À qui appartient le nationalisme québécois?

Le rôle des députés fédéraux, affirme l'auteure, est de permettre que la voix du Québec soit entendue au sein du Parlement canadien.
Photo: iStock Le rôle des députés fédéraux, affirme l'auteure, est de permettre que la voix du Québec soit entendue au sein du Parlement canadien.

Québécoise d’adoption, j’ai immigré au Québec il y a bientôt près de 40 ans avec mes parents. Je suis une enfant de la loi 101 qui a grandi portée par la fierté d’être québécoise. Aujourd’hui, je travaille et vis en français, langue que j’ai également la chance de partager avec mes enfants. Au fil des années, je me suis laissé imbiber par les valeurs du Québec, ses ambitions, sa langue et sa culture. Je me considère avant tout comme Québécoise. J’ai choisi et j’aime profondément notre nation. Je me suis beaucoup impliquée dans mon milieu, celui qui m’a, à son tour, permis de progresser comme personne, mère de famille et citoyenne active.

Avec sa langue française, le Québec est une nation forte ayant une identité unique. Une communauté artistique forte, une culture entrepreneuriale en croissance et une volonté maintes fois réitérée de développer de nouvelles façons de créer, notamment en énergie renouvelable, sont des traits assurément distinctifs qui donnent à notre nation son identité unique.

Pas de doute, je suis nationaliste. Et je suis aussi fédéraliste.

Le nationalisme québécois m’appartient et il appartient à tous les Québécois. C’est un nationalisme qui dépasse les frontières des partis politiques. C’est affirmer que l’avenir du Québec est intimement lié à sa capacité de prendre sa place au Canada et dans le monde. Que le Québec est un exemple de protection de la langue et d’intégration des immigrants. Que le Québec peut transmettre sa fierté nationale aux générations futures et au reste du monde.

En ce sens, le rôle des députés fédéraux est de permettre que notre voix soit entendue au sein du Parlement canadien. Avec eux, nous devons garder un regard résolument tourné vers l’avenir et conjuguer nos forces avec celles des autres provinces pour développer notre économie et notre présence sur la scène internationale.

Nous aurons également besoin de cette collaboration pour faire front commun afin de surmonter les défis incontournables auxquels nous devons faire face, tels que les changements climatiques et la nécessaire réconciliation avec les peuples autochtones. Nous devons travailler ensemble pour assurer un avenir durable à ceux et celles qui nous succéderont. Concentrons-nous sur nos éléments et objectifs communs pour créer un discours rassembleur, respectueux de l’unicité du Québec et pour bâtir une nation influente.

Le discours nationaliste n’est pas exclusif à un groupe parlementaire ni l’affaire d’un groupe restreint de personnes. Les identités qui nous composent ne s’excluent pas, elles s’additionnent. Nous pouvons être fiers et souhaiter un Québec robuste tout en croyant à la force d’un modèle fédéral. Je crois qu’il est de notre devoir, comme Québécois, de se concentrer d’abord et avant tout sur les aspects qui nous unissent et qui nous permettent de nous épanouir dans le modèle que les Québécois ont choisi.

Projetons-nous dans un nationalisme d’avenir et inclusif, qui rassemble les générations passées et les générations futures, les Québécois d’ici et ceux qui arrivent, afin de continuer notre parcours comme nation, sans compromis sur notre identité.

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33 commentaires
  • Gilles Bonin - Abonné 22 mai 2019 00 h 28

    Hummm!

    Au passé?

    • Bernard Plante - Abonné 22 mai 2019 14 h 17

      Non, au présent. Le fédéralisme représente l'inefficacité systémique même. Chaque décision, chaque projet y est soumis à un nombre incalculable d'étapes à franchir, avec trois niveaux de paliers gouvernementaux aux intérêts divergents à aligner. Ce défi presqu'impossible à relever produit comme résultat une parodie de lenteur alors que nous sommes dans un monde qui requière d'être agile et rapide pour être compétitif.

      Les personnes qui ne voient pas cette dysfonction systémique du Canada et qui désirent nous représenter m'inquiètent. Je ne vois pas comment une telle absence de vision et de compréhension du système peut nous rassurer quant à une quelconque capacité de gérer un État.

    • Claude Bariteau - Abonné 23 mai 2019 07 h 42

      Mme, vous concluez, après avoir dit que le nationalisme québécois appartient à ceux et celles qui le veulent. C'est une appartenance active et non historique.

      Vous continuez en avançant que ses propriétaires ont intérêt à se projeter « dans un nationalisme d’avenir et inclusif, qui rassemble les générations passées et les générations futures, les Québécois d’ici et ceux qui arrivent, afin de continuer (leur) parcours comme nation, sans compromis sur [leur] identité ».

      Ça dit, vous dites que les nationalistes doivent continuer leur parcours comme nation dans le Canada. Or, la nation qu'ils activeront alors en est une subjuguée comme elle le fut hier et l’est aujourd’hui.

      Hier, sous le régime britannique avec des contorsions obligées dans la Province of Québec de 1763 à 1791, dans le Bas-Canada de 1791 à 1840, dans le Canada-Uni de 1840 à 1867 et dans le Dominion of Canada de 1867 à 1931. Aujourd’hui sous le régime canadien de 1931 à 1982 et dans le Canada revu de 1982 à aujourd'hui.

      Dans tous ces moments, la Grande-Bretagne et le Canada ont tout fait pour faire des Canayens, des Canadiens-français et des Québécois, leurs descendants, des nationalistes culturels avec des pouvoirs limités et encadrés.

      Au cours de ces périodes, des habitants du Québec, qui ne se définissaient pas avec l'étiquette nationaliste des conquérants, ont mené des combats pour doter les habitants du Québec d’un territoire, d’un pouvoir politique qui soit leur afin d’aménager leur « vivre-ensemble » et développer leur économie et leurs rapports avec les autres selon ce qu’ils privilégient.

      De ça, vous ne dites pas un mot. Par contre, vous invitez les nationalistes comme l’ont fait les Britanniques et le font les Canadiens à l’aide de ténors nationalistes du Québec à n’avoir pour horizon que le Canada comme cadre alors que le monde serait celui découlant de la création du pays du Québec.

      Je ne comprends que vous n’ayez pas le monde pour horizon. Vraiment pas.

  • Nadia Alexan - Abonnée 22 mai 2019 03 h 38

    Les Québécois se distinguent déjà par leur générosité et leur ouverture aux immigrants.

    L'inclusivité ne veut pas dire acquiescer à l'obscurantisme et à la misogynie, madame Soraya Martinez Ferrada. Les Québécois se distinguent déjà par leur générosité et leur ouverture envers les groupes ethniques venant de tous les coins de la terre.

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 mai 2019 08 h 33

      @ Nadia Alexan,

      « Les Québécois se distinguent déjà par leur générosité et leur ouverture aux immigrants. » - Nadia Alexan

      J'imagine que c'est par générosité que la CAQ voulait passer 18,000 dossiers de l'immigration à la déchiqueteuse et que Lisée voulait poser une clôture sur le Chemin Roxham ?

      Christian Montmarquette 



      « Demandeurs d'asile : Lisée évoque une clôture sur le chemin Roxham » - Radio-Canada

      

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1097314/migrants-jean-francois-lisee-cloture-chemin-roxham


    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 22 mai 2019 14 h 03

      Je ne comprends toujours pas le problème de la clôture. C'est une frontière ou c'est pas une frontière?
      L'explosion des demandes d'asile, en partie à cause de ce passage (en moyenne 18 000 par année d'ailleurs, depuis 2 ans), ralentit toutes les demandes légitimes, pendant ce temps, le fédéral peut aller jusqu'à payer l'hébergement à des gens qui sont en attente d'évaluation.

      Pourtant, des itinérants, des gens d'ici, n'ont pas plus de services, et le Canada continue à accumuler des déficits. Avant de souhaiter la bienvenue aux réfugiés, on s'occupe des siens.
      Personne n'est en danger depuis les «states», si Chicago est trop violent, on peut changer d'État.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 22 mai 2019 14 h 15

      Clôture suite : votre argument favorise le nationalisme Monsieur Montmarquette, le Qc en ne contrôlant pas ses frontières ni l'immigration magasine des problèmes, voici ce que l'on apprend du JM : « Plus de 200 importateurs, facilitateurs et tueurs à gages liés aux puissants cartels de la drogue se baladent en toute liberté au Québec. Plusieurs sont entrés avec de faux passeports mexicains depuis l’assouplissement des règles à la frontière décrété par le gouvernement Trudeau, en 2016, révèle notre Bureau d’enquête dans un grand reportage diffusé sur Club illico.»

      Si ça c'est pour des gens qui entrent par les voies normales, imaginez le bordel des voies irrégulières.

      Si vous voulez que les gens soient d'accord avec des hauts seuils d'immigration et des services considérables à offrir à ceux qui arrivent (réfugiés ou immigrants réguliers), il faut au moins garantir la justice et l'ordre.

      Savoir que des troubles sociaux futur pourraient être évités ( parlez à quelqu'un qui sera victime d'un criminel entré irrégulièrement, ou à sa famillie si la victime est morte ) tout simplement par un contrôle plus serré des frontières et de l'immigration est le genre de réflexion que les gens ordinaires ont.

      Si vous voulez que nous acceptions l'immigration et un filet social, il faut considérer les gens qui paient pour cela.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 22 mai 2019 05 h 58

    Bref !

    « Le nationalisme québécois m’appartient et il appartient à tous les Québécois. (…) C’est affirmer que l’avenir du Québec est intimement lié à sa capacité de prendre sa place au Canada et dans le monde. » (Soraya Martinez Ferrada, Candidate, Élections fédérales 2019)

    Possible, mais ce « hic » :

    Si on veut vraiment s’associer et s’appartenir au « nationalisme québécois », on cherchera à faire du Québec un Pays non seulement libre du Canada (ce pays si loin et si proche de nulle part), mais, aussi et surtout, capable de relations internationales compétentes !

    Bref ! - 22 mai 2019 -

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 22 mai 2019 06 h 32

    HUmm

    Merci et bonne chance! À lire: Le rapport de la Commission Laurendeau-Dunton; le Rapport Durham. Sourire...Continuer avec énergie! Les Canayens c'est nous!
    ps l'industrie des sables bitumineux a besoin d'un plan d'action pour faire migrer ses travailleurs vers une économie verte. Cerveaux Canayens, au travail, c'est urgent et merci bien...:) Et si l'Alberta se sépare, laissons-les faire au lieu d'aller faire un " Love in".

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 22 mai 2019 07 h 21

      Voici un courriel de travailleurs Albertins de l'industrie des sables bitumineux qui souhaitent travailler en développement durable, économie verte:

      " Hi Claude,

      Thank you for your support! We haven't reached Quebec yet, but we'd love to have contacts and support from your area!

      Let me know if you have an idea of how we could collaborate.

      Kind regards,

      Iron & Earth"

  • Christian Montmarquette - Abonné 22 mai 2019 07 h 12

    Vous allez être gâtée

    Vous allez être gâtée Mme Martinez Ferrada.

    "Un Québec fort dans un Canada uni", c'est exactement ça que veut François Legault et ses nouveaux caquo-péquistes qui le suivent en procession comme des queues de veaux un lampion de la laïcité à la main.

    Christian Montmarquette

    • Jean-François Trottier - Abonné 22 mai 2019 08 h 48

      @Montmarquette

      Message haineux bourré amalgames.
      Vous avez rejoint le ton et l'intenton des animateurs de Radio X à tout point de vue.

    • Claude Gélinas - Abonné 22 mai 2019 10 h 37

      Et le multiculturalisme à la sauce QS cela vous dit quelque chose cher Monsieur Montmarquette.

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 22 mai 2019 10 h 40

      et Yvon Deschamps!

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 mai 2019 14 h 12

      @ Claude Gélinas,

      "Le multiculturalisme à la sauce QS, cela vous dit quelque chose.." - Claude Gélinas

      Québec solidaire n'est pas "multi-culturaliste", mais "inter-culturaliste".

      Les nationalistes de la droite identitaire se tirent dans le pied avec PL-21 :

      « Au-delà de la laïcité, un gros défi attends le Québec » — Gérard Bouchard, La Presse, 17 mai 2019

      Extrait : Toute minorité ressent en effet un vif besoin d’unité pour se renforcer et assurer son avenir. Mais alors, n’est-il pas illogique, dans ces conditions, de prendre des initiatives qui aliènent justement nombre de ces citoyens et les incitent à vivre à distance, sinon à se dresser contre la majorité ?

      C’est exactement l’effet que risquent de produire des projets comme la charte des valeurs du Parti québécois et le projet de loi 21. (...)

      La véritable solution est évidente. Il faut redoubler d’efforts pour intégrer les immigrants, orchestrer des rapprochements avec les minorités et réduire les tensions. C’est précisément l’esprit de l’interculturalisme. Et c’est le meilleur moyen d’éviter un choc qui pourrait entraîner des conséquences négatives pour notre société.

    • Marc Pelletier - Abonné 22 mai 2019 15 h 06

      Un Québec fort : que souhaiter de mieux !

      Avec un francais fort, non seulement soutenu par des lois mais principalement par notre for intérieur.

      Avec une économie forte qui permettra un meilleur partage de la richesse : je lis ce matin que M. Alain Bouchard de Couche tard , qui est parti de rien ( famille modeste ), vaut maintenant 3.9 milliards et je me dis tant mieux. Plus on aura au Québec des fonceux de ce calibre plus nous serons collectivement plus riches, sans oublier Hydro-Québec qui nous permettra peut-être un jour de devenir moins dépendants de la péréquation qui nous vient en grande part des provinces de l'ouest et de leur pétrole sale ( dixit notre PM ).

      Et pourquoi pas tout celà dans un Canada uni : nous pourrons ainsi contribuer, avec notre énergie verte , à améliorer la qualité de vie de la collectivité.

      Des chicanes et des quéguerres, il y en a partout dans le monde, on n'a pas besoin de s'en créer ici à cause de nos idéologies et de nos positions dogmatiques : ça ne mènera nulle part et on vaut mieux que ça ! Aux USA, Trump a fait la preuve que la levée de murs et la fermeture des frontières ne sont pas la solution pour faire évoluer un pays.

    • Jean-François Trottier - Abonné 23 mai 2019 07 h 48

      @Montmarquette

      1. QS se dit interculturaliste mais rejette les conclusions du rapport Bouchard-Taylor. Tout ceci sans explication autre que "QS est..." de votre part. Des mots. Des slogans. Du blabla pour rester dans la ligne du parti. De la political correctness. Et zéro réflexion.
      Dans les faits et non sur papier, dans la réalité et non dans votre vision à la soviétique, QS est multiculturaliste parce qu'il appuie tout ce qui est multiculturaliste et refuse toute approche identitaire....sauf pour les Premières Nations.
      QS est allergique aux mots identité, nationalisme et quelques autres. Refuser ces mots est la négation de l'interculturalisme, un point c'est tout.
      L'identité, ça existe. QS n'a aucune ana;lyse sociale qui déborde le moindrement des poncifs de Marx il y a 150 ans.
      QS fait n'a jamais posé son regard sur la communauté anglophone, sois-disant parce que ce serait une minorité, et pourtant la seule "frilosité identitaire" généralisée au Québec est anglo.
      La projection vers les francos, très raciste, est soutenue par la force de rayonnement de la presse anglo.

      3. Votre "véritable solution" est une déclaration de principes et pas du tout une solution.
      Même un gars de La Meute sera d'accord avec
      "Il faut redoubler d’efforts pour intégrer les immigrants, orchestrer des rapprochements avec les minorités et réduire les tensions"
      Tout le monde est pour la vertu. Rien d'original ni de crédible dans ça.

      Le véritable interculturalisme accepte très bien que l'on pose des limites aux religions, je dis aux religions, par respect pour les humains.
      Et c'est ce que fait PL21. Et pas QS.

      Note pour votre future "réplique flamboyante" :
      commencez par démontrer qu'un religion n'est pas une organisation politique. Vous vous débattrez dans 200 ans d'histoire du Québec et.... 3500 ans au moins dans l'histoire mondiale, durant lesquelles les religions ont toujours tenté de prendre du pouvoir politique, et la plupart du temps réussi.