Le développement immobilier doit favoriser la mixité et la diversité à Montréal

Les besoins en logements sociaux et abordables à Montréal sont très nombreux et il est nécessaire que les réponses à ces besoins se retrouvent à la grandeur de la ville, écrivent les auteurs.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les besoins en logements sociaux et abordables à Montréal sont très nombreux et il est nécessaire que les réponses à ces besoins se retrouvent à la grandeur de la ville, écrivent les auteurs.

Depuis plusieurs décennies, des élus municipaux montréalais et des organismes communautaires de tous les horizons misent sur le concept de l’inclusion dans le développement immobilier résidentiel afin de mieux répondre aux besoins diversifiés de la population.

Certains arrondissements précurseurs ont d’ailleurs déployé des efforts considérables, malgré de nombreuses contraintes, afin d’amorcer un changement de pratiques au sein du marché immobilier résidentiel. En négociant la construction de logements sociaux et abordables dans le cadre de la construction de condos neufs nécessitant des changements réglementaires, ces élus ont su poser les bases de ce qui se met en place actuellement à Montréal.

La stratégie d’inclusion adoptée en 2005, uniquement basée sur un pouvoir incitatif de l’administration, fait maintenant place à une approche réglementée et obligatoire, un gain majeur pour notre métropole. Les pouvoirs permettant à l’administration actuelle d’aller de l’avant avec cette approche inédite au Québec ont été conférés à toutes les municipalités en 2017, par M. Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales de l’époque. Ce changement dans la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme était souhaité depuis de nombreuses années par les administrations précédentes à Montréal.

Besoins nombreux

Le 12 juin dernier, la mairesse Valérie Plante a présenté aux Montréalaises et aux Montréalais le fruit de ces années de revendications et de négociations, soit un projet ambitieux de règlement sur l’inclusion des logements sociaux, abordables et familiaux. Ce règlement permettra de structurer le marché de la construction neuve partout sur le territoire de la ville et pour tous les projets privés de plus de cinq logements.

Il aura le net avantage de mettre de l’avant des règles claires, valables pour tous et connues à l’avance, et il tiendra compte de la diversité des réalités des quartiers montréalais. Des consultations publiques, prévues cet automne, permettront aussi d’entendre l’ensemble des citoyens sur cet outil afin de le bonifier.

Les besoins en logements sociaux et abordables à Montréal sont très nombreux et il est nécessaire que les réponses à ces besoins se retrouvent à la grandeur de la ville.

En adoptant un règlement qui touchera tant les grandes tours du centre-ville que les projets dans des arrondissements moins enclins au développement de logements sociaux, abordables et familiaux, les élus montréalais prennent une position claire pour une ville riche de ses différences, forte de sa cohésion, vibrante et accueillante.

Bravo pour cette audace qui fera de notre Montréal une ville où il fait bon vivre pour toutes et tous, étudiant-es, ainé-es, travailleur-ses et familles.

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5 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 4 juillet 2019 10 h 35

    La priorité numéro un

    La toute premi;ere chose à faire est de s4 prémunir immédiatement contre la montée en flèche des prix immobiliers. Sinon celle-ci aspirera tous les cous vers des sommets inouïs.

    Le Québec est connu comme étant l'un des endroits au monde où le rapport entre la qualité de vie et le coûit de la vie est excellent.

    Tout ceci est en train s de changer parce que le gouvernement du Québec refuse de taxer fortement les immeubles appartennant à des non-résidents, comme la Colopmbie Britannique l'a fait, mais trop tard, et l'Ontario, mais trop tard aussi.

    Ça urge!

    Le logement social sera de plus en plus misérable si la hause des prix n,est pas cassée au plus vite!

    C'est pas votre groupe, ni la mairesse, qui tirent les revenus de la Ville de cette hausse, qui vont se plaindre. Vous utilisez mille détours pour ne surtout pas en parler.

    Mais de plus en plus seuls les familles très aisées pourront survivre à Montréal. Un revenu familial de 175K pour pas plus de deux enfants sera la base de la survie sur l'île.

    Quand tout sera cher, qui trouvera des épiceries à prix acceptable?
    Pas de fines bouchées là! Du jambon pas cher, des tomates regardables et du persil normal pour une taboulé, la vraie vie quoi.

    À quoi ils serviront vos logements sociaux si tous les services autour sont pensés pour des bobos?
    En supposant que vous le puissiez, iriez-vous installer des logement sociaux au milieu de Wetmount vous ?
    Ben c'est ce que vous vous préparez à faire sans une super-taxation.

    Vos projets seront magnifiques quand le gouvernement agira intelligement, en fonction des vrais gens et de la qualité de vie unique de Montréal, reconnue partout dans le monde. Une qualité qui dépend de son tissu social avant tout. sti.

    Vos efforts, si tant est-il que s'en sont, ne servent qu'à mettre un plaster sur un jambe... qui n'est même plus là.

  • François Beaulé - Abonné 4 juillet 2019 10 h 46

    Où sont les projets de logements sociaux dans les autres municipalités ?

    En France, l'État oblige les municipalités à s'assurer que des logements sociaux soient construits sur leur territoire. L'initiative décrite par ces anciens élus devrait être étendue aux autres municipalités de la région de Montréal, sur l'île et ailleurs. Le gouvernement du Québec devrait intervenir. La Ville de Montréal ne devrait pas avoir la responsabilité exclusive de loger tous les pauvres de la province.

    À quand des actions semblables à Longueuil, Laval, le west-island et ailleurs ?

    Jusqu'à maintenant, les mesures incitatives n'ont pas donné beaucoup de résultats concrets. Qu'est-ce que la Ville de Montréal a fait avec l'argent récolté ?

  • Alice Brisebois Raby - Abonné 4 juillet 2019 11 h 59

    logement abordable

    Dans quels quartiers trouvez-vous des logements abordables pour les gens qui vivent seuls avec la psv et le supplément au revenu ?
    L'incitation n'est pas suffisante ,il faut prendre la responsabilité de construire ces logements pour une catégorie de gens à faibles revenus qui ne sont pas bénificiaires de l'aide sociale.La SCHL a laissé tomber ces gens :Ça presse de reprendre le contrôle de la pelle mécanique et du chantier.
    à bon entendeur,SALUT !

  • Gilles Bonin - Inscrit 4 juillet 2019 12 h 38

    C'est possible.

    Oui, c'est possible d'aller vers une mixité. Regarder ce qui a été fait dans le Faubourg Québec. Des condos type "townhouse" certes mais également dans le même périmêtre des coopératives d'habitation et du logement dit "social" et tout se passe bien. L'orgie de tours a condos à Montréal fait fuir les familles et surtout celles avec des enfants et des revenus modestes. Cela devient une ville morte. Pas d'enfants, pas de parcs, d'espaces verts, d'écoles. Bref des dortoirs...
    Pourqoi ne pas avoir rasé l'hideuse tour de Radio-Canada et d'avoir reconstitué un quartier qui dans les années 70 était peuplé de famille? De Jean Drapeu à aujourd'hui, cela n'a malheureusement pas été la priorité des maires successifs.

  • Jean-Henry Noël - Abonné 4 juillet 2019 18 h 05

    La péréquation

    Cette formidable somme (13 milliards) est accordée au Québec, car cette province est la plus pauvre du pays. Un gouvernement responsable devrait au moins en consacrer une part aux pauvres. À leur logement. Investir dans des compagnies pour créer des «jobs payants.» ne changent rien au sort des pauvres. Donner 20 millions à General Electric ne crée pas de la richesse. C'est agrandir leur sort misérable en privant les pauvres de leur dû. Même, ce gouvernement devrait s'occuper de récurer les logements insalubres. Il parait qu'en Suisse des escouades d'inspecteurs vérifient soigneusement l'état des appartements délaissés avant d'autoriser les déménagements.