On a marché pour le climat, mais ça ne marchera pas

«Autour de moi, j’ai vu des gens convaincus de faire quelque chose de symbolique à grands coups de slogans», remarque l'auteur.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir «Autour de moi, j’ai vu des gens convaincus de faire quelque chose de symbolique à grands coups de slogans», remarque l'auteur.

J’ai tout d’abord marché d’un pas décidé vers la station de métro Jean-Talon : un camion-benne m’a pourtant klaxonné afin que j’accélère ; certainement pas pour me soutenir dans ma démarche qui visait à affirmer que les changements climatiques représentent un enjeu important pour moi.

J’ai ensuite senti toute la frénésie qui animait les transports en commun, même si je ne pouvais m’empêcher de remarquer les livreurs de boissons sucrées qui s’affairaient à transporter des centaines de bouteilles en plastique dans les frigos des dépanneurs avoisinants.

Cependant, je croyais fermement qu’on se rassemblait pour vivre quelque chose de spécial, que c’était peut-être pour cette raison qu’on s’immortalisait à l’aide de selfies sur nos téléphones intelligents pleins de coltan africain.

Cela dit, il était permis de rêver, car on faisait le nécessaire pour les générations à venir, pour ces enfants dont il n’y a pourtant point de pénurie, mais que nous utilisons comme raison d’agir.

Et puis on a marché.

Autour de moi, j’ai vu des gens convaincus de faire quelque chose de symbolique à grands coups de slogans. Mais au-delà des pancartes colorées, j’ai vu les logos Nike, Adidas, Reebok, Vans, Converse, Fila et j’en passe tellement il y en avait ; et ils ne revendiquaient rien. Il n’y a pas si longtemps, manifester en arborant une marque du genre s’apparentait à vaincre le capitalisme en travaillant derrière un comptoir chez McDo ; les marques sont désormais militantes.

J’en ai donc profité pour faire la pause pipi au Complexe Desjardins, où la foire alimentaire débordait de clients qui souhaitaient prendre une pause de la marche en consommant des aliments transformés industriellement, distribués dans des compartiments difficilement recyclables.

Lorsque j’ai repris la marche, j’entendais certaines personnes parler de leurs voyages intercontinentaux, en avion, vers l’Inde, ou la Scandinavie. Un petit voyage assez bref, disait-on, question de revenir travailler rapidement avant le prochain voyage.

Mais on a marché jusqu’au bout.

Je me suis arrêté autour d’un aménagement paysager composé de quelques plantes et d’arbustes. Il est vrai que les quelque huit kilomètres marchés représentaient une distance relativement longue même si c’était pour démontrer notre intransigeance face à l’inaction politique de nos dirigeants afin d’éviter une apocalypse climatique ; les badauds autour de moi lançaient : « J’ai fait ma part aujourd’hui, je rentre. Et toi ? »

Mais comme on avait marché, je suis resté.

Je suis resté pour entendre Greta. La simple mention de son nom a fait qu’une bande de militants s’est ruée dans le bosquet pour mieux la voir, quitte à écraser la verdure. Une femme d’un certain âge, qui tentait de prendre une photo de Greta, n’a pas hésité avant de mettre tout son poids sur les feuilles d’une plante qui n’avait aucun moyen de se défendre. Or, une fois écrasée, cette plante dégageait un passage qui a permis à plus d’une cinquantaine de gens concernés par les changements climatiques de piétiner davantage la végétation : c’était le chemin le plus rapide pour se déplacer à travers la foule.

J’ai scandé à voix haute : « C’est comme si vous l’écoutez, mais que vous ne l’entendez pas. »

[…]

Notre ambition pour nous-mêmes dépasse largement notre conception de ce que nous devrons faire pour renverser le désastre climatique. Et c’est tout le défi qui semble même échapper aux avertis : le retour en arrière ne pourra s’opérer que dans le cadre de changements majeurs et profonds de nos manières de consommer ainsi que les manières d’évaluer notre propre confort.

Les gouvernements ne sont pas le problème, nous ne vivons pas dans un régime dictatorial qui nous impose un mode de vie polluant, et la simple possibilité qu’il puisse y avoir une vague verte aux prochaines élections (mais il n’y en aura fort probablement pas) démontre que le système n’est pas à blâmer ; mais les électeurs…

Parce qu’on a marché pour se donner bonne conscience.

On a marché pour dire qu’on a marché, mais encore, on a marché pour publier qu’on a marché afin d’être récompensés par des valeurs algorithmiques qui nous rassurent que nous avions raison de partager le fait que nous avons marché.

On a marché afin de se conforter dans notre idée que le problème est ailleurs : chez ceux qui ne marchent pas, chez les climatosceptiques, chez les autres. On a marché pour se dire qu’on a fait ce qu’on devait faire. On aurait probablement voté pour Greta si c’était possible, mais surtout pour lui donner la responsabilité de faire quelque chose qui n’altère pas ma perception que je peux avoir de ma propre personne.

Après avoir marché, j’ai terminé ma journée en sirotant du vin orange importé d’Italie, dans un restaurant à la mode, avant de rentrer chez moi en Uber pour écrire ce texte les poches remplies de factures, mais la tête convaincue que j’avais fait la bonne chose : les trentaines de likes qui s’accumulaient sous une photo que je venais de publier à propos d’une manifestante engagée qui avait trouvé la meilleure manière de viraliser son militantisme ne pouvaient pas mentir.

Et je me suis dit que c’était précisément ça le problème.

Moi.

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48 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 2 octobre 2019 00 h 44

    Plus de 70% des GES émis par une centaine de pétrolières.

    Je ne suis pas d'accord avec vous, monsieur Sylvain Raymond. Je vous rappelle «q'une centaine d’entreprises du secteur des énergies fossiles sont responsables de plus de 70 % des émissions de gaz à effet de serre imputables à l’activité humaine, conclut un rapport publié par l’organisation britannique Carbon Disclosure Project». Ce sont nos gouvernements qui ont la responsabilité et le devoir de règlementer ces entreprises.
    https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/563852/on-a-marche-pour-le-climat-mais-ca-ne-marchera-pas

    • Cyril Dionne - Abonné 2 octobre 2019 08 h 16

      Le 70% des GES émis par une centaine de pétrolières, c'est parce qu'il y a une demande. Sans la demande, il n'y aurait pas de 70% des GES émis par une centaine de pétrolières. Toujours blâmer le capitalisme ne résoudra absolument rien.

    • François Langlois - Abonné 2 octobre 2019 08 h 44

      Moi au contraire je suis parfaitement d'accord. Le texte de monsieur Raymond est douloureusement lucide. Les pétrolières et cie sont en effet responsables des GES, pour la fabrication de produits consommés à outrance par monsieur et madame tout le monde. Si ces derniers sont manipulés par la publicité et le crédit facile, ils ont tout de même un libre-arbitre, une liberté avec laquelle vient la responsabilité. Tellement plus souvent qu'autrement, ils choisissent de surconsommer. Comme quelqu'un qui a bu et qui choisit tout de même de conduire la voiture...

      On pourrait parler de l'importance de l'éducation pour ce qui est de modifier nos comportements. Or, force est de constater que ce sont les plus éduqués, qui sont nécessairement les mieux nantis, qui surconsomment le plus.

      Quant à l'idée que les gouvernements doivent réglementer les entreprises du secteur des énergies fossiles, c'est une bonne idée mais c'est oublier que l'Économie, dans nos sociétés contemporaines, n'est plus un moyen, mais est devenue une fin. C'est devenu la religion universelle. C'est le Capital qui mène le gouvernement, plutôt que l'inverse... Et avant que ça change, faudra que ça fasse vraiment mal. Et puis, soyons sérieux : sauf rarissime exception, la gouvernance est le secteur de l'activité humaine où l'incompétence tend le plus à se concentrer...

    • Françoise Labelle - Abonnée 2 octobre 2019 09 h 07

      Votre lien serait plutôt: https://www.ledevoir.com/societe/environnement/503173/rapport-plus-de-70-des-ges-emis-par-une-centaine-d-entreprises

      Quant à la responsabilité gouvernementale, on le constate tout de suite aux USA, bien que plusieurs diront qu'ils sont déjà en dictature. Le contraste entre les administrations Obama et Trump est clair.
      Le New-York Times dresse la liste de 85 mesures environnementales adoptées sous Obama et annulées par Trump. «85 Environmental Rules Being Rolled Back Under Trump», 12 sept. 2019
      Il a fait remanier la loi sur les espèces menacés, les aires protégées, et menace les lieux culturels amérindiens. Au profit des pétrolières selon plusieurs. Il a ouvert l'Arctique et l'Atlantique à l'exploitation pétrolière.

      Singeant sa Disgrâce et son rapport psychotique à la vérité, notre gouvernement ose présenter QNL et le 3e lien comme des projets écologiques. Il y a des gens qui l'ont élu dans l'espoir qu'il les déchargera de leur mauvaise conscience. À Lévis (Gratton?), Lehouillier, quel nom évocateur, clâme haut et fort qu'à Québec, l'auto est roi et maître.

    • Bernard Terreault - Abonné 2 octobre 2019 09 h 19

      Mais, Madame Alexan, c'est NOUS qui utilisons ces hydrocarbures, les pétrolières ne nous obligent pas à consommer, et c'est NOUS, à coup de petites ou grandes décisions journalières, qui achetons un véhicule à essence, réclamons l'élargissement d'un bout de route, nous établissons en banlieue éloignée, magasinons dans des centres géants seulement accessibles en auto, et votons contre ceux qui taxeraient les hydrocarbures. C'est facile de blâmer quelques coupables, ''les grands capitalistes'', pour nous soulager de notre propre culpabilité de consommateur. Croyez-moi, quand la ''classe moyenne'' sera convaincue qu'il faut changer (probablement par la congestion routière) qu'il faut changer, les politiciens et même les grands capitaistes vont suivre.

    • Nadia Alexan - Abonnée 2 octobre 2019 10 h 03

      À François Langlois: C'est le rôle du gouvernement de servir tous les citoyens/citoyennes au lieu de se plier au lobbyisme du 1%. Le gouvernement a le devoir d'arrêter les subventions phénoménales aux pétrolières et de subventionner les énergies retrouvables qui vont sauver la planète.
      Un bon gouvernement a aussi la responsabilité de décourager la consommation à outrance et l'obsolescence programmée. C'est l'idéologie meurtrière de la cupidité et de la «croissance à tout prix» qu'il faudrait abandonner.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 2 octobre 2019 10 h 45

      Et le pétrole produit est consommé par qui Madame Alexan ?

      Il n'y a pas de production industrielle qu se fait pour autre raison que pour combler une demande des produits fabriqués. Le seul reproche qu'on peut faire a ces fillières industrielles ce sont leurs efforts pour rendre plus populaire leurs produits.

      Si on considère que la consommation d'un produit ou d'une activté est dommageable la première chose a faire s'est d'en restreindre la promotion, comme l'a fait avec la bière et avec le tabac.

      Pour le reste la réflexion que monsieur Raymond nous incite faire est des plus salutaire !

      Il n'y aura pas solution si la population campe toujours dans son désire de toujours plus de confort, plus de facilté pour moins d'efforts, dans une pure insouciance environnementale.

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 2 octobre 2019 11 h 33

      Lle mouvement des villes en transitin y travaille.

    • Nadia Alexan - Abonnée 2 octobre 2019 12 h 55

      À monsieur Bernard Terreault:«Les banlieues éloignées, les magasins dans des centres géants seulement accessibles en auto, etc.» sont des décisions politiques de nos gouvernements aussi. Si, nos gouvernements nous fournissaient un système de transport plus efficace, on n’aurait pas besoin d'utiliser nos voitures. Ce sont toujours les politiques incohérentes de nos gouvernements qui impactent majoritairement nos vies et nos décisions.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 octobre 2019 09 h 04

      Les États peuvent agir mieux avec leurs moyens d'action et leurs moyens coercitifs sur la demande.

      Ainsi, par exemple, ce qu'a réussi la ville d'Oslo en Norvège ou de Pontevedra en Espagne.

      Oslo :
      https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1145400/changements-climatiques-norvege-reduction-voitures-ges-norvege
      Comme c’est exemplaire comparé à Montréal.

      Pontevedra, ville piétonnière : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1144861/maire-espagne-ponteverda-voiture-circulation-centre-ville-
      miguel-anxo-fernandez-pietonnisation

      L'aménagement urbain fondé sur l'étalement et la banlieue, par exemple, sont des choses sur lesquelles les États peuvent agir, avec la carotte et le bâton. En facilitant la densité de population en ville, avec de l'habitation agréable sans voiture et le partage d'espaces verts communs plutôt que la cour individuelle de la maison de banlieue et une accessibilité plus grande aux moyens de transport en commun. Et en décourageant le modèle fondé sur l'étalement urbain.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 octobre 2019 09 h 15

      Ceci dit, chacun devrait aussi réfléchir à sa consommation individuelle et à synchroniser ses actions avec ses paroles - sur ce point, on ne peut pas ne pas être d'accord avec l'auteur.

      Mais le coup de pouce de l'État et la coordination des efforts entre États à une échelle globale demeurent des conditions nécessaires au succès, aussi bien sur l'offre que sur la demande.

      Il est tout aussi vrai qu'il n'y a pas de demande sans offre qu'Il n'y a pas d'offre sans demande. Et l'offre de mieux faire devrait exister davantage et l'offre de moins bien faire exister moins - là peuvent intervenir les États.

  • Raynald Blais - Abonné 2 octobre 2019 06 h 07

    Effet de cause

    Ce n'est pas la conception que nous avons de nous-mêmes qui est la cause de la contradiction entre participer à une marche pour le climat et consommer des produits qui le menace. Sinon, il ne s'agirait que de changer notre conception du monde pour changer le monde. La conception que nous avons de nous-mêmes et du monde n'est certainement pas une cause des contradictions du capitalisme. Elle en serait plutôt l'effet.
    Pendant des siècles, notre conception du monde a été patiemment modelée sous l'influence de la liberté d'entreprendre, de concurrencer et d'exploiter les ressources naturelles et humaines. Évidemment, ce n'est pas une marche qui la changera magiquement. Mais cette absence de magie ne signifie pas que les nombreuses contradictions relevées par l'auteur prouvent notre culpabilité envers la crise environnementale comme l'affirme sa conclusion. Elles démontrent plutôt le degré d'aliénation de notre conception du monde, un monde de libertés individuelles, simulées ou réelles, que les capitalistes défendent encore âprement par intérêt.
    J'ose croire que les marches pour le climat ne soient que les premiers pas pour changer notre conception du monde, nous désaliéner quoi, en changeant le monde jusqu'à prendre socialement le contrôle total de nos productions.

    • François Beaulé - Abonné 2 octobre 2019 10 h 33

      Prendre socialement le contrôle total de nos productions. Voilà ce qu'ont tenté l'URSS et la Chine et ce fut un échec retentissant. Socialement et environnementalement. Quoique l'expérience chinoise se continue, dans l'économie capitaliste, à quel prix pour l'environnement de ce pays et planétaire !

    • Raynald Blais - Abonné 2 octobre 2019 12 h 13

      Malgré maintes séparations, je crois encore à l'amour, M. Beaulé.

  • Yvon Montoya - Inscrit 2 octobre 2019 06 h 14

    Tres bon constat mais il reste que le «  moi » n’est pas la cause de cette chienlit climatique. Il est simple de faire ce que l’on désire en termes de manipulations des masses, société de consommation de tout et de rien nous oblige même les slogans peudo-politiques comme vous le racontez si bien. Non pas «  moi » mais « eux », i.e. les speculateurs, les politiques, les grosses entreprises, les banques, la culture de l’argent etc...ce n’est pas «  moi », je vous l’assure. Vous vous rendez compte que peu de gens polluent sauf qu’on leur demande d’agir voire de payer, s'exécuter avec les poubelles grise/marron/verte, a la place des vrais pollueurs comme vous le signale si justement Nadia Alexan dans son commentaire. Sachez aussi que vous n'êtes pas le seul a penser comme vous alors on se pose la question des «  aliénations sociétales ». Votre constat est intéressant a ce titre car on sait, dans la rue, que le changement climatique et ses dangers pourraient être tout aussi bien dans l'aliénation de la psyché humaine. Bref, le gouvernement du Quebec ( après la lettre du 1er ministre) veut developper l’industrie forestière...vous voyez, ce n’est pas «  moi ».

  • Réal Boivin - Abonné 2 octobre 2019 06 h 21

    Vous avez été témoin de l'humanité.

    Vous n'avez pas participé à une marche pour le climat. Vous avez participé à ce qu'on appelle aujourd'hui '' faire le buzz'' tout simplement. C'est ce qui intéresse aujourd'hui l'espèce humaine spécialement les jeunes. Un de ces mots populaires comme écolo, vert, réchauffement, GIEC, GES, Greta.

    Moi je n'ai pas fait ''le buzz''. Je suis allé travailler car c'est le mieux que je pouvais faire pour l'humanité. Les jeunes doivent aller à l'école, c'est bien ce qui aidera vraiment leur société.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 octobre 2019 08 h 59

      Vous avez raison M. Boivin. L’écologie, c’est la saveur du mois pour les jeunes. Hier, c’était les frais de scolarité. Pourtant, aucun ne veut faire les sacrifices nécessaires pour contrer ce phénomène climatique. Aucun. Tout ce qui émane d’eux, se sont des paroles vides de sens. Les jeunes sont les plus grands consommateurs de biens et services aujourd’hui. La téléphonie moderne représente un des plus grands aspects qui contribuent à l’essor de la production de GES. Et personne ne voudra se faire voir durant ces grands « happenings » environnementaux ne portant pas des vêtements derniers cri avec des marques de commerce que tout le monde reconnaît. Et pourtant, tout cela nous parvient de l’autre bout du globe dans des containers fabriquer par une main d’œuvre d’esclave moderne. Et ceux-là, ils n’étaient pas dans la rue à protester pour l’environnement.

      Le capitalisme, c’est l’être humain résumé en quelques mots. La nature humaine nous pousse toujours à l’accumulation de biens et ressources même si celle-ci excède nos besoins. Ils ont essayé le communisme sur la planète et celui-ci a été un échec retentissant. Même le socialisme sans l’apport du capitalisme n’existerait pas. Les gouvernements et les politiciens qui en découlent ne sont que la réflexion de nous-mêmes. Si on veut changer quoi que ce soit, c’est nous qui devons changer. Et pour cela, ce sera de changer la nature même de l’humain.

      Vous avez bien fait M. Boivin. Vous êtes allé travailler sachant fort bien que toute cette dépense d’énergie était aussi inutile que d’inventer une roue à trois boutons. Pour les jeunes, il aurait plus utile pour tout le monde qu’ils demeurent à l’école. Et pour Sainte Greta, paix au nouveau prophète écologique, elle aussi perd son temps à pelleter du vent. Aussi, on aurait aimé qu’elle paie elle-même pour ses dépenses et pour sa suite et non pas les contribuables de la ville de Montréal. Rien n’est gratuit en ce bas monde, même pour les saints autoproclamés.

    • Nadia Alexan - Abonnée 2 octobre 2019 10 h 31

      À monsieur Cyrille Dionne: Le choix qu'il faudrait envisager n'est pas entre le capitalisme et le communisme. Les deux ont échoué misérablement. Les lauréats du Prix Nobel de l'économie tels que Joseph Stiglitz, Paul Krugman, ou les professeurs Thomas Piketty et Henry Mintzberg, nous proposent une troisième voie, celui de la sociale démocratie: la réglementation des entreprises privées, l'élimination des paradis fiscaux et l'idéologie de la croissance éternelle et de la promotion d'une économie sociale basée sur les initiatives communautaires, telles que la Caisse Populaire Desjardins.
      Il faudrait s'inspirer de la réussite du modèle scandinave avec sa pluralité de modèles économiques.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 octobre 2019 13 h 47

      @ Nadia Alexan

      Il faut être naïf pour croire que sans croissance économique, tout va pour le mieux madame la marquise. Va pour l'élimination des paradis fiscaux, qui n'est pas du capitalisme en passant, mais la Caisse Populaire Desjardins est une entreprise basée sur la croissance économique. Si les revenus ne sont pas en hausse, tous les bonds émis par les gouvernements seront en baisse et ceux-ci ne pourront plus emprunter de l’argent. Ce qui vient à dire adieu au filet social, aux programmes sociaux et toutes les pensions publiques et privées. Ici, on ne parlera pas des millions de mise à pied.

      La 3e voie proposée par MM. Joseph Stiglitz, Paul Krugman, Thomas Piketty et Henry Mintzberg est celle du capitalisme rhénan basée sur une croissance economique controlee. Désolé, mais les pays scandinaves ont tous une économie basée sur le capitalisme.

  • François Beaulé - Abonné 2 octobre 2019 06 h 28

    Le mode de vie est orienté par le marché, bien plus que par la politique

    L'auteur prétend que l'électeur est à blâmer. Il ne fait pas la différence entre le consommateur et l'électeur. Or le mode de vie, qu'il dénonce par ironie, a été défini et développé par le marché et non pas par des décisions politiques, beaucoup plus par le consommateur que par l'électeur.

    Alors que c'est justement ce changement majeur qu'il faut opérer pour assurer un avenir décent à l'humanité : la définition et l'orientation du mode de vie par une démarche politique et non pas par le marché.

    La définition d'un mode de vie respectueux de l'environnement doit devenir rapidement la priorité des gouvernements. Il faut plus de politique et moins de publicité et marketing.

    • Nadia Alexan - Abonnée 2 octobre 2019 10 h 40

      À monsieur François Beaulé: C'est effectivement la primauté «du marché» qui nous a conduits au gouffre de l'extinction. Il faudrait sortir de cette idéologie dévastatrice, basée sur «la cupidité», parce que notre planète n'a plus de ressources à gaspiller.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 octobre 2019 09 h 18

      Il est tout aussi vrai qu'il n'y a pas de demande sans offre qu'Il n'y a pas d'offre sans demande. Et l'offre de mieux faire devrait exister davantage et l'offre de moins bien faire exister moins - là peuvent intervenir les États. Encore plus efficacement de façon coordonnée.