«Une île, une ville»: un projet de société pour les Montréalais

Les registres sont maintenant fermés. À partir du 21 mai et jusqu'au 20 juin, les nouveaux Montréalais de 22 anciennes municipalités de l'île auront l'occasion de porter un jugement définitif sur leur appartenance ou non à la ville de Montréal. Ainsi l'auront voulu la loi 9 et le gouvernement du Québec dans la foulée des élections du mois d'avril 2003.

Je voudrais d'abord remercier les centaines de milliers de citoyens de Montréal, de Verdun, d'Outremont, de Saint-Léonard, de Montréal-Nord et de Lachine qui ont choisi de vivre ensemble leur avenir et d'unir leurs forces pour construire un Montréal meilleur.

En tant qu'ancien de maire de Montréal, de 1994 à 2001, et comme chef de l'opposition officielle à l'hôtel de ville, il est de mon devoir de rappeler à tous les Montréalais, et en particulier à ceux qui exerceront leur droit de vote le 20 juin prochain, les objectifs qui ont mené à la création de la nouvelle ville de Montréal.

L'idée d'«une île, une ville» se veut un projet de société réunissant sur un même territoire — l'île de Montréal — des citoyens jeunes et aînés, francophones et anglophones, de langues diverses, partageant un même environnement de travail et de loisirs, afin de leur permettre, ensemble et progressivement, de créer une communauté humaine plus forte et plus solidaire.

La nouvelle ville de Montréal, tout en respectant les caractéristiques et l'héritage de ses différentes composantes, relève aussi le défi de concevoir et de réaliser des objectifs de nature sociale, culturelle, économique et environnementale afin de propulser le nouveau Montréal parmi les grandes métropoles de taille moyenne d'Amérique du Nord et du monde.

Montréal, ville francophone, certes, mais aussi largement anglophone et multilingue, veut propager un humanisme urbain basé sur l'harmonie sociale, le développement durable et la recherche constante du savoir, de l'innovation et de la créativité. Cet humanisme favorise la mise en commun et l'échange de nos expertises, de nos forces et de nos visions.

Mais ce Montréal est menacé. Environ 500 000 de nos nouveaux concitoyens sur 1 830 000 pourraient, par leur vote du 20 juin prochain, briser la dynamique de ce rêve et de ce projet de société en détruisant l'essence même de la ville de Montréal par la création d'un conseil d'agglomération tout-puissant mais désincarné et très peu démocratique, en même temps que la recréation d'entités municipales fragiles et isolées. Quel que soit le chemin que nous emprunterons alors, nous aurons tous un même territoire, une même réalité et un même avenir à partager.

Le temps est venu de prendre le risque d'une vraie ville, belle, diversifiée et ouverte sur le monde. Montréal, coeur économique et culturel du Québec, peut être ce terreau fertile dont nous profiterons tous si nous agissons avec la détermination nécessaire pour la garder unie.

J'invite donc tous ceux qui auront le choix de rester Montréalais à aller voter le 20 juin prochain, pour Montréal et pour son avenir, et à dire résolument non à l'impossible retour en arrière.

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