Dernière manifestation des jeunes sur l’environnement

«Ce sont nos dirigeants, plutôt que notre peuple, qui font encore les sourds quant à ce soulèvement populaire», croit l'auteure.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Ce sont nos dirigeants, plutôt que notre peuple, qui font encore les sourds quant à ce soulèvement populaire», croit l'auteure.

Depuis près de trois mois, nous, les jeunes du secondaire à travers le Québec, sommes en grève chaque vendredi après-midi. Depuis près de trois mois, nous affrontons la pluie, la neige, le soleil et, bien sûr, le smog, la poussière, les klaxons et le trafic pour manifester et pour réclamer la justice climatique. Depuis trois mois, nous rattrapons sur notre temps libre les notions scolaires que nous perdons le vendredi. Depuis trois mois, nous remplissons publiquement notre engagement à « être le changement que nous voulons voir dans le monde. »

Aux manifestations de Pour le futur Montréal, nous ramassons des déchets, nous favorisons l’adoption d’une alimentation végétarienne, nous minimisons notre empreinte écologique en limitant notre consommation d’électricité et en utilisant les moyens de transport les plus écologiques possible. Et surtout, nous présentons des revendications concrètes aux décideurs. « Quelles revendications ? » demanderez-vous. Vous n’avez qu’à écouter nos discours hebdomadaires. Auprès du gouvernement du Québec, nous avons réclamé un plan de transition écoénergétique permettant de rester dans les 1,5 degré de réchauffement climatique cautionnés par le GIEC. À l’Assemblée générale du Groupe Desjardins, nous étions présents pour dénoncer les investissements dans l’énergie sale. Avec La planète s’invite à l’Université, nous avons réclamé une transparence dans les investissements des établissements d’enseignement supérieur pour en dévoiler l’impact sur l’environnement. Et encore.

Vous nous avez entendus, le 15 mars, quand nous étions 150 000 dans les rues de Montréal et que Sarah Montpetit, l’instigatrice du mouvement, a fait vibrer la foule avec ses propos. Manon Massé et Thomas Mulcair ont marché avec nous, et notre contingent a été fièrement représenté le 27 avril, Jour de la Terre, lorsque nos porte-parole ont de nouveau fait part de nos exigences. Vous nous avez entendus et vous êtes du même avis. Vous aussi avez pris la rue, le 15 mars et le 27 avril. Vous savez comme nous que la crise climatique, c’est maintenant, ce qui fait de maintenant le moment obligatoire pour forcer nos gouvernements à agir.

Ce sont nos dirigeants, plutôt que notre peuple, qui font encore les sourds quant à ce soulèvement populaire. Le gouvernement fédéral dépense 3,3 milliards de vos — de nos — impôts chaque année sur des subventions soutenant les industries d’exploitation d’énergies fossiles, et le gouvernement provincial en dépense 300 millions. C’est inacceptable, et vous le savez. On ne peut plus tolérer le statu quo, et vous le savez.

C’est pourquoi nous nous révoltons avec ténacité chaque semaine. Vendredi 17 mai, je vous demande de nous entendre encore une fois, d’être en accord encore une fois, et de vous joindre à nous en vue de notre dernière manifestation de l’année scolaire. Ce sera la dernière fois de l’année que nous sacrifierons nos heures de cours pour défendre notre avenir, parce qu’en 2050, lorsqu’il pourrait y avoir jusqu’à 300 millions de réfugiés climatiques, et que les fameux 12 ans pour agir du GIEC seront depuis longtemps écoulés, nous n’aurons toujours pas l’âge des politiciens et des p.-d.g. qui vendent aujourd’hui notre avenir.

Donc le 17 mai, à 13 h, il nous incombe d’organiser la meilleure manifestation à date. Joignez-vous à nous dans les rues de Montréal, de Sherbrooke, de Québec et de Gaspé, et de plus de villes encore. On vous y attend, nous, vos enfants, vos voisins, vos camarades de classe, ceux que vous félicitez quand vous nous entendez hurler, puisqu’articulé ensemble, avec votre soutien, notre message sera plus clair que jamais.

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16 commentaires
  • Daniel Francoeur - Abonné 17 mai 2019 01 h 28

    Les jeunes nous montrent l'exemple

    Les jeunes n'attendent plus les sauveurs du monde des affaires et des gouvernements. Au contraire, ils les talonnent avec constance. Mettez ça dans votre pipe M. Myles!

    • Cyril Dionne - Abonné 17 mai 2019 09 h 52

      Bien oui M. Francoeur, les jeunes vont sauver le monde. Avant, ils voulaient sauver les étudiants des frais de scolarités universitaires qui sont payés dans la plupart des cas, par ceux qui n’auront jamais la chance d’aller à l’université. Mais, on félicite ces jeunes engagés et c’est tout un contraste avec cette génération d’enfants rois conjuguée à l’hyper-individualisme.

      Bon ceci dit, le Québec est responsable de 0,1 des GES mondiaux avec 0,1% de la population mondiale. Même si le Québec devenait plus vert que vert, cela n’aurait aucune incidence sur les changements climatiques. C’est un problème global qui requière une solution globale.

      Manifester dans la rue en bloquant les voitures ne fait qu’augmenter l’émanation de GES et des polluants atmosphériques. Les gens doivent se rendre au travail pour gagner de l’argent afin de faire vivre la jeunesse et de l’éduquer.

      Vous savez aussi que l’adoption d’une alimentation végétarienne ne changera pas grand-chose dans l’équation climatique. L’agriculture de masse ou de hobby appauvrissent les sols en plus de détruire ce qui reste de milieux humides tout en utilisant de l’eau potable en grande quantité.

      Les moyens écologiques comme l’électrification pollue peut-être moins, mais pollue de toute façon. Et la plupart des voitures électriques dans le monde utilisent de l’électricité générée par des produits fossiles. Comme plan de transition écoénergétique, cela implique que les gens devront sacrifier le deux tiers de leur consommation au Québec. Et les gouvernements sont élus par la population.

      Ce ne sont pas les hypothétiques 300 millions de réfugiés climatiques qui nous concernent, mais bien les milliards de migrants économiques qui viennent à nos portes. Encore une fois, pas un mot sur la surpopulation, un phénomène qui nous vient d’ailleurs. Nous étions 3 milliards en 1960 et nous allons être plus de 10 milliards en 2050. Pas besoin de couper des atomes en deux pour comprendre.

    • Daniel Francoeur - Abonné 17 mai 2019 13 h 34

      Bonjour M. Dionne, malheureusement je ne comprends pas le but de votre vibrant plaidoyer en faveur du nihilisme. Bref, et vos pistes de solution sont?

    • Daniel Francoeur - Abonné 17 mai 2019 13 h 42

      Bonjour M. Martel, J'apprécie le travail de M. Shields. Toutefois, là où on sent la limite de ses articles « environnementaux » c'est quand il se contente de faire du journalisme économique des dossiers environnementaux. Ce qui en soit s'assimile à du «rebranding» d'articles économiques. On est alors asssez loin du véritable journalisme environnemental. Ceci à toutefois l'avantage de donner bonne conscience au Devoir qui nous sert alors les mêmes vieux produits simplement remis à la mode du jour.

    • Cyril Dionne - Abonné 17 mai 2019 20 h 15

      M. Francoeur,

      Si vous preniez la peine de lire entre les lignes, vous auriez compris. Je n'aime pas faire de la pédagogie dans les pages du Devoir. Que voulez-vous? Ce n'est pas à moi de le faire. Et ce n'est pas en criant dans la rue ou en faisant de l’école buissonnière dans un pays qui produit seulement 0,1% des GES mondiaux que vous allez faire une différence. Les gens intelligents ont compris l’équation climatique il y a longtemps.

      Ceci dit, c'est par l'éducation qu'on réussira peut-être à enrayer notre autodestruction qui se trouve dans nos gènes. Ceci commence par la vraie égalité homme-femme partout dans le monde afin qu’elles deviennent maîtresses de leur corps. Évidemment, ceci choquera nos illuminés religieux aux accents monothéistes qui veulent porter avec ostentations, leurs simagrées religieuses dans la sphère publique parce qu’ils pratiquement subtilement ou ouvertement, la misogynie sans parler de l’homophobie.

      Ce sont les préceptes culturels et religieux qui sont ultiment responsables de la surpopulation mondiale en 2019. Et c’est la surpopulation qui annonce notre fin prochaine. Pardieu, de 3 milliards en 1960 à 7,8 milliards aujourd’hui dans un espace-temps très court (59 ans), pas besoin d’être un géni pour comprendre. L'océanographe et militant pour l’écologie, Jacques-Yves Cousteau, nous avait prévenu dans les années soixante.

      En passant, Isaac Newton, le père de la gravité et du calcul intégral, avait prédit la fin de l’humanité pour 2060. Et on dit la fin de l’humanité, mais pas de la Terre.

    • Daniel Francoeur - Abonné 18 mai 2019 00 h 00

      Rebonjour M. Dionne,
      Désolé de ne pas avoir lu ce que vous n'avez pas écrit. Que voulez-vous nous ne disposons pas tous du don de voyance et encore moins de la science infuse. C'est pourquoi il est important de communiquer clairement ce que l'on a à dire. On évite ainsi de naviguer à taton dans les brumes cérébrales de nos correspondants. Ce qui vous en conviendrez est énergivore et peu productif.

    • Cyril Dionne - Abonné 18 mai 2019 06 h 13

      Ah ! « ben » M. Francoeur.

      Nul besoin de don de clairvoyance ou de science infuse, seulement l’intelligence, une qualité intrinsèque qui semble manquer à nos Don Quichotte de l’écologie. C’est un problème global qui requiert une solution globale et qui ne passera certainement pas par le Québec. C’est « plate », mais c’est comme ça; nous ne sommes pas le nombril de la planète.

      Vous semblez être un de ceux qui érigent l’écologie en religion avec ses dogmes et doctrines. Vous savez, la simplicité volontaire est pratiquée par plus deux tiers de la population mondiale de façon involontaire. Va pour leur consommation, mais ils compensent en mettant plus de bouches affamées à la table.

      Pour nos étudiants et élèves, excusez-nous, mais on ne voit pas beaucoup d’entre eux faire un vœu de chasteté écologique avec leur voiture, leur téléphone intelligent, qui s’habillent toujours à la dernière mode en plus de pratiquer leurs nombreuses activités qui sont aussi énergivores les unes que les autres. Au lieu du cours ECR, on devrait mettre de l’avant plus de cours de sciences obligatoires dans écoles secondaires, cégeps et universités. Oui, même dans les facultés de sciences molles à l’UQAM.

      Il faudrait aussi expliquer aux jeunes que le problème de la surpopulation n'est pas ici avec nos 1,5 enfants en moyenne par famille, mais dans les pays surpeuplés où on compte plus de 6 enfants ou plus par famille. Encore une fois, si on va tous périr parce qu’on n'a aucune chance de survivre aux catastrophes qui s'en viennent, il ne faudrait jamais oublier que le Québec produit 0,1% des GES mondiaux avec 0,1% de la population mondiale. Pour la Chine, c’est 33% des GES mondiaux avec seulement 20% de la population mondiale. Alors, quand partent-ils pour la Chine afin de les convaincre? Ils pourraient aussi organiser des protestations devant leur ambassade à Ottawa afin de les sensibiliser et de les conscientiser du fléau de leur pollution sur la santé de la planète.

  • Daniel Francoeur - Abonné 17 mai 2019 01 h 56

    Le remède au biais du traitement de la question environnementale au Devoir : La réhabilitation de l’expertise en environnement au Devoir

    Jadis, Le Devoir avait son journaliste attitré à la question environnementale. De plus, celui-ci avait développé une expertise reconnue et estimée de tous. Le Devoir pouvait ainsi s’exprimer avec sérieux tout en éclairant le débat sur cet enjeu majeur. Malheureusement, comme en témoignent parfois les opinions de M. Myles, Le Devoir traite maintenant cet enjeu comme un caprice vert aux partisans hérétiques et rebelles à l’ordre établi. Pour remédier à ce biais, je propose donc au Devoir de confier à un expert en environnement le traitement de cet enjeu sérieux. Au grand bénéfice de tous, ceci pourrait permettre d’éclairer et d’élever le débat, tout en évitant les postures parfois dogmatiques et caricaturales. Une question sérieuse ne mérite-t-elle pas d’être traitée avec grand respect?

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 17 mai 2019 08 h 48

      Monsieur Shields, non?

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 17 mai 2019 09 h 47

      M. Francoeur, je suis triste pour vous.

      Vous êtes abonné à un quotidien, Le Devoir, qui emploie Alexandre Shields, le meilleur journaliste québécois au sujet des questions environnementales.

      Et vous ne l’avez jamais remarqué ?

      Hâtez-vous de consulter les archives du Devoir à la recherche des petits bijoux, tous admirables, qu’il a écrit pour votre quotidien.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 17 mai 2019 09 h 04

    Réclamation

    Bonjour les jeunes! Je suis avec vous, né en 1950! Il y a l'âge biologique, que j'aimerais bien abaisser, et l'âge chronologique. Et puis, on peut réussir à garder le cerveau jeune, selon la scientifique Louise Thibault.
    Le plan écoénergétique que vous réclamez devrait inclure l'agriculture,qu'on oublie souvent. L'air est aussi souvent oublié. Le lait maternel des femmes Inuit a 200 ingrédients toxiques,selon le livre Le droit au froid. Donc, on veut aussi l'objectif du réseau français environnement santé, " zéro bébés pré-pollués."
    Selon Claude Villeneuve, biologiste, la population a le potentiel de faire beaucoup plus, iinfiniment plus, que tous les gouvernements et industriels réunis, en réduisant son empreinte carbone. Parlez-lui en! Il a une bonne écoute. Une autre scientifique , Catherine Potvin a beaucoup de savoir et de coeur. Parlant de coeur, notre cardiologue François Reeves, aimerait bien que nos villes soient cardioprotectrices, et cela ne passe pas par les combustibles fossiles!
    Madame Linea Petrela Paiement, vous écrivez très bien, vous savez émouvoir. Je vois que vous avez déjà une vaste culture, Gandhienne en plus.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 17 mai 2019 17 h 08

    Bon texte

    Bravo !

  • Jean-Paul Carrier - Abonné 18 mai 2019 01 h 03

    Ensemble on peut faire la différence (1 de 2)

    Pour reprendre les mots de Monsieur Claude Saint-Jarre, je suis aussi né en 1950. À cette époque et les années qui suivirent, par insouciance ou ignorance nous regardions en avant sans évaluer les impacts sur l'environnement. Ce fut la présence accrue sur le marché de grosses voitures, l'émergence du plastic, une industrialisation et sa pollution galopante, une urbanisation désordonnée détruisant nos terres humides et l'émergence des pesticides et herbicides les plus néfastes jamais vus, et que dire de notre persistance de tirer la chasse de nos toilettes directement dans les lacs et rivières.

    Heureusement certaines actions furent mises de l'avant, mais évidemment pas assez comme nous pouvons le constater. Madame Linea Petrela Paiement lance un cri du coeur au nom d'une multitude et je suis tout avec vous. Nonobstant la levée de boucliers encore trop timide, force est de reconnaître que la sensibilisation de la société en générale fait défaut. Afin d'enrayer certains des polluants les plus dommageables, nous devons nous attaquer aux énormes multinationales dotées de puissants lobbyistes qui ne voient que dans l'argent le progrès de notre société. Pour contrer ceux-ci il y a un travail énorme à faire pour sensibiliser de la population. À titre d'exemple, Monsieur Cyril Dionne qui voit dans le maigre 0,1% de notre contribution aux GES comme une bonne excuse de s'asseoir sur nos lauriers, baisser les bras et ne rien faire. Pourtant la goutte qui fait déborder le vase n'est plus un concept à prouver. Comment convaincre les pays les plus pollueurs de mettre de l'avant des mesures antipollution si nous ne faisons rien parce que nous ne sommes que la petite goutte d'eau.

    • Cyril Dionne - Abonné 18 mai 2019 08 h 35

      Cher M. Carrier,

      Quand partez-vous pour la Chine pour convaincre les Chinois et leur 33% des GES mondiaux? Est-ce que avez une bonne excuse pour vous asseoir sur vos lauriers et de baisser les bras pour ne rien faire? Eux, ils ne parlent pas de goute, mais de torrent. Quand organiserez-vous des protestations devant leur ambassade à Ottawa afin de les sensibiliser et de les conscientiser du fléau de leur pollution sur la santé de la planète?

      C'est « ben » pour dire. L’écologie est devenue une religion.

    • Jean-Paul Carrier - Abonné 18 mai 2019 12 h 52

      Monsieur Dionne, bonne fin de semaine. Je préfère utiliser mon énergie à améliorer les choses plustôt que de me battre contre des moulins à vent. En passant, vous, quelle est votre contribution et que proposez-vous pour contrer les problèmes environnementaux?