Le joyau de la rivière Rouge n’a pas de prix

La rivière Rouge est l’une des seules grandes rivières qui soient encore à l’état naturel et relativement accessibles à la population montréalaise.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La rivière Rouge est l’une des seules grandes rivières qui soient encore à l’état naturel et relativement accessibles à la population montréalaise.

Il est de notre avis qu’Hydro-Québec a une responsabilité sociale quant à la conservation des dernières rivières vierges du Québec. Ces rivières constituent un patrimoine hydrique d’une valeur inestimable qu’il faut préserver pour tous les services qu’elles nous rendent à l’état naturel : sources d’eau potable ; habitats pour d’innombrables espèces fauniques et floristiques, moteurs d’activités économiques et récréatives diverses, lieux de villégiature et de ressourcement par excellence.

L’information voulant qu’Hydro-Québec souhaite vendre au plus offrant son terrain bordant la rivière Rouge, sur une distance de quelque six kilomètres, nous consterne. Cette vente aurait pour conséquence d’altérer un milieu naturel encore vierge et, plus directement, de priver la région Montréalaise d’un milieu environnemental exceptionnel. Encore plus directement, quelque 130 emplois de deux entreprises de rafting sont directement concernés, car elles risquent d’être privées d’accès aux berges de la rivière Rouge, essentielles au maintien de leurs activités. Mais plus fondamentalement, c’est l’attrait de la rivière Rouge avec son expérience de rafting en milieu naturel qui attire annuellement plus de 20 000 personnes, qui est menacé. Cette rivière est l’une des seules grandes rivières qui soient encore à l’état naturel et relativement accessibles à la population montréalaise.

Le site Québec Aventure Plein Air classe la rivière Rouge en 3e position dans son palmarès des rivières au Québec. Le site Trip Advisor Canada classe les deux entreprises de rafting sur la rivière Rouge en 6e et 8e positions parmi les 19 endroits offrant des activités en plein air de rafting et tubing au Québec.

De telles caractéristiques sont précieuses pour le Québec. En France, des millions de voyageurs visitent les cathédrales. Au Québec, ce sont nos rarissimes chutes et rivières encore dans un cadre naturel qui constituent une attraction de plus en plus recherchée. Ce sont des puissances d’eau particulièrement inspirantes pour ceux et celles qui s’en approchent. Ces chutes et ces rivières sont, à nos yeux, de véritables cathédrales d’eau. Il faut les protéger.

Nous enjoignons conséquemment à Hydro-Québec de réunir les conditions, notamment auprès du gouvernement, qui permettraient la sauvegarde de ce terrain exceptionnel. Hydro-Québec doit protéger les rares sites qui constituent un patrimoine exceptionnel. L’élaboration d’une politique de mise en valeur des nombreux terrains riverains que possède Hydro-Québec s’impose.

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2 commentaires
  • Gilles Gagné - Abonné 5 avril 2019 21 h 22

    Du Bas-St-Laurent je signe.

  • Claude Froment - Abonné 5 avril 2019 21 h 44

    La voracité

    Notre entreprise collective Hydro Québec ne rêve que de profits faramineux du à la vente de ce terrain. Malheureusement pas au vrai bénéfice de la population. Comme presque dans toute entreprise sont seul but c'est l'argent. Cette rivière exceptionnelle fait partie de notre patrimoine collectif et comme dans la plupart du termps le patrimoine passe bien après l'argent.

    Evidemment on nous dira que cet argent sera indirectement remis mais à qui ? La population en général ? la population riveraine ?
    Permettez moi d'en douter. Les emplois perdus, pas important, l'utilisation réservé à quelque riche ayant eu les moyens de se l'offrir.
    Ne devrions nous pas prendre grand soin de NOTRE patrimoine.

    Hydro doit se pencher sur l'ensemble des possibilités et non seulement sur l'argent. En ayant en esprit, la bataille perdue par les résidents
    plus au nord avec la ligne de transmission électrique, qui fut faite en dépit des gens résidant .