J’ai mal à mon identité québécoise

«Pourquoi alors s’inspirer de la France, qui stigmatise et divise? C’est la France qui aurait dû s’inspirer de nous, pas l’inverse!», affirme l'auteure.
Photo: Getty Images «Pourquoi alors s’inspirer de la France, qui stigmatise et divise? C’est la France qui aurait dû s’inspirer de nous, pas l’inverse!», affirme l'auteure.

L’identité est une chose fascinante. Elle dépend de notre rapport à ce qui nous entoure et elle peut évoluer dans le temps. Le Québec de mon enfance m’a fait sentir pleinement québécoise. Et alors que mes parents craignaient un peu l’indépendance du Québec et toute instabilité qui pourrait s’en suivre, pour ma part, j’étais fièrement indépendantiste. J’avais la conviction que notre Québec, ouvert et tolérant, riche de sa diversité, pourrait enrichir les autres nations en prenant une place à part entière à la table des nations.

Ma famille est d’origine marocaine. Mes parents sont des professionnels hautement éduqués.

J’ai vu ma mère, qui porte un foulard sur ses cheveux, soigner des gens avec dévouement. Son profond amour pour ses concitoyens de toutes confessions était beau et inspirant pour l’enfant que j’étais. Nous devions exceller et aider les autres. Elle insistait aussi sur le fait que c’était notre pays natal, donc notre pays. Quand je repense à ce Québec d’autrefois, je me dis que c’était la recette gagnante pour intégrer les personnes qui arrivent. Une société accueillante, des arrivants qui aiment la société d’accueil et qui y contribuent. Leurs enfants ne pouvaient que se sentir québécois.

Seulement, ça, c’était avant. C’était avant que des journalistes connus se spécialisent en islamophobie. Si un mensonge répété 1000 fois passe pour une vérité, on nous a martelé 10 000 fois de différentes façons que les musulmans sont dangereux. Qu’il est normal de les mépriser, voire de les haïr.

Aujourd’hui, certains se permettent de mépriser ma mère dans la rue. Ma mère qui a peut-être soigné leur mère à eux avec dévouement au courant des 35 dernières années, qui sait ?

Et il m’arrive régulièrement d’entendre des propos islamophobes provenant de personnes qui n’avaient pas réalisé que j’étais musulmane. Comment décrire ce sentiment ?

Un poignard directement dans la poitrine, un serrement de gorge et une grande tristesse. Un sentiment de profonde injustice. Je comprends mieux l’échec français et je me désole que le Québec prenne la mauvaise direction. Comment intégrer un enfant qui voit sa mère traitée injustement ? Le communautarisme est le résultat du repli causé par l’exclusion perçue ou réelle.

Dommage, notre modèle québécois rassembleur marchait et avait fait ses preuves. La communauté musulmane n’était-elle pas particulièrement francophone, éduquée et travaillante ? Loin de vivre dans un coin à part, les musulmans habitent dans différents quartiers avec des voisins de différentes confessions. Ils vont aux mêmes écoles que tout le monde et travaillent avec tout le monde. Pourquoi alors s’inspirer de la France, qui stigmatise et divise ? C’est la France qui aurait dû s’inspirer de nous, pas l’inverse !

Ceux qui haïssent les musulmans le font sur une base souvent irrationnelle. Ils n’ont eu aucune expérience personnelle, ils n’ont vu aucune donnée objective, mais ils ont été gonflés à bloc par une propagande islamophobe.

ADQ, charte des valeurs du PQ puis loi 21 de la CAQ. Pas moyen d’oublier ou de laisser les plaies se refermer. Des points politiques se font sur le dos de la santé mentale de la communauté musulmane. Aujourd’hui, donc, je ne sais plus trop ce que je suis. J’aime le Québec, mais s’il exclut ma mère, je ne peux pas vraiment en faire partie.

Alors j’apprends à ma fille l’importance d’exceller, d’aider les autres et d’aimer le Québec. Mais quand je pense que je ne sais pas si je pourrais la rassurer sur le fait que nous sommes pleinement québécoises, j’ai mal à mon identité québécoise.

NOUVELLE INFOLETTRE

« Le Courrier des idées »

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

129 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 7 juin 2019 05 h 53


    En souhaitant que votre lettre en fera réfléchir certains. La Charte des valeurs et le PL21 ont ouvert une boîte de Pandore, permettant à des préjugés, à des propos racistes de se manifester. Une fois ces vannes ouvertes, il est bien difficile de les fermer. Ainsi va une certaine nature humaine.

    M.L.

    • Nadia Alexan - Abonnée 7 juin 2019 11 h 02

      Vous manquez de l'honnêteté intellectuelle, monsieur Lebel. Le racisme et la haine proviennent de l'islam politique. Avez-vous oublié les révélations du "Qatar Papers,"une enquête sur le financement de l’islam politique par cet Émirat? Une véritable stratégie d’influence au service d’un islam politique et financière du Qatar en France et partout dans le monde occidental?
      En toute légalité, le Qatar finance quelque 140 mosquées et centres islamiques en Europe pour promouvoir l'extrémisme religieux et le prosélytisme des Frères musulmans, cette confrérie sunnite qui prône un islam politique prenant en charge toutes les sphères de la société, marque de fabrique de l’islam qatari. C'est le financement d’une idéologie qui accentue le communautarisme.
      C’est là où on est en conflit avec notre idéal des valeurs universelles des Lumières, de l'égalité homme/femme et de la séparation entre la Religion et l'État. Loin d'être une boite de Pandore, le projet de loi 21 sur la laïcité vient de corriger cet amalgame entre les religions et les affaires de la Cité. La loi protège les citoyens de l'Ingérence de la religion dans la sphère politique.

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 juin 2019 12 h 26

      Et la madame Alexan croit dur comme fer qu'elle va combattre l'islam politique en interdisant le port de signes religieux à une poignées d'enseignantes du primaire et du secondaire, et qui plus est, par un calque des intégristes et des machistes de tout acabit, en contrôlant le corps des femmes et leur dictant quoi porter.

      Scusez-là, mais c'est risible son affaire. Si vous voulez une loi pour combattre les intégrismes, faites-en une et foutez la paix à des femmes absolument pacifiques et qui sont nombreuses à se dévouer dans nos institution de santé et à prendre soin de nos vieux et de nos malades dans nos hôpitaux et nos CHSLD. Allô..?. terrorisme..??

    • Jean-Marc Simard - Abonné 7 juin 2019 13 h 33

      La boîte de Pandore, Monsieur Lebel, ce sont les demandes incessantes d'accommodements déraisonnables de la part des islamiques qui l'ont ouverte...Faut-il que nos société occidentales acceptent d'emblée toutes les revendications venant de ces gens au nom des valeurs d'inclusion et au nom du respect des droits de l'homme, valeurs et droits que les pays islamistes ne respectent même pas eux-mêmes...La boîte de Pandore ce sont les islamiques revanchards et revendicateurs qui l'ont ouverte...À eux de la refermer en cessant leur guerre larvée contre le monde occidental, contre les valeurs judéo-chrétiennes et tous ceux qui essaient des mettre en pratiques...

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 7 juin 2019 14 h 43

      « En souhaitant que votre lettre en fera réfléchir certains. » (Michel Lebel)

      Pour ce faire, est-il honorable d’inviter l’auteur de cette citation à Vivre quelques semaines dans la petite ville islamisée, Savile (Yorkshire), là où la « diversité » aurait disparu, les musulmans étant majoritaire !

      Continuons de …

      … réfléchir !?! - 7 juin 2019 -

    • Claude Gélinas - Abonné 7 juin 2019 14 h 54

      Revenons en arrière ! À qui généralement attribue-t-on la responsabilité des actes terroristes survenus dans le monde ? À des personnes agissant au nom d'Allah. Partant delà, nombreuses sont malheureusement, les personnes qui associent terroristes = musulmans alors qu'il s'agit en fait d'une minorité radicale agissante qui nuit aux musulmans pacifiques qui ne demandent qu'à s'intégrer et vivre en paix.

      Par contre, trop souvent les imans ont tardé à monter au créneau et à dénoncer vent debout les actions terroristes alors que ces voix étaient les bienvenus.

      Aujourd'hui, face notamment aux accommodements devenus dans certains cas déraisonnables et en vertu du principe de précaution, le Gouvernement décide, avec le soutien d'une majorité de Québécois, d'un projet de loi que plusieurs intervenants et non des moindres jugent raisonnables.

      Bien évidemment, la recommandation de Messieurs Lebel et Montmarquette serait de ne rien faire. Une opinion que je ne partages pas mais que je respectes.

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 juin 2019 15 h 40

      @ Claude Gélinas

      À quoi devraient servir les lois?

      À corriger des problèmes.

      Or, le seul problème que cette loi corrige, c'est celui des partis nationalistes en manque de votes et une chicane qu'ils ont eux-même créée.

      La séparation de l'Église et de l'État est déjà chose faite.

      Cette loi est une supercherie politicailleuse qui ne règle rien, ne sert à rien et va créer des problèmes et non en régler.

      - Et croyez-moi qu'il va y en avoir des problèmes, déjà que que la CAQ n'a même pas défini ce qu'est un signe religieux et que Fatima Houda-Pepin elle-même affirme que les signes religieux n'existent pas dans l'islam...

      « Vous avez dit «signes religieux»? - Fatima Houda Pepin

      Extrait : « Plusieurs avaient été surpris, le 9 mai dernier, quand j’avais déclaré, lors de mon intervention en commission parlementaire sur le projet de loi 21, Loi sur la laïcité de l’État, qu’il n’existe pas de «signe religieux» en islam.

      En effet, aucune source autorisée, à savoir le Coran et les Hadiths du prophète, ne parle de «signe religieux» et encore moins du voile comme l’expression symbolique de cette religion.» - Fatima Houda Pepin

      https://www.journaldemontreal.com/2019/05/26/vous-avez-dit-signes-religieux#cxrecs_s

      .

    • Pierre Grandchamp - Abonné 8 juin 2019 07 h 38

      La boîte de Pandore se trouve dans toutes les exactions commises, au nom de Allah, contre les chrétiens dans de nombreux pays musulmans. Chrtéiens tués, églises détruites. Tout cela dans l'indifférence générale par chez nous.

  • Ghisline Larose - Abonnée 7 juin 2019 06 h 17

    Les québécois et l'identité

    Oui plusieurs d'entre nous avons mal aussi à notre Québec---Ce que je trouve déplorable en lisant ces lignes c'est que nulle part vous voyez la responsabilité des *musulmans * à leur intégration., que nulle part vous ne voyez les demandes répétées d'accommodements - Vous parlez d'islamophobie mais malheureusement, ce mot n'a t-il pas été martelé par une association musulmane? Amal pour ne pas la nommer?
    Je crois que le grand malaise actuellement est le religieux et non pas la provenance des immigrants-- Après avoir connu un religieux plus qu'insistant, le peuple ne veut pas un autre religieux qui vienne s'installer dans nos écoles et institutions , d'où la la grande adhésion `à la laïcité--- Le citoyen est d'abord citoyen ,ses croyances n'ont pas à s'étaler partout-- Si la religion est plus importante que le travail, il y a un gros problème--

    • Louise Collette - Abonnée 7 juin 2019 08 h 41

      Bien dit et...de toute évidence elle n'a rien compris ou, ce qui est encore pire, ne veut pas comprendre.

    • Robert Laroche - Inscrit 7 juin 2019 10 h 18

      Il faut distingué deux temps, ce que ne fait pas l'article de Sofia Alami. Le temps où les immigrants musulmans étaient en petit nombre, discret et cherchaient à s'intégrer. C'était le temps de ses parents.

      Puis vient le temps du plus grands nombres avec ses groupes bruyants et leurs positions agressives cherchant à diagnostiquer autoritairement les problématiques québécoises et à imposer leurs solutions.

      Il est rare que ces groupes bruyants prennent en charge leurs parts de responsabilités dans les tensions que vie la société québécoise d'accueil.

      Et que dire de l'instrumentalisation de ces groupes par le courant fédéraliste qui cherche à déstabiliser le courant nationaliste québécoise et à le dominer?

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 juin 2019 10 h 54

      @ Ghisline Larose,

      "Je crois que le grand malaise actuellement est le religieux et non pas la provenance des immigrants" - Ghisline Larose

      Cette distinction n'est qu'un prétexte pour justifier l'injustifiable.

      - Combien de fois n'a-t-on pas entendu, si ces femmes veulent porter le voile, qu'elles retournent dans leur pays?

      Les nouveaux arrivants ne sont pas démontables comme des meubles IKÉA ou comme la boite de chocolat de Forest Gump.

      Ils sont comme nous et viennent avec tout ce qu'ils sont.

      - Allez-vous vous mettre à désapprendre votre français si vous immigrez aux États-Unis?

      - Non, vous allez ajouter une langue de plus à votre répertoire.

      D'ailleurs nombre de grandes nations se décrive par leur pays, leur langue et leur religion.

      À croire que vous n'avez jamais visité Wikipédia.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 7 juin 2019 12 h 00

      "Allez-vous vous mettre à désapprendre votre français si vous immigrez aux États-Unis? Non, vous allez ajouter une langue de plus à votre répertoire." - Christian Montmarquette

      Quel mauvais exemple vous avez déterré là et quel jovialisme débridé vous manifestez! On voit que vous ne connaissez pas du tout les Franco-Américains. En deux générations le tour est joué et le français se retrouve au dépotoir.

      Et là je suis plus que généreux. J'en ai connu qui avaient peine à prononcer une phrase en français au bout de dix ans passés au sud de la frontière. Le "melting pot", vous connaissez?

      Si les nouveaux arrivants ne sont pas démontables, comme vous dites, ils sont par contre assimilables, à condition bien sûr de le vouloir au départ. C’est là que se situe l'injustifiable et pas ailleurs.

  • Hélène Gervais - Abonnée 7 juin 2019 06 h 53

    Je comprends ce que vous ressentez ....

    mais je ne pense pas que les Kébécois haîssent les musulmans; ce qu'ils souhaitent, pour la plupart, c'est que la religion, qui ne fait plus partie de notre vie car trop omniprésente pendant des centaines d'années et obnibulante, soit retirée des écoles et de la fonction publique. Toutes les religions d'ailleurs enferment l'être humain dans un carcan, surtout les femmes. C'est certain qu'une dame qui porte le voile démontre immédiatement son appartenance à sa religion, c'est ce qui fait en sorte que nous n'en voulons plus dans les écoles, pas de la dame bien sûr, mais de la religion. Je pense que nous serons toujours heureux d'accueillir dans notre pays, des gens de toutes les nations. C'est un très très grand enrichissement, n'ayez aucun doute là-dessus.

    • Marc Pelletier - Abonné 7 juin 2019 16 h 55

      Mme Hélène Gervais,

      Vous semblez oublier ou vous ne pas vouloir le reconnaître que ni vous ni moi ne serions là pour en discourir si nos ancètres, avec leurs durs labeurs et leur épreuves, n'avaient pas eu le support essentiel, tant pour la santé que pour l'éducation, qu'ont dispensé au Québec les représentants (tes) de l'Église catholique pendant plusieurs centaines d'années.

      Bien sûr, l'Église catholique, par ses représentants, a manqué le bateau au Québec en ne s'adaptant pas au changement, mais il ne faut pas rejeter d'un seul coup toutes les contributions qu'ils ont apportés au Québec francophone.

      J'ai vécu à l'époque de la grande noirceur ( tant au niveau religieux que politique ), mais je ne renirai jamais tout ce que nos anciens ont fait pour nous permettre d'être ce que nous sommes devenus . Notre petit monde, au Québec, ne vient pas uniquement des générations qui ont fait surface après les années 50 .

    • Jean Jacques Roy - Abonné 7 juin 2019 18 h 14

      « C'est certain qu'une dame qui porte le voile démontre immédiatement son appartenance à sa religion, c'est ce qui fait en sorte que nous n'en voulons plus dans les écoles, pas de la dame bien sûr, mais de la religion »

      Madame Gervais, votre commentaire démontre votre bonne foi et votre humanisme, sensible aux propos et inquiètudes de l’auteur de la lettre d’opinion. Ce qui est tout à votre honneur, étant partisanne du projet de loi 21.

      Par contre, je me permets d’attirer votre attention sur ce qu’ici vous affirmez.
      1- Vous avez raison de dire que si une personne dans une école ou quel autre endroit où elle dispense un service porte un « signe religieux », cette personne, par ce signe manifeste « une » croyance, la sienne et on « présume » avec notre propre subjectivité que cette personne EST attachée à telle ou telle religion qu’on ne connait qu’à travers sa propre histoire, la nôtre.
      Par contre, l’autre personne, à côté, qui porte un pendatif qui figure une demie-lune et maquillée de sorte que sont camoufflés les rides de sa vie... Cette personne aussi a des « croyances » elle est peut-être « plus » religieuse et « enfermée dans un carcan » de ses croyances, de ses principes athées ou religieux!

      Avec ou sans « signes », c’est dans ses rapports réels aux autres qu’une personne démontre son « humanisme ». Et le prosélytisme religieux et l’athéisme n’ont pas besoin de signes pour s’exercer.

      2- Appuyant le pl 21, vous pensez qu’en interdisant les signes religieux, dont le voile, il n’y aura plus de « religion » dans les écoles. Rien n’est si évident chère Madame.
      - Contrairement à ce que vous pensez, les « écoles publiques » sont non confessionnelles. Donc le pl21 n’aura d’autres effets que de mettre à la porte les « dames » qui portent des signes de croyance,

      - Cependant, TOUTES les écoles (privées) confessionnelles pourront CONTINUER l’enseignement religieux.
      - Et toutes les écoles privées laïques sont exemptées de pl 21.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 7 juin 2019 23 h 39

      Pour compléter mon commentaire et démontrer que le PL 21 n’enlèverait aucunement la religion des ÉCOLES voici quelques données:
      «Au Québec, selon l’étude « Le fait religieux dans des écoles privées du Québec » (2012) du défunt Comité sur les affaires religieuses du ministère de l’Éducation, 71 % des élèves du réseau privé fréquentaient des écoles se rattachant à une tradition religieuse ou à une communauté de foi au début de la décennie. Les comptes recensaient alors 138 écoles religieuses privées financées par l’État : 97 catholiques, 18 juives, 11 protestantes, 9 musulmanes et 3 orthodoxes ou apostoliques. » Référence «Faut-il crucifier l’école privée », paru dans le Devoir, l’édition  d’aujourd’hui 7 juin.

      Bref: Les écoles publiques québécoises sont non cofessionnelles, dans ces écoles il n’y plus depuis de nombreuses années d’enseignement religieux. Elles sont laïques et le pl 21 n’ajoutera rien à la laïcité...

      Par contre les 137 écoles religieuses privées subventionnées par l’État continueront d’être confessionnelles, d’enseigner et d’endoctriner... indépendamment du fait que le personnel affiche ou non des « signes » religieux.

      Déjà nous savons que les écoles privées laïques subventionnées par l’État sont exemptées d’appliquer le pl 21...

      Cette loi que veut promulger la CAQ, est totalment incohérente.
      - Elle oblige les écoles laiques publiques d’interdire le port des signes religieux chez les enseignant.es motif: devoir de réserve, respect du droit des enfants. Par contre, dans les écoles laïques privées... le devoir de réserve ne tient plus, pas plus que le droit des enfants.
      - Que dire des écoles privées confessionnelles... Ici l’État neutre et laïque subventionne « l’endoctrinement ».

      Une loi totalment contradictoire, dans son application, avec le principe de laïcité que prétendument l’État dit défendre.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 juin 2019 06 h 27

      « Par contre les 137 écoles religieuses privées subventionnées par l’État continueront d’être confessionnelles, d’enseigner et d’endoctriner... »

      Elles seront peut-être confessionnelles dans les faits, mais pas légalement. Les projets éducatifs des écoles ne peuvent aller à l'encontre du PFÉQ, même quand ils comportent un volet religieux. En revanche, vous avez raison de dire que s'il se trouve que certaines font du prosélytisme catholique, elles pourront « continuer » à le faire avec encore plus de soutient. On aura d'un côté les bastions de nos anciennes traditions et de l'autre ces poches de résistances musulmanes ghettoisées.

  • Christian Montmarquette - Abonné 7 juin 2019 06 h 54

    Le patriotisme est la vertu des brutes

    Sachez bien que vous n'êtes pas seule Mme Alami.

    Ces nationalistes ethniques, ces "angrys caquo-péquistes" pour ne pas les nommer, ne savent que mépriser les autres pour tenter de défendre leur position et défouler leur frustration ne pas avoir été assez rassembleurs pour le faire, leur foutu de pays.

    Faute d'avoir été assez intelligents pour faire l'indépendance, ces Pineault-Caron de la politique jettent désormais leur dévolu non seulement sur "les étranges avec leur p'tits tapis", mais sur la gauche politique au grand complet; la traitant de tous les noms et de toutes les insultes, allant de gauche régressive à islamo-fasciste. Alors que ce sont eux, ces petits nazillons en herbe bourrés de préjugés incapables d'accepter les autres comme ils sont qui veulent dicter aux femmes comment s'habiller. En résumé, ils nous proposent à toutes fins pratiques, une espèce d'Arabie saoudite version Québec.

    Ici même en ces pages, il n'y a pas d'insultes que je n'ai pas reçues pour avoir osé défendre une position que le Québec adopte pourtant depuis plus de 50 ans. Comme si le Québec avait appuyé le totalitarisme religieux et l'islamo-fascisme pour avoir accepté le port de signes religieux auprès de ses enseignants de l'école publique? Ils sont même allé jusqu'à mépriser l'ONU et la Déclaration universelle des droits de l'homme. Rien ne les arrête et leur haine est sans limite.

    Pourtant, les vomissures épistolaires répandues à pleines pages par les plumes vityriolques de ces mercenaires de la droite nationaliste détruisent des vies tout autant que le fascisme religieux qu'ils prétendent dénoncer. Et non seulement ils détruisent des vies, mais ils détruisent la paix sociale et tout espoir de réconciliation. Car les blessures sont profondes et longues à guérir quand on s'attaque aux droits humains et qu'on humilie les gens sur la place publique.

    Comme disait à Oscar Wilde..

    Le patriotisme est la vertu des brutes et il avait bien raison.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 7 juin 2019 10 h 59

      Monsieur Montmarquette regardez-vous dans votre miroir et relisez votre texte à voix haute..Alors vous vous rendrez compte, si vous êtes honnête, que ce que vous reprochez aux autres est exactement ce que les autres reprochent à vous et à votre parti QS...Le racisme est une denrée qui se partage...

    • Raymond Labelle - Abonné 7 juin 2019 12 h 38

      Dans les dérives du débat -

      Appuyer le projet pour de mauvaises raisons: attaquer une religion particulière ou même la religion en général ou en faire une question identitaire. Que cela s'expliquerait par la situation historique particulière d'ici ne devrait pas avoir de consonance identitaire.

      La bonne raison pour appuyer le projet: refléter libéralement la neutralité religieuse de l'État en limitant la restriction des signes à deux champs limités, ceux où les citoyens ont les rapports les plus étroits avec l'État: l'éducation et l'usage de la force. Vu comme une conclusion cohérente de la déconfessionnalisation entreprise à la Révolution tranquille.

      Être contre le projet pour de mauvaises raisons: nécessairement imputer du racisme et de la discrimination à ceux qui appuient le projet pour les bonnes raisons. Nadia el-Mabrouk et Djemila Benhabib ne sont pas des racistes, par exemple. On peut être contre le projet pour de bonnes raisons: regretter son effet collatéral sur la liberté de conscience dans les champs limités où il pourrait avoir cet effet. On peut même vouer aux gémonies ceux qui appuient le projet pour de mauvaises raisons, en rappelant que ces mauvaises raisons ne sont pas inhérentes au projet.

      Que l'on appuie ou que l'on soit contre le projet, quand c'est pour de mauvaises raisons, on contribue à une polarisation malsaine du débat, qui n'en a vraiment pas besoin. Polarisation qui d’ailleurs nuit aux personnes les plus visées, en laissant la lumière des projecteurs sur elles.

      La priorité est de calmer les esprits et de passer à autre chose.

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 juin 2019 12 h 56

      @ Jean-Marc Simard,

      "Ce que vous reprochez aux autres est exactement ce que les autres reprochent à vous et à votre parti QS. Le racisme est une denrée qui se partage." - Jean-Marc Simard

      Il faut croire que le lançage de bouette est une maladie qui s'attrape. À force de côtoyer une bande d'enragés anti-QS et anti-musulmans, on fini par leur retourner leur propre purin quand la chaudière devient trop pleine.

      Ceci dit, la laïcité ne faisait même pas partie de la plateforme électorale de Québec solidaire et l'on ne peut nous tenir responsables de la mise au jeu d'un débat aussi toxique qui rompt la paix sociale en s'attaquant aux libertés fondamentales pour assouvir la frustration des nationalistes identitaires en attisant les plus bas instincts de la race humaine avec un un projet de loi qui ne sert à rien, sauf à diviser la société, répandre la haine et les préjugés pour récolter des votes.

      Quant à votre accusation de racisme, aussi bien traiter les Anglais, les Américains et les Français de racistes anti-nazis.. Sans le discernement et la capacité de jugement, toutes des positions se valent, l'important étant de savoir choisir son camp.

    • Gilles Daigle - Abonné 7 juin 2019 18 h 53

      Hé Oh monsieur Montmarquette. On se calme. On se calme. Vous ne me semblez surtout pas être un tieur d'élite dans un débat mais bien un tireur fou. Voilà c'est dit... J'attend votre salve qui encore une fois manquera sa cible.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 juin 2019 06 h 44

      Monsieur Labelle, on peut spéculer longuement sur les mobiles qui animent Nadia el-Mabrouk ou l'autre, mais quels qu'ils soient, ils n'ont en l'occurrence qu'un intérêt très anecdotique. Les raisons bonnes ou mauvaises d'appuyer PL21 ne feront pas consensus, mais d'abord et avant tout parce qu'il ne repose pas sur des raisons mais sur la recherche de résultats. On a assez discuté, entend-on. Qu'elles se les arrache de la tête ou qu'elles dégagent. On pourra enrober ça dans toutes sortes de justifications a posteriori, en remontant jusqu'en musulmanie saoudite ou dans les dortoirs des pensionnats de chez nous, mais cela ne rendra qu'encore plus manifeste la grossièreté vengeresse du coup de force. Les esprits seront calmés, dans quelques semaines. On va passer à autre chose. Mais les personnes qui auront à vivre avec les conséquences auront peut-être un peu plus de mal que « nous ». Et la rancoeur laicarde va continuer à mariner, calmée de l'impuissance où son mépris était tenu.

    • Pierre Fortin - Abonné 8 juin 2019 10 h 54

      Monsieur Montmarquette,

      Vous oubliez le sens premier du patriotisme qui est simplemenrt l'amour de la patrie, le sentiment d'être fier de sa nation, de son histoire et de ses réalisations. C'est ce qui nourrit le combat pour rendre son pays prospère et plus heureux. Un patriotisme sain est source de courage, de loyauté et de la force de notre peuple.

      Le patriotisme n'est pas une affaire dévoyée de brutes comme vous l'affirmez, ce n'est que lorsqu'il est contaminé par un nationalisme vaniteux qu'il devient répréhensible et intolérant. J'ignore où vous trouvez de telles dérives dans le projet de loi qui est proposé.

      Si nous perdons notre patriotisme, ainsi que la fierté et la dignité nationale qui en sont l'essence, nous ne serons plus en mesure de réaliser quoi que ce soit de grand. Et puisque vous aimez les citations, je vous en suggère une qui mérite réflexion.

      « Un patriote défend son pays tout le temps et son gouvernement lorsqu'il le mérite » — Mark Twain

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 juin 2019 11 h 26

      @ Gilles Daigle,

      "Vous ne me semblez surtout pas être un tireur d'élite dans un débat, mais bien un tireur fou." - Gilles Daigle

      Vous avez manqué votre cible M. Daigle.

      Le tireur fou, ce sont les musulmans qui en ont fait les frais à la mosquée de Québec.

      "Tuerie à la mosquée: 6 morts, 17 orphelins" - Journal de Montréal

      https://www.journaldemontreal.com/2017/01/30/les-nationalites-des-victimes-de-lattentat-de-quebec-maintenant-connues

      .

  • Marc Therrien - Abonné 7 juin 2019 07 h 13

    De l'identité comme de l'oignon


    Quiconque, dans sa vie personnelle, a déjà essayé de répondre honnêtement à la question "Qui suis-je" a réalisé qu'il lui faut souvent dire: "je ne suis pas que ça" quand il pense avoir trouvé la réponse. On peut retenir l'avis du scientifique Karl Popper pour qui l’obsession de la définition ou de la recherche de la réponse à "Qu’est-ce que" est ce qui paralyse souvent la discussion visant à s'entendre sur quelque chose. Donc, avec Karl Popper et ensuite Jean-Paul Sartre pour qui l'existence précède l'essence, se rappeler que la solution au problème identitaire n'est pas dans l'essentialisme.

    Et si, dans ce monde d'impermance de l'Être en devenir qui se déploie dans l'Esprit, quand il est question d’identité individuelle ou collective, la tristesse ou la détresse que nous pouvons parfois éprouver était la même que celle ressentie par n'importe quel autre être humain, causée par le fait de ne pas savoir si ce que l’on cherche existe? La quête d’identité nationale définitive et déterminée procède peut-être avec la même difficulté existentielle, pour ne pas dire angoisse, que celle de l’individu qui est si bien exprimée par la métaphore de l'oignon. Cette identité qui veut se raconter pour répondre à la question «qui suis-je» est composée de couches, semblables aux pelures de l'oignon, qui sont les innés qui nous ont déterminés et les acquis transmis à travers les expériences de vie et apprentissages qui ont forgé notre personnalité à mesure de nos diverses identifications. Après qu'on les ait enlevées en espérant y rejoindre le noyau essentiel, on ne retrouve que le vide.

    Marc Therrien

    • Sylvain Plourde - Abonné 7 juin 2019 10 h 47

      Tellement de haine et de mépris dans vos propos, c’est aberrant et triste à la fois.
      De toute manière, monsieur, le projet de loi 21 sera adopté d’ici quelques semaines.
      À bon entendeur, bonne journée à vous.

    • Marc Therrien - Abonné 7 juin 2019 13 h 52

      Je compatis avec vous M. Plourde. Il m'arrive parfois d'oublier que la peur du néant peut raviver d'intenses émotions primaires génératrices de passions tristes. Effectivement, le projet de loi 21 sera enfin adopté très bientôt dans la confiance majoritaire ou majoritairement dans la confiance. C'est pourquoi je me demande à quoi cela sert-il d'en faire encore la promotion. Il est maintenant plus que jamais devenu inutile de prêcher les non convertis. Ils ne changeront pas d'idée.

      Marc Therrien

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 juin 2019 06 h 50

      Monsieur Therrien est très indulgent. J'ai relu sa réflexion et je n'y ai rien trouvé de méprisant. En revanche, le ton provocateur de la réplique de monsieur Plourde, laquelle ne dit autrement absolument rien de ce que monsieur Therrien avance, voilà qui était au moins méprisant.

    • Raymond Labelle - Abonné 8 juin 2019 16 h 14

      Je m'étais demandé si M. Plourde ne s'était pas plutôt involontairement trompé de fil - si en réalité il ne visait pas une autre intervention. Comparé au ton incendiaire ou inflationniste que l'on voit ailleurs dans cette page (pas de la part de tout le monde), M. Therrien est parmi les intervenants les plus modérés et les moins fanatiques.

      Comme à M. Therrien, le concept d'identité m'apparaît illusoire - M. Therrien l'explique bien. Rappel pertinent à cette discussion.

      L'identité est une illusion qui peut faire de biens mauvais débats ou créer de biens vilains conflits. Apprendre à se délester de l'identification améliorerait les rapports entre tout le monde. Qu'il s'agisse d'identification à une nation (concept imaginaire?) ou à une religion d'ailleurs...