Pour une voix plus forte pour les régions dès 2022

«Cela fait 120 ans que nous parlons de réforme électorale au Québec. Il est temps de passer aux actes», soulignent les auteurs.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne «Cela fait 120 ans que nous parlons de réforme électorale au Québec. Il est temps de passer aux actes», soulignent les auteurs.

Le gouvernement Legault s’est engagé à déposer un projet de loi sur la réforme du mode de scrutin le 1er octobre 2019 et nous l’en félicitons. Cette réforme doit être l’occasion de reconnaître davantage les gouvernements de proximité que sont les MRC et les municipalités en tant que vrais gouvernements responsables et autonomes. Pour cela, la réforme électorale doit renforcer le poids politique des régions et maintenir la relation de proximité entre les citoyennes et citoyens et leurs députées et députés.

Nous croyons que l’instauration d’une plus grande proportionnalité des résultats ainsi que davantage de pluralisme permettront de renforcer notre démocratie et d’offrir aux élues et aux élus municipaux des régions du Québec une occasion de se faire entendre plus facilement à l’Assemblée nationale et auprès du gouvernement. Le mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire avec listes régionales nous permettra d’avoir accès directement à une diversité de députées et de députés tant dans des circonscriptions locales que dans des circonscriptions régionales. Tous ces élus auront intérêt à bien collaborer pour mieux servir leurs électrices et leurs électeurs et ainsi bien représenter la volonté et les intérêts de leur population.

Il est important de réaffirmer l’ancrage territorial de notre système démocratique et surtout de garantir aux citoyennes et aux citoyens, qu’ils vivent dans une grande métropole ou en région, que leur voix compte réellement. Cela fait 120 ans que nous parlons de réforme électorale au Québec. Il est temps de passer aux actes. Nous considérons que le gouvernement a la légitimité et les moyens d’agir pour mettre en oeuvre la réforme du mode de scrutin dès les élections générales de 2022, tel que solennellement promis.

Nous tenons cependant à rappeler au premier ministre Legault qu’une telle avancée historique pour la démocratie au Québec ne se fera que si le gouvernement se donne les moyens de ses ambitions. En effet, la nouvelle délimitation du territoire électoral que suppose la réforme rend indispensable l’allocation de moyens additionnels aux députées et aux députés, en matière de budget et de nombre de bureaux, afin qu’ils puissent répondre aux demandes grandissantes des élus municipaux. C’est ainsi que nous bâtirons ensemble une démocratie de proximité véritablement représentative et juste au Québec.

*Signataires : Pascal Binet, maire d’Adstock (Chaudière-Appalaches) ; Jean-François Delisle, conseiller municipal de Thetford Mines (Chaudière-Appalaches) ; Éric Forest, ex-maire de Rimouski (Bas-Saint-Laurent) et ex-président de l’Union des municipalités du Québec ; Mario Fortin, maire de Plessisville (Centre-du-Québec) ; Diane Lavoie, mairesse de Beloeil (Montérégie) ; Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau (Outaouais) ; Marc-André Plante, maire de Terrebonne (Lanaudière) ; Réjean Porlier, maire de Sept-Îles (Côte-Nord) ; Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie (Montérégie) et ex-présidente de l’Union des municipalités du Québec ; Colette Roy-Laroche, ex-mairesse de Lac-Mégantic (Estrie) ; Guillaume Tremblay, maire de Mascouche (Lanaudière)

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3 commentaires
  • Daphnee Geoffrion - Inscrite 7 septembre 2019 11 h 06

    Une réforme n'est pas souhaitable.
    Notre système fonctionne, avec la Caq élu en une décennie nous voyons qu'il y a de la mouvance et que la Démocratie fonctionne.
    Notre système imparfait nous protège des groupes à vision étroite comme les extrémistes de tout genre et les groupes religieux.
    QS c'est de la petite bière comparé à ceux qui attendent le changement de mode pour foutre le vrai chaos.

  • Léonce Naud - Abonné 8 septembre 2019 02 h 31

    Modes de scrutin et intégrité du territoire québécois

    Parmi les paramètres qui doivent guider une réforme du mode de scrutin se trouve celui du maintien de l’intégrité du territoire du Québec, une préoccupation géopolitique.

    Question : un mode de scrutin de type proportionnel est-il susceptible de faire obstacle ou bien, au contraire, de rendre probable l’émergence de forces ou de partis politiques régionaux plutôt que nationaux, voire de partis religieux ou ethniques, et possiblement tout cela à la fois ?

    Il existe désormais au Québec une nébuleuse croissante de communautés culturelles, religieuses, ethniques, linguistiques, raciales, situées pour la plupart dans le sud-ouest du territoire québécois, vaste et riche région qui jouxte l’Ontario. Or, cette Province offre un univers socio-culturel et linguistique susceptible d’exercer une force d’attraction considérable en cas de changement fondamental du statut politique du Québec.

    Volontairement incontrôlée par Ottawa, l’immigration actuelle renforce l'éventualité qu'en cas de référendum gagnant, une partie de la population de la région métropolitaine ainsi que de l’Outaouais exigera bruyamment de continuer à faire partie du Canada anglophone plutôt que de partager la destinée singulière d’un nouveau pays à majorité francophone en Amérique, beaucoup plus petit et extrêmement minoritaire à l'échelle du continent.

    Avec un mode de scrutin de type proportionnel, une volonté ferme de rattachement d’une région du Québec au reste du Canada pourrait-elle être exprimée vigoureusement, démocratiquement, voire internationalement par un parti politique séparatiste majoritaire dans une région du Québec ?

    On voit ici l’importance, pour un mode de scrutin donné, de ne pas rendre légalement possible, voire probable, l'avènement de quelque parti politique régional, religieux ou ethnique que ce soit dans l'avenir.

    « Celui dont la vue ne porte pas au loin verra les problèmes de près. » Sun Tzu (Général chinois, VIᵉ siècle av. J.-C.)

  • Michèle Cossette - Abonnée 8 septembre 2019 12 h 34

    Illusion

    La moitié de la population du Québec vit à Montréal. Pour l'instant, l'influence de Montréal est limitée par le nombre de circonscriptions qui y sont situées. Tout cela va changer avec la proportionnelle : l'île de Montréal concentrera la moitié des voix.
    Il me semble que ceux qui croient que la voix des régions se ferait plus forte s'illusionnent grandement.