Qu’est-ce qui rend distinct le sommet du G7 2019 à Biarritz?

Les forces de sécurités se mettent en place, à la veille du sommet du G7.
Photo: Thomas Samson Agence France-Presse Les forces de sécurités se mettent en place, à la veille du sommet du G7.

Le Groupe des Sept — la France, l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Canada et le Japon —, mieux connu sous l’abréviation G7, qui rassemble les chefs d’État et de gouvernement de sept des principales puissances mondiales, se réunira du 24 au 26 août à Biarritz, dans le sud de la France.

Cette année, ce qui rend distinct le G7, ce n’est pas le thème consacré à la lutte contre les inégalités, qu’elles soient sociales, environnementales ou encore sécuritaires, sur les cinq continents, déjà discutées dans les organisations internationales comme l’ONU, mais la guerre commerciale entre Washington et Pékin, les tensions autour de l’Iran et le bras de fer sur le Brexit. D’autres sujets contextuels de préoccupation seront traités de manière informelle par les décideurs du G7, tels que la taxation des géants du numérique, la crise hongkongaise, l’élection éventuelle d’un gouvernement d’extrême droite en Italie hostile à l’Union européenne et le cas de l’Italie comme premier pays membre du G7 à intégrer le projet d’infrastructures maritimes, ferroviaires et numériques en Europe et en Afrique lancé par Pékin en 2013.

De manière globale, jamais cette réunion annuelle ne s’est annoncée aussi tendue, pas même au moment où l’axe Paris-Berlin en partenariat avec la Russie a refusé de participer à la guerre en Irak en 2003. La tenue d’un G7 à Biarritz, dans le sud-ouest de la France, aggrave les préoccupations indépendantistes au Pays basque, en Catalogne et en Galice, des troubles politiques et du désordre social menaçant l’unité politique de l’Espagne sont prévisibles.

Dans les faits, l’Espagne n’est pas un État fédéral, mais un État des autonomies, dont l’architecture institutionnelle est née en 1979 avec l’approbation du statut d’autonomie de la Catalogne, reconnue par la Constitution de 1978 comme une nationalité historique, de même que le Pays basque et la Galice. Mieux encore, pour une majorité d’indépendantistes basques et catalans, un État hors de l’Union européenne est aussi impensable. Leurs convictions sur l’engagement des communautés autonomes dans la politique communautaire sont aux antipodes de celles de Donald Trump, Boris Johnson et Matteo Salvini, respectivement président américain, premier ministre britannique et peut-être futur premier ministre italien, qui seront présents au G7 de Biarritz.

C’est dans un tel contexte que la Direction générale de la sécurité intérieure de la France s’attend à ce que des casseurs internationaux instrumentés convergent entre des territoires proches par leur localisation de l’Eurocité basque Bayonne-San-Sebastián, qui s’étend le long de cinquante kilomètres de côtes du golfe de Gascogne, de part et d’autre de la Bidassoa, petit fleuve qui forme la frontière entre la France et l’Espagne.

Les organisateurs du contre-sommet au G7, qui attendent 12 000 participants, prendront leurs quartiers à Urrugne, commune voisine d’Hendaye. Ce contre-sommet est organisé par des mouvements sociaux du Pays basque, de la France et de l’Europe. Le 24 août, une grande manifestation partira d’Hendaye pour rejoindre Irun, en Espagne. Lors des conférences et ateliers du contre-sommet au G7, il sera question, entre autres, de migrations, de luttes féministes, d’urgence climatique ou d’autoritarisme. Des ONG nationales et internationales ont défini un cahier de leurs charges pour que les solutions envisagées par les décideurs du G7 de Biarritz ne soient pas décidées en vase clos, mais discutées avec les représentants de la société civile, et cela dans une perspective de démocratie citoyenne.

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