L’affaire Bissonnette: pour que la haine ne change pas de camp

«Force est de constater que ce jugement semble être encore plus controversé que l’acte abject, unanimement condamné partout à travers le monde», relève l'auteur.
Photo: Mathieu Belanger La Presse canadienne «Force est de constater que ce jugement semble être encore plus controversé que l’acte abject, unanimement condamné partout à travers le monde», relève l'auteur.

Algérien de naissance, je fais partie de cette génération dont l’enfance a été marquée à tout jamais par la guerre civile dont ce pays fut le théâtre durant les années quatre-vingt-dix et qui a coûté la vie à autant de citoyens qu’en Syrie. Je prétends donc connaître quelque chose de ces tumultes haineux qui déchirent un peuple au nom de la foi, ou du moins de ceux qui s’en réclament. J’ai ressenti quelques fois dans ma vie, au plus profond de moi-même, quelque chose de la terreur et de la colère qu’éprouvent les familles et les proches de ceux qui ont péri lors du drame de Québec.

Heureusement, nous sommes dans un autre pays et à une autre époque. Nous sommes au Québec — terre d’accueil s’il en est — où l’on peut refaire sa vie sans avoir à redouter les atavismes les plus violents. J’ose croire que le drame qui s’est joué à la grande mosquée de Québec au soir du 29 janvier 2017 n’est qu’un funeste accident de l’histoire.

Je ne suis ni juriste ni juge et je ne saurais dire droit si on m’en confiait la lourde charge. Mais comme tant d’autres, je ne crois pas que briser la vie de tant de personnes mérite autre chose qu’un lourd châtiment. Une sentence qui fait exemple sans enlever au bourreau ce que nous pouvons encore partager avec lui : son humanité. Il ne me semble pas que le juge ait ordonné autre chose en privant Alexandre Bissonnette de tout espoir de libération avant 40 ans… toute une vie et bien au-delà.

Toutefois, force est de constater que ce jugement semble être encore plus controversé que l’acte abject, unanimement condamné partout à travers le monde. Les familles des victimes ont immédiatement déploré la clémence de la sentence. Clémence avez-vous dit, quand le meurtrier n’aura à prétendre à une libération qu’au seuil de sa retraite ? Nous avons eu droit à l’imagerie habituelle des familles des victimes indignées qui crient leur colère ô combien légitime. Or chacun sait que l’émotion est rarement bonne conseillère, surtout quand les circonstances sont aussi terribles.

Je ne suis pas pratiquant et je crois bien plus en la justice des hommes qu’en une hypothétique justice divine. J’ai toutefois grandi dans une culture musulmane et, comme tous mes petits camarades, j’ai été initié aux valeurs essentielles de l’islam dès le plus jeune âge, à l’école primaire.

J’aimerais donc rappeler deux préceptes fondateurs de cette religion, le pardon et le repentir. Le repentir dépend de l’autre, mais le pardon dépend de nous. S’il est important de croire en la miséricorde et au pardon de Dieu, n’est-il pas nécessaire de baser les relations humaines sur le pardon ? L’islam n’enseigne-t-il pas que nous ne pouvons attendre le pardon divin à moins de pardonner aussi à ceux qui nous font du tort ? Pardonner à ses ennemis est l’un des enseignements clés de l’islam. Le Coran décrit les croyants comme étant : « Ceux qui évitent les péchés majeurs et que lorsqu’ils sont en colère, ils pardonnent. » (42 : 37). N’est-il pas dit : « Le tribut du mal, c’est son mal, mais quiconque pardonne et se rachète, sa récompense est auprès d’Allah. » (42 : 40). Le prophète ne dit-il pas que Dieu lui a commandé neuf choses, dont le pardon ?

La sentence rendue par le juge François Huot n’est pas inintelligible pour de bons croyants, car la vengeance n’est pas musulmane. Ne laissons surtout pas la haine changer de camp. Rien ne nous y oblige.

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33 commentaires
  • Serge Pelletier - Abonné 11 février 2019 03 h 41

    Pour un certain groupe de Québec...

    Pour un certain groupe de Québec... ce n'est jamais suffisant pour eux, ce n'est jamais suffisant dans tous. La dérogation pour le cimetière musulman à Saint-Augustin-Desmaures, ce n'était pas suffisant... Que le GV-Q refuse une journée fériée intitulée "journée contre l'islamophobie", était pratiquement un sacrilège contre le Coran. Quand le Journal de Québec a publié un article mentionnant que le GV-Q pourrait bânir le port de signes religieux pour les employés de la fonction publique... le "représentant" auto-proclamé de "tous les musulmans s'est rendu à Toronto brandir à ses collègues "imans" le journal en criant que c'était la preuve absolue que le Québec était un ramassis de racistes et d'islamophobes... Des "robineux" font un paris de qui va mettre le feu à une automobile.. Ceux-ci par ignorance totale ont eu le malheur d'incendier le bazou de l'iman de la mosquée.. Immédiatement, sans même savoir de quoi il en retournait, c'était un acte de terroriste d'un ou de fous de l'islamophie. Pire, quand l'enquête policière a clairement démontré la vraisemblance de l'histoire des "robineux"... C'était un "cover up" pour cacher l'acte de terrorisme islamophobe... Passons les autres accusations de ci et de ça... Le catalgue est fort long.
    Maintenant, une sentence de 40 ans minimum avant de pouvoir déposer une demande d'audition à la "Commission des libérations conditionnelles" (ce qui ne signitie aucunement une libération sous condition), ce n'est pas une peine suffisante... Ce n'est pas assez... un minimum des minimums aurait dû être un 60 ans, un 80 ans, et même 150 ans d'emprisonnement ferme...
    Certains vont dire "ouais, et les veuves, et les enfants, et les blessés"... Effectivement, c'est fort triste pour eux... Mais, que des journalistes ne mentionnent pas l'effet de compromission de gens ruminant leur détresse (ou leur haine) en groupe sous le dictat de quelques meneurs... n'aide en rien à la sympathie générale envers cette partie de la population...

    • Michel Bouchard - Abonné 11 février 2019 13 h 57

      Monsieur Ighil cite quelques passages du Coran :
      Si je comprends bien, le Coran va être ré-écrit dans les journaux. Une bonne manière de convertir les Québécois !

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 11 février 2019 16 h 45

      @Pelletier

      Votre propos est simplement horrible. Aucune nuance, aucune tentative de réflexion (ne parlons pas d'empathie), je ne comprends pas que cela se retrouve sous cette lettre. Quel fléau que l'ignorance crasse de trop nombreux Québécois, dégobillant leurs amalgames sans source et sans doigté.

      Allons-y pour une mise au point facile (quiconque possède un peu de curiosité et de rigueur intellectuelle pourra défaire à sa guise les autres accusations malheureuses) : l'incendie de la voiture de M. Labidi n'est pas "accidentelle", du moins selon le coupable avoué, qui a affirmé aux policiers que "C’est Gagnon qui l’aurait mis au défi d’incendier la voiture de Mohammed Labidi, qu’il lui a présenté comme un dirigeant du Centre culturel islamique de Québec". Bon sang, sortez de votre trou......

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 11 février 2019 22 h 57

      Ce propos est abject, en effet.

    • Serge Pelletier - Abonné 11 février 2019 23 h 15

      À oui Desjardins...
      C'est exactement les propos des mahométans de Québec. Ce sont eux - en groupe - qui se plaignent de tous et de rien. La condamnation à une peine à perpétuité avec un minimum de 40 ans de réclusion ferme avec d'avoir l'autorisation de présenter une demande d'audition à la Commission... L'on parle ici d'audition et non de libération d'office. Selon eux, c'est-à-dire ces bons imans de Québec, ce n'est pas suffisant... Que la veuve de l'un ou de l'autre, qu'un blessé grave trouvent la peine insuffisante, cela peu se comprendre. Mais que l'équivalent d'un curé en rajoute, pire qu'il se comporte comme le porte-parole de tous. Cela est exactement le type comportement que nous avions antérieurement rejeté de la part des curés...

    • Serge Pelletier - Abonné 12 février 2019 02 h 05

      M. Alexis Lamy-Théberge, le clochard ou robineux, comme vous voulez, qui a incendié l'automoblie ignorait complètement qu'il s'agissait d'un bien appartenant à l'individu Labidi, et encore moins qu'il était musulman. Son "copain", lui aussi cloichard ou robineux, de beuverie ignorait lui aussi le statut du propriétaire de ce véhicule motorisé...

      L'incendie fut faite/déclancer sur et par une simple gageure de personnes par nécesairement "allumées". Ces deux personnes auraient pu faire exactement la même chose à l'automobile se trouvant stationner à l'avant, ou à celle se trouvant stationner à l'arrière. Il s'agit d'un simple fait divers, d'un acte de vandalisme comme il y en a tant, d'une gageure débile: "t'es pas game de..." Réponse: "oui, j'a'capable, qui toé"...

      Quant aux deux "robineux", ils n'ont jamais mentionné qu'ils ont incendié l'automobile de l'individu parce qu'il était musulman, ni même parce qu'il se nommait Labidi... Ils s'en contre-cris... du à qui le char... L'un voulait gagner la cigarette "tromphée" du "y'a t'es pas game"...

      Ce sont les journalistes qui dans le compte-rendu de l'arrestation des deux "robineux" pour l'incendie qui ont indiqué que les "suspects de l'incendie de l'automobile de M. Labidi ont été appréhendés".

      C'est M. Labidi, de même que quelques-uns de ce "centre", qui a immédiatement crié qu'il s'agissait d'un acte de terrorisme, d'islamophobie... et ce sans aucune réflexion... ce même avant la conclusion de l'enquête policière...

      Quant à la rgueur, M. Lamy-Théberge, allez sur le plumitif criminel de Qc-Ville. Vous y constaterez le # de la cause. Et si vous avez un peu de moyens financiers, faites vous imprimer le verbatim du procès...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 février 2019 09 h 38

      Je vous nommerai monsieur, monsieur Pelletier. Seulement pour vous dire que j'aurais dû suivre mon premier mouvement. On ne peut rien imaginer de plus ignoble que les propos que vous venez tenir ici. Mes excuses : on ne nourrit pas les trolls.

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 12 février 2019 12 h 08

      @M. Pelletier

      Je suis franchement sidéré que cette diatribe soit maintenue. Vous vous permettez également de nager allègrement dans l'interprétation infondée, l'avocate de M. Bilodeau ayant affirmé que, selon son client, l'homme qui l'a encouragé à commettre le geste l'avait bien prévenu de l'identité de la victime.

      Mais c'est anecdotique, c'est en revanche le ton général de votre commentaire qui dégoûte. Cette déshumanisation, que l'on retrouve sur les pages des groupuscules de louveteaux paranos, est franchement pitoyable dans le cadre d'un exercice qui appelerait n'importe quel concitoyen à rétablir les ponts. À tout le moins, réfréner vos irritations à des cas concrets et limités, plutôt que noircir le trait en abstraitisant votre ennemi, comme s'il s'agissait d'une entité organique inférieure.

      Notamment, M. Benabdallah, actuel Président de la Mosquée de Québec, qui ne se considère pas comme le porte-étendard des croyants (...) appelle depuis plusieurs mois, au nom de cette même Mosquée, à une "Journée contre la discrimination et la haine", façon symbolique de dire que le Québec souhaite prendre conscience de certains de ses défauts et travailler à la réconciliation entre ses citoyens, ce qui semble l'inverse de votre propre projet.

      PS. Les guillemets servent en général à citer, non à caricaturer.

  • Jean-Marc Cormier - Abonné 11 février 2019 07 h 17

    Intelligence et juste sensibilité

    Intelligence des choses humaines et juste sensibilité font bon ménage dans votre texte.

    On dirait malheureusement que l'humanité entière qui est en train de perdre le sens du pardon, alors que c'est la seule attitude digne d'un être humain et la seule conduite susceptible de nous sauver de la haine qui risque de conduire notre espèce à sa perte.

    Merci pour votre précieux rappel.

    • Cyril Dionne - Abonné 11 février 2019 08 h 37

      Oui M. Cormier, moi aussi j’ai trouvé cette lettre intelligente et sensible. Enfin, j’ai retrouvé la mentalité qui prévalait dans la communauté arabe dans les années 70 et 80 où ils voulaient s’intégrer sans demander quoi que ce soit. Ils épousaient nos valeurs puisqu’ils avaient fait un choix conscient de quitter famille et patrie pour une meilleure vie. Comme l’auteur de cette lettre, la plupart de ceux qui se disent musulman viennent en perdre leur religion lorsqu’ils s’aperçoivent qu’ils n’ont pas besoin de sombrer dans un communautarisme abject du nous et vous pour être libre et heureux.

      Cela dit, ce jugement envers M. Bissonnette est très maladroit puisqu’il n’a certainement satisfait personne. Un juge ne peut pas réécrire les lois parce qu’elles ne répondent pas à son vision personnelle d’un châtiment juste. Les friands des chartes vont être assouvis à souhait puisque celles-ci trouvera ce jugement inconstitutionnelle et que les droits du défendant ont été brimés. La Cour suprême n’aura pas d’autres choix que d’invalider ce jugement.

      Et on ne peut continuer sans juxtaposer la peine de Bruce McArthur, lui qui a reçu seulement 25 ans pour 8 meurtres prémédités, organisés et fait en toute conscience et connaissance de cause s’échelonnant sur une période de plus de 8 ans. Ici, on parle de ceux qu’on connaît puisqu’il risque d’en avoir bien plus. Non seulement il a tué ces gens, mais il a pris un vilain plaisir à les mutilés et à les dégradant d’une façon si perverse que je manque de mots pour le décrire. Dites-nous que les deux peines s’équivalent. Est-ce que la vie d’un musulman vaut plus que celle d’un homosexuel? McArthur donne tous les airs d’un récidiviste alors que pour Bissonnette, le supposé terroriste selon la communauté musulmane, a lui-même appelé la police pour venir le chercher et à avouer ses crimes.

      J'ai bien aimé la conclusion de cette lettre. Pardon et repentir. Voilà, tout est dit. Ce sont nos valeurs.

  • Hélène Gervais - Abonnée 11 février 2019 07 h 29

    Quelle lettre magnifique

    Merci pour ce beau témoignage; j'étais ulcérée d'entendre certaines personnes marquées par ce drame, déblatérer de la sorte concernant ce jugement. 40 ans de prison avant une demande de libération conditionnelle, ce n'est pas rien pourtant. Personnellement je trouve ce justement juste.

  • André Joyal - Abonné 11 février 2019 07 h 38

    Le pardon oui! La haine, non!

    Quel beau texte M. Djamel (les Algériens m'appellent M. André)! Moi aussi je ne suis pas croyant mais, quand, en 1968, responsable d'une enquête sur la main-d'oeuvre (ministère du Plan et des Finances), je parcourais les montagnes de la Grande Kabylie, le sud de l'Algérois r(égion de Biskra) ou encore les célèbres Aurès, j'ai toujours été édifié par le comportement des fellahs (paysans). Leur chaude hospitalité et leur absence totale de haine à l'égard des Français («C'est à l'armée que nous en voulons, pas aux Français» me disait-on), j'ai cru comprendre que leurs valeurs ils les tenaient de l'islam. Et je me suis dit que je devais lire le Coran. Or, ce n'est qu'il y a quelques années, de passage à Bejaïa, que je me suis acheté un exemplaire du Coran. Pourquoi n'en ai-je lu que la moitié? C'est une autre histoire. Chose certaine, je crois en l'existence de ces valeurs chez les musulmans que vous décrivez si bien dans votre texte rédigé de main de maître. Je n'ai qu'un mot pour exprimer ce que je ressens à sa lecture : choukrem : شكر merci.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 février 2019 06 h 45

      J'étais venu saluer la dignité de vos propos, monsieur. À mon étonnement, cela s'est perdu dans le sidéral. Cela tenait en une ligne. J'ajouterai simplement que si je n'ai pas donné mon avis sur cette lettre, c'est d'abord parce que ce n'est pas si important en soi, mais surtout parce qu'il y a en tout cela une telle tristesse que le meilleur parti, c'est celui de l'écoute bienveillante dont vous faites preuve avec beaucoup de chaleur.

      Quand les familles ont réagi au jugement, j'ai été attristé qu'elles expriment leur déception d'une manière qui suggérait qu'elles mettaientt en cause l'intégrité même du système de justice. Elles ont le droit à leurs doutes et celui d'aller jusqu'à la cour (oui oui) suprême. Elle leur rendra peut-être mieux justice. Elle n'enlèvera rien à leur malheur. C'est surtout ce sentiment d'impuissance et de solitude que j'ai entendu. En tout respect, je crois que les comparaisons avec Bain ou l'autre ne sont pas appropriées, ni de façon générale toute la rhétorique parfois parfaitement odieuse qu'on déploie en cette occasion aux fins d'illustration de ses propres convictions. Pas maintenant. C'est pourquoi j'ai particulièrement apprécié votre choukrem.

  • Marc Therrien - Abonné 11 février 2019 07 h 53

    Éviter la tentation du sacrifice du bouc émissaire


    Compte tenu de la tension sociale occasionnée par le retour du débat sur la laïcité ou plus précisément sur l’interdiction du port des signes religieux dont particulièrement celui du hijab chez les femmes musulmanes enseignantes, le juge Huot a pris tout son temps pour bien soupeser le tout et nous enseigner ce que veut dire la recherche de l'équililbre entre la raison et les émotions dans l'exercice de la justice. On s’est demandé à plus d’une occasion si Alexandre Bissonnette était un monstre. Le mot «monstre» fait partie d’une courte liste de termes servant à exprimer que l’apparence ou le comportement d’un individu surprend par son écart avec les normes d’une société. En suivant les débats sur cette question et en continuant ma propre réflexion, j’ai repensé à des mises en garde du philosophe Friedrich Nietzsche. La première énonce que «quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l'abysse, l'abysse le scrute à son tour.» Ensuite, quand il s’agit de porter cette réflexion sur la dimension sociale de la question, on peut considérer son avis à l’effet que «l’État est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui s’échappe de sa bouche : Moi l’État, je suis le peuple.»

    Ainsi, je pense que le juge Huot a réussi à traiter raisonnablement Alexandre Bissonnette comme un monstre en lui donnant la sentence la plus élevée qu’on n’ait jamais vue dans notre système de justice québécois tout en ne se faisant pas monstre lui-même en évitant la tentation d'en faire un bouc émissaire sacrifié pour qu'on retrouve l'espoir de la paix en nous délivrant du mal qui a provoqué toute cette tension sociale et politique qu’on n’a pas su encore résoudre autrement.

    Marc Therrien