gigantesques et, surtout, ne relèvent pas de la volonté politique», estime l'auteur.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Les changements technologiques pour réduire les GES sont gigantesques et, surtout, ne relèvent pas de la volonté politique», estime l'auteur.

Il y a réchauffement climatique, la cause est entendue au point de vue scientifique ; selon l’Organisation météorologique mondiale, les années 1990-2019 furent 0,5 °C plus chaudes que les années 1950-1980. Que faire ? Concernant les gestes à faire sur les changements climatiques, il est dans l’air du temps de considérer tous les politiciens comme des irresponsables, des inconscients, des ignorants, voire des individus stipendiés par l’industrie pétrolière. Ils n’agissent pas ou pas assez au goût de certains, et des manifestations monstres ou spectaculaires sont destinées à les faire bouger. En somme, on s’accorde à penser que les politiciens ont actuellement le pouvoir de freiner les changements climatiques et ne le font pas. Or je crois qu’ils n’ont pas vraiment ce pouvoir. Voici quelques exemples concrets.

Le transport aérien est un grand émetteur de GES (gaz à effet de serre). Sur la Terre, on compte présentement 27 000 avions de ligne, plus les avions militaires et privés. En 2017, ils ont transporté environ 4 milliards de passagers. Il y aurait des avions en construction pour une valeur de 4000 milliards de dollars. Le voudrait-il, aucun politicien n’a le pouvoir d’interdire ou de réduire les vols et la mise en service de ces avions.

Il en est ainsi pour le transport maritime, colonne vertébrale de l’économie mondiale : on estime qu’il y aurait en même temps environ 10 000 cargos sur les mers de la planète. Tous ces cargos fonctionnent au diesel, grand émetteur de GES. Aucune solution n’existe autrement que dans des hypothèses théoriques ou hypermarginales. À moins de supprimer le commerce mondial ?

Continuons : l’asphalte qui couvre nos rues et nos routes est un résidu direct du pétrole (le bitume). On veut bien éliminer le pétrole, mais cela aurait des conséquences autres que sur les moteurs de nos autos. Personne ne veut retourner à la gravelle. Il en va de même pour le ciment, utilisé dans toutes nos constructions. Sa fabrication exige des fours très chauds et, présentement, seuls le charbon et le gaz peuvent entretenir de tels fours. Va-t-on exiger d’un politicien qu’il interdise l’asphalte et le ciment dans son pays ou sa province ?

Cela s’applique aussi à l’acier, une autre base technologique de nos sociétés. Les sidérurgies s’alimentent toutes au charbon ou au gaz, même si cela se passe surtout en Chine ou en Inde. Qui va interdire l’acier sur son territoire ?

Un dernier exemple : on estime que, sur la planète, 95 % des gens cuisinent sur des gazinières, c’est-à-dire des cuisinières au gaz. Les cuisinières électriques sont rarissimes ailleurs qu’en Amérique du Nord. Vous avez une solution applicable rapidement pour remplacer tout cela ?

Changements gigantesques

Arrêtons là nos exemples : ils suffisent, je pense, à démontrer que les changements technologiques pour réduire les GES sont gigantesques et, surtout, ne relèvent pas de la volonté politique. Trouver un substitut à l’asphalte et au ciment, inventer des moteurs d’avion sans GES sont des problèmes scientifiques immenses sur lesquels François Legault ou Justin Trudeau ne peuvent pas vraiment agir à court terme. Cela prendra des décennies pour transformer tous ces moyens de transport et de fabrication, par exemple par des moteurs à hydrogène. Sautiller sur place en criant à l’extinction ne mène nulle part. Depuis un million d’années, l’humanité s’est adaptée à des modifications constantes de son environnement et continuera à le faire.

Tout mettre dans le même sac devient pervers, car il y a effectivement des secteurs où la volonté politique peut faire une différence : éliminer le chauffage domestique au mazout, vendre davantage d’électricité aux États-Unis, établir un recyclage réel des déchets plastiques, financer les recherches sur le moteur à hydrogène, réglementer les sacs à usage unique, agir pour que les manufacturiers réduisent le suremballage. Voilà des actions réelles à portée de l’action politique concrète et à court terme. Au total, il n’est pas besoin d’invoquer la fin du monde, l’Apocalypse, la destruction de l’humanité et créer ainsi une éco-anxiété qui risque d’être plus démoralisante que productive.

Ajoutons qu’à très long terme, la seule manière de réduire la pression sur notre environnement, sur la biodiversité, sur les sources d’eau potable, sur les cultures, de réduire les GES significativement est de réduire la population de la planète. Chaque humain est un émetteur de GES et la population qu’on nous annonce dans 50 ans constitue une immense catastrophe. Une politique démographique, cela est à la portée des acteurs politiques.

Et pour finir : sachant que le Québec est responsable de 12 % des émissions canadiennes de GES, qui elles-mêmes représentent 1,6 % des émissions mondiales, disons-nous que le vrai problème n’est pas d’abord chez nous, mais en Chine, en Inde et aux États-Unis. Payer une centrale nucléaire en Inde, qui émet zéro GES, pour y fermer une ou deux centrales au charbon est sans doute le geste ayant le plus d’impact global que nous pouvons faire!

Bien sûr, nous ne versons pas dans la surenchère d’épithètes pour qualifier la venue de l’Apocalypse, qui devient le discours dominant sur les changements climatiques. Mais il se rattache vraiment à la réalité du pouvoir politique : ce qui est faisable et ce qui ne l’est pas.

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57 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 28 octobre 2019 03 h 35

    L'enjeu n'est pas de faire disparaître la production de GES mais de la ramener à des pourcentages qui assurent le maintien d'une production qui ne contribue pas au déséquilibre écologique planétaire.

    Alors opposer l'action des décideurs politiques à celles des moyens de transports qui polluent et parler de pourcentage de GES par pays peuvent s'avérer un biais analytique.

    Si la cible est de ramener la production de GES à un équilibre non destructeur, il importe de cibler tout ce qui contribue au déséquilibre et tout ce qui peut ramener à l'équilibre et ce, quels que soient les pays en cause.

    Cela dit, ce qui devient la cible est le point tournant négatif et le point tournant positif à l'échelle planétaire et les actions entreprises pour diminuer le négatif et hausser le positif en identifiant les moyens et en assurant un suivi collectif serré par un organisme ayant des moyens de coercition et de financement de l'innovation, car l'enjeu est précisément planétaire.

    Sans moyens de coercition et d'innovation collectivement orchestré, ce sera du « va-comme-je-te-pousse » avec une suite déjà prévisible alors que la question qui se pose à l'échelle planétaire est d'inverser le prévisible pour vivre dans un univers avec plus d'espoir que de désespoir.

    Votre conclusion dit que le problème est l'Inde et la Chine avec plus de 1,3 milliards d'habitants et les pays où la population est en hausse.

    Quelles sont, devriez-vous vous demander, leurs incidences sur la hausse et sur la baisse des GES à l'échelle mondiale ? La même question doit être posée à tous les pays et à toutes les entités subalternes dans les pays. Mais surtout faut-il se demander qu'est-il y fait pour diminuer la production de GES, incluant celle générée par les transporteurs marins, aériens et terriens qui assurent la connectivité entre eux.

    • Nadia Alexan - Abonnée 28 octobre 2019 10 h 10

      L'auteur a tort. Premièrement, l'apocalypse est réelle et l'action concrète s'impose. Oui, nos gouvernements peuvent agir s’ils ont la volonté. Ils peuvent commencer par arrêter les subventions qu'ils versent aux pétrolières et mettre l'argent dans les énergies renouvelables tels que l'énergie solaire et l'énergie éolienne. Ils pourraient aussi réduire les GES en augmentant la fréquence et l'efficacité du transport en commun pour que les gens puissent délaissait leurs voitures. Finalement, les gouvernements peuvent aussi agir avec des lois plus contraignantes sur les 100 entreprises qui sont responsables de 71 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ne rien faire n'est pas une option valable.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 28 octobre 2019 19 h 04

      Je viens de terminer la lecture du livre d’Yves Cochet « Devant l’effondrement, essai de collapsologie » publié aux éditions Les liens qui libèrent » en septembre dernier. Par plusieurs de ses réflexions, il se rapproche des constats faits par Harvey Mead dans "Trop tard" (éditions Écosociété, 2017), mais son pronostic diffère étant beaucoup plus catastrophiste que celui de M. Mead. Car si ses prévisions sont plausibles, même les actions les plus déterminées d’Extinction Rebellion ne serviront pas à grand-chose. Il faut plutôt s’attabler à préparer l’après…

      Dans cette perspective, un autre livre tout récent dont j’ai complété la lecture, « La Maison brûle » de Naomi Klein m’a déçu par ses conclusions passablement rose bonbon d’un possible Green New Deal entrepris à la faveur des résultats de la prochaine élection américaine. Comme quoi, il y en a toujours qui croient au Père Noël démocrate!

      Peut-être la réalité du destin de notre humanité est-elle mieux dessinée par le livre de Vincent Mignerot disponible en quatre articles sur le site d'Adrastria:

      http://adrastia.org/category/articles-originaux-ad sous le titre de « Transition 2017 ».

  • Jean Thibaudeau - Abonné 28 octobre 2019 05 h 34

    Piètre argumentation

    Je veux bien admettre que les politiciens ne pourraient pas nécessairement tout faire, mais cela ne les justifient pas de faire seulement semblant de faire quelque chose.

    Cela ne justifie pas non plus l'auteur de faire des affirmations inconsidérées.

    "Depuis un million d’années, l’humanité s’est adaptée à des modifications constantes de son environnement et continuera à le faire."
    Oui, mais à quel coût humain? La mort brutale de millions d'entre eux, voire de milliards, pour faire cette adaptation n'a pas l'air de l'empêcher de dormir. Dommages collatéraux?

    "Québec est responsable de 12 % de 1,6% des émissions mondiales de GES."
    Toujours la même rengaine: que les autres agissent d'abord, on verra par la suite. Meilleure attitude pour qu'il ne se passe rien.

    "La seule manière de réduire la pression sur notre environnement est de réduire la population de la planète. Une politique démographique, cela est à la portée des acteurs politiques."
    VRAIMENT? Dans la vaste majorité des pays du monde, les autorités religieuses s'opposeront à mort à pareille politique, et ce sont des endroits où on ne plaisante pas avec les religions (sans compter que les autorités politiques reposent souvent sur celles-ci pour se maintenir au pouvoir).

    "Supprimer le commerce mondial" est sans doute la moins irréaliste de toutes, en fin de compte. Mais ne comptons pas sur les libéralistes mindialisateurs pour ça.

  • Yvon Pesant - Abonné 28 octobre 2019 05 h 39

    Solution personnelle

    La vraie solution à ce grave problème réside pour beaucoup dans la personne et ses résolutions. Les personnes et leurs décisions.

    Un véhicule moins gourmand de pétrole, si tant est besoin d'en avoir un, et la pédale plus douce dans sa conduite. Un mode de chauffage résidentiel sans recours à quelque hydrocarbure que ce soit. Une consommation raisonnée et aisément plus raisonnable des produits dérivés de la pétrochimie dont, notamment, les plastiques à usage unique. Mais pas seulement ça.

    S'assurer individuellement et collectivement d'une saine et efficace gestion de nos matières résiduelles commence d'abord chez soi par la réduction de leur quantité puis leur tri et leur disposition dans des conditions de recyclage qui permettent leur récupération et leur valorisation.

    Un petit geste pour l'environnement est un grand geste pour nos enfants... et nos petits-enfants en suis-je rendu à répéter.

  • Yvon Pesant - Abonné 28 octobre 2019 06 h 02

    Un oubli de taille

    Ah, oui! J'oubliais.

    La Chine et l'Inde dont il est question produisent ce que nous consommons et ce que de plus en plus de Chinois et d'Indiens consomment désormais...

    ...en suivant notre exemple.

    • Daniel Grant - Abonné 28 octobre 2019 12 h 01

      M. Yvon Pesant

      Oui et la Chine qui produit une grande partie de NOS articles doit aussi mettre sur SON bilan de GES la pollution qui a servi a fabriquer ce que nous utilisons ici.

      Quand on pointe l’index vers l’autre il y a 3 doigts qui pointent vers nous.

      Je crois que la solution est beaucoup plus près de ce que M. Sébastien Collard nous dit plus bas: "le ménage débute avec les gros morceaux"

      Autrement dit, il est plus facile de contrôler les quelques gros pollueurs que de discipliner des millions d'utilisateurs.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 28 octobre 2019 17 h 22

      En détail M. Pesant, la Chine, en 2010, c'est 7.4 milliards de tonnes de GES pour les utilisations domestiques, mais presque que 2 milliards en produits exportés !

      http://img110.xooimage.com/files/2/1/0/chine--tukk

      Pour l'Inde ce qui gêne c'est leur très faible émissions, 1.4 tonne par personne, contre plus de 20 tonnes par capita au Canada, et quleques 10 tonnes au Québec.

      Et ils y en a ici qui osent les accuser d'être responsables...

      http://img110.xooimage.com/files/6/7/d/inde--tukke


      Source ici: The Global Resource Footprint of Nations, ou l'on a fait un décompte des GES véhiculés par les importations / exportations.
      https://exiobase.eu/index.php/publications/creea-booklet/73-creea-booklet-web-resolution/file

  • Cyril Dionne - Abonné 28 octobre 2019 07 h 47

    Merci M. Lemieux

    « Sautiller sur place en criant à l’extinction ne mène nulle part. » Voilà, tout est dit dans cette phrase pour nos écoanxieux et écoterroristes.

    L’auteur a raison. Éliminer le transport aérien et maritime, lentement mais sûrement, nous nous dirigeons vers un nouveau Moyen Âge. Continuons. Éliminer le bitume ou le ciment et donc le système routier en plus de la métallurgie, que reste-t-il ? Ensuite, le gaz naturel pour faire cuire nos aliments, comment va-t-on le remplacer?

    Voici ce qui est possible ou bien viable. Va pour éliminer le chauffage domestique au mazout. Idem pour réglementer les sacs à usage unique et agir pour que les manufacturiers réduisent le suremballage.

    Maintenant, les rêves chimériques. Comment vendre de l’hydroélectricité aux Américains s’ils ne veulent pas en acheter? Ils sont le plus producteur d’énergie présentement et ils en exportent. Établir un recyclage réel des déchets plastiques sous-entend une demande énergétique plus grande. Cela prend plus d’énergie de recycler un produit que d’en produire un neuf. Financer les recherches sur le moteur à hydrogène, cela a été fait et après plusieurs milliards de dollars, nous en sommes toujours au même point.

    Pour les centrales nucléaires, encore une fois, c’est une autre fausse de bonne idée. Personne n’a aucune idée de la toxicité des produits résultant de la fission atomique. Un réacteur nucléaire, c’est une bombe atomique au ralentit.

    Enfin, quelqu’un qui met les points sur les « i » en parlant de surpopulation et des plus grands pollueurs.

    Oui, nous devons solutionner notre dilemme démographique si nous voulons survivre tout simplement. Ce sont les activités humaines qui sont responsables du réchauffement climatique.

    Oui, nous sommes responsables de seulement 0,17% des émissions de GES mondiaux au Québec. La Chine, c’est 32% des GES mondiaux, 13 200 Mt et qui sera de l’ordre de 16 000 Mt en 2030. La Chine, c'est six nouvelles centrales de charbon par mois.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 28 octobre 2019 18 h 57

      Le dada de M. Dionne: la faute à la démographie galopante... Oui, je suis d'accord avec lui, la croissance exponentielle de la population mondiale corrèle passablement avec la croissance de l'utilisation de l'énergie. Mais comme l'écrivent Richard Heinberg et David Fridley dans "Un futur renouvelable" (éditions Écosociété, octobre 2019): «De toute évidence, la croissance s’est produite tant dans l’énergie que dans la population. La croissance énergétique a-t-elle provoqué la croissance de la population? Pas directement: les pays à forte utilisation d’énergie n’ont généralement pas des taux élevés de croissance démographique et la plupart des pays à très fort taux de croissance démographique utilisent relativement peu d’énergie par habitant. Cependant, les progrès accomplis en agriculture et en santé publique qui sont directement et indirectement liés à la croissance énergétique ont permis une augmentation spectaculaire de la population au fil du temps.»

      Donc, il y a une sacrée différence entre l'empreinte énergétique d'un Kenyan et celle d'un Canadien. Mais le débat n'est plus là. Car il est évident que la chute de disponibilité des énergies fossiles, dont au premier rang le pétrole, aura des conséquences néfastes tant sur le PIB mondial que sur la démographie, les deux étant liés. Et le reste s'en suivra forcémentL famines, conflits, épidémies. James Lovelock qui a eu 100 ans en juillet dernier a écrit au tournant des années 2000: « L'humanité est entrée à plus de 6 milliards dans le XXIe siècle, elle en ressortira à moins d'un milliard»

      Maintenant qu'on sait quel drame humain se profile à l'horizon, M. Dionne, on fait quoi?

    • Cyril Dionne - Abonné 29 octobre 2019 06 h 48

      « Maintenant qu'on sait quel drame humain se profile à l'horizon, M. Dionne, on fait quoi? »

      Mais mon cher M. Cotnoir, je ne suis aucunement responsable des changements climatiques et ce n'est pas à moi de dicter quoi que ce soit à qui que ce soit. Je ne suis qu'un pauvre petit enseignant.

      Ceci dit, pour pallier aux changements climatiques à court terme, il faudrait que tous les membres de nos sociétés se transforment du jour au lendemain, en des adeptes de la simplicité volontaire extrême. Bien sûr, cela n'arrivera pas. Signer des Pactes et vénérer une adolescente privilégiée de 16 ans, oui, mais se priver de la richesse des ressources naturelles et de notre petit confort, bien sûr que non.

      Pour le moyen et long terme, c'est l'émancipation et l’éducation des femmes partout dans le monde qui devrait être la grande priorité mondiale. Mais toutes ces bonnes pensées se heurteront aux dictat patriarcaux des religions et rien ne sera fait. Que voulez-vous, plus de 80% de la population mondiale met plus d’emphase sur les amis magiques, imaginaires et extraterrestres que l’habitat et la science que nous dicte que celui-ci, notre vaisseau spatial qu’est la Terre, est le seul qui nous permet de survivre dans un univers impropre à la vie. Enfin, comme disait notre grand féministe, pro-francophone et pro-autochtone d’antan, Sir John A. Macdonald, oxymores obligent, c’est un rêve trop beau pour ce bas monde.

      Enfin, il va falloir s’adapter ou fuir. Et où fuir, là est toute la question « hamletienne » mon cher M. Cotnoir.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 29 octobre 2019 13 h 53

      Cher M. Dionne, depuis le temps que nous échangeons, je reconnais là votre cynisme, malheureusement je dois partager plusieurs de vos constats devant la "difficulté" (quel euphémisme!) à laquelle nous serons tous confrontés. Vous me semblez donc très près de l'avis d'un Yves Cochet (je vous invite à lire son dernier livre "Devant l'effondrement" publié le mois dernier aux Liens qui libèrent). Mais excusez ma question impertinente: « Vous en lavez-vous les mains? » Du moins, c'est ce que vous laissez entendre lorsque je lis de tels propos: « Mais mon cher M. Cotnoir, je ne suis aucunement responsable des changements climatiques ».

      Hum... Je ne suis pas certain qu'une telle excuse passe bien auprès de vos descendants quand ils en seront pris avec les conséquences. Qui plus est, comme enseignant, n'avez-vous pas un devoir de précaution envers vos étudiants? C'est-à-dire de prendre des mesures préventives en les renseignant sur ce qui leur pend au bout du nez. Par exemple, sera-t-il plus utile pour eux de savoir cultiver que d'être cultivé?

      Pour ma part, si je m'implique dans la mise en place d'une fiducie d'utilité sociale agricole à Très-Saint-Rédempteur (vous pouvez y contribuer, si vous le voulez. Il s'agit de la FUSA Talanoa), ce n'est pas parce qu'à 68 ans, j'entends devenir un gentleman farmer, mais bien que je désire laisser aux plus jeunes une terre où ils pourront contribuer à alimenter la communauté environnante. Si je me suis investi pour créer des coopératives et pour former des gens au coopératisme (car on ne nait pas coopérateur, on doit apprendre), c'est que j'espère que cette formule sera plus appropriée dans un monde "post-effondrement". Il y a plein d'autres gestes qui peuvent être posés pour donner plus de chances à nos descendants de pouvoir vivre, voire survivre.

      À part de ça que puis-je faire? «Je ne suis qu'un pauvre petit retraité» pour vous paraphraser.