La laïcisation tranquille au Québec

Les écoles publiques du Québec sont devenues laïques tout en demeurant officiellement confessionnelles jusqu’en 1998, rappelle l'auteur.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les écoles publiques du Québec sont devenues laïques tout en demeurant officiellement confessionnelles jusqu’en 1998, rappelle l'auteur.

Plusieurs apologètes du projet de loi 21 sur la laïcité situent cette législation en continuité avec une soi-disant tradition républicaine qui accuserait la différence profonde entre le Québec et le reste du Canada.

Je ne vois pourtant aucune trace de républicanisme dans la façon plutôt remarquable selon laquelle nos institutions se sont laïcisées dans la foulée de la Révolution tranquille. J’y vois au contraire une évolution qui, pour rapide qu’elle fût, a fait l’économie de guerres de religion qui ont marqué plusieurs sociétés européennes. Cette évolution s’est opérée en grande partie grâce à la complicité de nombreuses personnes au sein de la hiérarchie catholique et des communautés religieuses. Elle s’est poursuivie sur la base de compromis, voire de certaines incohérences qu’un certain pragmatisme propre à notre population lui a fait accepter. Ainsi nos écoles publiques sont devenues laïques en réalité tout en demeurant officiellement confessionnelles jusqu’en 1998.

Durant toutes ces années d’évolution, je ne me souviens pas de quelque mouvement important qui ait réclamé une loi sur la laïcité. Il faudra attendre le début du XXIe siècle et une pratique répandue de certains accommodements raisonnables à l’endroit de certains groupes d’immigrants pour qu’un malaise social appelle une loi formelle sur cette question. De toute évidence, nous avons été plus patients envers nos contradictions qu’envers celles des nouveaux venus.

Un témoignage de 1990

J’en veux pour témoignage un numéro spécial que la revue laïque belge La Pensée et les hommes (Université libre de Bruxelles) consacrait à « la laïcité en Amérique du Nord » en 1990, sous la direction de Jacques Lemaire. Parmi les articles de cette publication, on trouve un texte de l’historien Marcel Trudel (1917-2011) sous le titre évocateur « Un Québec qu’on ne voit plus ». Trudel fait un tableau plutôt sombre de cette mentalité d’Ancien Régime qui a marqué le Québec jusqu’au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, mais termine en faisant état de notre évolution spectaculaire qui s’est poursuivie « quasiment sans qu’on s’en aperçoive ». Un autre article fort bien documenté des sociologues Danielle Juteau et Nicole Laurin traite de « la sécularisation et l’étatisation du secteur hospitalier au Québec, de 1960 à 1966 ». Les auteures nous livrent un état de fait élaboré sur le passage rapide du contrôle de l’Église et des communautés religieuses sur les principaux établissements hospitaliers québécois à celui de l’État. Elles décrivent une transformation radicale qui s’est faite sur le dos des religieuses, qui acceptent de bonne grâce de céder leur rôle de direction à des fonctionnaires masculins au nom de la rationalité. Elles en concluent, en citant un titre de Jean-Charles Falardeau, que « “la guerre de Troie n’aura pas eu lieu”, c’est-à-dire l’affrontement entre l’Église et l’État québécois que la Révolution tranquille aurait pu provoquer ».

J’ai pour ma part contribué à ce numéro avec un article qui s’intitulait « La laïcisation tranquille au Québec ». J’y notais une transformation remarquable et accélérée de nos institutions au cours des années 1960. À la fin de cette décennie, il ne faisait plus de doute pour la majorité des observateurs que le Québec était bel et bien laïcisé. J’écrivais ce qui suit : « Pour rendre compte de la laïcisation au Québec, il serait mieux indiqué, peut-on croire, de s’adresser au modèle dit de sécularisation propre à l’Amérique du Nord plutôt qu’au modèle européen. Même si les intellectuels québécois ont été fortement influencés par la tradition française, la société québécoise est toujours demeurée fortement conditionnée par sa situation géographique et son histoire qui sont inévitablement nord-américaines. »

Je signalais la remarquable participation de plusieurs clercs et religieux au processus de laïcisation de notre société. J’en voyais pour raison que ces personnes étaient le plus souvent demeurées en osmose avec notre société. Même si elles étaient en position d’autorité, elles n’étaient pas recrutées dans une classe à part et leurs nombreux privilèges n’avaient pas été entachés de parasitisme comme cela se voyait dans l’Ancien Régime européen.

Voilà comment on pouvait décrire la laïcisation du Québec en 1990 et, je pense bien, jusqu’au début de ce siècle. Les raisons qui ont amené la majorité des Québécois à soutenir une législation contraignante ne s’inscrivent donc pas dans une tradition qui nous serait propre.

NOUVELLE INFOLETTRE

« Le Courrier des idées »

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

62 commentaires
  • Françoise Labelle - Abonnée 13 juin 2019 06 h 20

    Y a-t-il vraiment incohérence?

    Vous soulignez que la sécularisation s'est opérée en douceur grâce à la coopération de la hiérarchie cléricale. Vous en faites l'illustration dans le secteur hospitalier. Comment peut-on alors s'étonner qu'il n'y ait pas eu de mouvement important qui ait réclamé une loi sur la laïcité? Si l'intégrisme clérical s'était manifesté, il y aurait eu un mouvement en ce sens. On s'attend à la même diligence des intégrismes contemporains.

    Les accommodements, qui aux yeux de plusieurs semblent une réclamation intégriste, posent un problème légal que vous semblez sous-estimer: ce qu'on passe à certains sera valable pour tous. J'avoue que ce combat pour l'obscurantisme m'échappe.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 juin 2019 08 h 47

      En fait, des manifestations d'intégrisme clérical catholique (encore faudrait-il préciser ce qu'il faut entendre par là), il y en avait bien davantage que ce qu'on désigne sous ce nom en parlant des musulmans et elles étaient l'objet d'une critique très assidue et vigilante. Déjà laïque de jure, la société québécoise se savait si décidément engagée dans le mouvement planétaire de sécularisation et de pluralisme qu'elle n'éprouvait pas le besoin de tenir les religieux en joue. Tout au contraire, elle savait qu'il n'était pas du tout nécessaire ni d'adhérer à ces croyances ni de les combattre mais qu'il était sage de tirer parti, collectivement, du ressort de conviction qui anime l'engagement chrétien. D'opérer en douceur cette transition avec ses points de rupture mais aussi de continuité. Appelons cela des contradictions si on veut. C'est plutôt du mouvement de la vie qu'il s'agit.

      Malheureusement, nous ne semblons pas avoir suffisamment confiance dans l'état d'achèvement de la sécularisation du politique pour accueillir avec la même indulgence la manière dont les croyants musulmans veulent s'investir dans l'édification de cette société à partir de leurs propres valeurs. En cela non plus nous ne nous distinguons pas du mouvement planétaire. Avant septembre 2001, nous étions encore capables de discernement. Après, notre nationalisme fléchissant a vu dans le péril islamique cet ennemi commun à l'encontre de qui fédérer des appuis, à défaut de pouvoir réinvestir une nouvelle fois le terrain des luttes avec le Dominion et sa constiution imposée, etc.

    • Jean Duchesneau - Abonné 13 juin 2019 09 h 05

      M. Richard Maltais Desjardins vous dites: "Malheureusement, nous ne semblons pas avoir suffisamment confiance dans l'état d'achèvement de la sécularisation du politique pour accueillir avec la même indulgence la manière dont les croyants musulmans veulent s'investir dans l'édification de cette société à partir de leurs propres valeurs."

      Quelles sont donc selon-vous, ces valeurs dont les croyants musulmans voudraient s'investir dans "cette" société?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 juin 2019 09 h 08

      Madame Labelle, il faudrait considérer que si cela vous « échappe », c'est qu'il ne s'agit justement pas d'un « combat pour l'obscurantisme » et que votre incrédulité a sa source dans votre aveuglement.

    • Nadia Alexan - Abonnée 13 juin 2019 09 h 22

      Effectivement, madame Labelle, c'est un article en faveur de l'obscurantisme, l'ignorance et la primauté de la religion comme droit fondamental, en dessus de tous les autres droits, tels que l'égalité homme/femme et le droit de vivre dans une société basée sur les sciences au lieu des superstitions.
      On a oublié que le rôle essentiel de la Révolution tranquille était de libérer la société de l'ingérence du religieux dans les affaires de l'État. C'est par l'idéal républicain que l'on arrive a entériné la laïcité, pas par la philosophie anglo-saxonne, nord-américaine qui donne préséance à la religion au dépend de tous les autres droits, avec les résultats que l'on constate comme la ghettoïsation et le communautarisme. La meilleure façon de vivre dans une société diversifiée et pluraliste c'est d'instaurer la laïcité qui protège toutes les religions, sans pour autant, leur permettre l'ingérence dans les affaires de l'État.

    • Claude Bariteau - Abonné 13 juin 2019 09 h 28

      Je ne vous suis pas.

      Vous opposez engagement chrétien à engagement musulman et parlez d'indulgence envers l'un et non envers l'autre.

      Franchement, vous oubliez que l'église protestante et l'église catholique se sont opposées aux écoles publiques prônées par les Patriotes et que, ces deux églises ont cherché à établir leur pouvoir après la mise au pas des Patriotes dès après 1840 et que, sous la direction de Mgr Bourget il y eut recrutement de communautés religieuses européennes et mise à pied des enseignants et des enseignantes dans les écoles devenues très vite confessionnelles.

      Vous oubliez aussi la bataille féroce de ce Mgr contre les promoteurs de la citoyenneté et la charge grotesque du clergé contre l'opposition dans l'ex-Bas Canada au Dominion of Canada, charge au demeurant analogue du clergé contre les Patriotes à partir de 1836 ou de celle visant à discréditer les appuis des « canadiens » aux Américains en 1774 et lors de la guerre d'indépendance des États-Unis.

      En vous vous présentez en indulgence des contraintes imposées qui venaient d'alliés au pouvoir britannique.

      Le peuple du Québec s'en souvient. Pas vous. En plus, vous parlez de non-indulgence chez les uns après avoir institué une dichotomie à base religieuse qui a tout faux.

      Le pouvoir de l’église catholique en fut un de lutte contre un modèle public de services comme la lutte que vous menez au nom des pratiquants musulmans pour restreindre la neutralité des employé/e/s de l’État au non d’une liberté des pratiquants religieux dans les institutions publiques.

      M. Maltais-Desjardins, là vous franchissez une ligne qui révèle votre méconnaissance de l’histoire des luttes politiques au Québec.

    • Jean Duchesneau - Abonné 13 juin 2019 09 h 34

      Monsieur Richard Maltais Desjardins,

      J'admire votre acuité à déceler la paille qui obscurcit la vision d'autrui. Toutefois, j'aimerais connaître ce qui éclaire votre éblouissante lucidité? En vous exprimant avec une telle autorité, j'imagine que vous possédez une immense érudition en matière de religion, en particulier l'islam.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 juin 2019 09 h 51

      En toute courtoisie, monsieur Bariteau, votre rappel historique est hors-sujet, ce matin. Il ne vous sert qu'à conclure sur un argument d'autorité qui me disqualifierait seul alors que « le peuple du Québec » aurait toujours à l'esprit le récit des luttes des Patriotes. Je ne savais pas que vous aviez une telle audience bien que je conçoive que votre persistance à le remettre au feu puisse avoir cet effet. Quoi qu'il en soit de mes « oublis » présumés, ils sont moins évidents que votre volontaire esquive.

    • Claude Bariteau - Abonné 13 juin 2019 11 h 24

      En quoi propos est-il hors sujet ? Parce que vous le dites et que vous m'attribuez non pas une connaissance de l'histoire, que vous n'avez pas, et que vous discréditez parce qu'elle contiendrait un argument d'autorité.

      Mon argument est politique. Il tient aussi la route dans l'affaire Riel dont l'Église catholique d'ici a été complice envers le gouvernement de Macdonald.

      Ce n'est pas un jeu de toge de ma part. Seulement un rappel de luttes dans l'histoire du Québec, que plusieurs s'efforcent de dulcifier, voire de banaliser au nom des dirigeants britanniques qui n'y ont vu que des « gens sans histoire » ou ceux du Canada qui entendent refaire la leur en s'auto-congratulant et en effaçant des pans entiers de celle qui a eu cours au Québec, même au Canada.

      La politique des vainqueurs a ce petit côté critique dans le but de justifier leur prédominance. Il faut au moins s’en rendre compte plutôt que de présumer l’absence de mémoire des luttes évoquées.

      La mémoire vient lorsqu’on explique à qui s’intéresse à cette histoire ce qui s’est passé et non ce qu’il faut oublier.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 juin 2019 11 h 30

      C'est seulement que ni le texte de Balthazar ni le commentaire de madame Labelle ne portaient sur les questions que vous soulevez et que je ne vois pas en quoi vos rappels historiques contribuent à les éclairer.

    • Claude Bariteau - Abonné 13 juin 2019 15 h 47

      Le texte de M. Balthazar et le commentaire de Mme Labelle, comme le vôtre, regardaient l'état de la situation à partir de la révolution tranquille en négligeant comment la religion est devenue omniprésente dans l'enseignement et les services de santé, un point plus que pertinent car il renvoie aux luttes menées par les promoteurs d'un enseignement public et des services de santé publics dont les opposants furent les dirigeants religieux accoquinés avec le pouvoir britannique et ses serviteurs locaux, aujourd'hui avec les vues du Canada pour valoriser les drotis individuels.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 13 juin 2019 16 h 30

      Pour ma part, ayant vécu dans le temps et de très près la période des années 40 à 75, je fais tout à fait la même lecture que Monsieur Balthazar ce que fut vécu et comment fut perçu par le commun des mortels la dite révolution tranquille et la laïcitation des institutions publiques au Québec.

      Également, il me semble que M. Balthazar marque bien à quel moment a surgi le débat sur la laïcité. Débat idéologique et politique qui provient d’une conjoncture « internationale » marquée par l’attentat terroriste sur les tours jumelles de N.Y, les ripostes guerrières américaines et internationales en Irak, en Afghanistan, combinées à de la propagande, des amalgames et une méfiance occidentale à tout ce qu’on a associé à « arabe-musulman-islam »... le voile en devenant le « symbole ». Bref, ce débat est devenu « national » au Québec dans la même période où, au lendemain de la défaite référendaire, le mouvement souverainiste est entré en crise. Sans perspectives politiques, alors que gronde les tambours guerrier contre les talibans et Sadam Hussein, le Bloc lui clâme qu’il faut « Défendre les intérêts du Québec « ! Bientôt compris comme la défense de « la nation » et des « valeurs » patrimoniales face aux « immigrés », et de la peur en particulier des « arabes-musulmans »... D’où la crise des « accomodements raisonnables ».

      Pour revenir à la période des années 60-95. Sur quels thèmes, sur quelles questions y a-t-il eu débats et polarisations sociales? La laïcité- niet! L’immigration-niet!
      Les grands débats et polérisation au Québec ont été autour de la place de la LANGUE, deuxièment « L’INDÉPENDANCE », troisièment sur des questions sociales et civiques comme par exemple les droits collectifs pour se syndiquer, le droit à l’avortement, la gratuité scolaire.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 juin 2019 17 h 44

      Monsieu Duchesneau, je vous suggèrerais bien de vous en informer auprès des premiers intéressés, mais comme il est douteux que vous trouviez des avis honnêtes de ce côté, je crois qu'il sera plus prudent de lire les copier coller de madame Alexan et autres Vigileants. Ils en savent bien plus long que moi sur les valeurs musulmanes.

    • Jean-François Trottier - Abonné 13 juin 2019 21 h 57

      @RMD

      La société québécoise n'est toujours pas laïque "de jure" ni autrement.

      Aucune loi n'a été créée parce que l'Église a fait un repli tactique au bon moment.
      D'où un faux entiment de sécurité face aux fanatismes religieux.

      Qui dit repli, dit possible retour. Voyez ce qui se passe partout en Amérique du Nord, sauf au Québec... pour le moment.

      Les religions disposent de milliards pour convaincre des organisations et des partis de les appuyer.
      Il est est stupide et inhumain de souhaiter la disparition des religions mais Il est encore plus stupide de croire ou fairecroire qu'elle ne tenteront pas de prendre le plus de pouvoir possible, à moins d'avoir des raisons tactiques d'appuyer les religions et de mentir.

      Croire une victoire "définitive", alors que la laïcité ne cherche même pas de victoire, et que les religions n'ont de victoire que totale et universelle, c'est tripper fort.
      Votre confiance est soit faussée, soit fausse. Elle vient d'une ignorance, voulue ou pas, de ce que sont les religions.

      Il y a 30 ans ,
      Qui prévoyait la force actuelle du Bible Belt en Amérique du Nord?
      Ou la puissance actuelle de l'Islam en Algérie ? En Égypte?
      Les talibans Afghans étaient un épiphénomène. La plupart des Afghan(e)s ne portaient aucun signe religieux depuis des décennies.

      Les religions renouvellent leur stock d'intégristes le plus facilement du monde. Vous les sousestimez à dessein puisque vous ne tenez aucun compte des informations qu'on vous soumet.

      "Avant septembre 2001, nous étions encore capables de discernement."
      Je suis absolument dégoûté par ces phrases racistes que vous glissez de plus en plus souvent.

      Vous qui réclamez avec raison le droit à vos opinions personnelles, vous faites bon marché de celle de chacun des autres (des millions!) en portant un tel jugement.

      Vous écrivez ailleurs "en toute courtoisie"... On se demande de laquelle vous parlez.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 juin 2019 23 h 07

      Monsieur Trottier, vous pouvez continuer à me traiter de noms... C'est sans intérêt.

      Je sais très bien que des individus et des groupes déploient des efforts pour que leurs croyances religieuses soient au pouvoir. Mais cela ne veut pas dire que notre société n'est pas laïque. Je ne perdrai pas mon temps à vous exposer à nouveau les raisons pour lesquelles je le crois : cela ne servirait qu'à exciter votre dégoût, qui n'en a pas tant besoin. Pour ce qui est de la courtoisie, vous savez, elle n'est utile qu'avec les gens qui en sont eux-mêmes capables. Je ne ferai pas non plus d'effort à cet égard avec vous.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 13 juin 2019 23 h 07

      « On a oublié que le rôle essentiel de la Révolution tranquille était de libérer la société de l'ingérence du religieux dans les affaires de l'État«  N. Alexan

      Madame vous lisez l’histoire à l’envers et à posteriori. Jean Lesage et son équipe ministérielle n’étaient pas des « anti-cléricaux » et anti-religion et à aucun moment les réformateurs ont présenté leurs projets en vue de « libérer la société de l’ingérence du religieux. Le but avoué des libéraux et compris par la population était de « moderniser » les institutions publiques pour répondre à des objectifs de croissance économique et d’industrialisation pour rattraper un retard évident du Québec par rapport à l’Ontario. Pour cela, ce n’est pas l’Église qui fit obstacle, sinon le parti national et la couche politique conservatrice qui restait attachée à ce parti... non pas pour des raisons « religieuses », mais par peur du changement.

      Quant à l’Église - son clergé et les communautés religieuses- sa décroissance ne vient pas ni d’un plan machiavélique gouvernemental pour la chasser... tout simplement elle n’avait ni les ressources matérielles, ni le personnel (qui défroque) pour répondre aux besoins et aux institutions en pleine mutation. Si la sécularisation et la laïcisation des institutions publiques se sont opéres au Québec c’est du au fait que l’Église n’a pas été capable de « suivre » les réformes...

      Même plus, en 1976 lorsque le PQ de René Levesque prend le pouvoir et que s’approfondisse les réformes durant les réformes, en aucun moment se soulèvent des débats autour de la laïcité et d’une libération religieuse. Les débats furent autour de la loi 101 et sur la question à poser en vue d’un référendum pour ou contre la « souveraineté-association ».

    • Jean-François Trottier - Abonné 14 juin 2019 09 h 55

      Quels noms ?

      Je suis dégoûté.

      Notre opays et notre provinxw sont encore et toujours de droit divin. C'est un fait, c'est tout. De jure, comme vous dites.

      La laïcité de Québec sera une illusion tant qu'aucune loi n'entourera cette notion. Vous vous battez pour que ça n'existe pas avec une hargne qui ne dissimule plus du tout sa mesquinerie et sans la moindre "courtoisie" au vu de vos jugements lapidaires sur des millions de personne, seulement parce qu'elles ont culture et histoire commune.

      Votre "Avant septembre 2001, nous étions encore capables de discernement." n'est pas qu'un manque de courtoisie, c'est une insulte raciste : attaque groupée qui rejoint chaque personne séparément.

      Le discernement est ironiquement ce qui vous manque le plus : nommez donc chaque personne concernée par cette phrase débile et expliquez en quoi elle a perdu son discernement! Rarement vu pire.

      La courtoisie, Monsieur, ce n'est pas mettre des gants. C'est respecter les gens ou au moins ne pas rire d'eux.

    • Jean-François Trottier - Abonné 14 juin 2019 10 h 12

      @RMD

      Il vous faudra démontrer que le Québec est tiotalement différent de l'Ontario en matière de laïcité.
      ...l'Ontario où un certain Ford a été élu grâce au Bible Belt.

      Et vous devrez aussi démontrer que vous avez toujours considéré les USA comme un pays religieux qui n'a pas fait l'objet d'un retour de religion sous forme de raz-de-marée, contrairement au Québec spécifiquement.
      ...parce que l'élection de Trump est impossible sans le Bibile Belt.
      Itou.

      Soit dit en toute courtoisie.


      Note à moi-même :
      Étrange, je ne prête aucune intention aux Ontariens... Je devrais peut-être ? Ben non, ce serait bien trop salaud!

  • Yvon Montoya - Inscrit 13 juin 2019 06 h 29

    Merci pour ce texte éclairant qui exprime un implicite de la culture québécoise. D’autant plus qu’une grande partie de la population québécoise est née après l’emprise de l'église Catholique. Le Québec d’aujourd’hui n’a pas à revendiquer un « traumatisme » par la religion institutionnalisée dont vous éclairez bien la disparition. Voir à ce sujet les tranches d'âge dans les statistiques, c’est éclairant de s’apercevoir que la majorité de la population au Québec n’a jamais éprouvée l’emprise de leur conscience par la religion. Alors donc! Ce soi-disant choc avec le religieux ne serait qu’un prétexte à une position politique non avouable.? C’est on ne peut plus clair à vous lire puisque vous considérez à juste titre d’un point de vue historique que le combat pour la laïcité ne serait pas «  une tradition propre » au Québec.

    • Jean-François Trottier - Abonné 13 juin 2019 09 h 42

      Faux. La grande majorité de la population actuelle subit encore les effets de la religion, ne serait-ce que par la pauvreté générale des francophones mais aussi quand on voit quelques hurluberlus leur trouver toutes sortes de tares collectives au sujet de signes religieux facultatifs au travail et en classe, nulle part ailleurs.
      L'art de s’inventer une petite vindicte personnelle, fort bien épaulée par les milliards fédérastes.

      Si vous savez que les Noirs subissent encore les effets de leur esclavage qui s'est terminé il y a presque 160 ans, il est inadmissible que vous niiez, aujourd'hui ces effets pour les nègres blancs d'Amérique, sauf volonté d'ignorance mesquine.

      On voit poindre du racisme dans votre analyse plus que prétentieuse.

      Non-avouable ? Vous parlez de religion je suppose, comme celle des esclavagistes autrefois qui détenaient un dictionnaire complet de mots qui ne se disent pas.

    • Claude Poulin - Abonné 13 juin 2019 13 h 03

      Vous avez raison de d'affirmer "que la majorité de la population au Québec n’a jamais éprouvée l’emprise de leur conscience par la religion". Mais, faut-il le rappeler, il s'est développé ici durant cette période un discours anticlérical plutôt primaire chez les professionnels de la parole, en particulier dans le monde de l'éducation, de l'information et la culture, qui a fait sa marque dans l'opinion populaire. C'est sans doute là un facteur à prendre en considération pour expliiquer cette curieuse histoire de la laïcité à la québécoise.

  • Denis Soucy - Abonné 13 juin 2019 06 h 39

    Collaboration

    J'entends bien qu'il y ait eu collaboration de la part de l'Église. Avait-elle le choix de faire autrement étant donné le désir marqué de la population de voir reculer sa présence et les signes qui la faisait voir.

    D'où que je voie une certaine contrainte, pondérée, comme aujourd'hui.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 13 juin 2019 19 h 02

      « le désir marqué de la population de voir reculer sa présence et les signes qui la faisait voir«  D. Soucy

      Monsieur Soucy, 60 ans après le décès de Maurice Duplessis... il semble « vraisemblable » de croire que « la population » voulait voir reculer la présence de l’Église et des signes religieux! Mais ce n’est là qu’une fausse perception

      Certes, au cours des années 50 avec l’arrivée de la tv, la plus grande facilité pour se déplacer et l’attrait du « moderne », la religiosité et la morale catholique était à la baisse, mais ce n’est pas ce facteur qui aurait fait basculer la société dans les changements politiques et économiques des années 60.

      Les grandes réformes au Québec répondent aux besoins économiques, politiques, sociaux et éducationnels auxquels ne pouvaient plus échapper le Québec. Au cours des années 50, Duplessis a tenté de maintenir le Québec dans ses vieilles structures rurales de fonctionnement paroissiales et de l’économie aux bas de laine. Le parti national était le parti d’un chef. À sa mort, ce parti est entré en décroissanc et ce fut le parti libéral, profitant d’une conjoncture favorable a su construire une équipe et proposer un programme ambitieux de réformes au niveau de l’administration publique, de la santé et de l’éducation. Et si l’Église et son influence sont passés au deuxième ou troisième rang des préoccupations de la « population », c’est que le clergé et les communautés religieuses n’étaient pas capables de « répondre » ni aux nouveaux besoins, ni aux nouvelles structures issues des réformes.

  • Claude Bariteau - Abonné 13 juin 2019 06 h 46

    Rappel stimulant de la complicité des communautés religieuses avec les auteurs des réformes qui ont contribué à la laïcisation dans l’enseignement et les services de santé lors de la révolution tranquille.

    Il en aurait découlé une démarche douce typique d’une sécularisation à l’américaine par des « personnes (...) demeurés en osmose avec notre société » parce qu’« elles n’étaient pas recrutées dans une classe à part et que leurs nombreux privilèges n’avaient pas été entachés de parasitisme ».

    Il y a deux autres facteurs importants. Le premier : l’accès aux postes dans les institutions passait par l’entrée en « communautés ». Le deuxième : avec la révolution tranquille, le maintien des postes hors « communautés » et l’accès des jeunes découlent de salaires décents associés à des conditions de travail négociées par les syndicats, non sans soulever des tensions.

    Ces facteurs ont contribué à la complicité. Devant ce que vous qualifiez une « législation contraignante », on peut se demander si elle est absente chez des « communautés » dont leurs membres sont demandeurs d’accommodement. Aussi, on peut se demander si la multiplication d’accommodements, qui nourrissent les arbitres de conflit, n’est pas liée à l’obligation des syndicats de défendre leurs membres.

    Plus je cherche à comprendre le fond des oppositions actuelles, plus je découvre des communautés religieuses muettes au nom des valeurs individuelles qui font leur pain et leur beurre. Mais aussi des syndicats qui font leur pain et leur beurre avec un tel discours, repris par le PLQ et QS, dont sa particularité est de miner une neutralité des employé/e/s de l’État à la faveur d’un entrisme religieux au nom des droits individuels plutôt que des retenues qu’imposent les emplois dans les services de l’États.

    • Jean-François Trottier - Abonné 13 juin 2019 07 h 49

      Ça n'a rien d'étonnant de la part du PLQ, qui depuis Charest veut banaliser l'État en faisant croire que ses services sont "comme les autres", qu.'à la limite on devrait privatiser tous les services, et donc qu'il n'ya aucune différence entre un fonctionnaire et tout autre employé.

      Pour QS l'approche est barrée sur une vision syndicale : tous les camarades sont égaux, ils ont donc les mêmes droits... et en fin de compte tout le monde travaille pour l'État.
      Ce qui étatise moralement tout, en attendant d'étatiser pour le vrai.

      Et la confusion généralisée fait bien l'affaire de ces deux partis-poisons aux analyses électoralistes à tout crin.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 13 juin 2019 08 h 12

      La laïcisation, comme plusieurs autres dossiers, trainent parce que le laisser faire - espérer que ça change tout seul plutôt qu'intervenir pour que ça change - semble faire partie de nos moeurs politiques. On ne veut pas déranger par peur d'avoir à se justifier, à perdre ses appuis...

      On pense que le problème va disparaître si on l'ignore: les privilèges fiscaux aux institutions religieuses, l'exemption de laïcisation pour les écoles privées, l'anglicisation rampante et jovialiste de la métropole québécoise, la nécessité vitale d'être maître de tous nos leviers politiques pour notre survie sociale, culturelle, linguistique, etc etc etc.

      C'est comme nos politiques sur la gestion des déchets (o pardon! des matières résiduelles) : on ne veut pas contraindre. Ce qui fait que ça traine len-te-ment-pas-vi-te. Pendant ce temps, les allemands et d'autres pays européens contraignent à qui mieux mieux pour que ça bouge... pendant qu'il est encore temps.

      La nature humaine étant ce qu'elle est, il faut expliquer, conseiller, enseigner, oui bien sûr, mais il faut aussi contraindre : passer des lois, donner des amendes, punir, se tromper parfois, puis corriger le tir, amender... même si ça dérange l'encroutement des vieilles habitudes et les privilèges pris pour acquis.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 juin 2019 10 h 17

      J'aime le rapprochement entre la gestion des déchets et celle des signes religieux. Avouons cependant que la CAQ doit avoir le nez plongé au fond du baril tant la crainte de devoir se justifier semble l'avoir quittée tout à fait.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 13 juin 2019 19 h 28

      « je cherche à comprendre le fond des oppositions actuelles«  C. Bariteau

      C’est pour dire, Monsieur Bariteau, alors que vous ne comprenez pas les « différentes » raisons de s’opposer au projet PL 21, les opposants comprennent que ce projet de loi repose sur de l’arbitraire politique d’un gouvernement nationaliste populiste.

      De laïque, la prohition des signes religieux n’a que le nom, un os qui va satisfaire pour l’espace d’un été les nationnaleux identitaires qui ne tarderont pas pour applaudir La Meute et ériger des mûrs entre eux et les « autres »: anglais, fédéralistes, immigrés, autochtones, musulmans et... la gauche!

    • Claude Bariteau - Abonné 14 juin 2019 10 h 19

      L’appui de M. Grey à QS a propulsé ce parti, sûrement le vôtre, au synode national des religions protestantes.

      Chose certaine, vous véhiculez les mêmes vues sur les « tabarnacos » hors de Montréal comme s’il ne s’agissait de réactionnaires coupés du Québec.

      Coupés à ce point qu’ils doivent être éclairés des vues de QS, quitte à matraquer de qualificatifs monstrueux les personnes qui furent élues dans le Québec des régions à cause d’une division du vote que leurs représentants entendent modifier avec l’appui de QS et du PQ.

      Pas fort comme prêche de la concorde et argument en sa faveur, ce qui s’ajoute à mon incompréhension, pas celle que vous présume que je n’ai pas, mais à celle qui émane des opposants à l’intrusion des principes d’égalité entre les hommes et les femmes et de la laïcité dans la Charte des droits de la personne, conjuguées à des règles respectueuses des enfants et de leurs parents et d’un espace public, qui ne comprend pas les institutions de l’État.

      Pour M. Grey, ce PL21 aurait pour effet de pousser vers des écoles privées alors qu’il promeut une formation qui assure l’inclusion des enfants et de leurs parents à une conception de l’État et de ses services dans le « vivre ensemble » québécois redessiné par la révolution tranquille.

      À lire vos commentaires, je sens une communion de pensée avec M. Grey dont l’art qu’il pratique construit en montres ceux qui ne partagent pas ses vues, qui, lorsqu’on l’écoute, ne cherche qu’à assurer, ce que ne nie pas le PL21, qu’un droit à la dissidence reconnu et applicable, qu’il voudrait le fondement d’accommodements « individualo-collectis ».

      C’est ce point que je questionne parce qu’il fait d’un droit à la dissidence un droit à des incidences collectives et, pour être effectifs, ses promoteurs doivent discréditer des règles assurant un « vive ensemble » respectueux de l’ensemble de la population.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 14 juin 2019 11 h 40

      Un des dispositifs favoris du populisme consiste à fédéder des appuis en prétendant se porter à la défense d'une majorité sur la foi du mépris dont elle serait l'objet de la part des forces occultes. Les Muzz, les Mexicains, les Démocrates, le Canada, QS : tous ces « autres » qui « nous » traitent si opportunément en Tabarnacos, par exemple. Qu'il n'y ait entre eux aucune unité de ton ou de propos importe peu tant que les Legault et Trump peuvent afficher en revenant de la rue le sourire épais et colérique à la fois de celui à qui son peuple aurait dit de ne pas lâcher le morceau mais, surtout, en trouvant en cela une justification renforcée pour imposer leurs vues au lieu de se faire gosser par les Julius Grey de l'autre bord ou les débats parlementaires inutiles.

      Parce que ce sont ces gens-là qui « prêchent pour la concorde » et le « vivre ensemble », ces gens-là qui sont « respectueux de la population » au point de trouver scandaleux qu'on ose suggérer que le coup de force de la CAQ fera le plus grand plaisir aux meutons réactionnaires et racistes et qu'il y a peut-être quand même là de quoi être un peu inquiet ? Il ne s'agit pas de répondre à l'anathème dont le « synode protestant » est ici l'objet par une accusation symétrique et aussi puérile, mais il est bien regrettable de voir des nationalistes autrement sincères se brancher à un respirateur aussi toxique. Que l'idéal ne trouve plus son élan que dans le ressentiment ne serait pas si grave si l'expresion de celui-ci se limitait aux accusations habituelles. Mais demain, les conséquences en seront inscrites dans la loi. Cela n'est pas indifférent, sauf pour ceux qui sont prêts à passer à autre chose comme on zappe une émission ennuyeuse pour syntoniser enfin le même programme en rêvant que leur « ensemble de la population » s'y reconnaisse enfin. Et comme on est pas des « monstres », ceux qui n'entreront pas dans la parade en ôtant leur voile n'auront qu'à s'en prendre à eux-mêmes.

    • Claude Bariteau - Abonné 14 juin 2019 14 h 06

      Me voilà, si c'est moi que vous visez, M. Maltais-Desjardins, populiste, méprisant, dépendant d'un respirateur toxique, rempli de ressentiment qui supporte l'insupportable en zappant toujours, contrairement à vous qui répettez à satiété, les émissions ennuyeuses où les montres ne sont pas des montres.

      Franchement. Relisez-vous. Vous verrez que vous dites la même chose que M. Grey.

      En lisant votre dernier commentaire, je vous ai senti fermé, comme un débatteur qui sait qu'il a raison et ne veut tellement plus entendre ce que les autres avancent, qu'ils les dénigrent allègrement.

      Contrairement aux conséquences que vous imaginez, j'en imagine d'autres, plus respectueuses de l'ensemble des citoyens et des citoyennes que de religieux désireux de faire valoir leurs droits de s'affirmer par des signes dans les institutions de l'État.

      Cela dit, il s'avère, selon M. Grey -je partage avec lui ce point- que ces personnes, qui entendent se faire religieusement respecter comme employé/e/s de l'État, bénéficient au Québec du droit à la dissidence et peuvent le faire valoir si des actes qu'elles doivent accomplir sont en contradiction à leurs valeurs ou croyances personnelles.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 14 juin 2019 16 h 44

      Monsieur Bariteau, je ne vous accuse pas d'être vous-même populiste. Cela serait à la fois irrespectueux et prétentieux. Comme nous sommes tous deux en âge de nous gouverner, rien ne sert de nous pointer du doigt. Ce que je crois, néanmoins, c'est que le genre de discours que vous tenez est objectivement en phase avec ce populisme. Il se peut que je sois dans le champ gauche, auquel cas mes remarques criitiques ne seraient que déplaisantes, ce qui n'est vraiment pas mon but.

  • Marc Therrien - Abonné 13 juin 2019 07 h 12

    C'est que l'entre-nous a bien changé depuis 2001


    Pensait-on à la laïcité de façon aussi obsessionnelle avant le 11 septembre 2001?

    Le bon gouvernement Legault a de plus en plus de difficulté à camoufler que son PL21, dont il vient à peine de définir ce qu’il entendait par signe religieux, n’est qu’un prétexte pour nourrir une ferveur nationaliste lui permettant d’asseoir son pouvoir. À mesure que la CAQ rencontrera l’adversité sur le chemin de sa volonté de contraindre les pratiquants de l’islam en vue de mater leur projet intégriste imaginé de «nous» imposer leur religion, l’identité de la Nation Québec se renforcera. On a beau dire que ce PL21 est neutre en ce qu’il interdit l’expression de toutes les religions chez les enseignants, mais en pratique on sait bien qu’il ne change rien à la vie des catholiques qui ont déjà volontairement retiré cette pelure de leur identité. Le PL21 n’est certes pas éprouvé comme neutre pour les enseignantes musulmanes qu’il veut neutraliser et qui se sentent donc particulièrement visées.

    Marc Therrien

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 juin 2019 10 h 19

      Les nations n'existent que parce qu'elles ont des ennemis, quitte à les inventer eux aussi.

    • Claude Bariteau - Abonné 13 juin 2019 15 h 52

      M. Maltais-Desjardins, la nation québécoise, comme nation d'un pays indépendant, n'existe pas. Par contre, la nation canadienne existe et ses ennemis de toujours furent les peuples autochtones et les habitants de langue française du Québec.

    • Marc Therrien - Abonné 13 juin 2019 18 h 09

      Alors, M. Bariteau, qu'est-ce donc qui explique que le 24 juin, il y a la Fête nationale du Québec et que le 1er juillet, on célèbre simplement la Fête du Canada? Probablement, une question de sentiment.

      Marc Therrien