Le mythe du Québec raciste

«Le rôle humanitaire du Québec sur le plan international témoigne de l’accueil et de la générosité de ce peuple hospitalier envers les immigrants», estime l'auteure.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Le rôle humanitaire du Québec sur le plan international témoigne de l’accueil et de la générosité de ce peuple hospitalier envers les immigrants», estime l'auteure.

Les accusations de racisme portées contre le peuple québécois dans la foulée du projet de loi 21 sur la laïcité de l’État sont fort mal fondées. Au contraire, l’histoire de ce peuple minoritaire en Amérique du Nord témoigne d’une ouverture et d’un rapprochement exemplaires envers les communautés culturelles.

Historiquement, les Canadiens français se sont distingués dès le départ par leur métissage avec les Amérindiens. Ils doivent entre 1 et 2 % de leur patrimoine génétique aux Amérindiens. Ce « mélange » rendrait compte de leur amour de la nature et de la liberté, de leur sensibilité sociale-démocrate, de leur recherche de la consultation, du consensus et du compromis, de leur goût de la médiation, et de leur aversion pour les divisions et les conflits.

Le rôle humanitaire du Québec sur le plan international témoigne de l’accueil et de la générosité de ce peuple hospitalier envers les immigrants. Déjà, en 1978, le gouvernement du Québec avait été le premier en Occident à accueillir les réfugiés indochinois (les boat people). D’ailleurs, l’opération de parrainage des réfugiés a connu un succès remarquable dans 192 villes et villages du Québec. De plus, la solidarité des Québécois avec la lutte du peuple salvadorien est bien connue.

Il faut se rappeler que c’est au Québec que le premier député d’origine juive dans l’histoire du Canada et de tout l’Empire britannique, Ézékiel Hart, a été élu en 1807, pendant que l’université McGill refusait les étudiants juifs. C’est au Québec également que Jean Alfred, un Haïtien, fut le premier Noir à être élu député, dans le comté de Papineau sous la bannière du Parti québécois. Et au chapitre des immigrants clandestins, le Québec a fait preuve de souplesse et d’humanité.

Dans le cadre des programmes de 1976 et de 1978, le Québec a accepté 40 % des réfugiés voulant fuir la guerre civile libanaise. Il ne faut pas oublier, non plus, la générosité des Québécois qui ont tenté de soulager les victimes des tremblements de terre en Italie en 1980.

Il faut souligner, notamment, les efforts de Gérald Godin, ministre des Affaires culturelles au sein du gouvernement de René Lévesque, d’instaurer le Programme d’enseignement des langues d’origine en guise de rapprochement avec les communautés interculturelles.

Ces mesures témoignent de la bonne volonté de gouvernements québécois successifs de tendre la main aux groupes ethniques et de les accommoder pour s’assurer de leur épanouissement.

Pourtant, on nous accuse de racisme pour avoir promulgué la loi sur la laïcité.

Cependant, l’ancien mufti de Marseille, l’islamologue Soheib Bencheikh nous prévient : « En défendant le droit des éléments les plus réactionnaires d’imposer leur interprétation de la religion, cet Occident tout pétri de bonnes intentions — et armé de chartes en tout genre — sape la lutte que mènent à l’interne les éléments plus progressistes de la communauté musulmane. »

L’intellectuel en veut pour preuve le débat sur le voile. « Bien sûr, il faut accorder les libertés à tout le monde, notamment s’il s’agit de la liberté de conscience. Mais est-ce que le voile, la burqa, le niqab, sont des problèmes de conscience et de spiritualité ? Ne s’agit-il pas plutôt de l’étendard avant-gardiste d’une idéologie conquérante qui utilise les libertés offertes en Occident — laïcité, liberté religieuse, etc. — comme un cheval de Troie pour s’imposer peu à peu ? » 

Ainsi, les accusations de racisme, de xénophobie et d’intolérance contre le peuple québécois ne tiennent pas la route. Comme le disait souvent René Lévesque : « La marque d’une société civilisée se traduit dans la façon dont elle traite ses minorités. »

Les signes religieux sont des symboles d’un prosélytisme politique qui n’a rien à faire avec la religion. Demander aux fonctionnaires et aux enseignants en position d’autorité de ne pas porter de signes religieux pendant les heures de travail assure la neutralité et l’impartialité de l’État. La laïcité est tout le contraire du racisme et de la discrimination. C’est l’illustration même du principe de l’égalité et de la liberté de conscience. Il ne faut pas acquiescer à l’obscurantisme et à la misogynie au nom d’une ouverture à la diversité.

Les groupes ethniques ont tout à gagner à vivre en harmonie avec la majorité francophone au lieu de freiner les aspirations légitimes des Québécois.

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123 commentaires
  • Mathieu Lacoste - Inscrit 2 août 2019 00 h 59

    « Les signes religieux sont des symboles d’un prosélytisme politique qui n’a rien à faire avec la religion»



    Oui, il est temps de raser l'Oratoire St-Joseph et de bouledozer le cimetière Côte-des-Neiges qui pullule de signes religieux

    • Pierre Grandchamp - Abonné 2 août 2019 09 h 09

      Bon! IL faut distinguer entre ce qui, au départ, fait partie du patrimoine et le prosélytisme des personnes dans la vie de tous les jours.
      On ne débaptisera pas les noms des municipalités de St-Jérôme, L'.Assomption, Sainte-Ursule, L'Annonciation.....etc. Nous avons accepté d'enlever le crucifix de l'Assemblée nationale.

      Nos propres religieux et religieuses ont cessé ce prosélytisme individuel, de tous les jjours, depuis les débuts des années 1970. Pis, maintenant, il faudrait accepter que des gens venus d'ailleurs recommencent chez nous....ce que nous avons à peu près éliminé.

      Ne serait-il pas normal de demander à ces gens de s'intégrer? Ils ont fui un ailleurs qu'ils veulent reproduire ici. A lire la chronique de Mme Houda Pépin, musulmane, dans le JdM de ce jour.

    • Marc Davignon - Abonné 2 août 2019 09 h 48

      Ironie de mauvais aloi? Ou, faut-il vous expliquer davantage?

    • Marcel Vachon - Abonné 2 août 2019 10 h 13

      J'ose supposer que vous êtes sarcastique avec ce commentaire.

    • Bernard Dupuis - Abonné 2 août 2019 10 h 47

      Le malheur avec ce genre de fausse comparaison, c’est qu’elle mène au ridicule. Elle indique une tentative désespérée de ridiculiser l’argument de Mme Alexan. Comme dirait M. Angenot, c’est une rhétorique du surréalisme.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 2 août 2019 11 h 25

      Il faut faire attention au SOPHISME ici...

    • Louise Collette - Abonnée 2 août 2019 12 h 43

      Le cimetière de la Côte-des-Neiges !!!!! Mais je vais aller marcher où moi ??? ;-)
      Sérieux là.... je suis d'accord avec ce que dit Monsieur Bernard Dupuis, fausse comparaison qui mène au ridicule.

    • Guy Ducharme - Abonné 2 août 2019 14 h 41

      Votre sarcasme est tout à fait déplacé et ridicule. Non, on ne détruira ni l'Oratoire St-Joseph ni le cimetière Côte-des-Neiges, tout comme il n'a jamais été question de raser les mosquées, les synagoges, les temples boudhistes, les cimetières des différentes confessions religieuses, etc. Au cas où vous ne seriez pas au courant, la loi 21 n'interdit pas le port de signes religieux dans l'espace public en général et n'empêche personne de pratiquer sa religion. Le genre de mauvaise blague que vous faites ne fait qu'alimenter la confusion.

    • Jean-François Trottier - Abonné 2 août 2019 16 h 34

      Petit dictionnaire du pamphlétaire :

      - Toujours accuser les autres d'extrémismes pour cacher le sien.
      - Accuser les autres de passéisme, Du même souffle utiliser le passé comme argument.
      - Prétendrer que les autres complotent autre chose que ce qu'ils demandent immédiatement, sans preuve. Voir plus bas.
      - Simplifier la pensée des autres au maximum, et être "populaire".

      Contrairement à vos assertions, M. Lacoste, il existe des milliers de preuves que toute religion monothéiste est politique et totalitaire, y compris les quelques époques et lieux où une religion a préféré se cacher avant de ressurgir en force.
      Ceci depuis "seulement" 3500 ans d'histoire et plus, partout où des monothéismes se sont implantés depuis l'Inde et l'Égypte jusqu'ici à cette heure précise, en 2019.
      D'où, tous les signes qui la représentent sont prosélytes.
      Ne pas traiter les religions en idéologies est une très grave erreur.

      Ceci dit, le simplisme n'est jamais de mise.
      Il n'y a pas et n'y a jamais eu de complot contre les religions, un point c'est tout.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 2 août 2019 16 h 36

      L’hôpital St-Sacrement, la fête de la St-Jean-Bapistte, la basilique de Ste-Anne-de-Beaupré, la rue Ste-Catherine,la Collège Esther-Blondin(fondatrice des Sœurs de Ste-Anne)….ce sont des preuves qu’il y eut ici, naguère, une société de tradition judéo chrétienne.

      Cependant, chers arrivants, au début des années 70, la plupart de nos religieux ont accepté de ne plus porter de signes religieux très ostentatoires, dans l’espace public,

      Dans le respect de nos valeurs, peut-on vous demander svp de respecter cela dans certaines fonctions publiques d’autorité? Ailleurs, "c'est bar ouvert!" Voile, burqa....etc,, pas de problème!

      N.B. Récemment, suis allé dans une colonie de vacances et ai vu des familles clairement musulmanes : les pères et les garçons en shorts ou en maillots de bain; les mères et les filles voilées et habillées des pieds à la tète. En 2019! L'infériorisation de la femme!!!!!!!!

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 2 août 2019 18 h 54

      Quant à moi, à moins que je ne me trompe radicalement, j'ai cru comprendre que le commentaire de M. Lacoste était surtout ironique, pas sarcastique. Dès lors, il m'a fait sourire plutôt qu'enrager.

    • Nadia Alexan - Abonnée 2 août 2019 20 h 31

      À monsieur Pierre Grandchamp: Ce n'est pas seulement un manque de dignité, mais n'oublions pas, non plus, que ces femmes habillées de la tête aux pieds, qui n'exposent jamais leur peau au soleil, une source de «vitamin D», risquent de souffrir de l'ostéoporose et à d'autres problèmes de santé.

    • André Labelle - Abonné 3 août 2019 09 h 15

      «Quel dommage que les imbéciles soient des gens si pleins d'assurance et les gens intelligents, si pleins de doutes.»
      [Jean-Michel Wyl]

    • Raymond Labelle - Abonné 3 août 2019 15 h 57

      "(...) ces femmes habillées de la tête aux pieds, qui n'exposent jamais leur peau au soleil, une source de «vitamin D», risquent de souffrir de l'ostéoporose et à d'autres problèmes de santé."

      Par contre, voiià une excellente protection contre les maladies attribuables à la surexposition au soleil, comme le cancer de la peau.

      Aussi, elles peuvent ne pas porter le costume en privé ou entre femmes.

      Peut-être que de porter la mini-jupe trop très du gazon est aussi dangereux pour d'autres raisons. Sans compter les risques de sécurité des talons aiguilles (escalier roulant, capacité de fuite en cas d'agression). Ou que la fréquentation trop grande des salons de bronzage est mauvaise pour la santé.

      Je badine. Disons que les considérations sanitaires du vêtement à long terme sont secondaires quant à la question du PL21. Et qu'en-dehors des restrictions limitées du PL21, la façon de s'habiller devrait être un choix libre, sauf quand cela pose un problème de sécurité publique ou en cas de nécessité d'identifier la personne, si l'habillement ne le permet pas. Si quelqu'un entre dans un dépanneur avec une cagoule, il est normal d'être un peu mal à l'aise. Surtout l'été.

  • Mario Jodoin - Abonné 2 août 2019 01 h 44

    Accusations de racisme?

    «Les accusations de racisme portées contre le peuple québécois»

    Contre le peuple québécois? Je n'en ai guère lues ou entendues. Contre certain.es de ses membres oui. Contre l'aspect systémique (et non syatématique) de la discrimination, ici comme ailleurs, oui aussi.

    «en 1978, le gouvernement du Québec avait été le premier en Occident à accueillir les réfugiés indochinois (les boat people)»

    Vrai! On s'ennuie d'ailleurs de cette époque d'ouverture.

    «Il faut souligner, notamment, les efforts de Gérald Godin»

    Vrai aussi! On s'ennuie aussi de lui.

    «Les signes religieux sont des symboles d’un prosélytisme politique qui n’a rien à faire avec la religion»

    Ce lien est souvent affirmé, mais jamais prouvé. Même pas avec un seul exemple.

    «Il ne faut pas acquiescer à l’obscurantisme et à la misogynie au nom d’une ouverture à la diversité»

    Il est toutefois difficile de ne pas faire de lien entre la mysoginie et une loi qui vise en premier lieu des femmes.

    En passant, je n'aime pas moi non plus que des femmes portent un voile. Mais, je n'ai pas à leur dire quoi porter ou ne pas porter. Mes goûts et opinions ne doivent pas leur enlever leur choix.

    • Louise Collette - Abonnée 2 août 2019 08 h 46

      Mario Jodoin
      Quand elles sont au travail on doit leur dire quoi porter ou ne pas porter si cela s'avère nécessaire Quand je portais un uniforme c'était comme ça et si je ne m'étais pas pliée aux règlements j'aurais perdu mon emploi. Et c'était la même chose pour les hommes, ils étaient visés aussi.
      On demande à ces femmes d'enlever le voile en arrivant sur leur lieu de travail, elles peuvent le remettre en partant, ce n'est pas la mer à boire.
      Nous sortons d'une période de grande noirceur au Québec, nous avons expulsé un religion envahissante par la porte d'en arrière, on ne va sûrement pas en laisser entrer une autre par la porte d'en avant, la laisser s'installer confortablement et, au final nous imposer ses lois. La vraie loi c'est la laïcité, elle a prépondérance.
      Et comme vous parlez de choix, elles en ont un : obtempérer ou se trouver un nouveau job, on ne les empêche pas de travailler.

      Leur attitude démontre qu'elles n'ont aucune souplesse, c'est ça les religions.
      Nous n'avons pas à nous plier à leur caprices, à leurs demandes car dès lors elles seront sans fin. Elles auront toujours quelque chose à demander.
      On part du principe que la loi de la majorité prime sur le reste.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 août 2019 09 h 03

      « Il est toutefois difficile de ne pas faire de lien entre la misogynie et une loi qui vise en premier lieu des femmes. » Mario Jodoin

      Ah ! « ben ». Les religions monothéistes sont toutes misogynes et homophobes. Pardieu, dans la religion musulmane, la ségrégation des femmes des hommes est obligatoire. La charia, sous forme de régime de lois, consacre la moitié de l’humanité à demeurer des êtres inférieurs à l’homme. Il n’y pas si longtemps de cela, un Africain demandait l’asile politique parce qu’il était bisexuel et dans son pays d’origine, presque 100% musulman, il craignait pour sa vie.

      La loi 21 rétablit et consacre sous forme de loi, l’égalité entre les hommes et les femmes. En plus, elle protège les enfants contre un prosélytisme hypocrite dans les salles de classe. Enfin, les gens n'ont plus à subir les lubies d'amis imaginaires via les publicités sur la tête ou autour du cou de la part d'un fonctionnaire aux croyances personnelles dans la sphère étatique. "Priceless".

      Ah !, les islamo-gauchistes de Québec solidaire.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 2 août 2019 10 h 05

      @ M. Jodoin

      Re: loi 21 et mysogénie

      https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/543829/le-voile-est-un-moyen-de-controle-du-corps-de-la-femme

      "Le voile n’est pas musulman, c’est notre étoile jaune, à nous, femmes musulmanes et non islamistes. Il est imposé par l’islam dévoyé par l’alliance du politique et du religieux depuis près de 40 ans. C’est cette vision islamiste qui a fait que j’ai dû quitter mon Algérie pour me réfugier au Québec pour échapper à mon exécution (…). Vous gagneriez à lire sur ce sujet que vous défendez au nom du droit à la différence.
      Dans les pays où l’islamisme s’est imposé, les femmes prennent le risque d’une agression chaque jour non pour une faute commise, mais tout simplement parce qu’elles sont femmes.Ces femmes, je les admire pour ce qu’elles osent entreprendre dans un pays où le 911 n’existe pas. Pourriez-vous les regarder dans les yeux et leur dire que le voile que vous défendez au Québec a une autre connotation, qu’il est le symbole du libre choix ?"- Leilas Lesbet musulmane-

    • Marc Davignon - Abonné 2 août 2019 10 h 49

      Revenons à votre assertion : <ce lien [<le prosélytisme politique>] est souvent affirmé, mais jamais prouvé. Même pas avec un seul exemple.>

      Ce n'est pas qu'une simple affirmation, c'est un fait. Vous vous affublé d'un signe <ostentatoire> distinctif , comme, par exemple, un turban. Vous acceptez donc les règles et termes d'un groupe religieux bien organisé et ce signe vous permet d'informer les autres que vous suivez les préceptes et croyances de ce groupe. Ceci est un geste politique. Comme quand les gens arborent le carré rouge (Discrimination pour port de carré rouge : la Ligue des droits et libertés réagit : Radio-Canada, 21 juin 2012) ... un geste politique. Idem pour les badges de groupe de motards. Toujours un geste politique.

      Vous vous promenez en voiture <ostentatoire> pour informé les autres que vous faite partie de la classe supérieure (?!?!). Ceci n'est pas un geste politique ... c'est être imbu de soi.

      La loi ne vise pas <en premier lieu> les femmes. Ce sont les religions qui visent ... en premier lieu .... les femmes. Ce sont les religions qui contraignent les gens (surtout les femmes) d'arborer des signes distinctifs et dans plusieurs cas, vous observerez que l'homme et toujours plus <libre> de ces choix que la femme.

      En matière de goût vestimentaire, ne pas vouloir dire aux autres comment se vêtir et bien, il faut dire cela guides <spirituels> de tout acabit (et en glisser un mot aux <designers de mode>).

    • Bernard Dupuis - Abonné 2 août 2019 11 h 01

      Il est vrai que vous n’avez pas à dire aux femmes ce qu’elles doivent porter ou pas. Mais, l’État peut-il le faire? Je crois que vous confondez la partie avec le tout. De la même manière, vous n’avez pas à dire à quelqu’un de porter ou non sa ceinture de sécurité. Toutefois, l’État peut le faire. Il ne faut pas prendre la partie pour le tout.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 août 2019 12 h 12

      Il est vrai que vous n’avez pas à dire aux femmes ce qu’elles doivent porter ou pas. Mais l'État à ses employés, hommes ou femmes, lorsqu'ils sont en fonction? Par exemple, l'État peu exiger une tenue raisonnablement sobre pour ses employés en fonction. Je crois qu'une employée qui exigerait de se présenter au travail en bikini ne gagnerait pas sa cause (à moins que sa religion ne l'exige? :0)). Ou, pour certaines fonctions, le port de l'uniforme.

      Ceci ne résout pas nécessairement la question du port des signes religieux par un.e employé.e en fonction en particulier, mais je ne crois pas que l'on puisse affirmer de façon générale qu'un employeur ou que l'État-employeur n'a rien à dire sur la tenue de ses employé lorsqu'en fonction.

    • Jean-François Trottier - Abonné 2 août 2019 16 h 36

      M. Jodoin,

      "
      «Les signes religieux sont des symboles d’un prosélytisme politique qui n’a rien à faire avec la religion»

      Ce lien est souvent affirmé, mais jamais prouvé. Même pas avec un seul exemple.
      "

      Ce que vous dites ne tiens pas debout.
      Un signe ne peut pas être prosélyte, tout bêtement parce qu'un signe, ben... ça parle pas.

      Il est par contre extrêmement facile de démontrer que ce qu'il signifie est extrêmement prosélyte dans tous les cas.

      Un signe qui représente une religion forcément endosse toute cette religion, tout sont enseignement, tous ses rites, ainsi que tous les gestes recommandés ou endossés par ses dirigeants et représentants reconnus.
      Sinon, ben... c'est pas un signe. C'est bête hein?

      Dois-je vraiment vous rappeler les aberrations, massacres, tueries, suicides, névroses sociales et personnelles causés par les monothéismes?

      Croisades (1000 à 1250 environ), guerres islamistes de conquête (650 à 1450 environ), guerre religieuses européennes (1600 à 1750 environ), massacre de 400 millions d'amérindiens au XIXème, soit 4 millions par année pendant 100 ans, épaulé et encouragé par toutes les églises chrétiennes, 6 millions de Juifs par les Nazis (si c'est pas religieux, faites-moi un dessin!!), les pensionnats qui viennent juste de fermer leurs portes...
      Quelques exemples parmi des millions. Oui, des millions!

      Aujourd'hui, le Bible Belt contrôle au moins la moitié du territoire US et les 2/3 du territoire canadien y compris l'Ontario.
      Si vous ignorez le lien fraternel qui unit le Bible Belt et le KKK, que dire?... Sortez de votre ignorance béate, ça urge!
      C'est ça que vous appuyez.

      Personne n'a demandé si une croix gammée a déjà persuadé quelqu'un de devenir Nazi. Vous, vous le demandez au sujet de signes!

      Je ne parle pas de la personne qui le porte. Je ne touche pas aux intentions, pour d'excellentes raisons.
      Les signes religieux sont forcément prosélytes et politiques.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 août 2019 20 h 25

      «Les signes religieux sont des symboles d’un prosélytisme politique qui n’a rien à faire avec la religion»

      Hmm. On pourrait croire que le port d'un signe religieux a quelque chose à voir avec le religion.

      Quand la religion devient-elle politique? Tout dépend de ce qu'on entend par religion, par politique et du cas sur lequel on se penche. Bref, attention aux affirmations trop générales.

      Qu'entend-on par prosélytisme? En tout cas il est tout à fait certain que, même si ce n'est pas le but ni l'intention, l'effet de porter un signe religieux d'une religion donnée est d'afficher que l'on a adopté cette religion et donc, que l'on a adopté cette vision du monde. Par le port seul du signe, sans même en parler.

  • Louise Collette - Abonnée 2 août 2019 05 h 56

    Merci

    Merci Madame Alexan, mille fois merci, un baume pour le coeur.

    • Jacques Patenaude - Abonné 2 août 2019 13 h 03

      Oui Mme Colette voilà un texte très intéressant qui nous ramène à des actions qui concernent réellement la question des droits humains.

      Personnellement je crois qu'il est maintenant inutile de revenir sur la loi 21. Pour ceux qui croient vraiment à la question des droits humains mettons de l'avant des luttes bien plus importantes comme par exemple le droit des enfants de réfugiés nés ici à recevoir des soins de santé gratuits, la loi que la CAQ veut passer sur le taxi et aussi sur l'hypocrisie du fédéral qui se dit si ouvert aux réfugiés et qui les renvoient dans leur pays dès qu'il le peuvent pour au moins la moitié d'entre eux. Il faut aussi surveiller la question de la régionalisation de l'immigration dont l'objectif est hautement souhaitable mais dont on doit surveiller la mise en œuvre pour être certain qu'elle se déroule dans le respect des personnes concernées. Quand aux litanies des libertaires ils ne rêvent que d'une chose: Faire perdurer ce faux débat. C'est manifestement ce qu'ils cherchent. et leur répondre fait leur jeu. Mieux vaut les ignorer.

  • Pierre Deschênes - Abonné 2 août 2019 06 h 17

    Flamme vive

    Je me disais en vous lisant que votre texte cohérent faisait sens, mais me disais aussi en même temps que la question de la laïcité, de même que les concepts tant entendus de racisme et de xénophobie, etc., étaient devenus chargés d’une telle complexité à force d’etre surinterprétés que chacune de vos phrases allait être décortiquée et contestée. Mais ne vous empêchez pas d’écrire pour autant pour maintenir vive la flamme de la liberté d’expression.

  • Réal Boivin - Abonné 2 août 2019 06 h 40

    Bonne description du Québec.

    Vous avez bien décrit le Québec et ces habitants. Un grand nombre d'immigrants s'insèrent dans la société québécoise sans aucun problème et réussissent à vivre une belle vie. J'en côtois tous les jours au travail.

    Malheureusement, de nos jours, une frange de l'immigration provient de groupes fermés aux autres et ancrés dans des idéologies religieuses qui rejettent tout ce qui est extérieur à ce que leur endoctrinement leur a enseigné. Ces gens enfermés dans des dogmes agressifs et archaïques ont perdu toute capacité à voir le monde différemment en dehors de leur pensée sectaire. Pire, la pensée multiculturaliste canadienne, qui n'existait pas avant le rapatriment de la constitution et la charte de Trudeau père, les encourage à vivre dans leurs communautarismes fermées et asphixiantes.

    La laïcité est leur seul salut et on voit de plus en plus, en occident, des législations qui vont dans cette direction. Le communautarisme divise et détruit les sociétés.