Ma vie sans automobile

Évidemment, pour pouvoir vivre sans auto, il faut «organiser sa vie ». La principale condition est de demeurer dans un milieu suffisamment dense pour bénéficier d’un bon service de transport en commun.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Évidemment, pour pouvoir vivre sans auto, il faut «organiser sa vie ». La principale condition est de demeurer dans un milieu suffisamment dense pour bénéficier d’un bon service de transport en commun.

Dans le cadre de la semaine « Défi sans auto » organisée par l’Association des centres de gestion des déplacements du Québec (ACGDQ) qui se tient du 16 au 22 septembre 2019, je vous soumets ce témoignage.

Je vis sans auto depuis huit ans. Même si un certain nombre de gens le font aussi, je n’aurais jamais cru une telle chose possible pour moi. Pendant les trente premières années de ma vie de famille, j’ai habité en banlieue éloignée et nous avions deux autos. Par la suite, je me suis rapproché de la ville et nous avons vendu une voiture. Finalement, j’ai acheté un appartement au centre-ville et je me suis débarrassé de mon auto.

L’automobile est très polluante. Le smog, les pluies acides, les gaz à effet de serre, l’émission de particules fines et l’amincissement de la couche d’ozone en sont les principales conséquences. En plus d’être très dommageable pour l’environnement, la possession d’une auto implique plusieurs exigences. La principale est de faire l’objet d’une préoccupation constante pour sa sécurité. Posséder une auto implique aussi des coûts considérables (achat, dépréciation, assurance, essence, stationnement, réparations, contraventions, permis de conduire, immatriculation, etc.). Plusieurs actions sont aussi nécessaires pour en assurer l’entretien (lavage, cirage, changement périodique d’huile, de freins et de silencieux, etc.). L’hiver amène également des gestes à faire (déneigement de la voiture et du stationnement, gratter la glace lors de verglas, montage et démontage de l’abri temporaire, changement de pneus et d’essuie-glace, etc.).

Il existe pourtant d’autres possibilités de transport comme l’autopartage, le covoiturage, le taxi, l’autobus, le train, la bicyclette, la marche, les patins à roues alignées, la trottinette et la planche à roulettes pour les plus habiles.

Évidemment, pour pouvoir vivre sans auto, il faut « organiser sa vie ». La principale condition est de demeurer dans un milieu suffisamment dense pour bénéficier d’un bon service de transport en commun, d’une abondance de services de proximité, et de la disponibilité d’autopartage tout près. Avec ces trois facteurs réunis, il est possible, pour plusieurs personnes, de vivre sans auto.

Vivre sans auto présente plusieurs avantages, dont une diminution considérable des dépenses. Personnellement, il m’en coûte moins de 2000 $ par an pour la rubrique transport de mon budget alors que la possession et l’usage d’une voiture peuvent représenter fréquemment un coût pouvant atteindre trois à cinq fois cette somme selon le CAA Québec. Je réussis même à dégager un revenu en louant le stationnement de mon appartement. Vivre sans auto m’oblige aussi à marcher plus souvent, ce qui me force à faire de l’exercice. Finalement, l’absence d’auto dans ma vie m’apporte une certaine forme de libération mentale n’ayant pas à m’en préoccuper. Évidemment, ça me donne aussi la satisfaction de vivre en cohérence avec mes valeurs en réduisant mon empreinte écologique. Contrairement à la croyance populaire, vivre sans auto, serait-ce la liberté ? C’est à cette conclusion qu’arrivent de plus en plus de jeunes États-Uniens qui, selon une étude récente de l’Université du Michigan, achètent moins de voitures que leurs parents.

Pendant cette semaine du défi sans auto, pourquoi ne pas faire l’essai du transport actif (marche, vélo ou transport en commun) et, qui sait, vous pourriez peut-être y prendre goût et l’adopter ?

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6 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 17 septembre 2019 07 h 20

    Nous sommes désolés

    Désolé, mais ce n’est pas l’automobile qui est la cause des changements climatiques, mais bien les humains qui sont derrières de celle-ci. Vivre en ville dans des agglomérations déjà surpeuplées n’aidera personne. En fait, Montréal est considérée comme une ville surpeuplée si on prend en ligne de compte la densité de la population par mètre carré.

    Désolé, mais les villes ne produisent rien. Les matières premières sont acheminées vers ces centres de consommation et ce ne sont que des GES et de la pollution atmosphérique qui en résultent.

    Désolé, mais ne pas posséder une voiture n’est pas de la simplicité volontaire, mais signale plutôt un désir d’épargner de l’argent lorsqu’on vit en ville. Et c’est facile de vivre et se déplacer en ville puisque tous les moyens de transports collectifs sont subventionnés par ceux qui vivent en périphérie et en région.

    Désolé, la simplicité volontaire inclut aussi l’absence des biens domestiques comme les téléviseurs, les téléphones intelligents et autres que nos citadins prennent pour un droit inviolable et inaliénable.

    La simplicité volontaire au Québec est perpétrée par des gens qui la font de façon involontaire; les pauvres, pas le « Bobos » des quartiers.

    • Gilbert Troutet - Abonné 17 septembre 2019 23 h 02

      Désolé, vous avez l'air de plus en plus d'un mononcle grincheux dès que quelqu'un avance une idée nouvelle ou prend la peine de nous dire qu'il existe d'autres façons de penser que la « pensée unique ». Je connais des jeunes qui choisissent la simplicité volontaire et qui s'en portent très bien.

      Cela dit, je reconnais qu'il est difficile de parler de décroissance ou de « croissance zéro » dans un monde qui n'a jamais rien connu d'autre que le « toujours plus et toujours mieux ». C'est pourtant la seule voie possible si l'on veut rester en vie comme espèce.

  • Claudette Bertrand - Abonnée 17 septembre 2019 08 h 18

    Arriver en ville......

    Depuis belle lurette, une grand partie de la population citadine de Montréal n'utilise pas de voiture pour son déplacement quotidien. Ce que je comprends de votre lettre, c'est que si vous étiez rester en banlieu vous auriez toujours deux voitures.....dont je ne saurais pas étonnée que vous avez acheté neuves, car j'ai toujours eu une voiture d'occasion, mais l'idée de la laver ou de la cirer ne m'est jamais venue à l'esprit...Quoiqu'il en soi, donner des leçons seulement quand on y trouve son intérêt, et surtout quand cela est déjà une évidence pour une bonne majorité des Montréalais, c'est plutôt ridicule.

  • Christian Beaudet - Abonné 17 septembre 2019 10 h 44

    Posséder une auto c'est surtout pour afficher sa personnalité, c'est ça le problème

    Au delà de l'utilité pratique il y a une grande part d'irrationnalité dans le fait de posséder une auto. On l'achète toujours trop grosse, trop puissante, en choisissant avec soin le modèle et la couleur, soucieux qu'elle reflète notre personnalité comme s'il s'agissait d'un vêtement. Une berline haut de gamme pour le fier professionnel, une camion RAM pour le banlieusard viril, un cabriolet sport pour le baby boomer retraité, une coccinelle rose pour la petite dame, une voiture hybride pour afficher sa personnalité responsable, etc Tout comme pour les vêtements, il y aussi des effets de mode. Par exemple, le gris fait démodé et le blanc est le nouveau chic! En outre combien pensent encore que l'autobus c'est pour les pauvres!
    Les humains sont prêts à gaspiller leur argent et à poluer sans compter pour répondre à des pulsions bien irrationnelles. Il faut aussi dénoncer la part de narcissisme qui fait partie du problème.

  • Jean Richard - Abonné 17 septembre 2019 11 h 17

    Huit « Je », deux « Nous »

    Oui, l'article ci-haut comporte huit « Je », et seulement deux « Nous ». Mathématiquement parlant, l'individu est placé très haut au-dessus du collectif.
    « L’automobile est très polluante. Le smog, les pluies acides, les gaz à effet de serre, l’émission de particules fines et l’amincissement de la couche d’ozone en sont les principales conséquences. » – L'auteur de l'article aurait donc eu des préoccupations environnementales en tentant de réduire sa dépendance à l'automobile. Pas de problème : les gens ne sont pas contre la vertu.
    Pas de problème ? Oui pourtant, et lequel ? L'environnement est un vaste univers, d'une grande complexité. Les petits gestes individuels face à un problème collectifs sont presque inefficaces. Ils peuvent même donner le résultat contraire à celui recherché. Il y a la bonne conscience que ces petits gestes conjugués au je-me-moi apporte, bonne conscience qui est souvent mauvaise conseillère, et il y a le risque non négligeable d'une focalisation sur ces gestes individuels pour faire oublier la non-volonté de prendre des mesures collectives costaudes pour espérer s'approcher des solutions aux problèmes actuels. Et des mesures collectives passent inévitablement par le politique.
    Par le politique ? Nous sommes en pleine campagne électorales et qu'y a-t-il dans le discours qui l'accompagne ? Des vieilles recettes pour refaire le même gâteau avec presque les mêmes ingrédients, mais rien qui indique la volonté d'un changement en profondeur, pourtant incontournable.

  • Jean Richard - Abonné 17 septembre 2019 11 h 39

    L'incontournable désautomobilisation

    Il est question d'auto ici-haut. La population mondiale exige une densification si on veut conserver la biodiversité. La densification ne pourra se faire si on continue à miser sur la voiture individuelle pour se déplacer (il y a déjà un milliard de voitures en circulation sur la planète et quelques milliards d'individus qui aspirent à en avoir une). Y a-t-il de la place pour 2 ou 3 milliards pour ces engins peu durable qui occupent beaucoup trop d'espace, qui consomment une quantité phénoménale de matières premières et d'énergie. La réponse est non.

    Pour vivre dans des villes relativement denses (une nécessité avec huit milliards d'individus sur une planète aux dimensions et aux ressources limitées), il faut revoir sa façon d'occuper le territoire, soit l'habitat et surtout, la façon de se déplacer sur ce territoire. La congestion croissante en périphérie de Montréal (qui est loin d'être une mégapole) devrait servir de système d'alarme. La désautomobilisation des transports semble inévitable. Une véritable désautomobilisation ne passera pas par une poignée d'individus qui ont vendu leur voiture – et utilisent celles des locateurs en libre service pour la remplacer. C'est un moindre mal, mais on est loin du but si on se contente de si peu.

    En pleine campagne électorale, que promettent les partis soi-disant les plus verts ? Le NPD veut tripler les déjà excessives subventions à l'achat de voitures individuelles à batteries en autant qu'elles soient construites en Ontario. Le PVC promet d'installer des millions de bornes de recharge pour les voitures individuelles à batteries pour que tous les Canadiens puissent se déplacer de l'Atlantique au Pacifique avec de telles voitures. Et si on électrifiait Via Rail à la place ? Non, pas un mot jusqu'à maintenant sur l'inefficace société ferroviaire fédérale.

    Bref, on est loin du but. La solution ne peut éviter le politique, mais le menu aux élections fédérales indiquent que nous resterons sur notre appétit.