Pour un New Deal vert

«Je veux que nos dirigeant.e.s mettent en place des plans concrets qui nous aident à faire la transition vers une économie fondée sur l’énergie propre afin que nous puissions protéger nos emplois, nos familles, nos collectivités et notre environnement», réclame l'auteur.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Je veux que nos dirigeant.e.s mettent en place des plans concrets qui nous aident à faire la transition vers une économie fondée sur l’énergie propre afin que nous puissions protéger nos emplois, nos familles, nos collectivités et notre environnement», réclame l'auteur.

La crise climatique est un fait. Nous en ressentons les effets d’un océan à l’autre à travers toutes sortes de perturbations climatiques qui mettent en péril nos écosystèmes : les incendies de forêt en Colombie-Britannique, les inondations dans l’est du pays et les records de température entraînant une fonte des glaces sans précédent au Nunavut. De surcroît, ce n’est pas la seule crise à laquelle nous sommes confronté.e.s. Les inégalités économiques grandissantes, la précarité d’accès à des logements abordables de qualité et la montée du racisme menacent nos collectivités et notre tissu social. Pourtant, la réaction des politicien.ne.s n’est pas à la hauteur des défis de la crise ; les intérêts de nos dirigeant.e.s demeurent ceux des lobbys industriels et de la croissance infinie sans égard pour ses conséquences sur la population et la biodiversité.

Des scientifiques indépendant.e.s nous ont clairement dit qu’il était crucial de contenir le réchauffement de la planète en dessous de 1,5 °C, sans quoi notre climat et nos écosystèmes pourraient se détériorer jusqu’à un point de non-retour. Ils et elles nous ont lancé un ultimatum : nous devons agir sur les changements climatiques avant 2030. Je veux que nos dirigeant.e.s mettent en place des plans concrets qui nous aident à faire la transition vers une économie fondée sur l’énergie propre afin que nous puissions protéger nos emplois, nos familles, nos collectivités et notre environnement. Je veux que le gouvernement fédéral actuel et futur mette en oeuvre un New Deal vert. Fini le « doublespeak » !

J’ai participé à l’assemblée publique du New Deal vert à Montréal et je veux exprimer ce que mes concitoyen.ne.s et moi croyons être les mesures inévitables et nécessaires pour nous aider à combattre la crise climatique.

Grâce à des investissements publics massifs dans l’énergie renouvelable (tourner le dos aux énergies non renouvelables d’ici 2040) et à la transition des usines d’automobiles en usine de véhicules électriques et de transport en commun, nous pouvons créer des milliers d’emplois, surtout dans les collectivités qui ont été touchées par les fermetures d’usines et le ralentissement des industries primaires. Cette mesure pourrait remettre des centaines de personnes sur le marché du travail et aider à convertir les travailleurs et travailleuses des secteurs pétroliers et gaziers.

Les frais de logement sont trop élevés dans la majorité des villes. Les solutions du New Deal vert peuvent aider à maintenir l’accès au logement. Avec de nouvelles lois et de nouveaux financements pour soutenir les logements à faible émission de carbone, nous pouvons construire des dizaines de milliers d’habitations abordables et respectueuses de l’environnement pour toutes et tous.

Trop de zones urbaines souffrent d’embouteillages et de pollution atmosphérique. Un plan ambitieux pour des transports publics propres dans les villes pourrait aider les gens à se rendre au travail plus rapidement, en plus de leur offrir un air plus pur.

De multiples secteurs de travail peuvent facilement être reliés à la lutte contre les changements climatiques. Près de 90 % des emplois au Canada sont dans le secteur des services, dont bon nombre dans le secteur à faible teneur en carbone, comme les soins aux enfants, les soins de santé, les soins aux aîné.e.s et l’enseignement. Les secteurs dans lesquels nous prenons soin les uns des autres sont ceux qui ont été touchés par des politiques d’austérité. Un New Deal vert pourrait reconnaître l’existence d’une économie à faible émission de carbone et réinvestir massivement dans l’économie sociale, en répondant aux besoins des familles et des communautés et en valorisant les travailleurs et travailleuses qui participent à optimiser notre société.

Les droits et les savoirs autochtones sont essentiels pour faire face à la crise climatique. Un New Deal vert impliquerait la mise en oeuvre intégrale de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP), y compris le droit au consentement préalable, libre et éclairé (FPIC), et les 94 appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation.

Nous méritons mieux. Notre planète mérite mieux. Il est grand temps pour nous toutes et tous de prendre position et d’exiger un New Deal vert.

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3 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 7 août 2019 08 h 40

    On assiste à un transfert d’une crise environnementale mondiale vers la religion ou la religiosité au Québec

    Il faudrait allumer un jour. Les perturbations climatiques qui mettent en péril nos écosystèmes en passant par les incendies de forêt en Colombie-Britannique, les inondations dans l’est du pays et les records de température qui entraîne une fonte des glaces sans précédent au Nunavut sont causées par des entités à l’extérieur du Canada et bonjour la Chine. Les politiciens ne font que donner ce que la grande majorité de la population veut; le confort et la richesse dans l’indifférence.

    Nous nous dirigeons vers un réchauffement de 3 ou 4 degrés Celsius à moins de changements drastiques ce qui sous-entend revenir au Moyen-âge et vivre quasiment comme au temps de notre prophète adoré, Jésus. Disons que je ne pense pas que cela va arriver. L’économie durable et la simplicité volontaire ne sont que des chimères pour apaiser notre âme écologique dans un monde en ébullition et où l’augmentation de la population mondiale se propage de façon exponentielle.

    Il faudrait allumer un jour. Les voitures électriques sont aussi polluantes que les voitures conventionnelles. Penser que par la construction des dizaines de milliers d’habitations abordables et respectueuses de l’environnement feront une différence, eh bien, c’est justement cette façon de raisonner qui nous a conduit vers ce précipice environnemental. C’est la surpopulation qui nous tue. Dire que les droits et les savoirs autochtones sont essentiels pour faire face à la crise climatique, encore une fois, est-ce que vous avez visité une réserve dernièrement?

    Personnellement, ce sont les 10 000 ogives nucléaires suspendues au-dessus de nos têtes et dans les mains de régimes comme celui de la Corée du Nord qui m’inquiète beaucoup plus. Je ne dis pas qu’il faut faire notre part pour notre planète, mais il faut réaliser que notre contribution aux GES mondiaux n’est que de l’ordre de 0,2% si on arrondit (Québec) et que c’est l’autre 99,8% qui est beaucoup plus inquiétant et qu’on ne peut rien y faire.

  • Paul Gagnon - Inscrit 7 août 2019 08 h 44

    Tous ces voeux pieux

    m'ont profondéemet émus.
    Tant de vacuité laisse pantois.

    Créons des tonnes d'emplois dans les « secteurs à faible teneur en carbone », d'autant que c'est gratis!

  • Jean Richard - Abonné 7 août 2019 17 h 32

    Étrange

    « des plans concrets qui nous aident à faire la transition vers une économie fondée sur l’énergie propre »

    Étrange qu'on n'y trouve rien à propos d'une économie moins énergivore. Cette notion d'énergie sale et d'énergie propre ne sert qu'à brouiller les cartes. Dans le bilan climatique planétaire, il y a l'énergie captée et l'énergie retournée (à l'espace). On peut dire les choses de deux façons : si la Terre reçoit plus d'énergie qu'elle est capable d'en retourner, il y a réchauffement. Si la Terre n'est pas capable de retourner à l'espace toute l'énergie captée, il y aura réchauffement.

    L'énergie que nous captons, qu'elle proviennent des stocks sous terre ou directement du soleil, nous la transformons essentiellement en chaleur. Or, une économie qui, pour survivre, a besoin de plus en plus d'énergie produira tout simplement de plus en plus de chaleur, avec une atmosphère qui a légèrement diminué la capacité de restitution. Légèrement ? Oui car elle n'a pas besoin d'être grande pour modifier le bilan thermique.

    « la transition des usines d’automobiles en usines de véhicules électriques »

    Pourtant, le GIEC dit à peu près ceci (en parlant de sécurité alimentaire) :

    « les activités humaines ont déjà abîmé environ un quart des terres émergées non couvertes par des glaces »

    Le territoire est une ressource limitée, non renouvelable. comment parler de transition en passant des usines de voitures à des usines de voitures ? L'aménagement du territoire organisé autour de l'automobile fait partie des facteurs de contamination, de stérilisation du territoire. L'étalement urbain repousse l'agriculture et l'agriculture repousse la forêt. Or la déforestation y va pour au moins 20 % de l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère. Quand au territoire inondé pour faire des méga-barrages, ce sont d'importantes sources de méthane pour plusieurs années, un gaz au potentiel d'effet de serre presque 30 fois plus élevé que le CO2.

    Un rapport du GIECC est attendu jeudi.