Manque d’enseignants: l’expérience comme solution

«Il suffirait que le ministère de l’Éducation assouplisse ses critères d’embauche tout en demandant aux commissions scolaires de veiller à la compétence des personnes embauchées», remarque l'auteur.
Photo: iStock «Il suffirait que le ministère de l’Éducation assouplisse ses critères d’embauche tout en demandant aux commissions scolaires de veiller à la compétence des personnes embauchées», remarque l'auteur.

L’an passé, devant le manque d’enseignants, j’ai écrit à la direction des ressources humaines de la CSDM afin d’offrir mes services. Je n’ai pas rempli le questionnaire standard, car mon cheminement non conventionnel ne me permettait pas de cocher les cases prédéterminées du formulaire. Malgré le manque d’enseignants tant décrié, je n’ai reçu aucune communication en réponse à mon offre de service. Je vous expose mon cas à titre d’exemple.

Je suis en possession d’un baccalauréat en enseignement de l’histoire obtenu en 1979. Tout en étudiant, j’ai accumulé plus de 400 jours de suppléance. À la sortie de l’université, j’ai enseigné deux ans à plein temps. J’ai même réussi une année de probation évaluée avec grand succès. En 1981, j’ai dû quitter le monde de l’enseignement, car le surplus d’enseignants sur le marché ne me permettait plus d’avoir accès à un poste plein temps. Même la suppléance était effectuée par des enseignants mis en disponibilité.

J’ai donc poursuivi ma carrière surtout dans le domaine politique à la Chambre des communes et à l’Assemblée nationale. J’ai appris le dessous de l’organisation, le fonctionnement des partis dans l’opposition ainsi qu’au pouvoir. J’ai oeuvré dans les cabinets ministériels suivant : Conseil du Trésor, Finance et Revenu, Éducation, Santé et Services sociaux ainsi qu’aux Ressources naturelles et Énergie. J’ai terminé cette carrière en tant que directeur de cabinet ministériel. En fait, j’ai une très bonne connaissance du rouage du pouvoir et des pouvoirs qui tentent d’influencer les décideurs.

Sur le site de la CSDM dans le secteur de « Domaine de l’univers social » on mentionne que «… les élèves devront considérer, dans le cours monde contemporain, les aspects économiques, politiques, géographiques et historiques dans l’étude de problèmes et d’enjeux qui nous concernent tous. »

Ma formation en enseignement en histoire, ainsi que mon parcours professionnel, serait très enrichissante pour les élèves. D’ailleurs, un enseignant m’a dit qu’un volet comprenant des notions de la vie économique serait ajouté au programme. Si on me convoquait en entrevue, je pourrais alors mentionner que j’ai obtenu un certificat universitaire de premier cycle en économie ainsi qu’une maîtrise en Administration publique. Je pourrais, alors, fort bien enseigner les notions économiques de base.

Plusieurs personnes comme moi pourraient pourvoir des postes vacants en éducation. Il suffirait que le ministère de l’Éducation assouplisse ses critères d’embauche tout en demandant aux commissions scolaires de veiller à la compétence des personnes embauchées. Ce faisant, une personne qui possède ma formation universitaire et mon expérience professionnelle pourrait entrer dans les cases du formulaire d’offre de service, elle pourrait être convoquée en entrevue. Et les élèves pourraient finalement bénéficier d’un enseignant à plein temps qui apporterait son bagage pratique acquis sur le terrain.

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3 commentaires
  • Roch Godard - Abonné 30 août 2019 08 h 33

    Demande d`emploi

    M. Fournier, mon fils a aussi fait une demende d`emploi en enseignement à Laval. Comme son parcour était atypique, sa demande a été rejetée. Il es allé rencontrer son directeur d`école où Il avait étudié, c`est comme ça qu`il a eu son premier emploi.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 30 août 2019 09 h 52

    Quand on lève le nez sur l'expérience

    Moi aussi, j'ai un bagage de connaissances. À 73 ans, je suis encore en pleine forme. J'ai enseigné au niveau CÉGEP, au niveau universitaire, au niveau secondaire avant les exigences de maintenant. Je suis bilingue depuis l'âge de 6 ans. J'ai étudié aux États-Unis.

    À plusieurs reprises, j'ai offert mes services pour faire de la suppléance dans les écoles de la région de Sherbrooke. Sans succès.

    Jean-Pierre Marcoux
    M.A. Sociologie, M.A. Aménagement Régional, M.A. Design en Paysagisme, Écrivain, Voyageur

  • Samuel Prévert - Inscrit 30 août 2019 10 h 51

    Des exigences mais, rien à offrir...

    Je possède un BAC en enseignement du français langue seconde et plus de 20 ans d'expérience en enseignement et pourtant, je ne peux pas enseigner le français comme langue maternelle. De plus, j'ai passé une entrevue à la CSDM, pour travailler auprès des élèves du secondaire et on m'a dit, à ma grande surprise, que je ne l'avais pas réussie.

    Aussi, il n'y a pas si longtemps, pour enseigner auprès des immigrants, un BAC suffisait. Désormais, le ministère de l'Immigration exige un BAC en enseignement du français. Un BAC en enseignement, c'est quatre années de remplissage. Les personnes qui ont fait des études en psychologie, en Histoire, en littérature ou en science politique, sont beaucoup plus intéressantes.