Le voile islamique: mieux comprendre pour agir

«Il faut arrêter de penser le port du voile avec des clichés surannés et de ne pas tenir compte de la
Photo: iStock «Il faut arrêter de penser le port du voile avec des clichés surannés et de ne pas tenir compte de la "complexité" qui s’est développée dans son appropriation», écrit l'auteur.

Les partisans du projet de loi 21 du gouvernement de la CAQ voient dans cette démarche une affirmation de la laïcité dans l’espace public, et pour plusieurs d’entre eux, également une victoire contre l’obscurantisme porté par l’islam politique dont le hidjab serait l’étendard.

Croire que le hidjab est un signe de soumission à des « valeurs obscurantistes » ne correspond pas toujours à la réalité.

On peut effectivement soutenir que durant les années 1980 et 1990, le voile était une revendication des islamistes dans le monde arabe et dans plusieurs pays occidentaux où vivaient des minorités musulmanes importantes. Cependant, depuis plus d’une vingtaine d’années, les islamistes, même ceux vivant en Occident, n’ont plus le monopole de la réislamisation.

Il est possible d’affirmer qu’il se dessine aujourd’hui un véritable découplage entre ce signe religieux et l’action des islamistes. Le voile n’est plus islamiste. Il est devenu islamique. L’appropriation du voile n’opère plus sous la pression d’actions de mouvements d’islamisation. Elle se décline à partir de l’individu. Le voilement se fait de manière individuelle, bricolée et autonome par rapport à des communautés. Le voile devient plutôt l’expression d’une volonté de s’intégrer dans une oumma imaginaire. Il a ainsi perdu de « son exception islamiste » (H. Seniguer). Il est même fréquent aujourd’hui de rencontrer des femmes voilées qui sont des critiques virulentes de l’islamisme politique et du conservatisme religieux.

De nombreuses études ont démontré que les femmes qui décidaient de porter le voile le faisaient non seulement pour manifester et extérioriser une foi religieuse, mais également de façon volontaire et conscientisée. Dans leur ouvrage Le foulard et la République, les sociologues français Khosrokhavar et Gaspard avaient déclaré, dès les années 1990, que « le voile n’est plus le signe d’une soumission aveugle à la tradition, ni l’expression de l’enfermement dans l’espace de la féminité ancestrale, en retrait sur l’espace public. C’est un voile qui légitime l’extériorisation de la femme et simultanément donne un sens moral à sa vie, en l’absence de solution de rechange dans une société française où n’existe plus d’entreprise collective d’instauration du sens. Ce type de voile reflète la volonté d’auto-affirmation, non seulement face aux parents mais aussi vis-à-vis de la société française qui refoule au nom de l’universel ». Les remarques de ces deux sociologues sur le contexte français ne sont pas totalement décalées de ce qui se passe dans la société québécoise.

Occidentalisation du voile

Dans un tel cadre, il est possible d’affirmer que le « sujet » est au coeur et acteur même de ce processus. Le voile apparaît ainsi comme le moyen de se construire comme sujet autonome et comme acteur de sa propre existence (A. Touraine). De fait, il est important de rendre compte de la dimension active de l’individu dans l’option du voilement.

À partir de ce constat, on peut admettre que le voile, du moins celui le plus courant en Occident, relève d’une volonté de rentrer de plain-pied dans la modernité. Ce que l’on observe ici, c’est bien une occidentalisation du voile. Ainsi, le hidjab met en jeu la modernité occidentale en s’ajustant sur celle-ci. Pour preuve, l’émergence de tout un secteur économique axé sur la modestfashion.

On ne peut pas être contre une demande de laïcité dans nos pays de grande diversité religieuse. Je suis un partisan de la laïcité, qui est une condition essentielle d’un meilleur vivre-ensemble. De plus, je ne suis pas opposé à tout du projet caquiste.

Cependant le débat doit se faire à partir d’arguments qui tiennent la route. Il faut arrêter de penser le port du voile avec des clichés surannés et de ne pas tenir compte de la « complexité » qui s’est développée dans son appropriation, complexité que les sciences humaines et sociales déchiffrent de plus en plus.

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83 commentaires
  • André Chevalier - Abonné 15 avril 2019 04 h 08

    Et alors?

    Si le voile islamique est une façon de s'affirmer pour certaines femmes, est-ce une raison pour le permettre aux employés de l'état?
    Lui accorderait-on le même statut que la mini-jupe qui remplissait cette fonction à une certaine époque?

    • Cyril Dionne - Abonné 15 avril 2019 09 h 12

      Bien d'accord avec vous M. Chevalier.

      Si le voile devient plutôt l’expression d’une volonté de s’intégrer dans une oumma imaginaire (ça rime avec amis imaginaires), alors pourquoi l’extérioriser? La spiritualité est une affaire personnelle qui se passe entre les deux oreilles d’un individu. Mais un symbole religieux, qu’il soit de tendance spirituelle ou bien l’expression d’une idéologie politico-religieuse, cela ne passe pas inaperçu dans notre société.

      Si le voile devient plutôt l’expression d’une volonté de s’intégrer dans une oumma imaginaire, alors pourquoi ne pas l’enlever durant les heures de travail si vous êtes un officier représentant l’État? Ici, la liberté religieuse ne s’applique pas car ce n’est pas la personne qui est concernée, mais plutôt la fonction qu’elle exerce au sein de l’état laïc. Le porter, cela équivaut à dire que ma croyance est supérieure aux gens dont j’ai le privilège de servir et au poste que j’occupe.

      Si le voile devient plutôt l’expression d’une volonté de s’intégrer dans une oumma imaginaire, et qu’il interagit dans la sphère étatique, vous offensez les gens qui n’ont aucun choix de le subir lorsqu’ils font la demande pour un service public ou bien s'ils sont des enfants dans la salle de classe. Les symboles, religieux ou non, exerce une certaine influence dans notre société. C’est pour cela que plusieurs ont réagi fortement à la présence de croix gammées ou de symboles nazis lors de certaines manifestations à Montréal.

  • Nadia Alexan - Abonnée 15 avril 2019 04 h 35

    Le voile islamiste n'a rien à faire avec la modernité occidentale.

    Monsieur Khadiyatoulah Fall, votre justification du port du voile comme une manifestation d'une modernité occidentale relève d'un sophisme crasse. Le voile est toujours le porte-étendard d'un Islam politique.

    • Louise Melançon - Abonnée 15 avril 2019 09 h 24

      Madame Alexan, est-ce qu'on pourrait dire au moins un Islam intégriste, celui des Frères musulmans?

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 15 avril 2019 04 h 36

    (Révisé) « le voile (…) en Occident relève d’une volonté de rentrer de plain-pied dans la modernité.» (Khadiyatoulah Fall, Professeur, UQAC)


    Il ne manquait plus à ce débat qu'une pantalonnade théologique

  • Hélène Gervais - Abonnée 15 avril 2019 06 h 45

    Votre texte est très intéressant .....

    cependant, je ne vois pas en quoi il peut apporter au débat sur la laïcité qui présentement fait rage au Kébek. Le fait que le voile soit islamiste ou pas, dérange beaucoup car justement il démontre une appropriation de la religion, et religion nous ne voulons plus au Kébek car on se souvient justement de toutes les excentricités négatives qui y ont été collées, et qui ont retardé l'émancipation de l'être humain, surtout de la femme qui était réduite à enfanter et à porter les péchés de l'homme.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 avril 2019 08 h 16

      Votre intervention a le mérite de mettre les cartes sur table. Non seulement voulez-vous que la religion sorte des écoles, mais encore qu'elle soit exclue de l'espace public, mais encore qu'elle devrait être combattue activement.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 15 avril 2019 10 h 09

      On a le droit politique de combattre la religion activement comme les capitalistes ont le droit de combattre le socialisme ou encore les anarchistes ont le droit de combattre le capitalisme. Ça voudrait dire interdire les privilèges comme les crédits d'impôt ou les exemptions de taxe foncière. En définitive, il est absolument légitime de faire ce combat pour que la religion soit comme la pratique de l'escalade ou des échecs.

      Dans ce combat, on peut vouloir que la religion sorte des écoles comme on peut vouloir que Coke ou Pepsi sorte des écoles, parce qu'une inféodation et la commandite n'a pas sa place à l'école. Ça n'est pas parce qu'il y a des logos d'entreprise dans la vie publique que ça devrait être permis à l'école, car notre mode de vie n'est pas indépassable, l'école est le lieu où se transmettent des savoirs et des compétences qui permettent de garder la société ouverte aux changements.

      C'est pourquoi je remplacerais demain matin le cours ECR par un cours qui présenterait culturellement le Québec (et pourquoi pas ensuite le reste du monde), avec ses institutions. Il n'y a pas de raison pour que les enfants ne sachent pas qu'il existe une commune autogérée au Lac-Saint-Jean qui s'appelle le GREB, qui fait des maisons en paille et qui se chauffe avec des foyers de masse. Il n'y a pas de raison que les jeunes ne sachent pas que les anarchistes de « La Pointe libertaire » ont arraché de chaude lutte leur bâtiment #7 et qu'ils ignorent comment ce bâtiment est occupé. Je trouve plus pertinent de présenter un portrait ethnographique du Québec (les Canadiens français, les Anglos, les autochtones, etc.)

      Je trouve beaucoup plus pertinente de voir comment la CIA est intervenue dans le monde et les cas d'ingérence pour le comprendre que d'essayer d'inculquer niaisement «une compréhension -bancale- du phénomène religieux» comme si c'était le niveau 0 de la compréhension de l'autre (pour ce qui relève à l'intérieur).

    • Hélène Paulette - Abonnée 15 avril 2019 11 h 19

      @RMD: j'ai le plaisir de vous annoncer que la religion est sortie des écoles depuis que la loi 118 a été adoptée en 2001...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 avril 2019 11 h 24

      Monsieur Gill, vous aurez compris que je ne faisais que relever le fait que madame Gervais semblait estimer que la religion devait être activement combattue et que je ne remettais pas du tout en cause le droit politique qu'elle aurait de le faire.

      Mais j'attendais surtout l'occasion de vous dire à quel point j'ai apprécié les derniers commentaires que vous avez déposés en fin d'après-midi, hier, sous l'édito de Brian Myles. Je vous l'ai déjà dit, même s'il m'arrive (!) d'être en désaccord avec vous, je crois que vos interventions mériteraient mieux, très souvent, de se perdre dans cet espace commentaire. Tout particulièrement, hier, je trouvais que c'était une bouffée d'air frais de s'élever un tout petit peu au-dessus de la question des signes, pas du tout triviale en elle-même mais le devenant à force de susciter les mêmes aller-retour... Ne le dites à personne, mais je crois que je vais les archiver. Merci.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 15 avril 2019 11 h 58

      C'est réciproque Monsieur Maltais-Desjardins,

      Je n'ai pas toujours le temps d'être poli. Et parfois je manque de courtoisie à votre égard.
      C'est important d'avoir des contradicteurs intelligents et il faut absolument des moutons noirs.
      J'ai souvent été à votre place (pas nécessairement au Devoir) à expliquer P6 à des gens qui ne voulaient rien entendre.
      Vous avez raison de m'archiver puisque j'utilise moi-même une archive contre Michel Lebel et les arguments que j'utilise pourraient se retourner contre moi dans un autre dossier.

      En définitive, j'aime la vision du monde que vous proposez et l'idée que si nous agissions dans cette perspective, le monde sera effectivement un meilleur endroit, je comprends votre réserve, mais je suis plus pessimiste, sans doute que j'écoute énormément de vidéos Youtube qui montrent un côté plus noir de la pénétration de l'Islam, ou encore le fait que je vive à Outremont, avec des inégristes (et mes problèmes de salubrité dans la ruellle).

    • Raymond Labelle - Abonné 15 avril 2019 12 h 53

      En lisant le commentaire ci-dessus de RMD, je suis retourné à l'édito de B. Myles pour lire tous les commentaires de M. Gill, que j'avais négligés - occupé que j'étais à discuter avec RMD (en plus aussi de d'autres activités que la participation à ces fora - ce qui peut arriver à l'occasion :0).

      Merci à RMD d'avoir attiré l'attention sur ces perles qui m'avaient échappé. Accordons du fair-play à RMD qui nous pointe vers parmi les meilleurs arguments opposés à ses thèses. Et merci à vous M. Gill pour cette riche contribution.

      Une petite parmi les multiples perles (comprenant même une brillante synthèse sur le développement du marxisme) ceci, relié à la question de cet article

      « C'est pourtant exactement ce que communiquent en permanence celles qui portent le voile. Elles indiquent qu'elles trouvent assez important de se soumettre à une norme pour que tout le monde en classe le constate et elles le signifient à plein temps. » CEG. Cet argument est troublant.

      Affirmer que l'on trouve ça important montre à quel point on trouve bonne cette religion, qu'elle vaut cette peine. Sans dire un seul mot, sans le moindre prosélytisme actif.

      Les mots "affirmer" et "communiquent" n'impliquent aucune intention de la personne - c'est l'effet objectif de cette pratique.

      N’est-ce pas déjà une forme de prosélytisme, même non intentionnel, assez fort?

      Après avoir jeté ce pavé dans la mare, je ne pourrai pas participer à cette discussion aujourd'hui. Désolé (à moins que ça en réjouisse certains).

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 avril 2019 14 h 26

      Hé bé.... madame Paulette. Je n'ai pas lu les journaux depuis 1997. Merci.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 15 avril 2019 15 h 17

      Merci Monsieur Labelle, je suis honoré.

      Je suis simplement un enseignant, j'écris vite dans mes « pauses» (entre deux corrections, entre deux cours à monter), au lieu par exemple de griller une cigarette, je ponds un commentaire. J'essaie de corriger les fautes aussi, mais des fois j'en laisse parce qu'entre laisser un commentaire sur la glace, je préfère le diffuser pendant que le débat est « chaud » j'ai peu le temps de faire une relecture, il manque même des fois des mots. J'ai l'impression que le débat sérieux se joue ici, pour vrai, et que le Devoir génère un espace public fort riche avec les commentaires. Je n'aime pas que l'on s'acharne sur les individus, car parfois, nos «adversaires» nous font vraiment réfléchir, c'est pourquoi la liberté d'expression est essentielle.

      Ce sont les fonctions du langage de Jakobson qui m'aident dans cette histoire, tant mieux si vous appréciez. J'avoue que j'aimerais aussi mettre au point un cours de renforcement en français où les étudiants seraient forcés de laisser des commentaires au Devoir. Une fois mes commentaires publiés, je vois tout de suite mes fautes, les mots qui manquent, les erreurs de syntaxe, les mauvais pronoms. Tant que c'est dans la boite, on a beau se relire, on ne voit rien. Et c'est archivé, donc il faut faire attention.

      J'ai aussi découvrir des auteurs, des penseurs en lisant ici, il n'y a rien que j'aime plus que découvrir un penseur grâce à un intervenant. Je pense par exemple à Monsieur Montoya avec lequel je suis en désaccord, mais j'aime le lire. La meilleure contribution, c'est quand un lecteur nous fait un «Devoir de philo», à même les commentaires.

      Plusieurs commentaires gardent aussi vivants des textes publiés au Devoir ou ailleurs. J'ai vraiment apprécié nos échanges la dernière fois avec des références à des jugements, mais malgré tout ces textes, à chaud, à l'oral, j'étais incapable d'expliquer à une collègue pourquoi une enseignante voilée me dérangeait, c'est fou!

    • Raymond Labelle - Abonné 16 avril 2019 02 h 29

      En effet M. Gill, dans ces échanges, sur tous les sujets, d’accord ou pas, il n’est pas si rare que certaines interventions jettent plus de lumières que certains textes de la page Idées, Libre Opinion ou du Devoir de philo, y compris les textes que les interventions commentent…

      Incidemment, votre mention des logos dans les écoles m’a inspiré cette idée (qui n’est en fait qu’une excroissance de l’une des vôtres).
      Des compagnies sont prêtes à payer des gros bidous à un athlète pour qu’il arbore leurs marques. Pour qu’un athlète mette des souliers de course de telle marque et s’arrange pour que ça paraisse. Pour que la vedette de Formule 1 mette un logo de telle huile à moteur sur sa casquette et qu’il la porte quand il se fait photographier recevant son trophée. Même si l’athlète ne fait aucun discours, aucun « prosélytisme actif » pour la marque – juste arborer la marque pour qu’on le voit la porter.

      Le fait que l'athlète soit une figure d'autorité morale et d'identification doit ajouter à l'effet - en tout cas c’est le pari de la compagnie qui donne des gros bidous à l’athlète pour qu’il arbore ostensiblement la marque. Et ces compagnies n’ont pas l’habitude de jeter leur argent par les fenêtres – elles ont probablement dû aussi payer des gros bidous à des experts en manipulation des esprits avant d’offrir ces autres gros bidous aux athlètes choisis (avec l’aide de ces experts) à cette fin.

      Analogie avec ce qui nous occupe ici. Si le port d’un signe religieux par un professeur a un « effet publicitaire » pour sa religion, que ça soit ou non intentionnel de la part du professeur, il s’agit de savoir si cet effet collatéral d'expression au port du signe justifie une contrainte à l’exercice de cet élément de la liberté de conscience par le professeur, à savoir le port du signe pendant qu’il est en fonction. Non seulement sur les esprits des jeunes, mais aussi sur l'apparence de neutralité religieuse de l'État.

    • Raymond Labelle - Abonné 16 avril 2019 09 h 04

      Le fun de connaître votre contexte M. Gill. Merci de partager. Un petit morceau quand même de mon côté - retraité. Je n'en dirai pas plus pour l'instant. Je suis plus fermé, pardonnez-moi.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 15 avril 2019 07 h 31

    Bref !

    « Le voile devient plutôt l’expression d’une volonté de s’intégrer dans une oumma imaginaire. Il a ainsi perdu de « son exception islamiste » (H. Seniguer). » (Khadiyatoulah Fall, Professeur, Chaire CERII et CELAT, UQÀC)

    Possible, mais cette Oumma (A) conserve son essence de l’Islam, en-route ou en devoir d’is-réislamisation occidentale !

    Bref ! - 15 avril 2019 –

    A : https://fr.wikipedia.org/wiki/Oumma .