Les jeunes ont raison de manifester pour le climat

«Cette lutte-ci, il faut la mener jusqu’au bout et ne pas s’arrêter en chemin», estime l'auteur.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Cette lutte-ci, il faut la mener jusqu’au bout et ne pas s’arrêter en chemin», estime l'auteur.

Les jeunes et les étudiant.e.s ont raison. Elles et ils ont eu raison en 1946 d’adopter la Charte de Grenoble qui définit la personne étudiante comme un travailleur ou une travailleuse. Elles et ils ont eu raison en 1968 de contester l’autorité partout dans le monde et de s’opposer à la guerre du Vietnam.

Elles et ils ont eu raison de manifester au Québec pour l’amélioration des prêts et bourses en 1974. Elles et ils ont eu raison au cours des années 1980 et 1990 de s’opposer au Québec au dégel des droits de scolarité et de réclamer de meilleures aides.

Elles et ils ont eu raison, à partir de Seattle en 1998, de s’opposer aux ploutocrates qui gouvernent le monde et de se rappeler à leur bon souvenir lors de chaque rencontre des G7, G8, G10 et G20. Elles et ils ont eu raison en 2001 dans les Amériques de s’opposer à la zone de libre-échange. Elles et ils ont eu raison de faire grève au Québec en 2005 contre la conversion des bourses étudiantes en prêts étudiants. Elles et ils ont eu raison en 2006 de faire grève en France contre le Contrat de première embauche qui aurait permis de traiter les étudiant.e.s comme de la main-d’oeuvre jetable à bon marché.

Elles et ils ont eu raison dans le Maghreb, lors du Printemps arabe de 2011, de se révolter contre des régimes injustes. Elles et ils ont eu raison au Chili, en 2011, de faire la grève contre des frais excessifs et des universités néolibérales. Elles et ils ont eu raison au Québec en 2012 de s’opposer à la marchandisation de l’éducation et à un gouvernement néolibéral. Toujours et en tout temps, elles et ils ont fait face bravement à la répression.

Elles et ils ont enfin pleinement raison de manifester tous les vendredis un peu partout dans le monde pour exiger des mesures sérieuses et efficaces pour combattre les changements climatiques : abandon des énergies fossiles, transition écologique véritable, modification des processus de production (ne jamais prendre à la terre plus qu’on ne lui retourne), protection des habitats naturels et des espèces menacées, dont les abeilles.

Les politiques ne manquent pas de venir se faire photographier aux fins de récupération politicienne, mais ces jeunes, seuls capables d’exercer une pression suffisante, ne doivent pas se laisser distraire, ne doivent pas changer de cap, ne doivent pas accepter de demi-mesures. Cette lutte-ci, il faut la mener jusqu’au bout et ne pas s’arrêter en chemin. Il faut les encourager fortement à continuer sans cesse tant que les mesures concrètes et efficaces ne seront pas appliquées (pas la Bourse du carbone, la taxe carbone, la subvention aux voitures électriques, aucune de ces mesurettes, pas même leur addition, bien que fort utiles, n’est suffisante en soi).

Si j’étais encore enseignant, je donnerais des points à toutes celles et à tous ceux qui participent hebdomadairement à ces manifs. J’encouragerais les projets spéciaux qui visent à améliorer les moyens de pression et à les rendre plus efficaces. Je proposerais des travaux intégrés qui combinent les études et le militantisme écologique. Toute la mouvance enseignante devrait s’y mettre.

Jeunes du monde, merci ! Ne lâchez rien ! Ne lâchez jamais !

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