À quand la première femme sur la Lune et sur Mars?

L’astronaute américaine Anne McClain à son retour sur terre, le 25 juin dernier
Photo: Alexander Nemenov Agence France-Presse L’astronaute américaine Anne McClain à son retour sur terre, le 25 juin dernier

Le 20 juillet 1969, des néologismes entrent dans notre vie de Terriens : alunir et alunissage. Dans cette incessante compétition entre l’URSS et les États-Unis, il fallait à tout prix que les Américains soient les premiers à mettre les pieds sur la Lune. « Un petit pas pour l’homme, un pas de géant pour l’humanité ».

Il n’y a pas que des hommes qui ont contribué par leur savoir, leur courage, voire leur témérité, à ce jalon de la conquête spatiale. Pensons au film Les figures de l’ombre (Hidden Figures) qui révèle des faits inconnus du grand public : l’apport considérable de calculatrices humaines, les colored computers, mal rémunérées qu’ont été trois scientifiques afro-américaines, Katherine Johnson, Mary Jackson et Dorothy Vaughan. De la détermination, il leur en fallait dans le monde blanc et masculin de la NASA pour imposer leur expertise dans les programmes aéronautiques et spatiaux, entre autres, dans la maîtrise du calcul des trajectoires jusqu’au vol orbital de John Glenn en 1962.

À la petite fille, astronaute en herbe, invitée à monter sur scène afin que David Saint-Jacques lui explique mieux comment on se sent « sardiné » dans une capsule Soyouz, je souhaite de participer à une mission sur Mars.

Rappelant le décès, en juillet 2012, d’un cancer de la première astronaute américaine Sally Rice (entrée à la NASA en 1978, mission en 1983), Le Monde soulignait que, sur 525 personnes, seules 55 femmes avaient participé à des missions spatiales. En 2018, sur 545 astronautes, 60 sont des femmes.

En mars dernier, nous avons failli assister à une sortie dans l’espace de deux femmes, mais par manque de combinaison de la bonne taille, cette première n’a pas eu lieu. Officiellement, l’astronaute américaine Anne McClain insiste sur le fait que c’est elle qui a recommandé de ne pas entreprendre cette sortie par souci de sécurité, mais elle devait être un peu déçue. Quel merveilleux entrain, affichait-elle en étant extirpée de la capsule calcinée, au récent retour sur Terre.

Revenons au 20 juillet 1969, puisque je fais partie des Terriens qui croient que l’alunissage a bel et bien eu lieu. J’ai 17 ans, un emploi d’été à notre petite et bourdonnante bibliothèque publique et je suis chargée de rendre hommage à cet exploit. Je m’affaire à la maquette, au montage du module lunaire, etc. Je rédige une lettre de félicitations à la NASA et tiens à ajouter que la compétition avec l’URSS n'est pas entièrement gagnée puisque nous attendons encore l’envoi d’une Américaine voire d’une Canadienne dans l’espace. Je n’oubliais pas le vol en 1963 de la première cosmonaute russe, Valentina Terechkova. On m’autorise à le faire avec un sourire en coin. Une astronaute, peut-être, mais une Canadienne ?

Nous avions reçu une jolie carte postale autographiée par l’équipage d’Apollo 11 qui a enthousiasmé nos jeunes lecteurs. La NASA n’ouvrira qu’en 1978 les candidatures à la société civile et aux femmes : un pas de géant pour l’humanité…

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5 commentaires
  • Mathieu Lacoste - Inscrit 25 juillet 2019 03 h 26

    « Il n’y a pas que des hommes qui ont contribué à la conquête spatiale» (Carol Patch-Neveu)



    En effet, il y a eu des singes itou

    • Gilles Théberge - Abonné 25 juillet 2019 16 h 09

      Et au moins un chien si je ne m'abuse...!

      Mais je me réjouis de ce qu'une femme soit de la prochaine mission.

      Il ne me déplairait pas non plus, qu'elle soit Québécoise...

  • Loyola Leroux - Abonné 25 juillet 2019 15 h 12

    Bravo pour la 1e femme sur la lune, mais …

    Mais il ne faut pas oublier d’exiger aussi que les prochains astronautes soient : Noir, gay, transgenre, bisexuel, Inuit, Indien, Huron, handicapé, femme voilée, juifs hassidim, etc.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 25 juillet 2019 22 h 02

    « Il ne me déplairait pas non plus qu'elle soit Québécoise...» (Gilles Théberge)


    Pourquoi ? Souhaiteriez-vous mettre la vôtre en orbite?

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 25 juillet 2019 22 h 06

    « il faut aussi que les prochains astronautes soient : Noir, gay, transgenre, bisexuel, Inuit, Indien, Huron, handicapé, femme voilée, juifs hassidim, etc.» (Loyola Leroux)


    … sans oublier les culs-de-jatte …