Le Canada doit devenir un exemple mondial en économie verte en s’inspirant du Québec

«Le secteur des transports, entre autres, aura besoin de mesures pour réduire ses GES, la congestion et le nombre de déplacements», mentionne l'auteur. 
Photo: Olivier Zuida Le Devoir «Le secteur des transports, entre autres, aura besoin de mesures pour réduire ses GES, la congestion et le nombre de déplacements», mentionne l'auteur. 

À quelques mois des élections fédérales, les principaux partis se sont exprimés en faveur de l’Accord de Paris afin que le Canada atteigne, d’ici 2030, son objectif de réduire ses émissions de gaz à effets de serre (GES) de 30 % par rapport à 2005. La question qui tue : comment accompagner les entreprises, les employeurs et leurs salariés pour les aider à innover dans une démarche qui tient compte de la réalité de M. et Mme Tout-le-Monde ainsi que de leurs contraintes ?

Entre la poussée des générations montantes et la prise de conscience des moins jeunes, il est indéniable que la question climatique et la transformation de notre économie seront sur toutes les lèvres pour les années à venir, chez nous, comme dans le reste du monde d’ailleurs. Lorsque les jeunes descendent dans la rue, c’est pour nous inciter à les écouter et à les aider à mettre en place les conditions pour créer une société prospère, dans un contexte de grands bouleversements, tout en permettant à nos entrepreneurs de tirer leur épingle du jeu. Ce faisant, au-delà des clivages idéologiques, des antagonismes et de la joute politique, nous avons tous le devoir d’entretenir l’espoir d’un lendemain meilleur pour nos jeunes et les générations futures.

Certes, les différentes voix qui s’élèvent aux quatre coins du pays ne s’entendent pas nécessairement sur les gestes à accomplir. Il demeure néanmoins un point positif : le Canada cherche des solutions pour préparer l’économie de demain et préserver la capacité de la société à prospérer.

À cet égard, il faut se féliciter de la mobilisation qui prend forme au Québec, et qui implique l’ensemble des parties prenantes. En plusieurs occasions depuis l’élection du gouvernement provincial, et au sortir de la COP24, nous avons insisté sur l’importance de mettre en oeuvre rapidement une démarche coordonnée, mobilisant l’ensemble des ministères, afin d’élaborer un plan climat concret et efficace. En ce sens, les engagements du gouvernement provincial sont pleins de bonnes intentions, et la démarche annoncée cette semaine, qui doit mener à un Plan d’électrification et de lutte contre les changements climatiques en 2020, mérite d’être appréciée.

Nous appuyons totalement les stratégies gouvernementales qui visent à décarboniser graduellement notre économie, et ce, tant au Québec, qu’au Canada et même dans les États voisins. Nous avons la chance de pouvoir produire une électricité propre et avons tout à gagner à en faire profiter nos voisins également. Il faudra aussi compter sur le potentiel d’autres filières, notamment au bénéfice des régions. Pensons, notamment, à la filière des biocarburants, de la biomasse, du gaz naturel renouvelable (GNR), de l’hydrogène, ou, encore, de l’économie circulaire, surtout pour nos matières résiduelles et secondaires.

Le secteur des transports aura besoin de mesures pour réduire ses GES, la congestion et le nombre de déplacements. Pour le transport collectif, l’électrification est une très bonne initiative, mais elle doit se faire de pair avec une augmentation massive de l’offre globale, qui souffre de besoins criants. En ce qui concerne le transport des marchandises, la croissance des échanges internationaux et du commerce en ligne nécessite plusieurs initiatives qui ne peuvent pas être des copier-coller des mesures destinées au transport des personnes. Il faudra également revoir nos pratiques d’aménagement et d’urbanisme, avec des aléas climatiques plus marqués.

Dans vingt ou trente ans, la société ne sera plus du tout la même, les attentes des citoyens et les habitudes de vie non plus. C’est pourquoi le Québec, par exemple, s’active actuellement à réviser ses leviers pour s’adapter et se transformer, afin de reproduire le succès mondial de sa filière hydroélectrique dans d’autres secteurs. Cette vision du changement ne se bâtit pas toute seule, elle suppose l’adhésion de la société civile. Le Canada et chacune de ses provinces doivent faire de même, tous partis politiques confondus.

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6 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 21 juin 2019 00 h 31

    En lisant ce titre...

    ...je me suis demandé qui pouvait dire une telle énormité. Puis, j'ai lu le nom de l'auteur. Et j'ai compris.

    • Jean-François Trottier - Abonné 21 juin 2019 09 h 16

      Bel exemple d'attaque à la personne, l'un des sophismes les plus grossiers.

      Exclure une personne comme ça, c'est du gros préjugé épais.
      Vous ne reflétez que de la haine.

      Moi aussi j'ai compris.

  • Claude Bariteau - Abonné 21 juin 2019 07 h 13

    Je doute que le titre de votre article soit le vôtre, car votre texte ne dit pas que le Canada doit devenir un exemple mondial en économie verte en s'inspirant du Québec.

    Ça, ça m'apparait plus un titre proposé par Le Devoir.

    Or, vous dites plutôt appuyer des alignements qui s'expriment au Québec et vous invitez le Canada et ses voisins, en l'occurence les États-Unis, « à faire de même ». Jamais vous ne dites que le Canada doit devenir un exemple-mondial, cet exemple étant le Québec à vos yeux.

    Cela dit, le Canada ne sera jamais, avec son plongeon tête première dans les sables bitumineux avec des projets de vente à l'échelle internationale ne sera jamais le MODÈLE mondial en économie verte.

    Il ne le sera pas parce qu'il entend se nourrir des gains du marché international pour investir dans l'économie verte.

    500 millions hypothétiques par année pour le PLC et près de 2 milliards, plus hypothétiques pour le PC alors que le Parti vert propose que le marché canadien devienne celui du pétrole sale transformé par baguette magique en pétrole le plus propre et celui d'un pays démocratique respectueux de l'environnement.

    Or, par ce titre, Le Devoir voit ce pays, le Canada, en devenir vert, que seul le NPD entend marcher dans cette direction alors qu'il est en chute libre dans les sondages, ce qui devrait laisser plus de place à l'élection au Québec de candidats du PLC avec un programme vert délavé au pétrole sale.

  • Cyril Dionne - Abonné 21 juin 2019 09 h 57

    L’extrême légèreté des solutions inappropriées

    Bon. Encore des gens qui pensent que le Québec est le nombril du monde en ce qui concerne les changements climatiques.

    La question qui tue: comment diminuer notre empreinte carbone, protéger nos écosystèmes marins et terrestres, diminuer l’étalement urbain, diminuer la pollution atmosphérique et les émissions de GES tout en augmentant la population et penser que la croissance économique au Québec sera au rendez-vous? Le développement durable est un mythe perpétré par les gens des chambres de commerce qui font à croire aux jeunes qu’il existe une recette magique pour contrer l’inévitable sans passer par une simplicité volontaire draconienne. Misère.

    Produire de l’hydroélectricité par le phénomène naturel de la gravité de l’eau est bien et devrait être encouragé. Malheureusement ou heureusement pour le Québec, la géographie mondiale ne se prête pas pour tout le monde dans ce genre d’exercice. On a qu’à penser au voisin, l’Ontario, d’où les capacités hydrauliques sont toutes exploitées et ils doivent recourir au nucléaire pour palier à plus de 60 à 70% de la demande en électricité.

    Les changements climatiques sont un problème mondial qui requiert une solution de la même portée. Même si le Québec avait une empreinte négative en ce qui concerne les GES, cela ne ferait aucune différence au niveau de l’équation climatique. Et où pensez-vous que Justin Trudeau veut acheminer et vendre le pétrole de l’Alberta, celui qui est le plus sale de la planète? L’Asie ce qui veut dire la Chine.

    La Chine, ce sera plus de 16 000 000 000 tonnes (16 000 Mt) de GES en 2030. Pensez-vous que les GES et la pollution atmosphérique qui découlent de l’Empire du milieu connaissent les frontières géopolitiques? Nous, avec notre 78 Mt de GES, on fait piètre figure.

    C’est à se demander justement si les conseils du patronat font partis du problème et non pas de la solution lorsqu’ils veulent déplacés les populations pauvres. Vous savez, il y a un monde qui existe hors de Montréal.

  • René Pigeon - Abonné 21 juin 2019 12 h 06

    Le conseil du patronat n'a rien à déclarer sur l'impact environnemental et économique des oléoducs,...

    ... des gazoducs et des navires qui pourraient s'ajouter au Québec ainsi que l'exemple que ces projets constituent pour le Canada.

  • Pierre Fortin - Abonné 21 juin 2019 18 h 12

    Bienvenu dans le réel Monsieur Dorval


    Monsieur Dorval,

    J'ai beaucoup de mal à décoder votre texte tellement il me fait penser à un essai de niveau secondaire III, tellement votre intention d'écriture me semble floue. Je me demande encore où vous désirez nous mener car, voyez-vous, votre discours est une resucée d'évidences établies depuis longtemps.

    Si c'est pour nous signifier que le Conseil du patronat du Québec a enfin compris l'importance des enjeux environnementaux que les verts s'évertuent à faire valoir depuis 50 ans, on ne peut que s'en réjouir. Votre texte parle aisément d'un futur, mal défini, mais le présent et le devoir de plus en plus urgent d'agir et de le faire intelligemment vous semblent inconnus ou inexistants.

    J'espérais naïvement que le Conseil du patronat présente un conseil – puisque c'est dans ses cordes – instructif au Québec et contribuerait à nourrir un débat devenu incontournable. Le Conseil du patronat connaît bien les intérêts financiers qui ont contribué au dégât actuel, mais qui représentera-t-il lorsqu'il faudra imposer des mesures limitatives à la trop grande liberté d'agir des entreprises en matière d'environnement ?

    Car voyez-vous, nous n'aurons pas de deuxième chance pour redresser un dérèglement qui devient de plus en plus critique. Si j'avais à vous coller un thème pour votre prochaine dissertation, ce serait « Le Conseil du patronat et l'avenir d'un Québec sain et propre dans son environnement ».