Il ne faut pas s’adapter, il faut agir

Alors que des millions d’étudiants dans le monde se mobilisent contre les changements climatiques, le sujet de l’examen du ministère apparaissait déplacé.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Alors que des millions d’étudiants dans le monde se mobilisent contre les changements climatiques, le sujet de l’examen du ministère apparaissait déplacé.

Je m’appelle Olivia Ruge et je suis en 5e secondaire au Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie. Aujourd’hui, j’ai écrit mon épreuve ministérielle en français, ce qui se fait partout à travers le Québec. Le thème était les changements climatiques, et lorsque j’ai reçu mon cahier de préparation, la semaine dernière, je trouvais cela très progressif de la part du ministère de l’Éducation. Par contre, ce matin, lorsque j’ai réfléchi à la question donnée : « Peut-on s’adapter aux changements climatiques ? », j’étais choquée.

Premièrement, je trouve ça complètement ridicule que le gouvernement nous fasse faire un examen sur ce sujet tandis que lui-même ne fait rien pour freiner cette crise planétaire. Ensuite, je ne comprends pas comment, après toutes les grèves scolaires qui se font à travers le monde pour exiger que les gouvernements agissent pour assurer que nous ayons un avenir sur cette Terre, le ministère peut nous demander d’écrire un texte convaincant sur l’adaptation aux changements climatiques. C’est déplorable ! C’est presque comme si on essayait de nous convaincre que toutes les conséquences de notre inaction quant aux changements climatiques n’étaient pas importantes si nous arrivions à trouver une manière de continuer à prendre des vols et à vivre dans des maisons chauffées à 25 °C. Et les arbres que nous avons rasés, les animaux qui disparaissent par milliers, les insectes morts et le blanchissement des récifs… Selon le ministère, nous devrions ignorer tout ça !

Personnellement, je n’ai même pas répondu à la question dans mon examen, car je ne concevais pas que le gouvernement puisse nous demander cela. Pour ma part, j’ai plutôt compris que l’angle de la question était : « Comment pouvons-nous nous adapter pour freiner le changement climatique ? » C’est seulement après l’examen que j’ai réalisé la gravité de la situation. Notre gouvernement essaie presque de faire de la propagande en nous convainquant que les changements climatiques, ce n’est pas si pire si nous arrivons à trouver une solution pour protéger notre mode de vie actuel. Encore une fois, je suis absolument outrée de voir comment notre ministère de l’Éducation réfléchit. Je trouve que cet examen devrait être effacé, ne devrait pas compter, mais surtout, que le gouvernement devrait s’excuser publiquement pour son manque de sensibilité et de réflexion sur ce sujet qui, pour la majorité des élèves ayant écrit l’examen, est une cause d’énorme tristesse. Les fonctionnaires qui ont formulé cette question ne seront même plus en vie quand nous devrons, comme le dit le document préparatoire, trouver d’autres moyens de mettre l’air conditionné dans nos maisons pour ne pas devoir souffrir des canicules de plus en plus chaudes. Nous sommes ceux qui souffriront parce que la solution aux changements climatiques, ce n’est pas d’innover de nouveaux avions et maisons. C’est d’agir maintenant pour freiner le réchauffement.

Le gouvernement devrait s’excuser publiquement pour son manque de sensibilité sur l’environnement.

À voir en vidéo