La publicité permet à TV5 Québec Canada de poursuivre sa mission

«La programmation produite au Canada représente environ 15% de la chaîne et permet d’apporter un regard canadien sur le monde», rappellent les auteures.
Photo: Pierre Verdy Agence France-Presse «La programmation produite au Canada représente environ 15% de la chaîne et permet d’apporter un regard canadien sur le monde», rappellent les auteures.

Lettre adressée aux auteurs du texte « On ne revient pas après la pause » publié le 1er juin en Libre opinion.

Vous avez adressé dernièrement une lettre au ministre du Patrimoine, M. Pablo Rodriguez, où il est question de TV5 Québec Canada. Vous soulevez à travers votre missive la question de la mission de notre entreprise, en remettant en question la présence à notre antenne d’émissions produites au Canada et de publicité.

TV5 a été créée en 1988 à l’initiative de radiodiffuseurs publics et privés et de producteurs indépendants canadiens, qui ont souhaité établir un pont avec les diffuseurs publics de la France, de la Suisse romande et de la fédération Wallonie-Bruxelles regroupés au sein de TV5 Europe, devenue depuis TV5Monde. Si TV5 diffuse aussi des contenus canadiens, c’est parce qu’au Canada, toutes les entreprises détenant une licence du CRTC doivent contribuer à la création et à la diffusion de contenus audiovisuels canadiens.

La programmation produite au Canada représente environ 15 % de la chaîne et permet d’apporter un regard canadien sur le monde. Nombre de ces productions de langue française ont aussi pu élargir leur diffusion à l’international, grâce aux réseaux de TV5Monde présents dans plus de 200 pays. Loin d’être un détournement de mission, c’est bien au coeur de celle-ci que s’inscrit notre programmation canadienne, qui s’intègre parfaitement et complémente les émissions européennes.

Quant à la publicité, elle fait partie du modèle d’affaires de toutes les chaînes de télévision, car elle contribue au financement des émissions que vous regardez. Le contenu a un prix et la publicité permet à TV5 Québec Canada, qui est une organisation à but non lucratif, de poursuivre sa mission. Nous ne sommes pas une « machine à sous », nous maintenons d’ailleurs une présence publicitaire plus discrète que les autres diffuseurs du marché, soit environ 6 minutes par heure en moyenne, loin des 12 minutes permises par le CRTC. Plusieurs émissions que nous diffusons ne sont jamais interrompues, comme les journaux télévisés, Envoyé spécial ou Des racines et des ailes. La publicité permet aussi aux entreprises québécoises et canadiennes de faire connaître leurs produits et services et contribue à l’économie locale. Nous croyons que nous avons maintenu un juste équilibre qui permet à nos auditoires de profiter d’une programmation de grande qualité, aux entreprises de rejoindre cet auditoire recherché, tout en préservant le plaisir d’écoute et en contribuant à atteindre l’équilibre budgétaire nécessaire au respect de nos obligations envers nos partenaires, envers le public canadien et envers les créateurs de contenus canadiens qui dépendent de nos investissements.

Nous espérons que ces éléments contribueront à votre réflexion et souhaitons profiter de l’occasion pour vous remercier de votre écoute fidèle et attentive.

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4 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 8 juin 2019 09 h 03

    A propos du matracage publicitaire.

    Pour éviter les messsages publicitaires que je trouve insupportables j'ai pris l'habitude d'enrégistrer les émissions que je veux voir pour pouvoir les regarder sans avoir à les endurer. Quand ils arrivent, j'accélère et je poursuis mon visionnement quand l'émission que je regarde se poursuit.

    Le progrès technique permet heureusement de faire cela. Il va falloir que les farouches défenseurs de la publicité revoient leurs façons de voir parce qu'il y a de bonnes chances qu'il y ait de plus en plus de gens qui vont faire comme moi. Ils devront alors concevoir des émissions spéciales consacrées à la publicité pour que ce soit un choix que l'on ferait de les regarder au lieu en remplacement des messages publicitaires qui nous sont imposés.

    De toute façon il me semble qu'ils devraient chercher des solutions à ce problème au lieu de nous faire croire qu'il n'y aurait que des avantages à la piublicité comme si c'était un mal nécessaire.

    Il y a aussi la publicité sur internet qui devient insupportable mais c'est un autre problème.

  • Claude Froment - Abonné 8 juin 2019 16 h 21

    publicité ?

    Un mal nécessaire ? Bien sur que nous pouvons faire comme vous monsieur Lapointe. C'est une bonnee idée, quoique pas toujours applicable. Je pense que nos diffuseurs devraient user d'imagination et proposer quelque choses d'autre. Pour les quelques uns qui ne sont pas des abonnés du cable par exemple, évidemment c'est leur seul contribution. Pour ceux qui sont des abonnés, he bien ils paient en double, via les pubs et aussi via les cablodistributeurs. Pour les autres usagers, également. Alors tant, qu'a payer pourquoi pas un système, qui ferait en sorte de ne payer que pour les émissions nous intéressant ? J'entend que cela serait difficilement applicable, alors aux producteur d'imaginer quelque chose d'autre. Le trop grand nombre de pubs, fait en sorte que nous ne les regardons pas, conséquemment on n'achète pas les produits annoncés, ou si peux.

  • Alain Roy - Abonné 9 juin 2019 09 h 20

    Le prix

    Je regarde régulièremnt certaines émissions de TV5, surtout les documentaires et reportages à contenu historique, et s'il faut se taper quelques minutes de publicité, alors je veux bien, c'est, hélas, le prix à payer. Un prix beaucoup moins élevé qu'à Radio-Canada, par exemple.

  • Yvon Turcotte - Abonné 9 juin 2019 12 h 20

    TV5 n'a pas été conçue pour être une télé comme les autres

    Merci, mesdames Bouchard et Sérode, pour votre réaction à notre lettre au ministre du Patrimoine canadien visant surtout la SRC, mais aussi notre chère TV5. La création de TV5 en 1988 annonçait et nous a effectivement donné une expérience télévisuelle différente, de grande qualité, ouvrant sur le monde comme nulle autre et apaisée. L'introduction d'un nouveau modèle d'affaires en 2014, sous le gouvernement précédent, en a fait une télé comme les autres, avec fatras publicitaire. Nous ne remettons pas en cause sa part de productions canadiennes, cela faisant partie du concept d'échange ayant présidé à sa création. Nous pouvons douter cependant de la moyenne proclamée de 6 minutes de pub par heure. Nous apprécions l'absence de pub à certaines émissions mais souhaiterions que TV5 innove avec de la pub, là où elle doit encore subsister, plus douce, dans son introduction du moins, que celle tonitruante et envahissante, charcutant des émissions comme On n'est pas couché. Enfin, nous applaudissons l'ajout récent, en fin de soirée, d'émissions françaises de très grande qualité, sans pub, comme C à dire et C à vous, et nous vous en remercions.
    Puisse toutefois TV5 Québec Canada s'affranchir du nouveau modèle d'affaires Taille unique revendiqué et revenir à l'esprit original de TV5, gage d'une télévision différente, élevant toujours l'esprit et respectant mieux le téléspectateur.
    Yvon Turcotte et al