N’éliminons pas le Publisac

«Le Publisac représente de plus une occasion de faire un pas important vers l’économie circulaire du plastique», soulignent les auteurs.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir «Le Publisac représente de plus une occasion de faire un pas important vers l’économie circulaire du plastique», soulignent les auteurs.

Le besoin de réduire à la source et le respect du choix de ne pas recevoir de circulaires font consensus parmi les partisans et les opposants du Publisac. Or le système actuel permet d’atteindre ces objectifs. Lorsque des citoyens exercent leur option de retrait, ou « opt-out », les quantités de circulaires à imprimer et de sacs à produire sont réduites en conséquence. Ni les annonceurs, ni les éditeurs, ni les distributeurs n’ont intérêt à produire ce dont des gens ne veulent pas, tant d’un point de vue économique que sur le plan environnemental.

La Ville de Montréal tiendra aujourd’hui, le 3 octobre, une séance d’information en prévision de la consultation publique sur le contrôle des circulaires, à la suite d’une pétition du mouvement montréalais Antipublisac. Celui-ci demande qu’une circulaire ne puisse être distribuée que si le résident l’accepte en affichant un logo à cet effet, ce que l’on appelle l’option d’adhésion, ou « opt-in ». Selon l’étude de WSP commandée par la Ville de Montréal, l’option d’adhésion n’existe nulle part ailleurs, l’option de retrait étant la méthode habituelle.

L’option de retrait est facile à exercer, par une demande au service à la clientèle de Publisac de recevoir un pictogramme rouge à afficher. Une mise en place de l’option d’adhésion à Montréal signifierait la fin du Publisac au Québec puisque TC Transcontinental, propriétaire du Publisac, a indiqué que celle-ci n’est pas viable à cause de la complexité et des coûts prohibitifs de la gestion d’un système d’abonnement de plus de trois millions de portes au Québec.

La Commission de la Ville de Montréal devra choisir entre recommander le maintien de l’option de retrait, avec de possibles améliorations, et recommander l’option d’adhésion. Le opt-in signifierait aussi la mise en péril des hebdos, déjà touchés par la crise des médias, et d‘une information locale de qualité, primordiale pour notre démocratie. Cela mènerait aussi à une perte d’économies pour les ménages, étant donné que 87,1 % de ceux qui reçoivent des circulaires les consultent, selon le sondage de SEGMA Recherche commandé par Montréal. Enfin, on verrait disparaître le principal outil promotionnel des commerçants locaux face à la concurrence des géants de la vente en ligne, un appauvrissement de la vie de quartier, la perte de milliers d’emplois directs et indirects, y compris de journalistes, et une atteinte à la liberté commerciale et au droit du public à l’information.

La seconde demande d’Antipublisac est de « remplacer tout sac de plastique pour circulaires par un emballage qui n’a pas à être séparé du contenu pour être recyclé ». Le plastique constitue certes une préoccupation environnementale que nous partageons. Ce sac demeure cependant la meilleure solution pour protéger les imprimés des intempéries. Le Publisac représente de plus une occasion de faire un pas important vers l’économie circulaire du plastique, comme le Québec s’est rallié par le passé pour créer une économie circulaire du papier.

Soulignons que TC Transcontinental a fait des avancées impressionnantes à ce chapitre. Un nouveau sac fabriqué ici, au Québec, à 100 % de plastique recyclé, et toujours 100 % recyclable, a été lancé à Montréal en septembre. Il sera déployé en octobre dans la CMM, puis partout au Québec d’ici la fin de l’année. Des tests sont en cours, en partenariat avec la Ville de Montréal, de sacs s’ouvrant sous pression dans le camion de collecte, afin de contrer le problème du recyclage d’un produit combinant plastique et papier. De plus, l’entreprise teste ce mois-ci à Montréal le déploiement de jaquettes en papier pour des distributions intérieures.

Nul besoin de poser un geste nuisible aux hebdos, aux commerçants, aux consommateurs et à l’emploi. Laissons plutôt les citoyens décider de l’avenir du Publisac par leur utilisation des hebdos et des circulaires, et le recours au libre choix de ne pas les recevoir si telle est leur volonté.

*Pierre-Alexandre Blouin, président-directeur général, Association des détaillants en alimentation du Québec, Benoit Chartier, président du conseil, Hebdos Québec, Yves-Thomas Dorval, président et chef de la direction, Conseil du patronat du Québec, Stéphane Forget, président-directeur général, Fédération des chambres de commerce du Québec, Carole Hochu, présidente et chef de la direction, Association canadienne de l’industrie des plastiques, Denis Lebel, président-directeur général du Conseil de l’industrie forestière du Québec, et Andrew Mulé, vice-président et directeur général, Métro Média.

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6 commentaires
  • François Beaulé - Abonné 3 octobre 2019 08 h 04

    L'« opt-in » est un bon compromis

    S'il est vrai que 87% des Montréalais tiennent à recevoir le publisac alors les annonceurs ne devraient avoir aucune crainte de laisser le choix à chacun par la formule « opt-in ». L'entreprise Publisac pourrait distribuer des pictogrammes une fois par année aux portes qui ne l'arborent pas. Cela ferait beaucoup moins de papier gaspillé.

  • Claudette Bertrand - Abonnée 3 octobre 2019 08 h 50

    Solution

    Si la Ville de Montréal a à coeur l'environnement, les intérêts des commercants, mais aussi ceux des gens à faible revenu pour qui le Publi-sac informe facilement les aubaines de la semaine, voici ce qu'elle pourrait faire: Une fois par année ou au deux ans envoyer à toutes les adresses par l'entremise de Postes Canada un autocollant "Pas de circulaires". Important: Cette opération doit financé par l'industrie elle-même (principe du Pollueur/Payeur). Pourquoi une telle solution? la paresse des gens à ce procurer cet autocollant ,les nombreux déménagements et naturellement le je m'en foutisme ou l'ignorance d'une bonne partie de la population. Pourquoi par la Poste et non pas à l'intérieur du sac de circulaire? Parce-que les gens non intéressés ax circulaires n'ouvrent pas le sac et le lance directement à la récupération.....ou aux poubelles. Mon intuition et observation me dit que du jour au lendemain on constaterait une très grande baisse des puli-sac et de plus l'industrie y trouverat son compte, en baissant ses couts de production et en sachant que ce qu'elle distribue intéresse VRAIMENT la clientèle ayant choisie de ne pas apposer l'autocollant.......Qu'en pensez-vous????

    • Hélène Lecours - Abonnée 3 octobre 2019 18 h 02

      Je pense que vous n'avez pas tort. J'habite en plein milieu d'un rang de village en terre et, depuis vingt ans je reçois le publisac toutes les semaines, en même temps que le journal local et, la plupart du temps, je le mets à la récup tel quel. Et je garde le journal pour allumer le feu. Si au moins les annonces n'étaient pas imprimées en couleur, elles serviraient au moins à ça ! Il me faudra donc me procurer un autocollant qui tiendra sur ma boite à malle en plastic au moins un hiver, mais où ? Au bureau de poste ? Chez Canadian Tire ??? Ne sais pas. Je veux bien que ça fasse vivre du monde mais il doit bien y avoir d'autres solutions que de couper inutilement tous ces arbres qui servent à faire le papier.

  • Gilles Fontaine - Abonné 3 octobre 2019 08 h 54

    Désuet

    Le Public Sac est un objet qui doit disparaitre. Cet outil de marketing n'est plus nécessaire. Plusiers sites Web font le même travail et bien mieux, et ce, sans laisser dans son sillage des montagne de papier/plastique. En fait, il en est de même pour le bottin des Pages Jaunes. Un autre objet archaïque du XXe. Les signataires de cette sont des dinosaures du patronat débranché...

  • Gilles Théberge - Abonné 3 octobre 2019 16 h 07

    « Ni les annonceurs, ni les éditeurs, ni les distributeurs n’ont intérêt à produire ce dont des gens ne veulent pas, tant d’un point de vue économique que sur le plan environnemental. »...

    C'est clair, le publisac est un déchet. J'aimerais savoir comment on en arrive à 87,1 % de gens qui consultent la cochonnerie qui s'y trouve. Pour ma part, je le jette illco au bac de récupération et je parie qu'il y a un tas de gens qui comme moi trouvent harcelant qu'on doive le faire chaque semaine.

    Vivement qu'on nous donne l'occasion de chosir. Quant à moi, ce choix est déjà fait.

  • Daniel Francoeur - Abonné 4 octobre 2019 00 h 37

    Un publisac toxique et voué à une mort écologique prochaine

    Malheureusement, sous sa forme actuelle, le publisac nous empoisonne en pétrole qu'il faut pour le distribuer, en plastique nocif car le sac est non récupérable et finit soit en micro-particules ou en gaz nocifs, en carton et en papier glacés non récupérables, sans parler des échantillons emballés dans des plastiques et parfois mis en bouteilles de plastique.