Penser au bien-être de nos jeunes en bannissant les cellulaires en classe

«On ne peut faire semblant d’oublier les risques potentiels des cellulaires, d’autant plus que la science et le savoir actuel n’ont même pas encore fait le tour de la question», écrit l'auteure.
Photo: iStock «On ne peut faire semblant d’oublier les risques potentiels des cellulaires, d’autant plus que la science et le savoir actuel n’ont même pas encore fait le tour de la question», écrit l'auteure.

Avec la rentrée scolaire est revenue dans l’actualité la question fort pertinente de la présence du cellulaire dans les classes. À la lumière de ce que l’on observe sur le terrain depuis plusieurs années, le Centre Cyber-aide en vient à la conclusion qu’il est préférable, pour le bien de nos jeunes, de nos enfants, de bannir les cellulaires en classe.

La mesure peut paraître radicale, mais elle a plutôt l’indéniable avantage d’offrir une ligne directrice aussi claire que facile à suivre pour l’ensemble des milieux.

D’abord, cela donnera le temps aux écoles de réfléchir pour concevoir un mode d’emploi offrant un encadrement spécifique aux cellulaires, tout en évacuant le flou inextricable qui prévaut pour le moment. En effet, il n’est pas rare de trouver, au sein de la même école, une classe où on permet l’utilisation du cellulaire (même pour une utilisation ludique comme l’écoute de musique pendant les travaux scolaires), alors que sa voisine ne le permet carrément pas. On comprend aisément la confusion qui peut alors régner chez les élèves et le personnel scolaire… de même que chez les parents ! Il n’y a pas de ligne claire !

Ensuite, si l’on s’entend rapidement sur le potentiel pédagogique du cellulaire en classe, on ne peut glisser sous le tapis les désavantages et les risques qui l’accompagnent : risques pour la santé (les yeux, la posture, la qualité du sommeil, la cyberdépendance, etc.), la sécurité (utilisation des données, piratage, etc.), la sexualité (les comportements) et les problèmes de cyberintimidation (situations conflictuelles, etc.). On ne peut faire semblant d’oublier ces risques potentiels, d’autant plus que la science et le savoir actuel n’ont même pas encore fait le tour de la question !

De plus, on ne peut faire l’impasse sur les conseils des pédiatres qui recommandent une utilisation quotidienne limitée des écrans. Cette limite est fondamentale pour assurer le bien-être de l’enfant, pour sa santé, pour son équilibre. S’il fallait que chaque journée en classe signifie huit heures passées devant l’écran… comment feront les parents pour que leurs enfants retrouvent l’équilibre ?

C’est pourquoi il serait judicieux de s’inspirer de l’Ontario et de la France à ce propos et bannir la présence des cellulaires en classe. En revanche, si le Québec venait à adopter une telle loi, je recommanderais de ne pas appliquer de sanctions contre les élèves qui ne sont pas en mesure de respecter les consignes. Il faudrait d’abord évaluer les besoins comblés par cette utilisation des écrans, afin de réagir de manière appropriée à la situation.

Le forum sur la dépendance aux écrans annoncé par le gouvernement ne pourra mieux tomber : il faut saisir cette occasion pour aborder la question du cellulaire en classe, ce qui doit inclure l’analyse des avantages et désavantages de cet outil technologique afin d’en réaliser un portrait juste qui permettra, par la suite, de prendre les bonnes décisions.

Et pour les parents qui pourraient déplorer la mise à l’écart du cellulaire parce que cela compliquerait les communications avec leur enfant : rappelons-leur simplement qu’il y a d’excellents secrétariats en mesure de passer leurs messages…

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6 commentaires
  • Hélèyne D'Aigle - Abonnée 4 septembre 2019 06 h 28

    Éclosion noble et de conséquence .

    Quoi de plus luxueux

    que du temps ( de qualité )

    reTrouvé ⁉️

  • Nadia Alexan - Abonnée 4 septembre 2019 10 h 20

    Une loi contre l'utilisation du cellulaire à l'école s'impose.

    Bravo, madame Cathy Tétreault. Vous avez absolument raison. Il faut que le ministre Roberge décrète une loi bannissant les cellulaires de l'école. On ne peut pas apprendre et avoir la tête ailleurs ailleurs en même temps. Il faut se dégager de cette dépendance qui risque de nuire à la santé physique et intellectuelle de nos enfants. Assez c'est assez!

  • Réal Gingras - Inscrit 4 septembre 2019 10 h 25

    Bien sûr! Pas de cellulaire à l'école.

    Toutes les classes sont pourvues d'ordinateurs que les élèves peuvent utiliser à l'occasion.
    À quoi sert donc alors un cellulaire? Les élèves ont tous une adresse courriel liée au portail de leur commission scolaire et ont accès ,via un ordinateur dans leur école, à tout ce dont ils ont besoin.
    L'utilisation du cellulaire éloigne de la concentration nécessaire à l'apprentissage et éloigne également à la linéarité que suppose la compréhension en lecture.
    On n'écoute plus le prof , on divague sur Facebook et sur les nombreuses applications trop souvent inutiles qui ne servent qu'à oublier l'essentiel, c'est-à-dire le contact humain en face à face.

  • Kim Jolicoeur - Inscrit 4 septembre 2019 10 h 44

    La technologie existe pourtant

    Il existe des bloqueurs de signal qui couperaient la connexion internet, accessible seulement par Wi-Fi à l’aide d’un mot de passe, et l’accès peut passer par un serveur limitant l’utilisation à des pages spécifiques, comme par exemple le site de l’école où les élèves pourraient n’avoir accès qu’au matériel servant à leur éducation comme des livres en ligne ou autre matériels pédagogiques.

    Interdire le cellulaire en 2019, je trouve que c’est assez contre-productif. C’est comme avoir un clou à enfoncer dans une planche, mais les marteaux sont bannis parce qu’ils peuvent aussi servir à frapper des trous dans les murs.

    Ce n’est pas les cellulaires le problème, mais bien ce qu’on peut faire avec comme Instagram, Facebook, textos, etc.
    Si, à l’école, on peut/veut limiter son utilisation à des choses pertinentes, le cellulaire s’avérerait un outil d’une très grande valeur dans l’éducation de nos enfants.

  • Luc Le Blanc - Abonné 4 septembre 2019 12 h 09

    Je pensais que c'était déjà le cas

    Ça me semblerait évident. Pourquoi n'est-ce pas déjà le cas? Comment justifier la présence du cellulaire en classe? Besoin des parents de rejoindre leurs enfants? Qu'ils passent par appel à la direction, comme lorsque j'étais sur les bancs d'école. Ça ne me semble qu'une distraction de plus, en plus d'un outil de surveillance et d'intimidation.