La route vous parle

«De grâce, ralentissez aux abords des chantiers autoroutiers. Croyez-moi sur parole, ça n’a rien d’agréable d’avoir un véhicule qui vous frôle à 90-100 km/ h», réclame l'auteur de la lettre et qui est aussi signaleur routier.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir «De grâce, ralentissez aux abords des chantiers autoroutiers. Croyez-moi sur parole, ça n’a rien d’agréable d’avoir un véhicule qui vous frôle à 90-100 km/ h», réclame l'auteur de la lettre et qui est aussi signaleur routier.

Je suis signaleur routier dans la région de Charlevoix. J’aimerais rapporter aux usagers de la route (UDLR) mon quotidien et les dangers qui me guettent. C’est moi que vous voyez (ou pas) aux abords de la route tout vêtu de mon uniforme jaune-vert fluorescent. Il faut se l’avouer, mon habillement n’a rien de sexy, mais est d’une redoutable efficacité. Il est visible à plus d’un quart de kilomètre. Un simple faisceau lumineux d’un phare en ma direction et je brille de tous mes feux. Encore faut-il que vous, les UDLR, soyez attentifs à ma présence et aux indications que j’aurai pour vous.

Dans un premier temps, sachez que je n’apparais jamais sans prévenir. Invariablement, dans la zone d’avertissement et d’approche de travaux, des panneaux de signalisation précéderont ma présence. Cela va comme suit :

1. Diminution de la limitation de vitesse

2. Attention hommes au travail

3. Interdiction de dépasser un autre véhicule

4. Présence d’un signaleur. Ce panneau orange a la particularité d’être le seul orné de trois drapeaux. Ce panneau appelle à une prudence extrême.

5. Ligne d’arrêt : indique l’endroit où vous devez immobiliser votre véhicule.

Quand un UDLR me dit qu’il ne m’a pas vu, c’est probablement qu’il n’a pas porté attention aux panneaux annonçant ma présence, qu’il n’a pas respecté la limitation de vitesse, qu’il a l’esprit ailleurs ou occupé à autre chose que la conduite de son véhicule. C’est votre obligation d’être attentif et de respecter les règles de la sécurité routière. Plus de 80 % des accidents avec blessés sont causés par le comportement des UDLR ; donc la balle est dans votre camp. Quoique je préconise la prévention à la répression, sachez que les amendes sont doublées sur les chantiers. Le but de ma démarche est que l’information passe par la lecture plutôt que par le portefeuille. Après tout, qui a besoin « d’être soulagé » de quelques centaines de dollars pour comprendre le gros bon sens ?

Mon rôle : assurer la sécurité de ma propre personne, des travailleurs sur le chantier et de vous, les UDLR. Pour ce faire, j’assume la responsabilité de contrôler le trafic routier. Je vous demande donc de ralentir ou d’immobiliser votre véhicule. Mes directives ne sont pas des suggestions, mais des obligations. Mes ordres ont un caractère obligatoire, selon l’article 311 du Code de la sécurité routière.

Habituellement, on travaille en équipe ; j’ai un collègue signaleur avec qui je communique par radioémetteur. Notre but commun est la fluidité du trafic de façon sécuritaire, selon les situations auxquelles nous sommes confrontés. Ne maugréez pas en nous voyant : réjouissez-vous de notre présence, nous sommes vos anges gardiens.

Il est coutumier que nous contrôlions la circulation en contresens en alternance. On ne veut pas imaginer les conséquences qu’un UDLR fasse fi de notre ordre d’ARRÊT et s’engage malgré tout dans la seule voie ouverte à la circulation. Ce serait la catastrophe assurée… SVP, obtempérez !

Et puis la nuit, il y a aussi des travaux, afin de ne pas créer des embouteillages monstres en période de pointe. La visibilité étant réduite, vous devez adapter votre conduite en conséquence. Soyez vigilant, on est là, dans l’obscurité. Malgré les affres du temps (pluie, brouillard, neige, etc.), nous sommes présents. Pour nous, pour vous, levez le pied.

De grâce, ralentissez aux abords des chantiers autoroutiers. Croyez-moi sur parole, ça n’a rien d’agréable d’avoir un véhicule qui vous frôle à 90-100 km/ h. Moi aussi, je veux rentrer chez moi après le boulot…

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1 commentaire
  • Kim Jolicoeur - Inscrit 11 septembre 2019 10 h 11

    Bonjour,
    Premièrement je ralentis toujours dans les chantiers. Parce que les voies sont souvent trop étroites pour m’y aventurer en toute confiance, parce que je respecte le travail fait, de trois un accident ralenti les travaux et je veux qu’ils se terminent le plus rapidement possible, et les contraventions sont hyper salées malgré un maque flagrant de présence policière un peu partout.
    Ceci étant dit :
    1- Sur la 40 dans les multiples chantiers du REM entre Henri-Bourassa/Hymus et Morgan, la limite est 90 km/h. Je suis un des rares qui la respecte et je m’arrange même pour être dans la voie de gauche pour ralentir les BMW qui s’en foutent complètement (c’est 95% du temps une BMW qui me pousse dans le postérieur).
    2- Ce n’est pas vrai que les signaleurs ne surgissent jamais de nulle part. On a beau ralentir à la limite, si le gars ou la dame qui tient le panneau se pointe soudainement devant mon véhicule parce qu’il ou elle était derrière un container, même à 30 km/h il ou elle va avoir un gros bobo. Ça m’est arrivé devant Ste-Justine l’an dernier, j’ai freiné à temps heureusement.
    3- J’ai l’impression que pour bien des gens, les signaleurs sont des cônes qui bougent, rien de plus. Juste une autre entrave parmi des milliers d’autres.
    4- Les chantiers interminables qui poussent comme de l’herpès, nous en avons plein le derrière. Perso je fais mon possible, mais j’en ai vraiment marre d’être mis dans le même bateau que les douchebags en BMW juste parce que je possède une voiture. Parce que les plaintes des signaleurs s’ajoutent à celles des cyclistes, piétons, camionneurs, chauffeurs de taxi, etc. Revendiquez donc pour des effectifs policiers additionnels pour pénaliser les contrevenants au lieu de faire suer tout le monde, même ceux qui se comportent convenablement sur nos routes et qui vous respectent. Yen a aussi PLEIN de ceux-là!
    Bonne journée.