Une autre ville de Québec est possible!

«Nous avons besoin d’une ville consciente des graves conséquences de la crise climatique que nous vivons», écrit l'auteur.
Photo: Martine Doucet iStock «Nous avons besoin d’une ville consciente des graves conséquences de la crise climatique que nous vivons», écrit l'auteur.

Le 3 juillet de chaque année nous rappelle la fondation de notre ville il y a maintenant 411 ans. Nous vivons dans une ville extraordinaire par sa situation géographique. Québec, c’est aussi son Vieux-Québec inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous avons la chance de vivre dans un milieu très riche sur le plan culturel.

Chacun des arrondissements de Québec possède un caractère historique et une valeur patrimoniale certaine de même qu’un environnement formidable, dont la préservation doit faire l’objet de notre attention et d’une protection efficace pour que notre ville vive et respire encore de nombreux siècles.

Mais, pour que cela soit possible, il est indispensable que nous adoptions des mesures concrètes pour protéger nos milieux de vie adéquatement dans toutes leurs dimensions. Ces mesures doivent remettre en question des modes de fonctionnement et d’administration, de production et de consommation qui nuisent, de toute évidence, à notre futur collectif.

Nous faisons sans doute consensus en ce qui concerne la protection du patrimoine. Pourtant, certains promoteurs immobiliers ne sont pas gênés pour laisser aller des édifices comme l’église Saint-Coeur-de-Marie. Nous avons besoin d’une ville capable de neutraliser ce genre de comportement qui a produit trop de dégâts, comme ce fut le cas de l’îlot Saint-Vincent-de-Paul dans la côte d’Abraham.

Nous sommes largement sensibles à la dégradation de l’environnement et l’accélération des changements climatiques. Nous savons très bien que cette crise est liée aux dégâts produits par des industries polluantes, des modes de transport qui continuent d’ajouter des GES quotidiennement dans l’atmosphère et par une consommation productrice d’une quantité scandaleuse de déchets.

Crise climatique et du logement

Nous avons besoin d’une ville consciente des graves conséquences de la crise climatique que nous vivons. Des milliers de jeunes nous l’ont rappelé avec conviction depuis le début de l’année. Malheureusement, certains hommes politiques continuent de promouvoir des projets insensés, comme le troisième lien autoroutier entre Québec et Lévis.

Malgré la richesse qui se crée dans notre ville, nous savons très bien que les inégalités sociales y demeurent inacceptables et trop souvent porteuses de drames humains. Les logements sociaux sont insuffisants et, de manière générale, les coûts du logement augmentent. Nous avons besoin d’une ville faite de justice sociale et d’égalité pour que chaque personne puisse vivre heureuse et en santé.

À l’occasion de l’anniversaire de la fondation de Québec, je souhaite sincèrement qu’apparaisse un rassemblement de citoyennes et de citoyens qui voudront changer les choses en profondeur en s’appuyant sur des valeurs sûres : le respect de l’environnement, la lutte contre les changements climatiques, la mise en oeuvre de moyens concrets pour réorienter le développement économique dans notre ville et notre région afin d’assurer une redistribution plus égalitaire de la richesse, l’égalité entre les femmes et les hommes en adoptant des programmes de développement et d’aménagement qui favoriseront cette égalité et enfin l’amélioration de la démocratie pour nous permettre de participer directement aux décisions qui nous concernent.

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4 commentaires
  • Raynald Blais - Abonné 2 juillet 2019 06 h 52

    Voeux pieux?

    Ce souhait de voir apparaître à Québec, une mobilisation autour de l'environnement, de l'économie, de l'égalité et de la démocratie reprend le credo des militants qui protestent depuis longtemps contre les effets du capitalisme. L'intention de voir les luttes viser dorénavant à "changer les choses en profondeur" semble vouloir en finir avec le piétinement dans la rue ou sur l'espace public. Que des militants gagnent partiellement ou totalement une cause, les exigences économiques ont tôt fait d'en créer une autre, plus exigeante pour les militants en s'additionnant à celles déjà supportées.
    Bien que je partage cette volonté de "changer les choses en profondeur", je ne retrouve malheureusement pas dans ce souhait pour le 411e anniversaire de la ville de Québec, ce qui nous fera avancer au lieu de piétiner. S'agirait-il d'un vœux pieux?

  • Jean Roy - Abonné 2 juillet 2019 07 h 59

    Nous?

    Jusqu’au dernier paragraphe, vous ne parlez des gens de Québec qu’à la première personne du pluriel... Si, au début de votre texte, on peut admettre que vos « nous » décrivent objectivement l’ensemble des habitants de la ville (nous vivons... nous avons la chance...), tous ces « nous » deviennent vite passablement subjectifs!

    Je pourrais sans doute m’inclure parmi votre groupe de « nous ». Ça reste encore à voir... Malheureusement, à part quelques quartiers centraux, peut-être, « nous » formons une club minoritaire dans cette ville!

  • Gilles Fontaine - Abonné 2 juillet 2019 09 h 51

    Ce serait possible, oui.

    Ce serait possible M. Roy si nos député-e-s Solidaire - Sol Z. et Catherine D. - prenaient le temps d'être présent dans leur comté respectif à défendre les dossiers qui préocuppent les citoyens : environnement, patrimoine, logement et transport. Ce qui - pour le moment - n'est pas le cas. Ces derniers préfèrent faire la parade du linge, des poils et des bottes, organiser un party de la Saint-Jean au Lac Simon (!!!) et à contrer un projet de loi qui fait du Québec un pays laïque (tout le contraiire de leur programme politique...). La ville de Québec mérite mieux. Diantre je m'ennuie déjà d'Agnès Maltais.

  • Jean-Guy Aubé - Abonné 2 juillet 2019 12 h 08

    sauter sur tout ce qui bouge

    Il y a des militants dont la stratégie est de sauter sur tout ce qui bouge, parce que leur idéologie n'est pas de défendre le contenu de quelque cause que ce soit, mais pour faire de l'agit prop en tout temps et en tout lieu sous n'importe quel prétexte. Selon cette conception, exploiter le sentiment d'insatisfaction de la population par rapport à n'importe quoi permet de faire avancer la marche de la révolution. On peut aimer ou pas cette approche.