Lettre à la jeunesse québécoise

«C’est avec une main tendue que je vous propose de nous aider à bâtir un Québec plus prospère, plus vert et par conséquent plus fier», invite le premier ministre du Québec, François Legault.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «C’est avec une main tendue que je vous propose de nous aider à bâtir un Québec plus prospère, plus vert et par conséquent plus fier», invite le premier ministre du Québec, François Legault.

En cette journée de mobilisation pour notre planète, je m’adresse directement à vous, à tous les jeunes du Québec, pour vous tendre la main.

Je veux d’abord vous dire que j’ai entendu votre cri du coeur. Dans la dernière année, vous nous avez poussés à faire face à l’urgence climatique. Vous avez fait preuve d’une passion et d’une mobilisation inégalées dans le monde. Vous avez montré que les jeunes du Québec sont prêts à se battre pour leur avenir. Vous êtes beaux à voir.

Nous ne pouvons plus ignorer l’ampleur du défi environnemental qui est devant nous. C’est votre avenir qui est en jeu. Comme je l’ai affirmé lors du discours inaugural l’automne dernier, je ne pourrais pas rester les bras croisés et continuer de regarder mes deux fils dans les yeux. Nous devons nous retrousser les manches et passer à l’action, tous ensemble.

Le Québec doit continuer de montrer l’exemple dans la lutte contre les changements climatiques. Soyons fiers de le dire : nous sommes aujourd’hui l’endroit en Amérique du Nord qui émet le moins de gaz à effet de serre (GES) par habitant. Mais nous ne pouvons pas nous en contenter. Nous devons viser encore plus haut en misant sur nos atouts.

Avec ses cours d’eau et ses sols riches, notre territoire nous offre les outils pour mieux le préserver. Nos grandes rivières nous fournissent une énergie propre, abondante et abordable. Nos réserves de lithium nous donnent les moyens de prendre notre place dans le marché mondial des batteries et des véhicules électriques. Nous avons tout ce qu’il faut pour être une référence mondiale en matière d’électrification de l’économie.

Mais notre atout le plus important, c’est l’audace de notre peuple. Des premières traversées de l’Atlantique jusqu’à la Révolution tranquille, les Québécois ont toujours su se rassembler autour de projets audacieux. Au siècle dernier, nos pères et nos mères se sont fait dire que la construction de grands barrages était impossible, mais ils l’ont fait. Ils avaient la mentalité qui doit aujourd’hui nous guider : celle des grands bâtisseurs, celle des visionnaires. La même mentalité qui est maintenant au coeur de notre plan d’électrifier l’économie du Québec.

Pour relever le défi climatique, nous devons remplacer les énergies fossiles par notre hydroélectricité dans toute notre économie. C’est le meilleur moyen de réduire nos émissions de GES tout en nous enrichissant. Nous devons électrifier nos transports, électrifier nos immeubles et électrifier nos entreprises. Multiplier les projets de transport collectif dans nos grandes villes et faire rouler des voitures électriques dans toutes les régions.

En ce moment, pour nous déplacer, nous brûlons du pétrole importé. Nous sortons de l’argent de nos poches et nous polluons notre territoire. Mais d’ici quelques années, nous pourrions pomper notre énergie propre dans des batteries produites chez nous. Nous pourrions nous enrichir collectivement à chaque déplacement tout en réduisant notre empreinte écologique. Voilà une vision à laquelle les Québécois voudront se rallier.

Avec notre hydroélectricité, nous avons aussi le potentiel de devenir une superpuissance énergétique. En exportant plus d’électricité chez nos voisins, nous pouvons les aider à délaisser une énergie polluante, comme le charbon, ou une énergie qui produit des déchets dangereux, comme le nucléaire. Nous pouvons devenir la batterie verte du nord-est de l’Amérique. C’est la plus grande contribution que nous puissions faire, à court terme, pour lutter contre les changements climatiques.

Électrifier notre économie, aider nos voisins à le faire et montrer l’exemple partout dans le monde ; voilà ce que je vous propose. Nous allons réaliser la transition énergétique qui s’impose en remplaçant d’abord le charbon et le mazout par des énergies moins polluantes. Nous allons présenter un plan d’action au début de l’année prochaine qui va nous permettre de respecter nos cibles de réduction de GES pour 2030. Et nous allons le faire en misant sur nos deux plus grandes ressources : la richesse de notre territoire et l’audace de notre peuple.

Mais pour réussir, nous devons rassembler tous les Québécois. Nous devons mettre nos différences de côté, écouter nos concitoyens, comprendre et respecter la réalité propre à chaque région. Nous devons tous travailler dans la même direction, comme un seul grand peuple.

N’ayez pas peur de vos convictions et soyez fiers de votre passion. C’est avec beaucoup d’espoir que je vous regarde marcher pour notre avenir. Et c’est avec une main tendue que je vous propose de nous aider à bâtir un Québec plus prospère, plus vert et par conséquent plus fier.

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21 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 27 septembre 2019 05 h 30

    Alors que vient faire GNL-Saguenay dans cet hymne à se péter les bretelles ?

    • Denis Drapeau - Abonné 27 septembre 2019 10 h 29

      IL y a assurément un lien, peut-être même 2 et pourquoi pas un 3e lien. On n’est jamais trop incohérent !

    • Raymond Labelle - Abonné 27 septembre 2019 15 h 46

      "(...) nous sommes aujourd’hui l’endroit en Amérique du Nord qui émet le moins de gaz à effet de serre (GES) par habitant." FL

      Parce que nous sommes le seul endroit en Amérique du Nord qui ait assez de ressources hydroélectriques pour ne pas avoir besoin de charbon ou de gaz pour produire l'électricité. La chance est ici un facteur déterminant (plutôt que la vertu).

      Nos émissions ont constamment augmenté, pas de gros effort. Troisième lien, parc automobile, transport en commun, aménagement urbain, sortie du modèle de l'étalement urbain - gouvernements tout aussi inactifs que les autres, peut-être même plus inactif que plusieurs autres.

      Ce qu'il faudrait voir aussi quand on compare le Québec avec d'autres, c'est d'enlever la variable "production d'électricité". Là, on a pas nécessairement de quoi tant que ça se péter les bretelles.

    • Raymond Labelle - Abonné 27 septembre 2019 15 h 49

      Et le troisième lien - il n'y a plus de mots pour décrire la mesure dans laquelle ce projet va à l'encontre de tout ce qu'on devrait faire.

      Investissements monétaires importants pour encourager l'étalement urbain et le modèle de la banlieue et de la voiture individuelle. Argent qui pourrait servir à aider plutôt qu'à ce qu'il fait: nuire.

    • Raymond Labelle - Abonné 27 septembre 2019 15 h 53

      Il faudrait demander à M. Blanchet du Bloc ce qu'il pense du troisième lien et de GNL-Saguenay - il est vrai que c'est de juridiction provinciale... Défendre ces projets est-il défendre les "intérêts du Québec"?

    • Luc Bertrand - Abonné 28 septembre 2019 01 h 45

      C'est pour ça, monsieur Labelle, que je considère que le Bloc québécois, à vouloir raccoler l'électorat de la CAQ pour mieux s'accrocher à ses sièges, à Ottawa, ne fait absolument RIEN pour démontrer aux Québécois-e-s que l'indépendance du Québec est toujours indispensable et urgente.

      Parce que la position de minoritaire implique que les gains que prétend faire le Bloc ne peuvent qu'être symboliques et éphémères. Oui, une forte députation bloquiste, détenant la balance du pouvoir face à un gouvernement minoritaire, à Ottawa, peut limiter les dégâts, le temps que le Canada anglais se donne à nouveau un gouvernement majoritaire. On l'a très bien vu, sous Stephen Harper, lors de l'élection de 2011. Le gouvernement fédéral peut très bien fonctionner, même sans députation significative au Québec.

      La politique de minimisation des pertes, au sein du Canada, n'a jamais permis de faire accroître les appuis à l'indépendance. Au contraire, plus le Bloc est efficace, dans son rôle de loyale opposition de la Reine Elizabeth II, moins les Québécois-e-s perçoivent l'utilité de l'indépendance.

      Il devrait, plutôt, nous donner un avant-goût des politiques économique, environnementale, internationale, monétaire, intérieure, en immigration et citoyenneté, etc. qui deviendraient possibles en contrôlant tous les leviers qu'Ottawa détient à notre place, en plus des impôts et taxes qu'il nous prélève sans que nous n'ayions notre mot à dire.

      Heureusement, il existe maintenant un nouveau parti politique, au fédéral - et, bientôt, au provincial - qui fera ce travail sans dépendre des caprices électoralistes d'un "grand frère", au niveau provincial, pour inviter les Québécois-e-s à réaliser cette indépendance. Il s'agit du Parti pour l'Indépendance du Québec (PI).

      https://quebecpays.com

      Luc Bertrand
      Beauharnois

  • Yvon Montoya - Inscrit 27 septembre 2019 06 h 29

    Quelle sacrée duplicité ou plutôt toupet que de se faire faire écrire puis de la faire publier une telle lettre sentant la démagogie et le mensonge en plein nez. Apres avoir rouspeter les enseignants pour la journée pédagogique; refuse de recevoir Greta Thunberg, voila « notre » ministre tel un faux Don Quixote parti sur sa rosinante politique, celle de raconter des histoires aux québécois de la majorite historique ( parce qu’il ne s’adresse qu’a eux au vu de sa politique) comme s’ils étaient tous des imbéciles de ne pas voir comment ce gouvernement agi pour lutter contre le climat. A defaut de ne pas avoir froid pour cause de chaleur, ce ministre dans la demagogie n’a pas froid aux yeux.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 27 septembre 2019 08 h 10

    Parler des deux côtés de la bouche

    Devant cette envolée,, on a le goût, dans un premier temps, de dire : «Bravo! Merci! Allons-y! »
    Puis on se dit : «Oui mais M. Legault n'appuie t-il pas GNL-Saguenay?»

    Difficile de ne pas être cynique devant cette envolée inconséquente.

  • Cyril Dionne - Abonné 27 septembre 2019 08 h 12

    Cher M. Legault, gardez le cap

    La tempête médiatique qui déferle sur le Québec n’est pas synonyme de survivance ou bien que les générations d’enfants rois sont prêtes à se battre pour leur avenir, mais bien de garder les privilèges qui leurs ont été éconduits depuis leur tendre naissance. Non, nous ne disons pas qu’il faut résister au vent Thunberg et aux chants des sirènes d’extrême gauche qui soufflent maintenant sur le Québec, mais bien de jauger le possible avec l’impossible ou les mirages. Oui, le Québec doit continuer de montrer l’exemple dans la lutte contre les changements climatiques, lui qui a été privilégie d’avoir l’or bleu sur son territoire pouvant exploiter la gravité naturelle de l’eau, une énergie verte et renouvelable.

    Ceci dit, le Québec est déjà un des pays industrialisés le plus vert de la planète. Malheureusement pour nous, les méchants GES ne connaissent pas les frontières géopolitiques. C’est pour cela que le Québec écope autant que les autres provinces lorsque la Saskatchewan et l’Alberta exploitent leurs ressources tirées de produits fossiles. Vous savez, l’empreinte carbone d’un habitant de ces provinces est six fois le nôtre. Que dire maintenant de la Chine qui en deux jours seulement, égale la production annuelle de GES du Québec. La production de l’Empire du Milieu augmentera de 20% d’ici 2030 pour se situer à près de 16 000 Mt de GES. Le Québec en produit 78 Mt annuellement.

    Enfin, notre insuccès climatique est le résultat de notre réussite technologique. Sans faire un cours d’histoire, le tout a débuté au 18e siècle durant la 1ère révolution industrielle où James Watts a pu soutirer la puissance de la machine à vapeur par l’entremise de produits fossiles. Ceci a donné lieu à une croissance économique et tirer l'humanité de la pauvreté extrême. On ne peut pas retourner en arrière, sinon un nouveau Moyen Âge nous attend et ceux qui pratiquent la simplicité volontaire de façon involontaire, en paieront doublement le prix.

    • Marc Pelletier - Abonné 27 septembre 2019 18 h 50

      Bla, bla, bla !

      Trop, c'est comme pas assez

  • Réal Gingras - Inscrit 27 septembre 2019 08 h 30

    Un projet audacieux dit-il?

    Monsieur Legault dit:

    ”Nos réserves de lithium nous donnent les moyens de prendre notre place dans le marché mondial des batteries et des véhicules électriques.”

    Mais je suppose qu’il n’est pas sans savoir que l’exploitation du lithium entraîne de grave problème de pollution. Il suffit pour s’en rendre compte d’aller lire les différents articles sur ce type d’exploitation au Chili, en Argentine et en Bolivie.

    https://reporterre.net/Corruption-pollution-consommation-les-ravages-du-lithium-en-Argentine

    https://ecoinfo.cnrs.fr/2011/06/01/4-impacts/

    De plus, qu’elle est la durée de vie d’une batterie au lithium et que fait-on à la fin de sa vie utile?

    La voiture électrique n’est une panacée.

    • Jean Richard - Abonné 27 septembre 2019 11 h 05

      Pire, il n'y a pas que du lithium dans un accumulateur lithium-ion, il y a aussi du graphite, du dioxyde de cobalt ou de manganèse, du carbonate d'éthylène et bien d'autres substances ou matériaux.
      Et pour obtenir les matières nécessaires pour fabriquer une seule grosse batterie de voiture, il faut extraire du sol, à partir de plusieurs mines différentes, des tonnes de matières premières qu'il faut transformer, à grands coups d'énergie – pas toujours électriques car des énormes camions qui descendront du nord propulsés par des moteurs à batteries, ce n'est pas pour 2020, ni même 2030.
      Par ailleurs, qui dit mines dit sociétés minières. Les déclarations d'amour entre le Québec et certaines sociétés minières ont connu des périodes mouvementées, qui ont parfois coûté très cher aux Québécois. Il y a une société minière qui essaie d'acculer à la faillite une petite ville québécoise (Grenville) qui s'est opposée à l'exploitation d'une mine de graphite à ciel ouvert à proximité de l'agglomération. Si vous croyez que le graphite est propre...
      La voiture électrique ? Si divers états, dont le Québec, les subventionnent à fond de train, c'est qu'on veut perpétuer le règne du tout-à-l'auto, ce qui a donné lieu à un mode de vie (l'auto a façonné l'habitat et la mobilité) propice à la surconsommation (la banlieue et ses autoroutes bordées de temples de la consommation (Costco, Walmart, nommez-les). Quand l'industrie automobile va, tout va. On ne veut pas prendre le risque de mettre en place des programmes de désautomobilisation du territoire. L'industrie automobile comme bien d'autres méga-industries, mise sur la croissance continue pour survivre. On construit actuellement 100 millions de voitures par année et ce nombre ne pourra qu'augmenter. Or, pour l'environnement, c'est un désastre. L'auto individuelle a détruit nos villes. Or, avec une planète de 8 milliards d'humains, la ville est l'incontournable habitat naturel de l'homme – et non de l'auto.

    • Françoise Labelle - Abonnée 27 septembre 2019 18 h 10

      C'est clair, Monsieur et le gouvernement le sait bien.