Un grand Québécois vient de nous quitter

Georges Brossard dans le film de Léa Pool «Le papillon bleu»
Photo: Les Films Séville Georges Brossard dans le film de Léa Pool «Le papillon bleu»

À Georges Brossard,

Mon ami, mon frère,

Tu es parti rapidement, sans nous prévenir que tes jours étaient comptés ; nous te pensions éternel, toi qui incarnais si bien la vie, l’action et le dévouement.

Ta mort nous laisse orphelins ; nous n’aurons plus accès à ton monde fabuleux fait d’amour, de rêves, d’imaginaire et de dépassement.

Ton sourire, ta démarche, tes marques d'affection bien à toi, tes projets sans nombre, tes voyages, tes conférences, ton amour des jeunes et de la Vie… tout cela est parti vers l'infini.

Mais il nous reste ton souvenir, tes œuvres, tes enfants, Georges fils et Guillaume, tes petits-enfants (William, Erika, Thomas, Samuel, Eva), ton épouse adorée Suzanne, sa fille Nathalie, ta famille et tes amis proches, sans oublier les milliers de Québécois grands et petits que tu as aimés et inspirés ; surtout les petits, les jeunes avec lesquels tu étais en symbiose permanente, car enfant tu étais resté, en y ajoutant le travail, l'expérience, la sagesse et un brin de folie.

Quelle vie tu auras connue, Georges ! Quelle vie extraordinaire aux quatre coins de la planète, au cœur des forêts tropicales comme dans les forêts de conifères de l’Abitibi !

Tu auras été un être d’exception et ta vie, marquée dès l’enfance par les marécages, les prairies et les boisés de La Prairie et des bords du Saint-Laurent, est une odyssée humaine magnifique qui t’a conduit de la ferme familiale au notariat, puis aux sciences de la nature et à l’entomologie.

Confortablement installé dans ton royaume du parc national de Saint-Bruno, en face du lac Seigneurial, tu es devenu au fil des années une légende vivante, parcourant le Québec et le monde, chassant les phasmes, les coléoptères et les plus beaux papillons, souvent au détriment de ta santé.

Autodidacte, tu t’es consacré à l’étude scientifique des insectes et aussi des animaux comme les poissons (surtout le doré) et les oiseaux ; par la suite, tu auras inventé et mis au point une pédagogie nouvelle de vulgarisation scientifique pour éveiller aux beautés du monde, par la magie de ton verbe et tes images, la conscience de milliers de jeunes et d’adultes.

Temple aux insectes

Tu as créé un temple consacré aux insectes, l’Insectarium de Montréal, et devant le succès phénoménal de ce musée, tu en as essaimé un peu partout dans le monde. Quel travail et que de passion avec toujours à tes côtés Suzanne qui savait canaliser tes ardeurs et ainsi te faire éviter quelques erreurs.

Plus tard, tu es devenu une sommité mondiale sur la nature, traçant ton sillon dans la lignée de Walt Disney, du National Geographic et du commandant Cousteau.

Tes films sur les insectes ont été visionnés et adulés par des millions de personnes à travers le monde. Quel travail de géant pour un être souvent seul et méconnu des milieux intellectuel et financier !

Dans ton royaume sur les bords du lac Seigneurial, tu as accueilli avec Suzanne des gens du monde entier, des Chinois, des Japonais, des Sud-Africains, des Américains, des Européens et bien sûr des milliers de Québécois de tout âge ; tu as fait connaître et aimer le Québec et ce que nous avons de plus précieux, une nature immense.

Tous tes combats, tes luttes, tu les as menés dans la joie, l’amour et le respect des autres… Comment alors ne pas se souvenir de toi et de ton message universel ?

Tes amis, tes admirateurs(trices) souhaitent vivement que la société québécoise te rende l’hommage que tu mérites, au-delà des récompenses et des médailles comme l'Ordre du Canada ou celui du Québec et encore les doctorats honorifiques de l’Université McGill et de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

C’est pourquoi nous demandons instamment, au nom des dizaines de milliers de tes admirateurs :

  • que le futur Insectarium de Montréal soit baptisé Insectarium Georges-Brossard
  • qu’une salle d’exposition au sein du futur édifice lui soit consacrée afin que son œuvre unique et sa personnalité demeurent bien vivantes au cœur des Québécois d’aujourd’hui et de demain.

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4 commentaires
  • Paul Toutant - Abonné 5 juillet 2019 05 h 18

    Beau texte

    Très beau texte, monsieur Bourque. Souhaitons que vos suggestions soient entendues.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 5 juillet 2019 08 h 47

    Pour un portrait plus nuancé et mieux écrit, il faut lire le texte de Jean-François Nadeau:

    https://www.ledevoir.com/societe/557494/le-fondateur-de-l-insectarium-de-montreal-georges-brossard-est-mort

  • Claude Coulombe - Abonné 5 juillet 2019 12 h 40

    Aux générations actuelles et futures de reprendre le flambeau qu'il a tenu bien haut!

    Rendons hommage à monsieur Georges Brossard, un grand Québécois, un pionnier, et un passionné de la Nature qui s'est intéressé aux insectes, des créatures parmi les plus humbles qui peuplent notre petite planète bleue. Des créatures fantastiques et très étranges lorsque observées au microscope, mais néanmoins essentielles à la pollinisation des plantes et que l'on retrouve de plus en plus dans nos assiettes pour nourrir l'Humanité. Son départ survient alors que le déclin des populations d'insectes, qu'on observait depuis des lustres, est maintenant confirmé par plusieurs études récentes (http://bit.ly/2YFmF88, http://bit.ly/2xy1jxo). J'endosse à 100% la proposition de M. Pierre Bourque, ex-maire de Montréal, que je salue au passage, que l'Insectarium de Montréal soit baptisé Insectarium Georges-Brossard. Aux générations actuelles et futures de reprendre le flambeau qu'il a tenu bien haut! Merci Monsieur Brossard!

  • Réal Boivin - Abonné 5 juillet 2019 12 h 41

    Merci pour ce beau texte, M. Bourque

    Très belle hommage pour ce grand homme. L'insectarium Georges Brossard lui fera honneur longtemps.